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Orion


Orion Pictures a probablement l'une des histoires les plus sombres de l'industrie du cinéma américain. Fauchée après seulement dix-neuf ans d'existence, la maison de production cinématographique n'est plus aujourd'hui qu'un souvenir. Le présent texte tente donc de retracer les grandes moments du passé d'Orion Pictures, cette compagnie qui nous offrit, entre autres, Silence of the Lambs, RoboCop et une dizaine d'œuvres signées Woody Allen.


Les cinq étoiles de la constellation
Orion Pictures fut fondée en 1978 par une association de cinq membres de l'exécutif appartenant à la United Artists, ceux-ci étant lassés des nombreux conflits et désaccords avec la compagnie-mère Transamerica. Il s'agit de Mike Medavoy, William Bernstein, Eric Pleskow et des deux anciens propriétaires de la UA, soit les avocats new-yorkais Arthur B. Krim et Robert S. Benjamin (ce dernier décéda un an plus tard). En guise de nom et emblème pour leur partenariat, les propriétaires choisirent la constellation d'Orion, référence directe aux cinq étoiles qui la compose.
Dépourvue de réseau de distribution, la Orion Pictures conclut, dès sa création, un accord avec la Warner Bros. en vue de la mise en marché de ses films. Les premières oeuvres financées et produites par le studio furent ainsi assujetties à cette entente, soit A Little Romance (George Roy Hill, 1979) (film inaugural de la Orion Pictures), Life of Brian (Terry Jones, id.), 10 (Blake Edwards, id.) et Excalibur (John Boorman, 1981).


Création de son propre réseau de distribution
En 1982, Orion se dissocia de la Warner Bros. et investit dans le réseau de distribution Filmways (le septième plus important des États-Unis). Dès lors, l'entreprise assura la mise en marché de ses productions cinématographiques, devenant ainsi un vrai studio américain. Toutefois, les acquisitions de Orion Pictures n'incluèrent aucun plateaux de tournage, communément appelés soundstages ou back lot en langue anglaise. Les bureaux-chef de l'entreprise trouvèrent lieu dans un gratte-ciel de Century City à Los Angeles, alors que trois des quatre fondateurs résidèrent à New-York.


Liberté artistique et principaux réalisateurs
Suivant la voie tracée par la United Artists, Orion gagna une solide réputation auprès de l'industrie en laissant une très grande liberté artistique aux cinéastes. Krim et Pleskow réussirent ainsi un des meilleurs coups de leur carrière en arrachant le scénariste/réalisateur/acteur Woody Allen des mains de la United Artists, avec qui il avait signé près d'une dizaine d'œuvres allant de Take the Money and Run (1969) à Stardust Memories (1980). Les deux propriétaires réussirent ce tour de force en proposant un contrat fort profitable au cinéaste. Ainsi, Allen obtint une liberté sans précédent en ce qui à trait à la réalisation (tout en respectant les contraintes budgétaires), la possibilité de re-filmer intensivement (une méthode de travail usuelle pour Allen) et une participation de premier plan à l'élaboration du matériel publicitaire de ces films (bande-annonce, affiche, etc.). De plus, Allen obtint un bénéfice de 15% sur les recettes cumulées de ces oeuvres, alors que les dépassements de budget furent déduits de son salaire.
Malgré le fait que les productions de Woody Allen ne constituèrent que rarement de grandes réussites financières pour le studio, le cinéaste concrétisa néanmoins l'image d'Orion Pictures en tant qu'entreprise respectant les choix artistiques des réalisateurs. Les productions cinématographiques de Woody Allen réalisées sous la bannière Orion Pictures représentent quelques-uns de ces meilleurs et pires films de sa carrière. Ceux-ci comprennent Midsummer Night's Sex Comedy (1982), Zelig (1983), The Purple Rose of Cairo (1985), Hannah and Her Sisters (1986), Radio Days (1987), September (1987), Another Woman (1988), Crimes and Misdemeanors (1989), Alice (1990) et finalement, l'échec coûteux que fut Shadows and Fog (1992).
Le réalisateur Jonathan Demme forma également un partenariat mutuellement avantageux avec la Orion Pictures, donnant les Something Wild (1986), Married to the Mob (1988) et Silence of the Lambs (1991), qui rafla cinq Oscars en 1992 (meilleur acteur, meilleure actrice, meilleur réalisation, meilleur film et meilleur scénario), en plus de deux autres nominations. Parmi les autres succès critiques et/ou populaires du studio, mentionnons Arthur (Steve Gordon, 1981), Rambo: First Blood (Ted Kotcheff, 1982), Desperately Seeking Susan (Susan Seidelman, 1985), F/X (Robert Mandel, 1986), RoboCop (Paul Verhoven, 1987), House of Games (David Mamet, 1987) et Bull Durham (Ron Shelton, 1988). En plus de Silence of the Lambs, trois autres oeuvres découlant de la Orion Pictures furent récompensées en tant que meilleur film à une cérémonie des Oscars, soit Amadeus (Milos Forman, 1984 - 8 statuettes), Platoon (Oliver Stone, 1986 - 4 statuettes) et Dances with Wolves (Kevin Costner, 1990 - 7 statuettes).


Difficultés à l'horizon...
Alors que la Orion Pictures profitait d'une solide gestion, en plus bénéficier d'excellentes relations avec certains des plus grands cinéastes, le studio commenca à stagner dès 1988, soit dix ans après sa fondation. Un texte paru dans le magazine américain Forbes décrivit d'ailleurs le plafonnement atteint par la Orion Pictures : "Orion est une entreprise cinématographique dépourvue de studios de production, d'immobiliers, et démontrant des budgets mal balancés et une librairie filmique mitigée".
Voyant le capital économique du studio chuter drastiquement, Arthur Krim s'empressa de rechercher un bailleur de fonds pouvant injecter de nouveaux capitaux dans l'entreprise. Le fondateur trouva ce financement en la personne de John Kluge, nabab du marché télévisuel à la tête de la Métromédia, Inc. et dont la richesse personnelle était estimée à ce moment à plus de cinq milliards de dollars américains. Kluge investit tout d'abord dans la Orion Pictures à titre de faveur personnelle pour son ami Krim, puis devint peu à peu actionnaire majoritaire de l'entreprise. Cependant, l'injection de cet argent neuf ne réussit pas à sortir la Orion Pictures du gouffre financier dans lequel elle s'était embourber...
Conséquemment aux nombreuses ratés financières de la seconde moitié des années 80, notamment The Hotel New Hampshire (Tony Richardson, 1984), The Bounty (Roger Donaldson, id.), The Cotton Club (Francis Ford Coppola, 1984), Farewell to the King (John Milius, 1989), Cadillac Man (Roger Donaldson, 1990) et Shadows and Fog, Orion fut contraint à se placer, en 1992, sous le chapitre 11 de la loi américaine sur les fallites d'entreprises. Comme si cela n'était pas assez, Orion Pictures dut se résoudre à vendre en totalité les droits du film The Addams Family (Barry Sonnenfeld, 1991), alors en cours de production, à la Paramount au coût ridicule de 14,6 millions de dollars. Ridicule, puisque le succès commercial du film rapporta plus de 100 millions $ au nouveau studio propriétaire...


Réorganisations internes
La faillite spectaculaire de la Orion Pictures força le studio à entreprendre d'importantes réorganisations internes. En 1993, Orion reprit modestement du service en lancant quelques films dont la production fut interrompue pendant plusieurs années. Parmi ceux-ci, RoboCop 3 (Fred Dekker, 1993) et Car 54, Where Are You? (Bill Fishman, 1994) constituèrent de lamentables échecs, tant critiques que financiers. Seul Blue Sky (Tony Richardson, 1994) permit à la Orion Pictures de redorer son blason en récoltant l'Oscar 1995 pour la meilleure actrice, Jessica Lange.
Bien que le studio soit parvenu à s'extirper des contraintes du chapitre 11, Orion ne regagna jamais le momentum, critique ou commercial, de ces premières années.


MGM flaire une bonne affaire...
Le 10 juillet 1997, Metro-Goldwyn-Mayer annonçait l'achat intégral de Orion Pictures pour la somme de 573 millions $. Cette transaction permit aussi à la MGM d'acquérir deux compagnies sœurs de la Orion Pictures, soit Goldwyn Entertainment et Motion Picture Corporation of America. L'intérêt principal de la MGM, fraîchement sortie de la transaction entre le Crédit Lyonnais (créancier de Pathé) et le conglomérat Tracinda, Seven Network Limited et P&F Acquisition Corp., ne fut pas de faire revivre la Orion Pictures. MGM avait plutôt un oeil sur le volumineux catalogue de 2 200 titres du groupe Metromedia International, doublant ainsi son catalogue et positionnant la MGM comme le studio détenant la plus imposante collection de titres post-Seconde Guerre Mondiale. Cette transaction, fort profitable pour la MGM, mis toutefois un terme final sur la cahoteuse carrière de la Orion Pictures.
Le lion rugit, alors que la constellation s'éteignit...


Orion Pictures et le DVD
Les oeuvres cinématographiques de la défunte Orion Pictures faisant maintenant partie du catalogue de la Metro-Goldwyn-Mayer, la mise en marché de ses titres en format DVD revient ainsi à la MGM Home Entertainment. Pour en connaître davantage sur les politiques de la MGM au sujet du DVD, veuillez-vous référer au dossier portant sur la Metro-Goldwyn-Mayer en cliquant sur ce lien.
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Voici un tableau non-exhausif des plus importants films de la Orion Pictures et de leur disponibilité en format DVD en date du 1er mars 2002.

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Titre

Disponibilité en DVD

A Little Romance

Non

Excalibur

Oui (via Warner Bros.)

10

Oui (via Warner Bros.)

Midsummer Night's Sex Comedy

Oui

Zelig

Oui

The Purple Rose of Cairo

Oui

Hannah and Her Sisters

Oui

Radio Days

Oui

September

Oui

Another Woman

Oui

Crimes and Misdemeanors

Oui

Alice

Oui

Shadows and Fog

Oui

Something Wild

Oui

Married to the Mob

Oui

Silence of the Lambs

Oui

First Blood

Oui (via Artisan)

Arthur

Oui (via Warner Bros.)

Desperately Seeking Susan

Oui

F/X

Oui

RoboCop

Oui

House of Games

Oui

Bull Durham

Oui

Amadeus

Oui (via Warner Bros.)

Platoon

Oui

Dances with Wolves

Non

The Hotel New Hampshire

Oui

The Bounty

Oui

Cadillac Man

Oui

The Cotton Club

Oui

Farewell to the King

Non

Car 54, Where Are You?

Non

Blue Sky

Oui


En somme, la quasi-totalité du catalogue de la Orion Pictures est présentement exploitée en vidéo par la MGM. Comme quoi MGM a su faire fructifier son achat...


Conclusion
Dans une industrie où se transigent quotidiennement des millions de dollars, Orion Pictures mordit la poussière, incapable de s'assurer une stabilité financière et un développement continu. Après plusieurs tentatives/erreurs cinématographiques, le studio vit ses jours de gloire s'évanouir, alors que la dure réalité de la faillite la contraint à cesser ses opérations. L'engloutissement de ses acquisitions par la vague MGM marqua son épilogue, sa valeur en biens filmiques surpassant amplement quelque intérêt à raviver sa flamme longtemps éteinte.




   Auteur: Alexandre Caron          Publication: 01/05/2003
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