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Columbia Pictures


Située à l'origine sur la Gower Street du quartier Poverty Row (littéralement, Rang de la Pauvreté!) à Los Angeles, la Columbia s'est progressivement hissée au niveau des grandes compagnies hollywoodiennes. Cette ascension fut en grande partie imputable aux mérites d'un réalisateur : Frank Capra. Le cinéaste apporta crédibilité et renom à l'entreprise (positionnant ainsi la Columbia Pictures au sein du cercle des Minors), tandis qu'à partir des années 50, les oeuvres de quelques producteurs et réalisateurs, notamment Sam Spiegel, Otto Preminger et Stanley Kramer, soutenurent cet épanouissement. Mais avant tout, l'histoire de la Columbia Pictures est celle de deux frères : Jack Cohn (New York, N.Y.,1885 - id., 1956) et Harry Cohn (New York, N.Y., 1891 - Phoenix, Ariz., 1958).


Le projet des frères Cohn (1919-1926)
Le premier projet des frères Cohn dans l'industrie émergeante du cinéma s'amorça en 1919, alors que Jack Cohn, producteur et superviseur des actualités Universal Weekly, conçut un fan magazine cinématographique, le Screen Snapshots, dévoilant la vie privée des grandes vedettes du milieu. Pour ce faire, Jack fit appel à un ancien associé, Joe Brandt, et à son frère Harry, afin de fonder la CBC Film Sales Corporation, firme responsable de l'édition et la distribution du magazine. Devant le succès de la publication (qui fut éditée pendant une trentaine d'années), l'entreprise amorça la production de nombreux courts métrages qu'elle finança au coup par coup.
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En 1921, la CBC Film Sales Corporation distribua son premier long métrage, soit The Heart of the North (Harry Revier, 1921). Un an plus tard, Harry Cohn misa un grand coup en investissant la quasi-totalité du capital de la CBC dans More to Be Pitied Than Scorned (Edward Le Saint, 1922). Le courage d'Harry fut grassement récompensé; des vingt milles dollars investis dans la production, 130 milles dollars vinrent renflouer les coffres de l'entreprise. L'aptitude de la CBC à produire d'excellents longs métrages étant maintenant établie, la compagnie continua sur sa lancée en proposant au public une vingtaine de films. Cumulant les succès commerciaux, la CBC entreprit dès 1924 une réorganisation interne et adopta un nouveau nom, soit la Columbia Pictures Corporation. La même année, la Columbia inaugura son emblème officiel, celui de la Columbia Lady, modélisé d'après la statue de la liberté. Bien que cette mystérieuse femme portant la torche à la main ait subi quelques modifications au fil des ans (apparition d'un décolleté plus prononcé, changement de taille, de vêtements et d'arrière-plan), le logo demeura essentiellement le même depuis plus de soixante-quinze ans...
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Alors que Jack Cohn assura la gestion financière de l'entreprise depuis New York, Harry occupa le poste de directeur du studio. C'est d'ailleurs à ce dernier à qui l'on doit le style visuel austère de la Columbia; Harry Cohn fit une administration stricte de l'entreprise basée sur son sens aigu l'économie. Les fantaisies et dépassement lors de la prise de vue furent proscrits, les décors, quant à eux, réduits à leur plus simple expression, alors que le nombre de prises fut étroitement surveillé. Conséquemment, les premiers films de la Columbia n'aspirèrent qu'à la sobriété tout en étant dénudés de prétention stylistique, particularité qui demeurera longtemps la marque distinctive des productions de la Columbia.
Dans ces conditions d'économie précaire, les frères Cohn constatèrent amèrement leur manque de ressources quant à l'achat ultérieur d'une chaîne de salles de projection. Contraint à ne pouvoir exploiter leurs propres films (comme le faisait les Majors à l'époque), les deux hommes s'en remirent à la mise sur pied d'un solide réseau international de distribution.



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Orientation cinématographique de la Columbia sous la gouverne rigoureuse des frères Cohn (1927-1956-58)
L'arrivée de Frank Capra en 1927 facilita l'entrée de la Columbia dans l'ère du cinéma parlant, notamment grâce à ses oeuvres Submarine (1928 - film muet avec accompagnement musical et effets sonores sur Western Electric Sound System), Flight (1929 - MovieTone) et Blonde Platine (1931 - Western Electric System). Premier réalisateur vedette du studio, Capra développa un cinéma d'inspiration populaire, mêlant habillement critique sociale, humour et émotion, de même que rêve et réalisme. Le succès inattendu de It Happened One Night (Frank Capra, 1934) marqua l'entrée à la Columbia de la comédie loufoque (screwball comedy), genre où s'illustrèrent entre autres les réalisateurs Leo McCarey (The Awful Truth, 1937), Howard Hawks (Twentieth Century, 1934), John Ford (The Whole Town's Talking, 1935), Gregory La Cava (She Married Her Boss, 1935), Tay Garnett (She Couldn't take It, 1935), George Cukor (Holiday, 1938) et finalement, Richard Boleslawski (Theodora Goes Wild, 1936).
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Hormis les - rares - films de série A qui assurèrent prestige et reconnaissance, la Columbia resta fidèle à sa politique d'austérité qui se poursuivit jusqu'à la fin du règne de Harry, soit jusqu'à son décès en 1958. Ces grandes productions incluent Mr. Deeds Goes to Town (Frank Capra, 1936), Lost Horizon (id., 1937), Penny Serenade (George Stevens, 1941) et The Talk of the Town (id., 1942). De 1938 à 1955, l'entreprise produisit en majeure partie une cinquantaine de serials ou séries à petit budget, dont Blondie (Frank Strayer, 1938-1950), Mandrake the Magician (Norman Deming et Sam Nelson, 1939), Crime Doctor (Michael Gordon, 1943-1949), Jungle Jim (William Berke, 1948-1955) et The Whistler (William Castle, 1944-1948). Le western, quant à lui, fut réservé, jusque dans les années 50, à des stars comme Rory Calhoun, Gene Autry ou Bill Elliott, et ne fit que de rares incursions dans la série A, dont Arizona (Wesley Ruggles, 1940). Le film de cape et d'épée, abondamment représenté, fit fi de l'opulence qui était de mise à la Warner ou à la MGM. De plus, le court métrage permit à la Columbia de renouer avec certaines de ces grandes vedettes du muet (Langdon, Keaton) à peu de frais, en plus de célébrer l'humour grossier et physique à souhait des Three Stooges.
Dans le domaine de l'animation, la Columbia fut responsable de la distribution des premiers Mickey Mouse (1930). Cependant, cette association fut de courte durée puisque la Walt Disney Pictures lui retira les droits de distribution de ces courts métrages quelques années plus tard, au profit de la United Artists et de la RKO. Désireuse de s'approprier une part du marché lucratif du dessin animé au côté des Disney (Silly Simphonies), Warner Bros. (Looney Tunes et Merry Melodies), Universal (Woody Woodpecker) et MGM (personnages de Tex Avery), la Columbia investit dans la production d'animations. Cependant, les contraintes budgétaires conduisirent à des séries animées au graphisme médiocre comme Krazy Kat (1929-1939), Scrappy (1929-1940), Mr. Magoo (1949-1959) et Gerald McBoingBoing (1951-1956).
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La comédie musicale s'accommode mal de l'austérité; le studio lui réserva donc une place restreinte et ce, malgré la popularité évidente du genre auprès du grand public. Toutefois, la Columbia enregistra grâce à lui une série de succès : One Night of Love (Victor Schertzinger, 1934), You Were Never Lovelier (William Seiter, 1942) et Cover Girl (Charles Vidor, 1944). La popularité de deux biographies romancées à gros budget, A Song to Remember (Charles Vidor, 1945 - consacrée à Chopin) et The Jolson Story (Alfred E. Green, 1946) encouragea l'entrée progressive, timide, de la couleur dans les productions du studio.
En 1949, Columbia Pictures marqua un grand coup avec la parution du film All the King's Men de Robert Rossen. Tout d'abord, l'oeuvre s'inscrivit dans une veine de films polémiques, style prisé par le studio depuis Mr. Smith Goes to Washington (Frank Capra, 1939). Cependant, l'attrait principal du film se situa dans son cachet film-dossier. Exempt de sentimentalité, All the King's Men décrivit une influence évidente du film noir; les traces d'une écriture documentaire, parajournalistique, cultivée depuis plusieurs années par la Warner et la Fox, firent ainsi leur entrée dans les productions de la Columbia. Dans le sillage de All the King's Men, s'inscrivirent alors les oeuvres The Undercover Man (Joseph H. Lewis, 1949), In a Lonely Place (Nicholas Ray, 1950), The Harder They Fall (Mark Robson, 1956), Storm Center (Daniel Taradash, 1956) et The Garment Jungle (Vincent Sherman, 1957). La sécheresse, la sobriété obligée de ces oeuvres s'accorda avec le style dépouillé, factuel, de la Columbia, et c'est tout naturellement dans ce domaine, et plus largement dans celui du pur film noir, que s'illustrèrent certaines des plus authentiques réussites du studio : The Lady from Shanghai (Orson Welles, 1948), The Reckless Moment (Max Ophüls, 1949), The Sniper (Edward Dmytryx, 1952), The Big Heat (Fritz Lang, 1953), Drive a Crooked Road (Richard Quine, 1954), Murder by Contract (Irving Lerner, 1958), The Crimson Kimono (Samuel Fuller, 1959).
Finalement, l'avènement de la télévision engendra une réponse positive chez les frères Cohn, ceux-ci inaugurant en 1951, une division de productions télévisuelles nommée Screen Gems.


L'écurie de la Columbia
Peu de vedettes furent exclusives à la Columbia; le studio fonctionna pendant plusieurs années avec une écurie réduite. Elle emprunta le plus souvent ses vedettes aux grands studios compétiteurs. L'exemple le plus patent de cette situation constitue probablement l'obtention des services des Clark Gable et Claudette Colbert pour son film It Happened One Night, alors que le duo était temporairement suspendu dans un but punitif par leur employeur respectif, soit MGM et Paramount. Durant les années de guerre, Columbia en profita pour lancée sa vedette féminine : Rita Hayworth, partenaire favorite de Fred Astaire.
Malheureusement, le succès de Rita Hayworth fut aussi vif qu'éphémère, alors que sa carrière cinématographique stagna suite à la parution de Gilda (Charles Vidor, 1946). Voyant le déclin inévitable de sa star principale, Harry Cohn s'empressa d'amorcer la carrière d'une nouvelle beauté féminine : Kim Novak. Côté masculin, la tendance fut longtemps à la sobriété, pour ne pas dire à la morosité (William Holden, Cornel Wilde, Glenn Ford, Randolph Scott). Il fallu attendre le milieu des années 50 pour qu'apparaissent régulièrement au studio des comédiens plus démonstratifs à la Jack Lemmon ou James Stewart.


De nouveaux patrons à la Columbia (1958-1970)
Suite au décès des frères Cohn, les postes de direction de la Columbia furent comblés par Abe Schneider et Leo Jaffe. Soucieux d'attirer de grands metteurs en scène et de traiter de sujets forts plutôt que d'entretenir à demeure une équipe d'acteurs, les deux hommes dérogèrent passablement de la politique d'austérité et ouvrirent la voie à des productions indépendantes. Les succès de From Here to Eternity (Fred Zinnemann, 1953), On the Waterfront (Elia Kazan, 1954) et, plus encore, The Bridge on the River Kwai (David Lean, 1957) pavèrent ainsi la voie aux productions Anatomy of a Murder (Otto Preminger, 1959), Suddenly, Last Summer (Joseph L. Mankiewica, id.), Lawrence of Arabia (D. Lean, 1962), Advise and Consent (O. Preminger, id.), The Cardinal (id., 1963), Dr. Strangelove (Stanley Kubrick, id.), The Professionals (Richard Brooks, 1966), A Man for All Seasons (F. Zinnemann, id.) et Guess Who's Coming to Dinner (Stanley Kramer, 1967). Ce foisonnement de films apportèrent à la Columbia une réputation, tant artistique que commerciale, jamais obtenue auparavant.


Nouvelles orientations cinématographiques (1970-1980)
De la Nouvelle Vague Américaine (Easy Rider (Dennis Hopper, 1969), Five Easy Pieces (Bob Rafelson, 1970), The King of Marvin Gardens (id., 1972), Images (Robert Altman, id.), Taxi Driver (Martin Scorsese, 1976)), la Columbia revint à deux genres qui furent, chez elle, de tradition : la comédie de boulevard (Fun with Dick and Jane (Ted Kotcheff, 1977), California Suite (Herbert Ross, 1978)) ou la parodie (Murder by Death (Robert Moore, 1976)), et le film polémique (The Front (Martin Ross, 1976), The China Syndrome (James Bridges, 1979), ...And Justice for All (Norman Jewison, id.), Absence of Malice (Sydney Pollack, 1981)).
La science-fiction, longtemps confinée à des films de série B, fut remise à l'honneur avec Close Encounters of the Third Kind (Steven Spielberg, 1977). Le mélodrame, qui avait à la Columbia quelques lettres de noblesse (The Eddy Duchin Story (George Sidney, 1956) et Strangers When We Meet (R. Quine, 1960)), fit un retour triomphal avec Kramer vs. Kramer (Robert Benton, 1979).


Difficultés financières
Évidemment, la gestion plus ouverte de Schneider et Jaffe favorisa de meilleures recettes au guichet, au même titre que la nouvelle orientation cinématographique de la Columbia (moins austère) permit de gagner l'intérêt d'un public renouvelé. Cependant, les coûts exorbitants des productions placa le studio en sérieuses difficultés financières. En 1971, Columbia Pictures perdit 30 millions de dollars, puis en 1973, 50 millions virent s'ajouter aux pertes. La Columbia revint dès lors à une politique plus austère; économie d'argent et coupure de toutes dépenses superficielles. En 1972, le studio vendit son lot de la rue Gower et déménagea ses installations dans une partie du studio de la rue Burbank, qu'elle loua de la Warner Bros.. Malgré ses ennuis financiers, Columbia demeura tout de même une entreprise viable mais nécessitant l'injection de sommes provenant de l'extérieur. Et ce nouvel argent vint d'une compagnie de boissons gazeuses...


L'empire Coca-Cola à la tête de la Columbia (début 80-1987)
La Columbia entra sous l'emprise Coke au début des années 1980. Sous la houlette de Frank Price, le studio enregistra trois des plus grands succès de son histoire : Tootsie (S. Pollack, 1982), Karate Kid (John G. Avildsen, 1984) et Ghostbusters (Ivan Reitman, id.). De plus, sous la gouverne de Coca-Cola, une nouvelle entreprise de production et de distribution vit le jour en 1982, fondée par Columbia Broadcasting System (CBS), Home Box Office (HBO) et Columbia Pictures, soit Tri-Star Pictures. Placée sous la direction de la Columbia, Tri-Star produisit entre autres, The Natural (Barry Levinson, 1984), Places in the Heart (R. Benton, id.), Birdy (Alan Parker, id.), Rambo : First Blood Part II (George P. Cosmatos, 1985), Short Circuit (John Badham, 1986), Look Who's Talking (Amy Heckerling, 1989), Total Recall (Paul Verhoeven, 1990), Terminator 2: Judgment Day (James Cameron, 1991), Hook (S. Spielberg, id.), Sleepless in Seattle (Nora Ephron, 1993) et Cliffhanger (Renny Harlin, id.).
Cependant, les successeurs de Price, Guy McElwaine, le producteur britannique David Puttnam et Dawn Steel, accumulèrent les contre-performances. Devant les échecs successifs de l'entreprise, Coca-Cola délaissa sa division cinématographique en 1987, et créa la Columbia Pictures Industries, conglomérat formé de la Columbia Pictures et de Tri-Star Pictures unifiés. Les logos distincts des deux entreprises (la Columbia Lady et le Cheval blanc ailé) furent donc joints par un arrière-plan commun représentant un ciel bleu parsemé de nuages blancs. Une anecdote: certaines rumeurs prétendent que sous la direction de Coca-Cola, la Columbia Lady fut redessinée afin que sa silhouette s'apparente subtilement à une bouteille de boisson gazeuse...


Encore de nouveaux patrons... (1989-Aujourd'hui)
En 1989, le géant japonais de l'électronique, Sony Corporation, fit un investissement de 3,9 milliards de dollars dans sa division divertissement en acquérant la Columbia Pictures Industries de Coca-Cola. Le but visé par Sony fut évident : contrôler verticalement la vente de magnétoscopes et de lecteurs de Laserdiscs, de même que les films sur VHS et LD et ce, au même titre que sa division musicale, oeuvrant autant dans la vente de magnétocassettes et lecteurs CD, que dans la distribution d'enregistrements musicaux (Columbia/CBS Records étant aussi inclue dans la transaction).
Sony eut immédiatement recours au service de Peter Guber et Jon Peters (producteurs de Batman (Tim Burton, 1989)), auxquels elle offrit les postes de direction de la Columbia. L'une des premières tâches de Guber fut de relocaliser les studios de la Columbia à l'extérieur de ceux appartenant à la Warner Bros.. Dès lors, le choix de Guber s'arrêta sur les studios MGM à Culver City, emplacement préalablement occupé par le groupe Lorimar. Suite à la transaction, Guber ordonna des rénovations massives des installations (estimées entre 100 et 200 millions de dollars) afin de faciliter les tournages de la Columbia et de la Tri-Star, maintenant devenues distinctes sous la bannière Sony Pictures Entertainment.
Sous la gestion de Guber (dont le contrat se termina en 1994) et Peters (qui quitta l'entreprise pour une maison de production indépendante en 1991), Sony ne connut que peu de profits compte tenu des ses investissements initiaux. Malgré quelques succès au guichet, (Terminator 2 : Judgment Day, A League of Their Own (Penny Marshall, 1992), Boyz N the Hood (John Singleton, 1991), Sleepless in Seattle, Philadelphia (Jonathan Demme, 1993), Cliffhanger et In the Line of Fire (Wolfgang Petersen, id.)), de nombreuses ratés spectaculaires virent ternir l'image et les bilans financiers de la Columbia (Hook, Bugsy (B. Levinson, 1991), City Slickers II: The Legend of Curly's Gold (Paul Weiland, 1994), North (Rob Reiner, 1994) et principalement, Last Action Hero (John McTiernan, 1993)).
Le départ de Guber permit l'arrivée de Mark Canton, ancien membre de l'exécutif à la Warner Bros., à la tête de la Columbia. Malgré quelques succès, Canton fut congédié en 1996. Benjamin Feingold est actuellement à la tête du Columbia TriStar Motion Picture Group.
Quelques rumeurs, en 1994, rapportèrent que Sony reconsidérait ses investissement dans l'industrie cinématographique. Pourtant, dix ans plus tard, Columbia Pictures et Tri-Star Pictures font toujours partie du groupe Sony Pictures Entertainement...


Columbia/Tri-Star et le DVD
Sous la même bannière Sony Pictures Entertainment, Columbia Pictures et Tri-Star Pictures sont aujourd'hui gérées indépendemment l'une de l'autre. La distribution des produits vidéo, par contre, se fait conjointement. Il s'agit en fait de la Columbia/Tri-Star Home Entertainment (CTHE) qui assure, pour les deux entreprises, la mise en marché de leurs produits (tant VHS que DVD). La CTHE assure également la distribution des produits Sony Pictures Classics, division spécialisée de la Sony Pictures Entertainment finançant, distribuant et produisant des films indépendants depuis janvier 1992, tels que The Spanish Prisoner (David Mamet, 1997), Crouching Tiger, Hidden Dragon (Ang Lee, 2000) et Pollock (Ed Harris, 2000).
En plus d'être l'un des fondateurs de la technologie DVD, Sony possède son propre centre de numérisation, soit le Sony Pictures DVD Center. Grâce à ce service, Sony développa une expertise exclusive dans la numérisation et la compression d'oeuvres cinématographiques, principalement celles de la Columbia Pictures et de la Tri-Star Pictures. D'ailleurs, la facture visuelle de la majorité des éditions DVD de l'entreprise est particulière réussie, classant ainsi les titres de la Columbia/Tri-Star Home Video parmi les meilleurs de l'industrie.
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Les premières éditions DVD de la Columbia/Tri-Star arrivèrent sur le marché nord-américain environ six mois après le lancement du format en mars/avril 1997. Ces titres, tels que Philadelphia, The Cable Guy et Last Action Hero, n'offrirent que très peu, sinon aucun supplément. Aujourd'hui, Columbia/Tri-Star a su réajuster le tir avec des éditions spéciales époustouflantes (par exemple, Men In Black, Lawrence of Arabia, Monty Python and the Holy Grail, Snatch, Gandhi et Close Encounters of the Third Kind), de même qu'avec des titres réguliers avec bon nombre de suppléments (Ghostbusters, In the Line of Fire, Jumanji et Cliffhanger). À titre indicatif, notons également que ce studio a toujours su profiter des avantages techniques du format DVD, dont l'anamorphose et l'inclusion de multiples bandes-sonores (Das Boot - The Boat : langue allemande, Wo hu cang long - Crouching Tiger, Hidden Dragon : langue cantonaise).
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À la mi-année 2000, Columbia/Tri-Star inaugura une nouvelle bannière appelée Superbit. Premier studio américain à proposer ce genre d'éditions, la collection Superbit s'adresse à un public désireux de se procurer le meilleur du format numérique DVD. Ainsi, Columbia/Tri-Star proposa quelques éditions sous cette collection, ceux-ci démontrant des fréquences d'échantillonnage supérieures et une compression numérique moindre que les éditions régulières. Toutefois, l'information numérique vidéo et audio couvrant la totalité du disque, aucun supplément n'est offert avec ces titres.
Seconde ligne spécialisée du studio, la DestinatioN Films proposera, dès mars 2002, certains titres plus spécialisés (animation, courts métrages, films cultes, etc.). Le premier film de cette nouvelle bannière sera Metropolis, une animation japonaise de Rintaro (Galaxy Express 999) basée sur un scénario d'Otomo (Akira). Une collection prometteuse qui, espérons-le, s'adressera à un public cinéphile parfois lassé par le cinéma traditionnel américain.
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Peut-être pour corriger les erreurs du passé, Columbia/Tri-Star s'affère, depuis le troisième trimestre de 2001, à la réédition de titres déjà mis en marché, les agrémentant de suppléments inédits. Parmi ce lot, mentionnons Groundhog Day et The Sixth Day.
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En ce qui à trait au dossier des bandes-sonores françaises en DVD, le bilan de la Columbia/Tri-Star est mitigé. Jusqu'en 1998, les éditions DVD de ce studio offraient presque toutes des bandes-sonores françaises. Puis, au même moment que la Warner Bros., Columbia/Tri-Star supprima les bandes-son de toutes ces éditions. Le premier titre a souffrir de cette coupure fut Godzilla (Roland Emmerich, 1998). Après des négociations avec le gouvernement québécois, la Columbia/Tri-Star reprit l'inclusion systématique de bandes sonores françaises au printemps 2000.


Conclusion
Malgré un soucis constant d'économie déteignant souvent sur des productions jugées austères, Columbia Pictures réussit tout de même à traverser soixante-quinze ans d'histoire, ce qui n'est pas sans mérite considérant l'extrême compétitivité de cette industrie. De l'entreprise familiale des frères Cohn à l'empire Sony, Columbia a su s'épanouir parmi un monde de géants, où seul les profits déterminent les vainqueurs. À n'en point douter, la Columbia Lady supportera encore longtemps et fièrement le flambeau haut dans les cieux...




   Auteur: Alexandre Caron          Publication: 01/05/2003
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