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Don't Look Now



Synopsis/présentation
Nicholas Roeg fut un génial directeur de la photo avant de passer à la réalisation. Il travailla avec de grands réalisateurs et c'est sans aucun doute auprès d'eux qu'il put apprendre le métier : David Lean (Lawrence of Arabia, 1962, photo 2ème équipe ; Doctor Zhivago, 1965, directeur de la photo), Roger Corman (The Masque of the Red Death, 1964, directeur de la photo), François Truffaut (Farenheit 451, 1966, directeur de la photo).

Dès 1970, il se lance dans la réalisation avec Performance, un film vraiment psychédélique (avec Mick Jagger), totalement ancré dans son époque et pour tout dire assez confus mais brillament filmé et éclairé. Avec son film suivant, Walkabout (1971), il confirme son goût pour les situations et les intrigues décalées. Cette histoire de jeunes livrés à eux-mêmes au fin fond de l'Australie et aidés par un aborigène, s'avère très originale et bien exploitée. En 1973, il tournera le film qui nous intéresse aujourd'hui : Don't Look Now.

Avec The Man Who Fell to Earth (1976), il nous livre son deuxième film d'importance (après Don't Look Now). Dans ce film boulversant, David Bowie (encore une Rock Star!) incarne à la perfection un extraterrestre sensible et intelligent qui doit utiliser des methodes humaines pour financer le sauvetage de sa planète. Roeg y entérine son goût pour le sexe et ses représentations à l'écran (jamais vulgaires et toujours sensuelles), et son penchant pour les intrigues et les structures narratives complexes et plutôt difficiles à appréhender pour le spectateur lambda. Son film suivant , Bad Timing (1980), poussera d'ailleurs un peu trop loin son système et accouchera d'un film bancal même si une fois de plus bien réalisé et possédant des qualités quasi hypnotiques ( qui est une des marques de fabrique de Roeg). Par la suite, il perdra malheureusement contact avec le public malgré une plutôt longue série de films : Eureka (1983), Insignificance (1985), Castaway (1987), Track 29 (1988). En dépit de qualités scénaristiques ou techniques évidentes, cette série d'oeuvres interessantes ne trouveront pas vraiment d'audience et seront à notre grand regret mal distribuées (et donc difficiles à voir).

En 1990 pourtant, Roeg reviendra avec (encore une fois) un film curieux mais réussi : The Witches. Angelica Huston y prend un plaisir évident à jouer la sorcière dans le seul film de son auteur destiné aussi à un public enfantin, et du coup le film sera remarqué et estimé à sa juste valeur. Il réalisera encore deux films complexes et étranges où il brasse ses obsessions (le sexe, la manipulation, la destructurations du récit) : Cold Heaven (1991) et Two Deaths (1995). Leur décalage par rapport aux productions classiques les empêchera à nouveau de trouver leur public. Il travaille depuis pour la télévision, mais espérons qu'il reviendra encore au grand écran pour nous offrir sa vision si particulière du monde sur celluloïd.

Don't Look Now (1973) est le film le plus célèbre (à juste titre) de Nicholas Roeg. John et Laura Baxter (Donald Sutherland et Julie Christie, excellents et parfaitement crédibles) ont perdu leur fille récemment. Ils partent tous deux à Venise où John s'occupe de la restauration d'une église. Laura fait par hasard la connaissance de deux soeurs, dont une est médium (et aveugle) qui lui assure que son enfant est heureuse et la prévient que son mari est en danger dans Venise. Ce canevas est celui de la nouvelle de Daphné du Maurier du même nom, et Roeg en effectue une mise en images envoûtante et hypnotique qui peut paraître incompréhensible à la première vision. Cependant, la multiplicité des thèmes abordés (la mort, le deuil, la foi, les revenants, les dons paranormaux) et une approche non linéaire du récit, font que les informations et les signes sont beaucoup trop nombreux pour en saisir tout le sens et les implications dès la première vision. De plus, le splendide travail photographique de N. Roeg (en collaboration avec son directeur photo officiel : Anthony Richmond) et la composition de ses plans, font que c'est l'aspect visuel qui prime au départ (utilisation de la couleur rouge, les mises en scènes inquiétantes de la ville de Venise). Contrairement à beaucoup de films très travaillés esthétiquement, le fond est aussi fourni que la forme et occasionera autant de plaisir à l'analyse (et au décodage) que l'aspect visuel de l'oeuvre. La forme, le déroulement du récit et le montage de l'oeuvre seront une autre source de satisfaction lorsque vous tenterez de replacer dans l'ordre les différentes parties du film. Certes Nicholas Roeg est un cinéaste qui demande énormément à ses spectateurs, mais il leur propose également beaucoup. Cela le prive d'emblée de l'adhésion d'une majeure partie du public, mais en revanche lui vaut l'admiration de ceux qui ont fait la démarche nécessaire pour apprécier son oeuvre (voire la comprendre pour les plus acharnés). En cela, il se rapproche de la démarche d'autres grands du cinéma (Tarkovski, Lynch, Cronenberg, Fellini, entre autres), dont les films ne fonctionnent qu'avec la participation active de leurs spectateurs.
Don't Look Now est donc un film exigeant mais indispensable à partir du jour où on le revoie dans le bon état d'esprit (et du coup on en découvre tout l'interêt). Malgré ses bientôt trente ans, le film ne paraît pas daté et au regard de certaines productions récentes (Le Sixième Sens, N. Shyamalan), il a été analysé et digéré par de jeunes réalisateurs. Il est fortement conseillé à tous les spectateurs épris de cinéma différent, prêts à s'embarquer dans un voyage unique.


Image
L'image est offerte au format respecté de 1.85:1 et d'après un transfert anamorphosé.

La définition générale est de bonne qualité avec toutefois quelques passages moins précis dus à un grain assez prononcé (sur certaines scènes seulement, le reste de l'image étant stable). L'interpositif est relativement propre et bien soutenu par une finesse des détails très appréciable. Les couleurs si particulières du film sont très bien rendues (stables et naturelles) et cette qualité renforce encore l'aspect funéraire du film. Les contrastes sont relativement bien traités et les sur-brillances sont évitées. Cependant, si le rendu des parties sombres du film est correct, un peu plus de contrastes et des noirs plus profonds auraient été les bienvenus.

Quant à la partie numérique du transfert, elle a bénéficié du savoir faire de la Paramount à défaut d'avoir bénéficié de ses moyens. Une legère tendance à la surdéfinition est à noter ainsi que des fourmillements intempestifs qui viennent se fondre au milieu du grain de l'image, donc rien de vraiment gênant.

La Paramount a bien tiré son épingle du jeu avec un transfert des plus difficiles qui soit, mais dans le même temps, nous ne pouvons que regretter que plus de moyens n'aient été engagés dans la restauration d'un film de cette importance.



Son
Les deux bandes-son présentes sur le DVD sont en Anglais (DD 1.0 mono) et Français (DD 1.0 mono).

La bande sonore anglaise est d'une dynamique un peu faible (mais correcte vu l'age et le budget du film), et offre une présence un peu étriquée mais acceptable tout de même. Les effets sonores sont correctement intégrés au reste de la bande-son, mais la musique du film est parfois un peu sourde et confuse (rien de grave cependant). Les dialogues sont bien rendus même si de temps à autre ils sont un peu couverts par des effets ou de la musique (dans des proportions raisonnables cependant). Les basses fréquences (comme souvent sur les bandes-son en mono) sont vraiment anecdotiques.

Le doublage français est quant à lui un peu plus etouffée que la bande-son anglaise, et devient du coup vraiment très limite.
Les sous-titres sont disponibles uniquement en Anglais.



Suppléments/menus
Malheureusement une section encore une fois vide à l'exception d'un bande-annonce.
Celle-ci est de qualité très moyenne mais présente une montage intéressant dans le style du film. Et puis c'est tout ! Honnêtement, sur une oeuvre complexe et peu explicative comme celle-ci, il est vraiment dommage de ne pas trouver un commentaire audio qui aurait pu aider le spectateur à y naviguer de façon plus précise.




Conclusion
Une édition DVD de qualité moyenne et vide de suppléments, mais qui a le grand mérite d'être la première à proposer une copie correcte de cette oeuvre.
Un film surprenant à l'ambiance et au scénario uniques, dont le traitement et la progression pourront surprendre les plus conservateurs, mais à la réalisation et au sous-texte réellement travaillés. A recommander à tous (sauf aux plus jeunes), de façon à mesurer les différences de qualité entre les productions fantastiques actuelles et celles des années soixante-dix.




Qualité vidéo:
3,0/5
Qualité audio:
2,5/5
Suppléments :
1,0/5
Rapport qualité/prix:
3,0/5


Note finale:
2,5/5
 
Haut
specifications


Studio/Editeur
Paramount

Année
1973

Genre
Fantastique

Réalisateur
Nicholas Roeg

Acteurs
Donald Sutherland, Julie Christie,


Nombre de disque
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Durée
110

Format d'image
1.85:1

Transfert 16:9
Oui

THX
Non

Bande(s)-son
Anglaise Dolby mono, Française Dolby mono

Sous-titres
Anglais

Suppléments
Bande Annonce



Date de parution
2002-10-01

Auteur: Stefan Rousseau

Publication: 2002-11-20

 
 
Système utilisé pour cette critique
Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.
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