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DVDEF

Handmaiden, The

Critique
Synopsis/présentation
La feuille de route de Park Chan-wook est particulièrement impressionnante. Outre les mémorables Oldboy et Lady Vengeance, le cinéaste coréen s’est frotté à l’univers d’Émile Zola (Thirst) et s’est même aventuré dans la production hollywoodienne avec Stoker, un sombre drame familial avec Nicole Kidman et Mia Wasikowska tièdement reçu en Amérique du Nord. Avec The Handmaiden (Mademoiselle en version française), le réalisateur revient avec une nouvelle proposition étonnante, une adaptation du roman Fingersmith de Sarah Waters.

Transposant l’univers victorien du texte original de l’auteure britannique vers celui de la colonisation japonaise en Corée dans les années 30, Park Chan-wook demeure pourtant fidèle au livre dans la progression narrative ainsi que dans la structure. En effet, le film reprend un schéma où le récit est divisé en trois parties. La première, donne la voix à Sook-hee, une jeune femme pickpocket qui se fait approcher par Fujiwara, un escroc qui veut faire engager sa complice comme aide-soignante dans la demeure de Hideko, une héritière qu’il souhaite épouser et faire interner afin de toucher tous ses avoirs.

La deuxième, plus troublante et plus sombre, donne la parole à Hideko. On y découvre notamment son enfance, mais surtout ses intentions. Curieusement, cette seconde partie laisse énormément de place à l’arrivée de Fujiwara dans la vie d’Hideko. Ce fil narratif illustre avec aplomb la place que joue ce personnage féminin dans un monde les femmes sont bêtement objectivités par les hommes.

Comme toujours chez Park, la caméra est d’une majestueuse beauté. Ses images à la fois poétiques et terrifiantes créent un délicieux envoûtement. Manifestant toujours le désir de choquer, le cinéaste présente des scènes érotiques plutôt explicites qui sauront faire discuter les spectateurs. Mais de réduire la démarche du coréen à de l’opportunisme ou encore du voyeurisme serait bien malhonnête puisqu’il présente une délicate histoire d’amour entre deux femmes dans un univers hétérogéniste, voire complètement machiste.

Il est par contre dommage de constater que le récit ne réussisse pas à émouvoir autant qu’il le devrait. La conclusion, qui s’attarde sans doute trop aux destins des personnages masculins, tombe peut-être dans le piège du fantasme lesbien masculin avec cette ultime image idéalisée. Peut-être est-ce ici le signe d’une approche plus cérébrale qu’émotive de la part de Park Chan-wook : mettre en évidence le regard masculin dominant et rappeler qu’au final tout n’est qu’une question de perception.


Image
L’image est offerte au format respecté de 2:35:1 d’après une résolution de 1080p.

Le transfert est absolument magnifique. Le travail visuel de Park Chan-wook est transposé avec finesse grâce à une image d’une qualité admirable. Détails et textures sont reproduits avec précision alors que les couleurs font preuve de richesse et sont parfaitement délimitées. Les tons de peaux demeurent constants et naturels. De plus, les effets de surbrillance sont totalement évités grâce à des contrastes parfaitement gérés. Quant aux parties sombres, elles sont également superbement reproduites. Les dégradés y sont fluides et précis alors que les noirs font preuve d’intensité et de pureté.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Un mixage au format Master Audio DTS-HD est offert en version originale coréenne et japonaise.

Le mixage reproduit fidèlement l’univers sonore du cinéaste coréen. Si de prime abord, l’ensemble se présente quelque peu en retrait, le mixage révèle tout son potentiel au fur et à mesure que le film avance. Les dialogues prédominent dans ce mixage et sont entendus grâce aux ouvertures frontale et latérale claires et précises. Par contre, des sons plus appuyés et qui se manifestent de manière plus ponctuelle (une porte qui se ferme, par exemple) ajoutent un dynamisme à l’ensemble. La profondeur de la bande-son est assurée par les enceintes arrière qui permettent de faire beaucoup plus qu’appuyer les ambiances; de multiples effets d’ambiophonie sont perceptibles. Enfin, les basses fréquences servent surtout à appuyer la trame sonore efficacement intégrée au mixage alors que le canal d’extrêmes graves est à peine sollicité.

Il y a option de sous-titrage en anglais et en français.


Suppléments/menus
Aucun supplément n’est offert sur cette édition.



Conclusion
Même s'il n'atteint pas les sommets de ses oeuvres précédentes, The Handmaiden porte dignement la marque de Park Chan-wook. Trahisons, passions et violence mettent en place cette sordide, mais douce histoire d'amour. Le cinéaste coréen y expose le regard masculin sur les corps féminins et ce, plus que jamais.

Le transfert vidéo est d'une admirable beauté et reproduit avec finesse le travail visuel si cher au réalisateur. En revanche, le mixage se déploie un peu plus en retrait, mais reproduit néanmoins avec fidélité l'univers sonore subtil et complexe du film. Malheureusement, les suppléments se font absents de cette édition.


Qualité vidéo:
4,6/5

Qualité audio:
4,3/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2017-03-02

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Ah-ga-ssi

Année de sortie:
2016

Pays:

Genre:

Durée:
145 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Mongrel Media

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:

Bande(s)-son:
Coréenne DTS-HD Master Audio 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
-

Date de parution:
2017-01-24

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