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DVDEF

Nouvelle amie, Une

Critique
Synopsis/présentation
Cinéaste prolifique, François Ozon présente ici son quinzième long métrage. Optant à nouveau pour l’adaptation, démarche qui lui a souvent été bénéfique (8 Femmes, Potiche, Dans la maison), le cinéaste a choisi ici de s’inspirer de la nouvelle « The New Girlfriend » de Ruth Rendall. Suite au décès de sa meilleure amie Laura, Claire (Anaïs Demoustier) plonge dans une sérieuse dépression. Elle tente alors de se rapprocher de David (Romain Duris), le mari de Laura. Mais lorsqu’elle pénètre dans sa demeure, elle le retrouve … déguisé en femme.

Après une année où les personnages transgenres ont littéralement explosé au grand écran (Tangerine, The Danish Girl, About Ray) et après les œuvres relativement marquantes de Pedro Almodovar et Xavier Dolan, que pouvait apporter Ozon au discours ? Comme souvent chez le cinéaste, la réponse se trouve là où on s’y attendait le moins. La proposition du réalisateur français se révèle ici culottée, provocante et plutôt audacieuse. En effet, le cinéaste décide d’employer une arme souvent mésestimée dans son cinéma : l’humour. L’effet est à double tranchant cependant : on adhère ou non à cet univers kitsch où l’alter ego de David met des perruques flamboyantes et se vêt de robes extravagantes. Virginia, cette femme que David a tenté toutes ses années de cacher à son entourage, s’épanouit au contact de Claire.

Outre cette proposition osée qui renoue avec les œuvres plus artificielles et provocatrices d’Ozon, le long métrage propose néanmoins une introspection intéressante chez les personnages, particulièrement chez Claire qui s’avère finalement la véritable héroïne du récit. Sa relation avec Virginia, l’ambiguïté de son amitié avec sa défunte amie et sa fascination pour sa nouvelle amie sont les véritables enjeux du film.

Et enfin, à travers ces scènes plus racoleuses se dessinent les intentions attendrissantes du cinéaste. La superficialité de Virginia laisse lentement place à une sensibilité et à une vulnérabilité qui visent à émettre un commentaire d’acceptation, de tolérance et d’affection envers ce personnage transgenre. Car malgré l’aspect ludique qui en rebutera plusieurs, Une nouvelle amie se montre plus touchant et plus assuré qu’il n’y paraît.


Image
L’image est offerte au format respecté de 1:85:1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale de l’image est superbe. Excepté un léger grain cinématographique qui perceptible, le transfert affiche netteté et précision. Le niveau des détails et des textures est aussi reproduit avec finesse. Les décors et les costumes sont ainsi impeccablement reproduits. Les couleurs font aussi preuve de richesse et de précision laissant le spectateur apprécier les paysages automnales québécois qui servent de lieu au film. Les effets de surbrillance sont aussi évités grâce à des contrastes parfaitement gérés. Les parties sombres sont très bien reproduites. Les dégradés sont fluides et précis tandis que les noirs font preuve de pureté et d’intensité.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Une seule bande son au Dolby Digital 5.1 en version originale française est disponible.

Le mixage évolue en retrait, étant donné le type de films présenté. Le bande son fait néanmoins preuve d’une bonne présence et d’un dynamisme adéquat. Le champ sonore est déployé de manière assez conventionnelle où les ouvertures frontale et latérale laissent entendre la majorité des éléments sonores et les enceintes arrière appuient subtilement les ambiances. Quelques effets d’ambiophonie contribuent également à procurer une meilleure immersion lors du visionnement. Les dialogues, élément prédominant du mixage, demeurent constamment et parfaitement intelligibles tandis que la trame sonore signée Philippe Rombi, le fidèle complice du réalisateur, s’intègre efficacement à la bande son. Cette dernière profite d’ailleurs des basses fréquences qui grondent avec profondeur à quelques autres occasions (une séquence d’accident, notamment). Quant aux extrêmes graves, leur emploi est négligeable.

Il y a option de sous-titrage en anglais.


Suppléments/menus
Malheureusement, nous ne retrouvons aucun supplément sur cette édition.



Conclusion
Drôle, provocateur et étonnamment attendrissant, la nouvelle offrande de François Ozon ne risque pas d’attirer de nouveaux amateurs, mais risque de séduire les habitués à son univers kitsch où brillent les portraits de personnages féminins. La proposition est culottée et pour ceux qui y adhèrent, la ballade est très divertissante.

L’édition est techniquement très bien. Le transfert vidéo affiche un beau rendu cinématographique alors que le mixage reproduit fidèlement l’univers sonore du film. On regrettera évidemment l’absence de suppléments, d’autant plus qu’une partie du tournage a eu lieu à Saint-Lambert. Mais ce serait bouder la disponibilité d’une œuvre d’un cinéaste plutôt apprécié du public québécois.


Qualité vidéo:
4,1/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2015-11-15

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Nouvelle amie, Une

Année de sortie:
2014

Pays:

Genre:

Durée:
108 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Métropole Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
-

Date de parution:
2015-10-27

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