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DVDEF

Cosmopolis

Critique
Synopsis/présentation
Depuis A History of Violence (2005), on a beaucoup reproché à David Cronenberg de s’être éloigné de son œuvre originale qui était aventureuse, étrange et déstabilisante au profit d’un cinéma plus accessible. Les œuvres qui ont suivi (Eastern Promises (2007), A Dangerous Method (2011)) ont confirmé cette tendance. Pourtant, ces longs-métrages plus consensuels partagent le même ADN que des œuvres comme Crash, eXistenZ, The Fly et Videodrome. L’obsession pour le corps, la sexualité et la violence demeure un enjeu du cinéaste même lorsqu’il met en scène des histoires plus conventionnelles. C’est pourquoi lorsque les premières affiches du film Cosmopolis sont apparues, présentant Robert Pattinson dans une limousine avec en arrière-plan un New York chaotique, et au moment où la première bande-annonce a été vue, tous les espoirs étaient possibles. De plus, en choisissant d’adapter le roman de Don DeLillo et, selon les dires mêmes du cinéaste, de transposer de façon intacte, mot pour mot, chacun des dialogues du livre au scénario, Cronenberg faisait luire des indices pointant vraisemblablement vers un retour à un cinéma plus radical et sombre.

Cosmopolis se présente plutôt comme la preuve définitive de la tangente prise par Cronenberg au cours des dernières années. Ironiquement, même si le réalisateur canadien met en scène cette histoire de jeune milliardaire désirant aller se faire donner une coupe de cheveux de façon plutôt sage, il s’agit certainement de son film le moins accessible. Grâce aux possibilités du roman de DeLillo, Cronenberg favorise ici les échanges plutôt que l’action, le dialogue plutôt que la trame narrative. Le cinéaste a construit son récit à partir presque exclusivement de rencontres entre Eric Packer (Pattinson) et une série de gens qui l’entourent dont sa femme, sa maîtresse, son économiste, etc. Défilent ainsi les Juliette Binoche et Samantha Morton pour décrire le climat, le contexte et les tensions de ce New York futuriste qui prétend ne pas être si loin de nous. C’est cette forme, sans aucun doute très lourde et chargée, qui saura rebuter les spectateurs. Car si Cosmopolis est un film stimulant et intellectuellement riche sur le plan des idées, il n’en demeure pas moins que le long-métrage filmé par Cronenberg est difficilement accessible.

Cosmopolis est une œuvre qui arrive malheureusement quelques années trop tard. Dénonçant clairement un système capitaliste insouciant et égoïste qui s’incarne à travers le personnage joué par Pattinson, les questionnements philosophiques et les remises en question fondamentales que le film pose deviennent naturellement moins percutants que si le film avait vu le jour en 2008 ou 2009 peu de temps après l’effondrement boursier. C’est pourquoi malgré les intentions louables de Cronenberg, le film résonne chez le spectateur avec un certain décalage.

Cosmopolis, malgré un changement formel, ne saura assurément pas concilier les admirateurs de Cronenberg qui sont moins en harmonie avec les nouveaux choix du cinéaste. L’œuvre prend plusieurs risques dans sa mise en scène, le plus évident étant celui de présenter un contexte, une époque à travers les échanges de personnages évoluant dans un univers dénué de toute humanité, froid, dangereux et hostile. L’investissement est ainsi parfaitement louable puisque depuis une bonne décennie Cronenberg n’a pas livré de film aussi riche et stimulant. Mais plus que tout, Cosmopolis, comme en témoigne ce dernier plan typiquement cronenbergien, est une œuvre qui fait entièrement confiance au spectateur, lui rappelant qu’il détient l’ultime réponse aux énigmes qu’elle soulève.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.85:1 à une résolution de 1080p.

Le film ayant été tourné en numérique, le transfert vidéo profite d’une parfaite définition. Les textures et les détails sont reproduits avec finesse et précision. Les couleurs, elles aussi, font preuve de saturation et de richesse alors que les tons de peaux demeurent toujours naturels. Les effets de surbrillance sont évites grâce à des contrastes parfaitement gérés. La grande majorité des scènes se déroulant dans une certaine obscurité, la reproduction des parties sombres est étonnante de détail. Nous saluerons des dégradés fluides et des noirs purs et profonds.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Deux bandes son sont offertes sur cette édition, toutes deux au format DTS-HD Master Audio 5.1, l’une en version originale anglaise et l’autre en version française.

Cosmopolis est un film principalement constitué de dialogues alors il n’est pas très étonnant de constater que le mixage DTS-HD anglais travaille en finesse. Grâce à quelques scènes pourtant, notamment celle dans le bar, le mixage profite d’un certain dynamisme et le déploiement du champ sonore opère en fonction de développer une immersion subtile. Ce sont évidemment les ouvertures frontale et latérale qui servent principalement les éléments sonores du film, mais les enceintes arrière appuient habilement les ambiances rendant ainsi l’environnement extérieur à la voiture de Eric Packer plus palpable. Les dialogues sont naturellement toujours intelligibles et la trame sonore d’Howard Shore s’intègre efficacement au mixages. Étonnamment, les basses fréquences grondent avec profondeur à plusieurs occasions de même que le canal d’extrêmes graves qui se manifeste efficacement.

Des sous-titres anglais sont disponibles.


Suppléments/menus
Une piste de commentaires audio animée par le réalisateur David Cronenberg est offerte. Pertinent et articulé, le cinéaste propose des réflexions riches et intéressantes. D’un ton très intellectuel, la pistes de commentaires présente un Cronenberg très généreux dans ses interventions.

Un documentaire de près de deux heures « Citizens of Cosmopolis (1:50:22) dévoile avec une précision exemplaire les différentes étapes de la production du film. De l’analyse du roman de DeLillo à son adaptation pour l’écran en passant par le choix des acteurs, les choix artistiques du cinéaste et enfin le tournage. Un documentaire informatif et pertinent comme on en voit rarement.

Un segment « Interviews with Cast and Crew (27:26) » propose des entretiens avec la plupart des nombreux acteurs du film ainsi qu’avec des membres de l’équipe technique. La plupart des interventions ont été aperçues dans le documentaire précédent et sont offertes ici dans une version « intégrale ».

Enfin, la bande-annonce complète les suppléments de cette édition.



Conclusion
Cosmopolis est une œuvre qui confirme que le cinéaste canadien David Cronenberg ne reviendra sans doute jamais au cinéma de ses débuts. Même en acceptant cette réalité, le film demeure difficilement appréciable de par sa forme peu accessible et lourde : des séquences aux dialogues chargés de réflexions sur un système capitaliste. Intellectuel, froid et stimulant, le long-métrage doit néanmoins être salué pour le plus gros risque pris par Cronenberg depuis une décennie.

L’édition est techniquement excellente. Le transfert vidéo reproduit justementla facture visuelle de l’œuvre tandis que le mixage est d’une admirable subtilité et d’un étonnant dynamisme à certains moments. Les suppléments sont extrêmement intéressants et pertinents, autant la piste de commentaires audio que le documentaire de près de deux heures riches en informations. Certainement une excellente édition en ce début d’année.


Qualité vidéo:
4,4/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,2/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2013-01-17

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Cosmopolis

Année de sortie:
2012

Pays:

Genre:

Durée:
109 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
E one Entertainment

Produit:
Blu-ray + DVD

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD Master Audio 5.1
Française DTS HD Master Audio 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaire, entretiens avec les acteurs et les artisans, bande-annonce

Date de parution:
2013-01-01

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