Albert Nobbs

Critique
Synopsis/présentation
Coscénariste, coproductrice et actrice de ce long-métrage, Glenn Close a su amener à bon port Albert Nobbs. En effet, le film a été nommé dans trois catégories lors de la dernière cérémonie des Oscars : meilleur maquillage, meilleure actrice de soutien et meilleure actrice. Après avoir joué le personnage sur Broadway il y a trente-ans, Close est celle qui a porté à bout ce projet et son dévouement est palpable à chaque instant où elle apparaît à l’écran. C’est le film de l’actrice il ne faut pas se leurrer.
Elle y incarne Albert Nobbs une femme qui à la fin du XXIe siècle vit secrètement comme un homme, comme serviteur dans un hôtel à Dublin. Lorsque Hubert Page, un charismatique peintre qui s’avéra être également (nous le saurons très rapidement) une femme, viendra effectuer quelques travaux dans l’immeuble, Albert Nobbs sera confronté à vivre avec sa véritable identité. Alors que son semblable lui raconte sa vie tranquille avec sa femme, Albert ne peut que l’envier et se mettre aussi à rêver à une vie loin de son travail de serviteur.
Le principal problème d’Albert Nobbs le film, et du personnage, est son opacité. Malgré tous les efforts de Close pour lui rendre une humanité, Nobbs est un protagoniste ancré dans sa propre intériorité. La démarche tranquille, la posture droite, le désir de passer inaperçu, l’efficacité dans son travail, sont tous des traits qui caractérisent le personnage joué par Glenn Close. Or, cette absence de charisme en plus de sa quête loin d’être passionnante et son passé pratiquement inexistant (nous avons droit à une seule révélation) auraient pu bénéficier au personnage. Au lieu de cela, Albert Nobbs n’arrive pas à nous toucher. D’ailleurs la caméra du cinéaste Rodrigo Garcia passe beaucoup de temps à s’intéresser à l’entourage de Nobbs, surtout au personnage d’Helen une servante et à ses déboires avec Joe, preuve qu’à lui seul le personnage qu’incarne Close n’a pas été écrit pour une étude caractère.
Pourtant, le long-métrage expose un portrait intéressant du questionnement de l’identité sexuelle dans un contexte précis. Si le film demeure discret sur le contexte social, la représentation du genre est, quant à elle, très révélatrice. Car sous ses airs de transgression, Albert Nobbs nous présente un conservatisme étonnant malgré la mise en place plutôt déstabilisante. En effet, lorsque Nobbs rêve de sa vie à deux avec la jeune Helen, c’est dans un rôle de femme au foyer qu’il l’imagine tandis que lui (elle) assurerait leur survie économique. À l’image de son genre masculin, elle construit (naïvement) un fantasme en voulant calquer le bonheur de Mr Page son semblable.
C’est d’ailleurs dans les quelques séquences entre Nobbs et Page que le film parvient à fasciner et toucher le plus. Alors que les deux partagent une réalité commune, chacun d’eux le vit à sa propre manière. À ce titre, il devient intéressant de comparer la vie homosexuelle « secrète » de Page et de sa femme alors que dans les premières minutes du film, deux riches invités masculins à l’hôtel s’affichent sans honte devant Nobbs après avoir passé la nuit ensemble. C’est dans ces ambiguïtés et ces subtilités que Albert Nobbs épouse enfin le caractère impassible de son protagoniste.
Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 à une résolution de 1080p.
La définition générale de l’image est excellente. Le caractère « film d’époque » est précisément rendu à tous les niveaux : costumes, maquillages et décors sont reproduits avec finesse et netteté. La reproduction des couleurs est aussi impeccable. Ces dernières demeurent riches et précises permettant d’apprécier le travail de la direction artistique. Les contrastes sont très bien gérés alors que les dégradés font preuve de fluidité. S’ajoutent à cela des noirs purs et intenses. Les parties sombres sont ainsi reproduites avec précision et finesse.
La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.
Son
Deux bandes-sons au format DTS-HD Master Audio 5.1 sont disponibles en version originale anglaise et en version française.
Le mixage DTS-HD anglais est en quelque sorte à l’image du héros du film, c’est-à-dire bien discrète. Plutôt en retrait, elle fait néanmoins preuve de présence plutôt que d’un dynamisme à tout casser. Le déploiement du champ sonore s’effectue de façon assez subtile même si les éléments sonores sont limités à des ouvertures frontale et latérale. Les enceintes arrière servent ainsi à appuyer les ambiances et à créer une meilleure immersion. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles alors que la trame sonore s’intègre efficacement au mixage. Les basses fréquences de même que les extrêmes graves sont très peu sollicitées et leur emploi demeure complètement anecdotique.
Il y a option de sous-titrage en anglais.
Suppléments/menus
Nous retrouvons d’abord un montage d’entrevues (40:42) qu’il est possible de visionner en un seul ou en plusieurs segments. Les interventions des acteurs Glenn Close, Aaron Johnson, Brendan Gleeson de même que celles du réalisateur Rodrigo Garcia sont parmi celles qui composent ces entretiens. Le ton est sérieux, les intervenants passionnées (particulièrement Close qui s’est complètement investie dans ce projet) et les informations partagées intéressantes et pertinentes.
Viennent ensuite trois scènes retranchées. « Nobbs and Joe Have Tea (2:13) », « Helen Asks Nobbs for Money (2:06) » et « End of date – At the Pub (3:54) » proposent toutes plus d’interaction entre le personnage d’Albert Nobbs et le couple formé de Joe et Helen. On y apprend très peu, mais le visionnement de ces scènes se laisse regarder, sans plus.
Conclusion
Malgré des intentions très nobles de la part de Glenn Close, Albert Nobbs est un film oubliable. La caméra du réalisateur Rodrigo Garcia demeure, à l’image du héros, constamment en surface du personnage incarné par la célèbre actrice. Le mystère et l’ambiguïté habitant Nobbs font que son histoire et ses rêves ne parviennent ainsi pas à nous émouvoir comme il le faudrait.
Le transfert vidéo est de bonne facture reproduisant avec justesse l’impressionnante direction artistique alors que le mixage DTS-HD est déployé en toute subtilité. On se désolera de l’absence de la piste de commentaires audio disponible sur l’édition américaine alors que comme seule consolation nous avons droit à une poignée d’entretiens intéressants, mais un peu courts, de la part des artisans du film.
Coscénariste, coproductrice et actrice de ce long-métrage, Glenn Close a su amener à bon port Albert Nobbs. En effet, le film a été nommé dans trois catégories lors de la dernière cérémonie des Oscars : meilleur maquillage, meilleure actrice de soutien et meilleure actrice. Après avoir joué le personnage sur Broadway il y a trente-ans, Close est celle qui a porté à bout ce projet et son dévouement est palpable à chaque instant où elle apparaît à l’écran. C’est le film de l’actrice il ne faut pas se leurrer.
Elle y incarne Albert Nobbs une femme qui à la fin du XXIe siècle vit secrètement comme un homme, comme serviteur dans un hôtel à Dublin. Lorsque Hubert Page, un charismatique peintre qui s’avéra être également (nous le saurons très rapidement) une femme, viendra effectuer quelques travaux dans l’immeuble, Albert Nobbs sera confronté à vivre avec sa véritable identité. Alors que son semblable lui raconte sa vie tranquille avec sa femme, Albert ne peut que l’envier et se mettre aussi à rêver à une vie loin de son travail de serviteur.
Le principal problème d’Albert Nobbs le film, et du personnage, est son opacité. Malgré tous les efforts de Close pour lui rendre une humanité, Nobbs est un protagoniste ancré dans sa propre intériorité. La démarche tranquille, la posture droite, le désir de passer inaperçu, l’efficacité dans son travail, sont tous des traits qui caractérisent le personnage joué par Glenn Close. Or, cette absence de charisme en plus de sa quête loin d’être passionnante et son passé pratiquement inexistant (nous avons droit à une seule révélation) auraient pu bénéficier au personnage. Au lieu de cela, Albert Nobbs n’arrive pas à nous toucher. D’ailleurs la caméra du cinéaste Rodrigo Garcia passe beaucoup de temps à s’intéresser à l’entourage de Nobbs, surtout au personnage d’Helen une servante et à ses déboires avec Joe, preuve qu’à lui seul le personnage qu’incarne Close n’a pas été écrit pour une étude caractère.
Pourtant, le long-métrage expose un portrait intéressant du questionnement de l’identité sexuelle dans un contexte précis. Si le film demeure discret sur le contexte social, la représentation du genre est, quant à elle, très révélatrice. Car sous ses airs de transgression, Albert Nobbs nous présente un conservatisme étonnant malgré la mise en place plutôt déstabilisante. En effet, lorsque Nobbs rêve de sa vie à deux avec la jeune Helen, c’est dans un rôle de femme au foyer qu’il l’imagine tandis que lui (elle) assurerait leur survie économique. À l’image de son genre masculin, elle construit (naïvement) un fantasme en voulant calquer le bonheur de Mr Page son semblable.
C’est d’ailleurs dans les quelques séquences entre Nobbs et Page que le film parvient à fasciner et toucher le plus. Alors que les deux partagent une réalité commune, chacun d’eux le vit à sa propre manière. À ce titre, il devient intéressant de comparer la vie homosexuelle « secrète » de Page et de sa femme alors que dans les premières minutes du film, deux riches invités masculins à l’hôtel s’affichent sans honte devant Nobbs après avoir passé la nuit ensemble. C’est dans ces ambiguïtés et ces subtilités que Albert Nobbs épouse enfin le caractère impassible de son protagoniste.
Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 à une résolution de 1080p.
La définition générale de l’image est excellente. Le caractère « film d’époque » est précisément rendu à tous les niveaux : costumes, maquillages et décors sont reproduits avec finesse et netteté. La reproduction des couleurs est aussi impeccable. Ces dernières demeurent riches et précises permettant d’apprécier le travail de la direction artistique. Les contrastes sont très bien gérés alors que les dégradés font preuve de fluidité. S’ajoutent à cela des noirs purs et intenses. Les parties sombres sont ainsi reproduites avec précision et finesse.
La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.
Son
Deux bandes-sons au format DTS-HD Master Audio 5.1 sont disponibles en version originale anglaise et en version française.
Le mixage DTS-HD anglais est en quelque sorte à l’image du héros du film, c’est-à-dire bien discrète. Plutôt en retrait, elle fait néanmoins preuve de présence plutôt que d’un dynamisme à tout casser. Le déploiement du champ sonore s’effectue de façon assez subtile même si les éléments sonores sont limités à des ouvertures frontale et latérale. Les enceintes arrière servent ainsi à appuyer les ambiances et à créer une meilleure immersion. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles alors que la trame sonore s’intègre efficacement au mixage. Les basses fréquences de même que les extrêmes graves sont très peu sollicitées et leur emploi demeure complètement anecdotique.
Il y a option de sous-titrage en anglais.
Suppléments/menus
Nous retrouvons d’abord un montage d’entrevues (40:42) qu’il est possible de visionner en un seul ou en plusieurs segments. Les interventions des acteurs Glenn Close, Aaron Johnson, Brendan Gleeson de même que celles du réalisateur Rodrigo Garcia sont parmi celles qui composent ces entretiens. Le ton est sérieux, les intervenants passionnées (particulièrement Close qui s’est complètement investie dans ce projet) et les informations partagées intéressantes et pertinentes.
Viennent ensuite trois scènes retranchées. « Nobbs and Joe Have Tea (2:13) », « Helen Asks Nobbs for Money (2:06) » et « End of date – At the Pub (3:54) » proposent toutes plus d’interaction entre le personnage d’Albert Nobbs et le couple formé de Joe et Helen. On y apprend très peu, mais le visionnement de ces scènes se laisse regarder, sans plus.
Conclusion
Malgré des intentions très nobles de la part de Glenn Close, Albert Nobbs est un film oubliable. La caméra du réalisateur Rodrigo Garcia demeure, à l’image du héros, constamment en surface du personnage incarné par la célèbre actrice. Le mystère et l’ambiguïté habitant Nobbs font que son histoire et ses rêves ne parviennent ainsi pas à nous émouvoir comme il le faudrait.
Le transfert vidéo est de bonne facture reproduisant avec justesse l’impressionnante direction artistique alors que le mixage DTS-HD est déployé en toute subtilité. On se désolera de l’absence de la piste de commentaires audio disponible sur l’édition américaine alors que comme seule consolation nous avons droit à une poignée d’entretiens intéressants, mais un peu courts, de la part des artisans du film.
Qualité vidéo:
4,4/5
Qualité audio:
4,2/5
Suppléments:
2,5/5
Rapport qualité/prix:
3,7/5
Note finale:
3,8/5
Auteur: Frédéric Bouchard
Date de publication: 2012-08-02
Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30
Date de publication: 2012-08-02
Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30



