Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Band of Brothers

Critique
Synopsis/présentation
Aux États-Unis, l'engouement pour les films de guerre n'a pratiquement jamais été aussi fort. Il faut dire que le contexte actuel est plus que favorable à la création et au succès de tels films. Le patriotisme américain y est éxacerbé, particulièrement depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Les attaques du président Bush à l'endroit des pays de "l'axe du mal" ont tôt fait d'éveiller les sentiments patriotiques de nombreux américains. De plus, comme la dernière grande guerre remonte déjà à plus de cinquante ans, il semblerait que les baby-boomers ressentent une sorte de nostalgie et des regrets de n'avoir jamais pu prouver leur vaillance et leur héroïsme lors d'une guerre noble (la guerre du Vietnam n'étant en aucun cas considéré comme noble ou juste). Ils n'auront pas eu l'honneur de verser leur sang pour leur pays, comme la génération qui les précédaient… Ce qui reste des grandes guerres d'antan sont donc confinés à la mémoire collective… et à la magie du cinéma ! Et juste que nous croyions que tout avait été dit au sujet de la deuxième guerre mondiale, voilà que John Woo nous pond sont Windtalkers, traitant d'un épisode pratiquement inconnu de cette guerre, pendant que la HBO diffuse Band of Brothers, la mini-série la plus ambitieuse et la plus coûteuse de l'histoire de la télévision, une programmation en 10 épisodes d'une heure chacun entièrement consacrée aux péripéties de la Easy Company. Aucun portrait n'aura jamais été aussi vaste, riche et complet que le traitement offert par la chaîne HBO en collaboration avec Tom Hanks et Steven Spielberg.

Band of Brothers relate pratiquement dans son intégralité les mésaventures de la Easy company (le 506 régiment de la 101e troupe aéroportée), de leur entraînement jusqu'à leur départ du champ de bataille, en passant par leur largage en plein champ de bataille lors du débarquement en Normandie. Ces braves jeunes hommes ont été envoyés aux quatre coins de l'Europe pour accomplir une multitude de missions dangereuses, voir suicidaires. Des quelques centaines d'hommes qui sautèrent en parachute en Normandie, à peine plus d'une poignée réussit à rentrer chez elle après la guerre…

Comme la renommée de cette mini-série n'est plus à faire (Band of Brothers s'est tout de même mérité pas moins de six Emmys ainsi que le Golden Globe de la meilleure mini-série de l'année 2001), il est difficile de garder un point de vue critique à l'endroit de cette série et de ne pas y être vendu d'avance. Après tout, avec son budget de 120 Millions de dollars américains, Band of Brothers promettait d'en mettre plein la vue aux téléspectateurs et le moins que l'on puisse dire, c'est que la série livre incontestablement la marchandise. L'argent investis dans la production a clairement été employé à bon escient. Les effets spéciaux sont dignes de production majeure, la photographie est superbement stylisée (au point de ressembler à celle de Saving Private Ryan… coïncidence ?!?), les décors sont diversifiés et vastes, bref, tous les ingrédients d'une grande œuvre épique sont réunis. Qui plus est, comme la HBO est une chaîne de télédiffusion privée et payante, celle-ci n'est pas régie par les mêmes règles de censure que les chaînes privées et public régulières. La HBO profite donc d'une grande liberté quant au contenu de sa programmation, tant au niveau de la durée (qui, dans ce cas, excède régulièrement les soixantes minutes, comparativement aux quanrante-deux minutes habituelles réservées à une programmation régulière avec publicité) que de la violence et du niveau de langage. Ainsi donc, Band of Brothers ne lésine sur aucun moyen pour démontrer, une fois de plus, la cruauté et la barbarie des conflits armés. Le sang coule à flot et les cadavres abondent, acet égard la série est d'un réalisme désarmant.

Mais au-delà de son immense mérite visuel, la plus grande qualité de Band of Brothers est probablement la grande sobriété du traitement. On redoutait que cette série verse dans le mélodramatique doublé d'une idéologie militariste et américaniste outrancière, Band of Brothers prêche au contraire par une économie de sentiments, de moralisme et même de patriotisme. Les enjeux de chaque épisode sont généralement guerrièrs et stratégiques et ne s'enlisent jamais dans les clichés sentimentaux (tels que les soldats écrivant à leur femme bien aimée…). La musique, qui laisse craindre le pire durant le générique d'ouverture, n'appuie jamais avec insistance les éléments dramatiques. Bref, dans l'ensemble, Band of Brothers situe plus près du documentaire que du mélodrame. Une approche qui est d'ailleurs confirmée par des entrevues présentées en ouverture de chaque épisode et qui nous montrent des soldats vétérans raconter leur souvenir et leurs impressions. Ces entrevues, fort bien choisies, nous placent dans le contexte de l'épisode qui va suivre avec sensibilité mais sans complaisance.

Par contre, s'il est un reproche à faire à la mini-série, c'est qu'il n'y a pratiquement aucun personnage central et que ceux-ci, fort nombreux, sont si vaguement esquissés qu'il nous est impossible de ressentir une quelconque empathie ou sympathie pour eux. La mise en scène d'un personnage central aurait certainement contribué à nous intéresser d'avantage au destin de la Easy Company. Les meilleurs épisodes sont d'ailleurs les rares qui sont centrés sur un personnage en particulier, comme par exemple l'épisode suivant les tribulations du soldat-infirmier. Malgré les immenses qualités de cette mini-série Band of Brothers laisse souvent froid, parfois même indifférent.



Image
Ce coffret réunissant la mini-série complète de Band of Brothers nous offre une image respectant le format de la télédiffusion originale de 1.77:1. Présentée d'après un transfert anamorphosé, l'image est absolument splendide qui rend entièrement justice à l'ampleur des moyens investis dans la production de la série.

La définition est excellente, elle laisse deviner toute la richesse et les nuances des textures ou des détails. L'image est toujours parfaitement nette et ne souffre d'aucun manque de piqué. Le rendu des couleurs est également impeccable. Celles-ci ont été volontairement dé-saturées et altérées pour conférer à la photographie un aspect sombre, parfois monochromatique. La palette de couleurs se limite surtout à des couleurs froides et ternes (gris, bleu, noir, vert). Leur étalonnement est néanmoins juste, constant, et ne souffre d'aucun débordement. Le niveau de noir (brillance) est constant et parfaitement bien ajusté, tandis que les contrastes semblent justes et bien équilibrés. Si certaines séquences paraissent très denses, il s'agit là d'une caractéristique de la photographie et cela n'enlève rien au fait que les dégradées y sont généralement fluides et bien détaillés. Les noirs sont profonds et purs, sans pour autant bloquer.

Vous remarquerez une présence légère mais omniprésente de grain dans l'image, il s'agit à nouveau d'un effet de style volontairement créé par les artisans de la mini-série pour donner une apparence granuleuse et "sale" à l'image. L'interpositif utilisé pour créer ce transfert est impeccable et ne trahie aucun défaut. Il y a très peu sinon aucune sur-définition des contours à déplorer, et les défauts de compression sont pratiquement absents de ce transfert (seuls deux épisodes sont présentés par disque).


Son
Pas moins de cinq bandes-son différentes sont offertes pour la totalité de la mini-série. Il y a trois mixages anglais (DTS 5.1, Dolby Digital 5.1 et 2.0 Surround), un doublage français (Dolby Surround 2.0) et un espagnol (Dolby Surround 2.0).

Les deux mixages anglais multi-canaux (DTS et Dolby Digital 5.1) sont d'une qualité tout à fait remarquable, surtout pour une série télévisée. Les producteurs de la mini-série n'ont apparemment pas lésiné sur les moyens pour produire des mixages digne des productions hollywoodiennes. Ces deux mixages démontrent un dynamisme et une présence étonnante. Seule petite bémol, si l'utilisation des canaux avants est absolument sans faille et contribue à créer un espace sonore cohérent et profond, il aurait été souhaitable que les enceintes arrières soient d'avantage mis à contribution. Tel quel, l'environnement sonore manque de richesse et d'ouverture au niveau des enceintes arrières, dont l'usage est surtout limité à quelques effets d'ambiance un peu trop subtils. Par contre, lors des scènes d'action, c'est tout le champ sonore qui se déploie avec une belle énergie et une parfaite séparation des canaux. Les canaux d'ambiophonies profitent à ces occasions de transitions avants/arrières et stéréophoniques parfaitement réussies. Le reste des éléments sonores sont parfaitement bien intégrés, à commencer par la trame-sonore. La musique de Michael Kamen est subtilement intégrée et profitant à l'occasion de l'usage des canaux arrières. Les dialogues, malgré une post-synchronisation parfois évidente (surtout lors des scènes de guerre) nous ont généralement semblés naturels, tout en étant toujours parfaitement intelligibles. Si basses semblent parfois un peu en retrait, il en va autrement du canal .1 (LFE) qui se manifeste avec puissance mais jamais de façon abusive.

Les différences entre les mixages mulitcanaux (Dolby Digital 5.1 et DTS) sont trop mineures pour réellement significatives. Cependant, s'il est une bande-son qui n'est pas de taille au jeu des comparaisons c'est le doublage français Dolby Surrond 2.0. Non seulement le doublage est-il d'une qualité franchement douteuse (et sacrifie évidemment toute naturalité dans les dialogues) mais l'espace sonore semble étouffé et les basses sont pour ainsi dire inexistantes. Quel dommage qu'aucun sous-titres (exceptés espagnols) ne soient offerts, ce qui aurait pu permettre aux spectateurs unilingues français de savourer les qualités des mixages multicanaux.



Suppléments/menus
Le sixième disque de ce coffret est entièrement consacré aux suppléments. Le plus intéressant est incontestablement le documentaire de 80 minutes intitulé We Stand Alone Together : The Men of Easy Company. Il s'agit d'un documentaire historique relatant les faits et exploits de la Easy Company. Via des entrevues avec plusieurs vétérans de cette guerre ainsi que des images d'archives, on nous explique la vie de ces soldats; de leur enrôlement jusqu'à leur difficile retour à la maison. Les entrevues sont pertinentes et le choix des images d'archive est donne beaucoup de reliefs aux dires des vétérans. Voilà un excellent documentaire, bien structuré et franchement saisissant sur les difficultés encourues par la Easy Company. Dommage que la musique accompagnant ce documentaire soit aussi pompeuse et insistante… À noter que la HBO a pris la peine d'inclure des sous-titres français pour ce supplément. Toutefois, il s'agit malheureusement du seul supplément à être sous-titré…

Un deuxième documentaire est également offert, celui-ci étant simplement nommé The Making of Band of Brothers. D'une durée de trente minutes, ce segment récapitule les diverses étapes entourant la production et le tournage de la mini-série. Malheureusement, ce documentaire nous est apparu davantage promotionnel qu'informatif. Les intervenants (incluant Tom Hanks) sont surtout intéressés à louanger l'ampleur du projet et le talent de chacun plutôt qu'à expliquer le processus de création d'une œuvre de cette envergure. Néanmoins, quelques images filmées en coulisse (surtout celles montrant les décors) valent la peine.

Ron Livingston's Video Diaries est une série de 12 segments vidéo filmés par l'acteur Ron Livingston (qui interprète le rôle du Capitaine Lewis Nixon) lors de sa préparation pour son rôle. Avec une petite caméra portable, il nous entraîne de façon très personnelle dans les coulisses de la pré-production de la mini-série, en particulier pendant tout le camp d'entraînement qu'ont du subir les comédiens. Ces segments n'ont pas la facture d'un documentaire classique. Filmés sans aucune préparation et sans équipe de production, ces montages respirent la spontanéité et parfois l'intimité, ce qui donne une perspective nouvelle et rafraîchissante aux spectateurs face au travail de comédien. En tout, ces douze segments totalisent tout près d'une heure de métrage.

Premiere in Normandy est un autre segment promotionnel de trois minutes relatant les événements qui ont entourés la première mondiale de la série, présentée en Normandie le jour de l'anniversaire du débarquement. Vous retrouverez ensuite une section dédiée aux personnages principaux du film. En cliquant sur le nom du personnage, vous verrez un cour montage montrant ce personnage en action… Franchement inutile. Il y a également une galerie de photographies tirées de chacun des dix épisodes. Au total, cette galerie contient un peu plus de deux-cents photos. Finalement, une insipide publicité pour Jeep à été inconsciemment incluse…

À noter que tous les épisodes (disques 1 à 5) sont complètés d'un supplément intitulé Field Guide. Vous y trouverez le synopsis de l'épisode, un glossaire de multiples termes techniques employés, une chronologie des principaux événements, une carte interactive qui montre la progression de la Easy Company ainsi que la liste des soldats qui se démarquent d'un épisode à un autre. Voilà un complément des plus intéressant pour chaque épisode.



Conclusion
Band of Brothers est une série ambitieuse qui relate avec une grande acuité les tribulations des soldats lors de la deuxième guerre mondiale. Aucune œuvre du genre n'avais jusqu'ici été aussi riche et complète. Ce coffret réunissant l'intégrale de la mini-série nous propose une qualité d'image tout à fait remarquable ainsi que des mixages sonores dignes des plus grosses productions hollywoodiennes. Les suppléments sont également assez nombreux et, dans leur ensemble, sont intéressant. Qui plus est, le boîtier lui-même est absolument superbe ! Le prix élevé du coffret (autour des 100$ CA) risquent d'en faire sourciller plus d'un, mais comme la qualité est au rendez-vous l'achat en vaut certainement la peine.



Qualité vidéo:
4,4/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,6/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-11-03

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Band of Brothers

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
600 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
HBO

Produit:
DVD

Nombre de disque:
6 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise DTS
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Espagnol

Suppéments:
2 documentaires, 12 segments vidéo filmés en coulisse, segment sur la première en Normandie, publicité, notes historiques.

Date de parution:
2002-11-05

Si vous avez aimé...