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Fabuleux destin d'Amélie Poulain, Le (Édition de collection)

Critique
Synopsis/présentation
Au printemps 2001, à Cannes, plusieurs se questionnaient sur l'absence du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain en compétition officielle. Sûrement une douce revanche pour Jean-Pierre Jeunet, ce film a depuis connu une carrière pour le moins brillante et surtout lucrative. En chiffre nous parlons de huit millions d'entrées en France, trente millions de recette aux États-Unis (ce qui est très honorable considérant qu'il s'agit d'un film étranger) et plus de trois milions au Québec. De plus, Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain s'est mérité quantité de prix et nominations: quatre Césars, cinq nominations aux Oscars, 2 prix au BAFTA et quantité d'autres prix.

Après Delicatessen (1991), La Cité des enfants Perdus (1995) et le décevant Alien 4 (1997), Jean-Pierre Jeunet signe ici sa quatrième réalisation d'importance. Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, c'est l'histoire d'Amélie, une jeune fille dont l'enfance est contrariée par un père avec qui elle ne peut s'exprimer et une mère où les relations sont pratiquement inexsistantes. Amélie, arrivée à l'âge adulte, se cherche et ne trouve pas de sens à sa vie. C'est par hasard qu'elle découvrira, cachée derrière une tuile dans sa salle de bain, une boîte de métal contenant les jouets d'un enfant. Elle part en quête et retrouve cet enfant qui jadis habitait son appartement. Anonymement elle lui remet ce souvenir et découvre le bonheur de cet homme qui fait la rencontre de son passé. Amélie a trouvé un sens à sa vie: rendre les gens heureux. Mais saura-t-elle trouver son propre bonheur?

On a parlé dans la presse et la critique du charme, du bonheur, se dégageant du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. Effectivement, le film est rondement mené, accrocheur. Jeunet maîtrise sans contredit le language cinématographique et d'un point de vue stylistique, le réalisateur s'est forgé un univers particulier dont Amélie est sûrement l'aboutissement.

Amélie est paradoxale, d'une part le film parle de bonheur simple, de petites choses qui marquent la vie. D'autres part l'univers que présente Jeunet est idéalisé et mécaniquement complexe. Le bonheur et le charme du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain est bâtit et construit de toute pièce, méticuleusement mis en scène. Toute la crédibilité des intentions (utopiques) d'Amélie est minée par un univers qui relève de la fantaisie, à preuve le lieu de l'action. Le Paris que nous présente Jeunet (il l'admet lui même) est stigmatisé. Un Paris bistrot qui vit au rythme des places marchandes, de lieus communs (le Sacré-Coeur, Montmarte) et de l'accordéon... Venant d'un Français la chose est étonnante, on est à cent mille lieux de la nouvelle vague et d'un Paris que nous présentait les Jean-Luc Godard ou Agnès Varda. La phrase marketing du film "Elle va changer votre vie" aurait peut-être eu plus d'impact si l'oeuvre s'était ancrée dans une réalité moins mécaniquement construite.

Trait particulier du film, et qui se mériterait d'être étudié attentivement est tout le rapport à l'image qu'entretient Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. L'image, comme vraie-fausse représentation de la réalité, est un thème récurant et persistant: les images du photo-maton, les peintures, les clichés instantanés de la statue, les extraits de films que l'on peut voir en arrière-plan. Les choses sur ces images contribuent elles aussi à accentuer le "charme" nostalgique qu'inspire le film.

Il reste que Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain est solidement mis en scène et bouder son plaisir serait une erreur. La photographie (Bruno Delbonnel), la direction artistique (Aline Bonetto), la trame-sonore (Yann Tiersen) et des effets spéciaux intelligemment utilisés s'unissent pour créer une atmosphère peu commune et à tout le moins inspirante. Audrey Tautou (Amélie) joue ici un rôle qui marquera à jamais sa carrière, saura-t-elle se détacher de ce rôle? Espérons-le. Entourent Audrey Tautou les Mathieu Kassovitz, Rufus, Yolande Moreau, Urbain Cancelier (excellent) et Dominique Pinon (abonné perpétuel des films de Jeunet). Il serait injuste de ne pas souligner avec quel soin Jeunet a choisi chacuns des acteurs et actrices.

Jean-Pierre Jeunet était, avant Amélie, un réalisateur dont le style l'avait confiné à une niche particulière. Amélie a placé le cinéaste en avant-plan (trop?) de l'actualité cinématographique, il sera particulièrement intéressant de voir comment l'homme abordera sa prochaine réalisation...


Image
Cette édition de TVA International offre exactement le même transfert que l'édition Zone 2. L'image est bien sûr offerte en format original de 2.35:1 d'après un transfert anamorphosé.

Ce qui est sans doute le plus remarquable de ce transfert est l'extraordinaire précision de l'image. Celle-ci est nette, précise et on n'observe aucun manque de piqué. La photographie, très filtrée, évolue dans les rouges, jaunes et orangés. Pour évaluer la justesse de la colorimétrie il faudrait pouvoir comparer ce transfert avec l'interpositif de première génération, chose évidemment impossible. Ce qui est sûr, c'est que les couleurs sont solidement reproduites: pures mais sans jamais baver ou déborder. Comme pour de nombreux transferts (Age of Innoncence, Le Goût des Autres) on a eu quelques problèmes avec le rendu des masses rouges (appartement d'Amélie) qui parfois tendent à très légèrement fourmiller. Il n'y a aucune fluctuation de la brillance, le contraste peut sembler occasionellement exagérer mais il s'agit d'intentions stylistiques. Les dégradés sont fluides et présentent un bon niveau de détails. Les noirs sont quant à eux, purs et exempts de tout fourmillement.

L'interpositif utilisé, comme on s'en doute pour une oeuvre aussi récente, est d'excellente qualité. Les seuls reproches se limitent à la présence de points blanc en de rares occasions. On observe un léger problème de compression au chapître quatre mais qui ne nuit pas à l'appréciation générale de l'image. Une sur-définitiion des contours réduite au minimum confère à l'image un aspect très filmique.


Son
Deux bandes sonores sont offertes; Dolby Digital 5.1 et DTS. La présence d'une bande-son française DTS constitue une première en Zone 1. Contrairement à ce que laissait entendre les communiqués de presse annoncant cette sortie, il n'y a aucune bande-son française Dolby 2.0 stéréo.

Cette bande-son n'est pas d'un dynamisme exacerbé mais a le grand mérite d'être très intelligemment mixée. Les Vincent Arnardi/Guillaume Leriche/Jean Umansky, responsables du son pour ce film ont pleinement mérité leurs mises en nomination aux Oscars (2001). Le mixage DTS est certainement celui qui rend le plus justice au mixage original. Le champ sonore est ample et jouit d'une belle profondeur. La voix hors-champ d'André Dussolier, focalisée sur le canal central avant, est précise. Cette présence fait adroitement contraste avec une expérience sonore tout à fait immersive. Les canaux d'ambiophonie sont judicieusement mis à conribution, sporadiquement, pour appuyer l'atmosphère mais surtout mettre l'accent sur quelques moments plus dramatiques. Les transitions canaux à canaux sont particulièrement efficaces. Les différences entre les deux mixages sont marginales, mais tout de même évidentes avec un avantage pour la DTS. La bande-son DTS a la particularité d'offrir des basses plus nettes, plus de cohérence et surtout plus de fidélité, notamment au niveau de la trame-sonore. L'utilisation du canal .1 (LFE) est limité mais pertinent, sans aucun appui inutile.

La bande-son Audiovision (voix hors-champ décrivant l'action entre les dialogues) offerte avec l'édition Zone 2 n'est pas incluse. Il y a option de sous-titrage en français (destinée au mal-entendants).
Bizarrement, lorsqu'on accède au menu principal pour changer le format de la bande-son, la lecture du film ne reprend pas là où nous l'avions laissée mais reprend depuis le début du film.


Suppléments/menus
Il n'est pas dans nos habitudes de nous attarder aux emballages, menus et babioles offertes avec une édtition. Toutefois, commencer l'évaluation des suppléments sans décrire ce qui entoure ce titre serait injuste. Injuste parce qu'il s'agit, jusqu'à maintenant, de l'édition produite au Québec la plus évoluée. L'édition de collection Zone 2 était présentée dans un boîtier en métal. TVA International n'est pas en reste avec un emballage cartonné massif et imposant; 23cm (9,5 pcs) x 10cm (3,5 pcs) x 18cm (7 pcs).

Lattéralement on peu retirer deux éléments de cet emballage. Le premier est un album photo (vierge) de 24 pages que vous pourrez utiliser pour insérer vos photographies préférées. La reliure de cet album, formé d'un carton relativement épais, est à l'image de l'affiche originale. Le deuxième élément est une boîte en carton (carton un peu plus mince que pour l'album) qui renferme un livret d'une douzaine de pages, une reproduction format réduit de l'affiche originale, une lettre contenant des instantanés (8), huit cartes postales, une reproduction de photographies produites par un photo-maton, un sans goutte pour le vin, un galet (!), le CD de la trame-sonore et bien sûr le boîtier contenant les deux disques (film et suppléments).

TVA International aurait pu se contenter de produire une édition relativement simple, mais ce n'est heureusement pas le cas. On a intelligemment récupéré les babioles de l'édition Zone 2 en plus d'y inclure des éléments bien distincts (galet, album photo). Le piège de la copie conforme a été évité et donne à cette édition une personnalité propre.

Le film et les suppléments sont répartis sur deux disques. Le premier disque, en plus de l'oeuvre, offre une piste de commentaires audio animée par le réalisateur. Jeunet offre une piste acceptable; anecdotes, trucages, production, choix des acteurs, photographies, effets sonores, trame-sonore; voilà autant de thèmes abordés. Si Jeunet sait être intéressant et parle précisément, on aurait aimé qu'il élabore un peu plus sur le scénario et nous offrir une lecture plus globale de son oeuvre.
Il y a aussi, sur ce premier disque, des entrevues données par Jean-Pierre Jeunet lors de la tournée promotionnelle du film à Montréal. Fausse note par exemple, car ces entrevues sont cachées comme un oeuf de Pâques (à partir du menu principal, pointez vers le haut jusqu'au moment où le A d'Amélie se découpe puis appuyez sur la touche Enter). Les oeufs de Pâques sont valables lorqu'il s'agit d'un complément non-significatif. Dans ce cas-ci, on mentionne la présence de ces entrevues comme argument de vente. Il aurait fallu mettre ce supplément en évidence à partir du menu principal. Ceci étant dit, ce supplément d'une durée totale de 9'38 se compose d'entrevues données par le cinéaste à différentes émissions de télévision. La pertinence des questions varie: les plus à point et captivantes sont sans contre-dit celles posées par l'équipe du Septième (Télé-Québec), celles de de Flash sont à l'image de l'émission; superficielles.
Avec un lecteur DVD-ROM, après le démarrage, vous serez amené au site Internet du film.
Le deuxième disque, nommé Le Monde d'Amélie, propose essentiellement les mêmes suppléments que l'édition Zone 2. Ces suppléments sont répartis en cinq sections: La Foire, Le Café, La Gare, Le Métro et Chez Amélie.

La Foire se divise en trois parties. La premiere, La Tournée (5'55), est une série de questions/réponses posées à Jean-Pierre Jeunet, Audrey Tautou, Jamel Debbouze et Mathieu Kassovitz. Enregistrés après la projection du film, les quatre compères sont juchés sur la scène et répondent aux questions du public. Le ton est très anecdotique mais respire la fraîcheur. L'Interview (20'47) est une longue entrevue avec Jean-Pierre Jeunet. Enregistré spécifiquement en vue de la sortie DVD Zone 2 du film, Jeunet élabore sur la génèse du film et la sortie d'Amélie. Écouter Jeunet élaborer sur la sortie du film est captivant, notamment losqu'il élabore sur le fameux article paru dans Libération. S' il y a une entrevue à écouter, c'est celle-ci. Complète finalement cette section, une galerie de photographies (Les Polaroïds) présentant des instantanés.

La deuxième section, Le Café, aurait du offrir trois segments mais en fait deux sont inclus. Le court-métrage n'a pu être offert pour une question de droits. Comme les menus de navigation sont ceux de l'édition Zone 2 on a ajouté la mention non-disponible à côté de cette sélection. Storyboard présente les scénarimages d'une scène: on peut voir uniquement les scénarimages ou un comparatif avec le film. Le deuxième choix est le plus intéressant. En dernier lieu on peut jeter un coup d'oeil aux essais pour les différents rôles de quelques-uns des comédiens. Urbain Cancelier est savoureux.

La section La Gare offre les filmographies de Jean-Pierre Jeunet, Audrey Tautou et Mathieu Kassovitz. On peut aussi, dans cette section, revoir le générique de fermeture du film.

Le Métro, quatrième section, nous laisse voir quatre accroches (teaser) du film, la bande-annonce originale et les projets d'affiche du film.

Chez Amélie est la dernière section des suppléments. Elle se divise en deux parties: Les Vidéos du Tournage et Les Photos du Plateau. Les Vidéos du Tournage donne accès à deux segments. Making of Home Movie est une sorte de documentaire informel (12'45) sur la réalisation du film. En fait on suit sur la plateau la réalisation de quelques séquences (photomaton, orgasmes, etc.). Les Fantaisies d'Audrey Tautou (2'06) se composent de prises ratées de l'actrice; amusant.
Les Photos du Plateau se résume à une quinzaine de photographies prises lors de la production du film. On peut zoomer (agrandir) chacune des photographies.

Il ne faut pas oublier le livret (24 pages) accompagnant cette édition. On y retrouve un synopsis du film, un entretien avec le réalisateur et une présentation de tous les personnages. Aussi, à partir du menu principal (DVD-ROM) on peut accéder à des fonds d'écran et un économiseur d'écran.

Cette édition offre, tel que promis, beaucoup de suppléments mais nous laisse un peu sur notre faim. Les producteurs des suppléments, TF1, auraient eu intérêt à offrir une vision plus globale du film. Mis à part Jean-Pierre Jeunet on ne peut entendre les propos d'aucun autre des artisans. Entendre les Guillaume Laurant (co-scénariste), Yann Tiersen (trame-sonore), Bruno Delbonnel (directeur photo) ou Hervé Schneid (montage) aurait sûrement contribué à rehausser la valeur des suppléments. On aurait très bien pu produire un long et solide documentaire (absent de cette édition) en abordant chacun des aspects du film.



Conclusion
Voilà vraiment une très belle édition. D'un point de vue technique il s'agit presque d'un sans faille; l'image surprend par son piqué et la bande-son DTS est superbement mixée. TVA International a déployé tous les efforts nécessaires pour créer une édition des plus complètes possible et qui se compare avantageusement à celle produite en Zone 2. Compte tenu de tout ce qui est inclu le rapport qualité prix de ce titre est plus qu'avantageux.
Notez qu'une édition régulière paraîtra le 30 avril 2002. Celle-ci, moins dispendieuse, se composera uniquement du disque 1 de l'édition de collection ici évaluée.


Qualité vidéo:
4,3/5

Qualité audio:
4,1/5

Suppléments:
3,9/5

Rapport qualité/prix:
4,7/5

Note finale:
4,4/5
Auteur: Mathieu Daoust

Date de publication: 2002-04-19

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40X81, Récepteur Pioneer Elite VSX-07 TX, Lecteur DVD Pioneer Elite DV-37, enceintes Paradigm, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Fabuleux destin d'Amélie Poulain, Le

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
122 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
TVA Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1
Française DTS

Sous-titres:
Français

Suppéments:
Piste de commentaires audio, entrevues, galerie d'images, comparatif film/scénarimage, accroches, bande-annonce, filmographies, essais, segment portant sur la réalisation, livret, galet, cartes postales, sans goutte, CD de la trame-sonore

Date de parution:
2002-05-07

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