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DVDEF

Ringu

Critique
Synopsis/présentation
Hideo Nakata est l'homme qui redonna ses lettres de noblesse au cinéma fantastique nippon et au cinéma fantastique en général, avec Ringu (1998). Si son succès fut énorme au Japon, son impact sur le cinéma mondial est absolument indéniable comme en témoigne la reprise hollywoodienne The Ring de Gore Verbinski (2002, cf critique). On peut raisonnablement penser que M. Night Shyamalan a vu et apprécié Ringu avant de mettre sur pied The Sixth Sense (1999), et que le talentueux A. Amenabar a profité de cette vague pour réaliser son excellent et angoissant film de fantomes : The Others (2001). En fait, la meilleure chose que H. Nakata ait apporté ou plutôt remis au goût du jour, est le sérieux dans les films fantastiques de façon à provoquer à nouveau une peur efficace, car sans clin d'oeil ou second degré pour évacuer la tension provoquée par celle-ci. Ringu est l'équivalent au Japon d'un film pour adolescents comme Scream de Wes Craven (1996), qui contribua grandement à cette vague d'oeuvres fantastiques potaches et rigolardes, où la vraie peur n'est plus qu'un vague souvenir (cela n'enlevant strictement rien à ses qualités propres, Craven étant un spécialiste du genre).

Dans Ringu, on suit la légende d'une cassette vidéo dont le visionnage provoquerait la mort sept jours plus tard. C'est à la suite du décès de quatre adolescents ayant vu cette fameuse cassette que la tante de l'une d'entre eux va mener l'enquête et découvrir, avec l'aide de son ex-mari, qu'il ne s'agit pas de légende mais de réalité. La tension que réussit à installer H. Nakata dans ce film est phénoménale, à l'image de son prologue qui démarre gentiment et se termine de la façon la plus stressante qui soit. En fait, la peur et le stress sont générés par l'inéluctabilité des atroces évènements qui se produiront tout au long du film. Ainsi dans la sublime scène du puit, la tension ne cesse de croître car nous savons pertinemment ce qui va se passer mais ni quand ni comment. De même, le fait de mêler le phénomène des légendes urbaines (à ce titre nous citerons l'excellent Candyman de Bernard Rose, 1993) à des mythes ruraux beaucoup plus anciens permet à ce film de toucher à toutes nos peurs.

H. Nakata s'appuie également énormément sur la musique et l'ambiance sonore de son film pour instiller l'angoisse. La bande-son devient ainsi un personnage à part entière et a pour fonction non pas d'annoncer les moments de tension (comme c'est souvent le cas), mais au contraire de la renforcer par son aspect torturé et étrange (grâce à une combinaison très efficace des sons et d'une musique originale). C'est ainsi la suggestion qui l'emporte sur le montré et cela aussi bien au niveau du son que de l'image. Le point le plus faible du film est son scénario qui a parfois tendance à être d'une logique un peu lâche. Le jeu des acteurs participe également beaucoup à ce côté suggestif, par leur mutisme et une ambiance assez désepérée. Le personnage du petit garçon est également pour beaucoup dans la sensation inconfortable dans laquelle vous place cette oeuvre. Son silence et ses dons en font un protagoniste à part entière, ne permettant pas l'identification habituelle.

Il est d'ailleurs important de noter la différence fondamentale entre ce film et une grande majorité d'oeuvres fantastiques. En effet, H. Nakata ne s'appuie jamais sur l'empathie pour provoquer des réactions chez le spectateur mais fonctionne sur un registre beaucoup plus physique ou carrément intellectuel. La séquence vidéo est à ce titre un des moments les plus étranges qui soient dans le domaine du cinéma commercial. Son aspect sale et dérangeant crée un malaise qui se prolonge et contamine le reste du film et l'esprit du spectateur avec. Ainsi, toutes les apparitions du fantôme sont réellement dérangeantes car novatrices dans leur aspect, du moins pour un public non-asiatique (au Japon la couleur du deuil est le blanc et non le noir). A noter que le fantôme et ses apparitions sont à l'image de l'oeuvre elle-même, en ce sens que ses actions n'ont rien d'extraordinaire mais qu'il provoque une peur incommensurable chez ses victimes (et par la même occasion chez le spectateur) du simple fait de sa présence et de sa bizarrerie.

La photographie du film est absolument magnifique et Nakata compose ses plans de telle façon que des moments de pure poésie traversent cette oeuvre qui aurait du en être dépourvue. Le thème de l'eau le fascine littéralement car l'horreur y est très souvent associée dans la culture niponne et cela donne à son oeuvre une cohérence remarquable. Ainsi, Ringu s'ouvre sur des plans splendides de la mer filmée de nuit (qui ne signifient pas grand chose pour nous), pleins de sens pour lui et son dernier film s'intitule d'ailleurs Dark Water (2002), les eaux sombres.

Vous aurez compris que nous vous conseillons vivement ce film dont vous vous souviendrez sans aucun doute encore longtemps après son visionnage, de par son ambiance inhabituelle et le sentiment de mal être qu'il aura certainement provoqué chez vous. Il est certain qu'il ne s'agit pas d'une oeuvre tous publics, et qu'une certaine lenteur et quelques errances de scénario demandent une ouverture d'esprit de façon à l'apprécier. Cependant, une fois ces conditions remplies et pour peu que vous ne soyiez pas hostile au cinéma fantastique et à la crédulité qu'il demande de la part du spectateur, vous découvrirez un des meilleurs films du genre de ces dernières années. Il présente aussi l'avantage d'être à la fois très spécifique de la culture niponne et dans le même temps, assimilable aisément par le grand public.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1 et ce d'après un transfert anamorphosé.

La définition générale du transfert est bonne, mais dans l'ensemble l'image est plutôt douce. L'interpositif est vierge de tous défauts. La finesse des détails n'est pas aussi poussée que sur certains films récents, mais s'avère tout de même très satisfaisante. En fait, il s'agit de la meilleure version disponible à ce jour. Les couleurs très travaillées de la photographie de Junichiro Hayashi sont impeccablement rendues jusque dans les plus faibles nuances. Elles sont toujours constantes et justes. Le contraste est très bien géré, annihilant d'emblée toutes brillances éventuelles. Le niveau de noir est également satisfaisant et permet un excellent rendu des nombreuses scènes sombres voire très sombres qui jalonnent le film. Les dégradés sont remarquablement retranscrits et permettent ainsi un bon rendu de la majeure partie de cette oeuvre toute en nuances et en suggestions.

La partie numérique du transfert est irréprochable, ne laissant jamais un quelconque défaut pointer le bout de son nez.


Son
Les deux bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Japonais (Dolby Digital 5.1) et Japonais (Dolby 2.0 surround).

La dynamique de la piste multicanaux est de très bon niveau permettant à celle-ci de nous offrir une présence remarquable. L'espace sonore est par moment tout à fait immersif. La traumatisante musique de Kenji Kawaï, si primordiale pour cette oeuvre, est parfaitement intégrée au reste du mixage. Les enceintes arrières sont souvent utilisées et de façon impeccable. Les nombreux effets de canaux à canaux, vous plongent littéralement dans une ambiance propice à la peur et l'angoisse, sans en rajouter. Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles sans aucune trace de saturation ou de parasites. La profondeur des basses fréquences vient idéalement renforcer et appuyer l'ambiance installée par le reste de la bande-son.

L'autre bande-son propose un rendu plus que convaincant mais celui-ci est forcément moins performant que son homologue Dolby Digital 5.1.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.



Suppléments/menus
Une section vide, mais au regard de l'opportunité qui nous est offerte de voir ce film dans d'aussi bonnes conditions, l'absence de suppléments est finalement secondaire pour une oeuvre qui se suffit amplement à elle-même.



Conclusion
Une édition DVD surprenante de par sa qualité technique globale élevée. Une réussite à mettre à l'actif de Dreamworks, prouvant que ce studio ne néglige pas les oeuvres non américaines, bien au contraire. Seule l'absence de suppléments est à déplorer. Si la différence par rapport aux meilleurs DVD des dernières grosses productions hollywoodiennes pourra vous paraître marquée, il faut replacer ce film dans le contexte et ainsi constater la qualité de cette édition. Une oeuvre singulière, emblématique du nouveau cinéma japonais, très en accord avec son époque. Il faut garder à l'esprit que les différences culturelles asiatiques sont importantes et que cette oeuvre fonctionne sur un ryhtme et des principes radicalement différents de ceux du cinéma nord-américain, pour provoquer la peur ou l'angoisse. Sachant cela, vous découvrirez une oeuvre subtile et puissante qui pourra vous procurer des sensations inhabituelles. Un achat conseillé aux personnes aimant le cinéma fantastique et à ceux qui ont apprécié la reprise hollywoodienne (cf critique).




Qualité vidéo:
3,4/5

Qualité audio:
3,4/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-03-12

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Ringu

Année de sortie:
1998

Pays:

Genre:

Durée:
96 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Dreamworks

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Japonaise Dolby Digital 5.1
Japonaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
4 bandes-annonces

Date de parution:
2003-03-04

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