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DVDEF

Femme Fatale

Critique
Synopsis/présentation
Brian De Palma fait partie des cinéastes célèbres dont le seul nom attire les gens vers ses films. Il faut cependant relativiser cette affirmation en précisant que son cinéma est très typé et pour tout dire, que seul De Palma est capable de mettre sur pied une de ses oeuvres emblématiques. Nous ne reviendrons pas en détails sur sa longue carrière, qui fut somme toute assez inégale aussi bien sur le plan artistique que celui du succès commercial. Il a signé nombre de films inoubliables, et d'autres qui le sont beaucoup moins. Il est le principal héritier de la conception du cinéma d'Alfred Hitchcock, qu'il a intégré en poussant à l'extrème certains partis pris de mise en scène et de dramaturgie, ne réussissant malheureusement pas à en conserver la cohérence, la finesse et le sens caché qui faisaient de celui-ci le maître incontesté du suspense. Le cinéma de Brian De Palma reste unique malgré ses influences (parfaitement assumées par ailleurs).

Femme Fatale (2002) s'avère être un véritable concentré de la méthode De Palma, aussi bien au niveau du scénario que de la réalisation, au même titre qu'Existenz de David Cronenberg était comme une compilation des obsessions de son auteur (sans aucun côté pejoratif dans le mot compilation). On suit le parcours incroyable de Laure/Lily (Rebecca Romijn-Stamos), une voleuse de premier rang qui, après avoir arnaqué ses partenaires lors d'une très audacieuse et sensuelle subtilisation de diamants lors du Festival de Cannes, devra changer de vie pour leur échapper. Elle se retrouvera ensuite confrontée à Nicholas Bardo (Antonio Banderas), un ex-paparazzi qui mettra fin au secret de sa nouvelle identité et permettra ainsi aux truands qu'elle avait arnaqués de la poursuivre à nouveau. Cependant, nous vous conseillons de douter en permanence de la réalité des faits qui vous sont montrés car ainsi vous goûterez tout le plaisir de se faire manipuler malgré tout, par le grand orchestrateur d'intrigues folles et de mises en scène époustouflantes qu'est Brian De Palma lorsqu'il est au meilleur de sa forme. Il vous faudra cependant accepter d'abord certains côtés excessifs de son système : l'étirement à outrance de certaines scènes où il faut vous laisser porter par la caméra et apprécier la maestria visuelle et sonore des ces moments, le côté bâclé d'autres passages qui sont cependant noyés dans l'excellence du reste, l'emphase du scénario qui demande souvent une coopération totale du spectateur (qui doit devenir un voyeur comme De Palma lui-même, en tant que réalisateur obsédé par ce thème, composante essentielle du cinéma). Il faut ainsi être capable d'accepter d'avaler certaines couleuvres scénaristiques pour apprécier pleinement ce film. Il est à noter qu'il marque un renouveau dans la carrière de De Palma, qui avait eu tendance à sérieusement baisser en qualité et intérêt pour le spectateur, depuis le magnifique et intense Carlito's Way (1993).

En effet, à nouveau, sa virtuosité et son plaisir à jouer avec le spectateur éclatent, faisant partie intégrante du film, au même titre qu'un personnage. Si un scénario typique de De Palma était confié à un autre cinéaste n'essayant pas de copier son style, le résultat serait à coup sur difficilement appréciable. La cohérence de ses oeuvres tient en effet à un mélange très subtil entre l'excellence visuelle, l'emphase scénaristique, une touche de vulgarité, beaucoup de voyeurisme, du sexe (bien évidemment), une narration volontairement alambiquée. Si un de ces éléments manque ou si son dosage n'est pas adpaté, le film devient rapidement moins intéressant et ses défauts ressortent beaucoup plus. Heureusement, Femme Fatale fait partie de ses oeuvres réussies même si très marquée dans son style, forte en goût mais délectable. De plus, De Palma utilise des retournements scénaristiques au niveau de la structure temporelle de son récit, qui vous donneront une raison de plus d'avoir le tournis.

Nous vous conseillons donc vivement cette oeuvre si vous aimez bien vous laisser emporter par un film et ne pas chercher à tout controler ou comprendre. Un bon moment de pur cinéma vous attend alors !! Il n'y a pas de message à chercher, mais le plaisir d'être totalement dépaysé (amusé, intrigué, impressioné) par une histoire et la façon dont elle vous est racontée.


Image
Cette édition propose un transfert au format respecté, le 2.35:1 et ce d'après un transfert 16:9.

La définition générale est d'une précision remarquable. L'interpositif est vierge de tous défauts quels qu'ils soient. La finesse des arrières-plans permet de faire ressortir énormément de petits détails qui composent les plans complexes de B. De Palma. Les couleurs sont elles aussi remarquablement bien reproduites, très naturelles, d'une tenue irréprochable et d'une vivacité peu commune (surtout lors des scènes nocturnes). Le contraste est impeccable en permanence. Associés à des noirs purs et vraiment profonds, il permet à ce transfert d'offrir un rendu cristallin de toutes les scènes sombres. Enfin, toute l'attention que De Palma et Thierry Arbogast ont prêté à la photographie du film (superbe utilisation des clairs/obscurs) est magnifiée par une qualité impressionnante dans la restituion des dégradés.

La partie numérique est sans problème majeur, seul un peu de surdéfinition étant parfois décelable.


Son
Les bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1) et Français (Dolby Digital 5.1).

Les bandes-son anglaises et françaises sont très proches l'une de l'autre et offrent toutes deux une excellente dynamique. Leur présence est d'un niveau supérieur et leur spatialité très effective lors des passages en extérieur (comme à Paris). La superbe musique de Ryuichi Sakamoto (dont le Bolero de la scène d'ouverture) est remarquablement bien rendue grâce à une excellente intégration et un effort conséquent des ingénieurs du son sur l'aspect haute-fidélité musicale de ces bandes-son. Le déploiement du champ sonore s'avère vraiment ample sur certains passages, ce qui est appréciable pour un film essentiellement basé sur les dialogues. Les enceintes arrières sont relativement peu utilisées mais toujours efficacemment et en finesse. Certains effets sont rendus de manière vraiment convaincante, comme les bruits de pas lors de la poursuite d'une des protagonistes. Les basses fréquences sont également effectives sur certains effets et apportent du poids à tous les passages musicaux. Le canal .1 (LFE) nous offre des extrêmes graves solides et appuyant solidement les atmosphères (orages).

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol. A noter également que dans la bande-son anglaise il y a de nombreux passages en français et que, copie américaine oblige, les sous-titres américains font partie intégrante du transfert.
Une bande-son d'excellente qualité, utilisant intelligemment toutes les ressources du multicanal sans en abuser.


Suppléments/menus
Une section d'un intérêt certain mais à laquelle il manque un commentaire audio.

Les trois documentaires de Laurent Bouzzereau : Visualizing Femme Fatale (11 min 23 s), Femme Fatale : an Appreciation (23 min 42 s) et Femme Fatale : Dressed to Kill (1 min 50 s), forment un tout qui nous permet d'apprendre beaucoup d'éléments essentiels sur les intentions de De Palma et les problèmes qu'il a pu rencontrer lors du tournage. Il s'agit de segments qui diffèrent des habituels exercices promotionnels et il est curieux de les avoir découpés en trois parties, donnant ainsi l'impression d'une moindre valeur. Vous pourrez d'ailleurs comparer avec le segment suivant qui est un documentaire de 4 minutes et 41 secondes. Il est un pur produit marketing qui répète des informations déja présentes dans les autres segments et dévoile beaucoup trop du film. On peut se demander l'intérêt de l'avoir inclus dans cette édition tant il est sans intérêt (cf critique d'Unforgiven).

Sont enfin présentes deux bandes-annonces du film, une américaine et l'autre française. Pour une fois, des bandes annonces vraiment travaillées qui jouent avec le futur spectateur de la même façon que le fera le film.

L'absence de commentaire se fait cruellement sentir, heureusement compensée par la qualité des segments concoctés par Laurent Bouzzereau, grand spécialiste de Brian De Palma. Un résultat fort honnête pour une édition non annoncée comme spéciale.



Conclusion
Une édition DVD techniquement très réussie, qui remplit bien les espoirs que l'on plaçait en elle. Seule une section de suppléments sans commentaire audio vient légèrement ternir le tableau. Un film très emblématique du cinéma de Brian De Palma. On apprécie son système ou non. Si vous avez aimé des oeuvres à l'intrigue aussi tordue que Body Double ou Dressed to Kill, vous serez enchantés par le délirant et complexe scénario de Femme Fatale. Si vous n'avez pas apprécié les oeuvres précitées, vous pourrez tout de même trouver votre compte dans ce film par le biais de la formidable mise en scène de De Palma, qui continue à tourner des films époustouflants au niveau de leur réalisation. Il est l'un des derniers garants de la technique classique contre le numérique, et Femme Fatale est l'un de ses films les plus virtuoses en même temps qu'un concentré très serré des ses défauts et qualités.



Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-03-27

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Femme Fatale

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
114 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Quatre documentaires, deux bandes-annonce

Date de parution:
2003-03-27

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