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DVDEF

Spirited Away

Critique
Synopsis/présentation
Depuis le succès de Princess Mononoke, l'Amérique du Nord à travers les studios Disney nous offre enfin les joyaux des studios Ghibli. Ce sont trois titres du catalogues qui nous sont offerts dans des éditions spéciales, par ordre chronologique, Castle in the sky, Kiki's delivery Service et enfin Spirited away.

Le succès commercial et critique (Ours d'or à Berlin 2002, Oscar du meilleur film d'animation 2003 et une pléthore d'autres prix) de ce dernier sert de locmotive à la parution de ces éditions depuis trop longtemps attendues par les amateurs du Maitre de l'animation Hayao Miyazaki et de son studio (les droits de distribution sont acquis par Disney depuis 1996). Central park Media nous avait déjà offert en 2002 une très belle édition du film Grave of the fireflies et la Fox y était elle aussi allée d'une version (très médiocre d'ailleurs) de My Neighbour Totoro. Ces deux films tomberont sous la coupe de l'entente entre Ghbli et Disney très bientôt (et nous espérons fortement que Totoro aura enfin une édition qui rendra justice à ses qualités).

Ecrit et dirigé par Miyazaki lui même (certaines chansons ont aussi été écrites par lui dans la version japonaise), ce film nous entraîne sur le parcours d'une fillette de 10 ans, Chihiro, dans des aventures qui la feront passer d'une fillette peureuse et dépendante à une jeune fille débrouillarde et courageuse.

Ce film s'inspire de la mythologie nippone, peuplée d'esprits et de monstres tous aussi originaux que colorés. Chihiro et ses parents se perdent sur une route, et en sortant d'un tunnel se retrouvent dans un ancien parc d'amusement. À la tombée de la nuit, ce lieu se tranforme en résidence pour dieux et esprits, qui viennent se reposer en prenant des bains chauds. Chihiro devra y gagner sa place en travaillant afin de sauver ses parents qui sont tombés sous le coup d'un charme de la propriétaire de ces lieux.

Chihiro croisera de très nombreux personnages, et s'attachera a un jeune garçon nommé Haku qui l'aidera à regagner le monde réel. Les aventures et les rebondissements sont nombreux, et les personnages d'une originalité et d'une profondeur vraiment perceptible.
Il faut ici faire une mention toute particulière sur l'héroine et la manière dont elle est animée. Tout dans ce personnage est fait pour s'approcher le plus possible de la réalité. Cela se voit dans de nombreux petits gestes, des attitudes, qui font de cette petite fille un très réel personnage. D'ailleurs, le réalisateur s'est directement inspiré de la fille de certains de ses amis pour ce personnage (le père de cette petite fille lui aussi se retrouve croqué dans le film). C'est une des marques de Ghibli, filmer des scènes complètement anodines (se laver les cheveux, mettre un soulier....) afin de donner de la consistence au tout. Il est d'ailleurs intéressant de constater que ce film est certainement celui qui a le moins de "plans intermédiaires". La majorité des films Ghiblis ont ces scènes, sonvent des plans séquences, qui se placent entre des scènes plus actives. Ces plans intermédiaires permettent de se donner du temps, et imposent un rythme beaucoup plus réflexif à l'oeuvre. Cette approche est évidente dans le film Grave of the fireflies, ou ces plans permettent au spectateur de prendre un peu d'air entre des scènes plutôt difficiles et de les relativiser avec la beauté de ce qui est présenté.

Comme il le sera montré un peu plus tard, l'attitude de Disney sur ces éditions semble plutôt maladroite. S'il est vrai que les dernières productions non Pixar depuis The Beauty and the Beast ont été des succès relatifs (par rapports aux succès usuels des productions Disney), il semble que la manne des films Ghibli soit le point d'accroche choisi. En effet, le "branding" Disney à outrance et les tendances très marquées (grande orchestrations etc.) habituellement trouvées sur leur production concourrent à faire croire que ce film serait issu de ces studios. Cette maladresse (ou plan marketing évident) est d'autant plus criante qu'avant chaque programme principal de ces trois éditions, on a trouvé nécessaire de nous montrer John Lasseter et quelques autres grands des studios pour nous expliquer en quoi ces films sont bons, et en quoi Miyazaki San fait parti de l'équipe Disney. Les puristes trouveront cela un peu dérangeant, les nouveaux amateurs seront certainement un peu confu en voyant les vieilles productions Ghibli ou les films les plus durs de ce studio. C'est certainement un moindre mal car cela nous permet enfin d'avoir de belles éditions de ces chefs d'oeuvres de l'animation. Néanmoins l'apparent malaise de Disney face à ses nouveaux produits permet de mieux comprendre pourquoi il a fallu plus de six ans pour y avoir accès.

Buena Vista Home entertainment nous offre donc à travers cette série d'édtion des studios Ghibli de découvrir enfin le répertoire le plus précieux de l'animation, et l'attente n'aura pas forcemment été vaine.



Image
Présentée au format original de 2.00:1, le transfert est 16:9 (ou dit anamorphosé). Comme il est de coutume pour un film aussi récent, l'interpositf 35mm est d'une qualité parfaite, ne présentant aucun défaut apparent (parasites, égratignures, taches, etc.)

L'image est dans l'ensemble douce et toujours dans des tons très pastels, ce qui n'interdit néanmoins pas une finesse des textures et un niveau de détails très satisfaisant durant toute la durée du programme.

La douceur de l'image décrite plus haut est la "touche" des films Ghibli, travaillant sur des couleurs la plupart du temps un peu lavées (ce qui permet en outre d'avoir des contrastes de couleurs très forts lorsque le besoin s'en fait sentir). Dans cet environnement, les couleurs sont d'une tenue exemplaire, constante et convenablement saturée. Cette douceur de la colorimétrie permet de plus d'avoir une approche très naturel des lieux et des personnages que l'on a plutôt l'habitude de voir dans des films conventionnels. Les contrastes sont correctement gerés et la brillance (le niveau des noirs) adéquatement ajusté. De la même manière les noirs sont profonds et les parties sombres correctement détaillées. Les scènes à fort contraste ne souffre d'aucune perte de détails que ce soit.

Contrairement à Kiki's delivery Service , aucun problème lié à la compression n'a été constaté.
Cette édition offre donc une image d'une très bonne qualité ce qui permet après tout d'oublier complètement le support pour s'intéresser plus attentivement à l'oeuvre, et cette dernière contient de nombreuses raisons de s'émerveiller.



Son
Trois bandes sons sont offertes sur cette édition, Anglais et Japonais Dolby Digital 5.1, et une bande sonore Française en Dolby Stéréo.

Cette évaluation est basée sur la version Anglaise. Cette bande sonore sans être d'un niveau "référence" s'en tire malgré tout très convenablement. Cette bande son se déploit surtout des enceintes avant, tout en maintenant une bonne spatialisation, offrant ainsi une immersion réussie (même si un peu limitée). Les canaux sont adéquatement séparés et savent offrir une notion d'espace réaliste dans l'action et le placement des différents éléments du film. La trame-sonore s'intègre parfaitement (même si, Disney oblige, il semble que les trames anglaises soient présentées à un niveau sonore supérieur à la version originale japonaise) et sait appuyer les moments clefs du film.

Les effets d'ambiophonies se font plutôt discret mais savent souligner adéquatement l'action sans jamais distraire. Les transitions sont très correctement rendues contribuant à donner vie à l'univers créé par le réalisateur.
Les dialogues (tous post-synchronisés) sont très adéquatement rendus, tant dans leur intégration dans le paysage sonore global que dans les caractéristiques accoustiques de la scène associée. La naturalité des dialogues est de mise, et il convient de saluer un bon travail de doublage fait par les studios Disney. Les basses sont correctement rendues, mais il nous a semblé à quelques moments une certaine compression de celles-ci, mais qui ne porte pas vraiment préjudice à l'ensemble de cette bande son. Les extrêmes graves sont utilisées adéquatement, mais il apparait dans quelques scènes un volume exagéré qui aurait tendence à distraire de l'action, ceci étant particulièrement vrai au tout début de ce film lorsque la voiture du père de Chiriro roule sur le pavé.
Dans l'ensemble cette bande sonore est d'un très bon niveau. Les quelques problèmes notés ne sauraient réellement handicaper cette édition qui offre une partie sonore tout à fait convaincante.

Les plus exigeants seront heureux d'apprendre que la bande son japonaise est excellente, présentée d'une manière tout aussi convaincante que le mixage en Anglais. Il est aussi intéressant de constater comment le niveau sonore des chansons a été modifié, et surtout de pouvoir profiter de la chanson de fin du film qui avait été choisie personnellement par le réalisateur (alors qu'il s'agit d'une nouvelle pièce pour la version anglaise).

La bande son Francaise est de bonne qualité, mais les limitations techniques de cette dernière (Dolby 2.0 stéréo) la rende forcemment moins efficace.
Des sous titres en anglais sont diponibles.


Suppléments/menus
Cette édition se compose de deux disques double couches. Le premier se compose du programme principal et de quelques suppléments.

Le premier de ces suppléments est obligatoirement vu en début de programme, il s'agit de l'introduction par le réalisateur de Pixar John Lasseter qui met en contexte le film et sa propre admiration pour Miyazaki. Autant le dire ce supplément n'a aucun intérêt particulier, sinon de permettre à Disney de s'approprier le programme.
Cette attitude est d'ailleurs confirmée dans le second supplément intitulé "The Art of Spirited Away" qui est la vision Disney de l'oeuvre de Miyazaki. Ce segment nous présente une vue d'ensemble des studios Ghibli et de leur histoire, avec une emphase sur le travail de doublage qui a été fait dans les studios Disney. Ce segment est présenté par un des acteurs. Ce dernier nous annonce que Lasseter en voyant Spirited Away a tout fait pour le faire jouer aux États-Unis, hors Disney a acheté les droits de distribution en Amérique du Nord bien avant la sortie de Spirited Away (Voir la critique de Grave of the fireflies pour les détails sur cet accord entre Ghibli et Disney).

Le deuxième disque se compose de quatre segments différents, Le premier s'intitule "Behind the microphone" et est un reportage très générique sur les doublages américains du film et les problèmes de traductions. De nombreuses scènes sont identiques à celle du premier disque. Le second élément est quant à lui réellement intéressant. Il s'agit d'une émission spéciale faite par la télévision japonaise avant la sortie du film. Ce segment intitulé "The Nipon Television Special" (environ 45 minutes) est une vraie mine d'or pour les amateurs de Ghibli. En plus de voir le maitre à l'oeuvre (et aux fourneaux), son équipe est mise à jours, et la complexité du travail à la main et des deadlines impossibles à tenir nous ramène à la dure réalité de ce genre de production. Ce reportage ne tente pas de nous présenter un Miyazaki lisse et parfait, mais plutôt comme un passionnel irrascible. Cette vision du Maitre est réellement rafraichissante.

Les deux éléments restant sont les bandes annonces japonaises originales ainsi qu'un élément réellement intéressant, le mélange de scénarimage et du film (en utilisant la fonction multi-angle). Ce dernier segments qui peut être vu en anglais ou en japonais nous permet de voir le travail réel de Miyazaki, en effet c'est lui même qui fait les scénarimages et naviguer entre la vision initiale et voir à quelle point malgré toutes les étapes de production le film reste fidèle à la magnifique vision du réalisateur est un vrai plaisir.

Des suppléments de valeurs inégales sont présents, mais le reportage japonais et le scénarimage intéractif sont à eux seuls des trésors pour les passionnés d'animation.



Conclusion
Cette édition, d'un niveau technique très intéressant, nous permet de nous replonger délicieusement dans l'univers du Maitre de l'Animation, Miyazaki. Grace à Disney et Buena Vista, d'excellent films d'animations vont enfin être vu en Amérique du Nord. Mais les choix de Disney (expliquer en début de film pourquoi il est bon est assez étonnant) montre bien qu'il ne s'agit pas là de prosélithisme, mais bien d'un acte commercial. Les suppléments plus orientés vers le travail fait aux Etats-Unis et les très nombreux rappels à la maison Disney semblent autant de signes de "Branding" forcé.
Mais il serait stupide de gacher son plaisir, le film et quelques segments savent conserver toute la magie et la simplicité de Ghibli.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Thomas Geffroyd

Date de publication: 2003-04-08

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Sony Wega KV27; Préampli Audio Refinement par YBA Pre-2; Ampli Audio refinement par YBA Multi-5; Enceintes JmLabs; Sub REL Strata III; Lecteur DVD Denon DVD-1600; cables et interconnects Cardas/Audioquest.

Le film

Titre original:
Sen to Chihiro no kamikakushi

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
125 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):
-

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Disney

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.20:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Japonaise Dolby Digital 5.1 EX
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Introduction par John Lasseter; segments sur la production et les studios Ghibli; Segment tiré de la télévision nippone; scénarimage interactif; bandes annonces

Date de parution:
2003-04-15

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