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DVDEF

Chase, The

Critique
Synopsis/présentation
Arthur Penn est l'un des principaux artisans du renouveau du cinéma américain des années 70, et des changements fondamentaux que subira l'industrie cinématographique mondiale suite à la sortie de Bonnie and Clyde en 1968.

The Chase (1965) est la chronique d'une petite ville du sud des Etats-Unis. Le jeune chien fou de la ville Bubber Reeves (Robert Redford) vient de s'évader du pénitencier voisin et cela met la ville en ébullition, à commencer par le shériff Calder (Marlon Brando), responsable de l'incarcération de Bubber. Nous allons suivre divers personnages emblématiques de la ville dans leurs rapports de pouvoir, de haine et de violence, pendant toute la durée de la cavale de Bubber.

Arthur Penn adapte un texte qui fut à la fois une nouvelle et une pièce de théâtre, et réussit à lui donner une forme cinématographique passionnante. Le grand nombre de personnages est remarquablement orchestré et les révélations sur la vie et la personnalité de chacun arrivent toujours au moment idéal pour leur conserver un intérêt permanent. La vision de Penn du quotidien d'une petite ville est assez déprimante du fait de l'accumulation de personnages négatifs, parfois à la limite de la caricature, mais on sait que la réalité est souvent plus forte que la fiction. La critique virulente des rapports de pouvoir et de corruption liés à l'argent, de moeurs dépravés, du racisme ambiant, à laquelle se livre Penn est dans la droite ligne de son oeuvre. S'il n'évite pas toujours un certain manichéisme dans le traitement des réactions de certains personnages, il sait parfaitement leur donner de l'épaisseur ainsi qu'une fonction précise dans son pamphlet contre la décadence.
Les implications du scénario sont nombreuses et traitées avec une science du dosage étonnante, même si Penn n'évite pas certaines stagnations thématiques pour autant. Le traitement de la violence au niveau scénaristique comme cinématographique est d'une sécheresse et d'une âpreté rarement égalée. Contrairement au traitement exacerbé et déréalisé de la violence dans le cinéma actuel, Penn montre une violence réaliste et surtout en montre les conséquences physiques et psychologiques, ce qui marque d'autant plus le spectateur. Penn fait mal au spectateur comme à Calder, et Marlon Brando fait à nouveau preuve de son génie en offrant à ce personnage l'interprétation la plus intense et réfléchie qu'il paraisse possible d'obtenir.

Les autres acteurs étant majoritairement des pointures ou des futurs grands, la qualité générale de l'interprétation est très élevée et cela offre au film un poids et une aura de puissance dénonciatrice encore renforcés.
La mise en scène de Penn se veut assez classique dans son déroulement même si elle a parfois tendance à se perdre, en suivant de belle mais inutile façon (au niveau du rythme et de l'intrigue) les différentes étapes de la cavale de Bubber. C'est dans la façon d'aborder de front nombre de tabous liés à l'infidélité, au racisme, à la folie et à la violence que Penn innove et annonce déja le futur cinéma des années 70. Cela est d'autant plus remarquable qu'il s'agit d'une oeuvre de studio et que donc Penn se doit de rester vraiment commercial, et de suivre une certaine tradition qui volera d'ailleurs en éclats grâce à lui trois ans plus tard avec Bonnie and Clyde.
Ainsi, ce qui empêche de classer The Chase parmi les plus grandes oeuvres, est un certain manichéisme et un clacissisme trop appuyé qui alourdissent la portée et le propos de l'oeuvre sans pour autant les dénaturer. Le défaut paraît plus imputable au roman et à la pièce de théâtre qu'à Penn lui-même, bien que ce dernier en soit tout de même partiellement responsable.

Une oeuvre très forte et audacieuse dans son contexte de production, et qui permit à Arthur Penn de démontrer son potentiel commercial sans pour autant renoncer à ses idéaux, qu'il défend avec conviction grâce à son indéniable talent.


Image
L'image est proposée au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert 16:9.
La définition générale est d'un excellent niveau. L'interpositf est quasiment vierge de tous défauts, seuls quelques points insignifiants venant de temps à autre nous rappeler que nous sommes en train de visionner un film de 1966. La finesse des détails est tout bonnement sidérante, permettant de découvrir ou redécouvrir ce film dans des conditions idéales.
Le rendu des couleurs est lui aussi de très haute tenue. Elles sont naturelles, sans débordements aucuns et d'une saturation quasi parfaite.
Le contraste est parfaitement géré, évitant absolument toutes les brillances.
Les parties sombres du film sont trs bien rendues grâce à des noirs purs et profonds. La qualité des dégradés est du même niveau que le reste du transfert et permet de profiter au maximum de la superbe photographie.

La partie numérique est exempte de tous reproches majeurs, la surdéfinition étant totalement invisible et seuls quelques passages présentant de légers fourmillements.
Un superbe transfert qui permet de redécouvrir ce classique un peu oublié dans des conditions idéales.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (Dolby Digital 1.0 mono).

Sa dynamique est limitée de par son format mais s'avère excellente pour une oeuvre de cette époque. Sa présence et sa spatialité subissent les mêmes remarques.
La musique est bien rendue malgré quelques limitations dans le haut du spectre, qui sont imputables à l'âge du film et non à la qualité de sa bande-son. Elle est en outre parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les dialogues sont en permanence intelligibles et les traces de parasites ou distortions sont limitées au maximum.
Les basses fréquences sont logiquement anecdotiques mais leur apport à l'impact du film est certain.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français, Japonais, Coréen, Portugais et Espagnol.
Une bande-son de qualité qui s'avère moins réussie que l'image mais remplit son rôle.


Suppléments/menus
Une section malheureusement vide à l'exception de trois bandes-annonces n'ayant aucun rapport avec le film (Mute Witness, In Cold Blood et Under Suspicion), et aucune bande-annonce pour le film lui-même. Il est dommage étant donné la qualité de l'oeuvre et l'importance des acteurs qu'aucun supplément n'ait été envisagé.



Conclusion
Une édition fort réussie aussi bien au niveau audio que vidéo mais l'absence de suppléments se fait malheureusement ressentir. Le prix de vente raisonnable et la qualité du film font que nous vous recommandons cet achat malgré les réserves susmentionnées.
Arthur Penn propose déja avec ce film une vision désenchantée de l'Amérique profonde au bord de l'explosion et du chaos, qui prendra une forme encore plus graphique dans Bonnie and Clyde. Le choix d'acteurs absolument exceptionnel, la qualité des dialogues, de la mise en scène, de la musique et de la progression dramatique font de ce film un vrai classique toujours aussi efficace.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-03-25

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Chase, The

Année de sortie:
1966

Pays:

Genre:

Durée:
133 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Japonais
Coréen
Portugais
Espagnol

Suppéments:
Bandes-annonces

Date de parution:
2004-02-24

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