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DVDEF

Kiki's Delivery Service

Critique
Synopsis/présentation
Premier film des studios Ghibli a avoir été distribué en anglais en Amérique du Nord, fruit de l'accord entre Ghibli, Tokuma et Disney, Kiki's Delivery Service est donc le premier film de Miyazaki officiellement distribué sur le continent Nord Américain, et ce en 1997 (soit huit ans après sa sortie japonaise).

L'histoire est basé sur un roman de Eiko kadono, Kiki. Cette interprétation libre du roman rajoute quelques éléments à l'histoire originale mais reste dans ses grands traits fidèle au roman. Comme à l'habitude dans plusieurs autres films de Miyazaki nous retrouvons une petite fille, mais contrairement à celle de Tonari no Totoro, ce n'est pas l'enfance qui est décrite ici mais bien plutôt l'adolescence et le passage à l'âge adulte. Cette thématique se retrouve également dans Spirited away, même si Chihiro se situait plutôt au sortir de l'enfance et de ses désillusions, alors qu'ici Kiki est plutôt dans la turbulence de l'adolescence. Il est d'ailleurs intéressant de constater que Miyazaki a fait chronologiquement le parcours d'une petite fille de son âge le plus jeune dans Totoro, au sortir de l'enfance dans spirited away, et à l'adolescence dans Kiki.


Comme presque toujours dans les films du réalisateur, la thématique de voler est centrale. Cette thématique est née dès les premières productions (Nausicaä), et récurente dans la majorité des films (seul Princess Mononoke échappe à cette règle). Si la thématique du vol est une constante magique, elle est néanmoins sublimé dans la comédie Porco Rosso qui nous l'espérons sera bientôt disponible.
Ce film a donc été distribué en 1997 en Amérique du Nord sans sortie en salle, mais a connu un succès assez phénoménal en terme de ventes, dépassant par là même le record détenu à l'époque par Akira de Katsuhiro Otomo.

L'action de ce film se déroule dans un nulle part qui est une compilation visuelle de Stockholm (que Miyazaki avait parcouru pour le repérage d'un film qui n'a jamais abouti, Pippi Longstocking, en 1971), et de la lumière que l'on retrouve plus dans les paysages méditerranéens.
Kiki est une petite sorcière, fille de sorcière qui doit dans le cadre de son éducation partir travailler hors de la maison familiale afin de parfaire ses pouvoirs. Hors Kiki ne s'est spécialisée en rien, préférant réver en écoutant la radio, son seul pouvoir résident dans le pilotage (plutôt aléatoire) de son balais.

Kiki va donc se rendre dans une grande ville, et tenter de s'installer. En aidant une boulangère à rapporter un objet d'un client, Kiki se trouve une vocation de livreur (à dos de balais volant), et va travailler à se faire une réputation en ce domaine.
Accompagné de Jiji, le compagnon chat noir de toute sorcière (qui pour le coup est d'un cynisme typiquement comique britannique), elle va se faire des amis et à force de travail voir ses efforts récompensés en sauvant un jeune garçon d'une catastrophe aérienne.

Certains voit dans Kiki un des meilleurs films de Miyazaki, dont la jeune héroïne qui est tout autant capable de se renfrogner, de s'appitoyer sur elle même ou de s'inquiéter de son budget pour la nourriture. mériterait de devenir la Sainte patronne des livreurs. Ce film est d'ailleurs classé septième au box office Japonais.

Ce film traite une fois de plus de l'apprentissage d'une étape de la vie par un enfant, avec une moralité pour une fois facilement identifiable, ce qui n'est pas souvent le cas dans les films de ce réalisateur : c'est en travaillant que viennent les récompenses. Cette thématique du passage à la reconnaissance par le travail est aussi marqué par la fin du film, ou Kiki, après avoir passé son temps à regarder avec envie les robes de couleurs des petites filles de la ville, finie par voir une mère qui transporte un bébé habillé tout comme elle (avec le mini balais en prime), montrant que plus que d'avoir fait sa place elle a fait un exemple. Ce magnifique film possède en outre de nombreux clins d'oeil que les amateurs sauront identifiés (comme de voir le nom "Studio Ghibli" sur le côté du bus qui manque de renverser Kiki à son arrivée en ville).
Tout comme Totoro, il n'existe dans ce film aucun "mal", aucun personnage ou situation mettant en scène de mauvais instincts ou de mauvaises actions (ou bien l'attitude un peu dédaigneuse des petites filles riches). Est-ce à cause de ce manque de manichéisme primaire qui oblige une fois de plus à nous présenter pourquoi ce film est bon ? La situation exposée dans la critique de Spirited Away concernant l'image de Disney dans les films Ghibli est tout aussi vraie ici, relevant une fois de plus l'inconfort face à nouveau produit qui dépasse les habitudes bien rodées des studios (pourtant, la présence du chat comme compagnon comique est une habitude Disney).

Il est assez fascinant de voir comment les animateurs Japonais, qui ont débuté l'art animé Manga en se basant sur les premiers travaux de Disney (ce qui explique entre autre les grands yeux des mangas populaires) se sont rapidement séparés de la vision de ces derniers pour se réapproprier complétement un art cinématographique qui était marginal, ou plus spécialement destiné aux enfants. C'est cette ambivalence et la distance parcourue entre ces deux visions de l'animé qui tentent de se rejoindre maintenant. Mais la leçon prise en Europe ou l'animation japonaise connait un grand succès devrait rassurer les distributeurs Nord Américains et nous l'espérons, inspirer les scénaristes (les contes de Grim commencent à être épuisé). Un point très intéressant, l'année de distribution de Kiki a aussi été celle de Antz des studios Dreamworks et de Bugs Life des studios Pixar/Disney. Malgré cela quelques critiques (dont Ty Burr de Entertainment Weekly) ont placés Kiki's delivery service au dessus de ces deux productions CGI. Il y a donc un salut possible dans l'animation traditionnelle que Spirited away et Princess Mononoke a confirmé quelques années plus tard.

En attendant la distribution dans les salles du prochain film de Miyazaki, Neko no Ongaeshi (possiblement : The cat return), Buena Vista nous propose une édition deux disques de ce classique de l'animation japonaise.


Image
Cette édition offre une image au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9. Autant le dire de suite, cette édition est de bien moins bonne qualité que celle proposée pour Spirited Away.

Il nous semble que le film ait été encodé deux fois sur ce disque, une première pour la version japonaise, et une seconde pour les versions anglaises/espagnoles, ce qui expliquerait par le volume de données présentes les différents problèmes notés au niveau de l'image.
Les sources 35mm vieilles de 14 ans utiliées pour ce transfert ont été adéquatement restaurées et ne présente à priori aucun problème apparent (poussières, points ou marques). Les textures et détails sont correctement rendus, et savent donner à l'ensemble une consistance convenable.

Les couleurs se démarquent vraiment, toujours convenablement étalonnées et saturées, elles savent être constantes sur toute la durée du programme sans jamais souffrir d'aucun débordement (même sur des rouges très saturés).
La brillance est correctement ajustée et les contrastes bien gérés. Les noirs nous ont semblé manquer de profondeur et de pureté (allant plutôt vers un gris très foncé), les parties sombres offrent par contre un niveau de détail convenable.

Le réel problème de cette édition est liée à la numérisation et à la compression. En effet une surdéfinition vraiment brutale est imposée rendant l'image très peu filmique. De plus, certaines scènes révèlent des traces de compression (à environ treize minutes lorsque Kiki survole la ville au dessus des toits colorés) et de fourmillements dans les masses.
Un transfert qui malgré une belle colorimétrie ne réussit pas à se hisser au niveau des standards actuels tant le problème de surdéfinition vient gâcher le plaisir de visionnement.


Son
Trois bandes sons sont proposées avec cette édition, Japonaise , Anglaise et Espagnole, toutes en Dolby Digital 5.1. La bande son originale japonaise sera celle considérée dans cette critique.

Cette bande sonore est d'une assez bonne dynamique, offrant une belle présence musicale qui sait envelopper le spectateur. Ce remixage multicanal (5.1) souffre de ses propres qualités : l'ambiophonie prétée par la trame sonore musicale est d'un niveau très proche des productions les plus récentes, mais les effets sonores sont quant à eux d'un niveau nettement moins avancés, se faisant au plus discret sur les canaux arrières. Il est aussi à noter une certaine saturation dans le haut du registre (mais qui ne dérange pas vraiment lors de l'écoute).

Les éléments sonores sont très bien intégrés et placés, offrant ainsi un mixage de bonne qualité. Comme dit plus haut, les éléments sonores autres que la musique sont localisés au niveau du champ sonore avant, mais savent utiliser toute la largeur du champ sonore, offrant des panoramiques intéressants. Le placement est là aussi optimal. La musique très agréable de ce film est très bien rendue et sait se montrer aux niveaux sonores appropriés pour les différentes situations.
Les dialogues sont naturels et bien intégrés au mixage.
Les basses sont d'un niveau convenable sans toutefois trop s'aventurer dans le bas du registre. Elles sont par contre bien tenues et appuyées à de rares occasions par le canal .1 (LFE). Étant donné la nature du film, ceci n'est réellement pas un problème.
Une bande son d'une facture correcte, mais qui aurait méritée, vu la qualité du remixage de la trame sonore, un peu plus d'attention sur les effets.
Tout comme pour Spirited Away, il convient de noter l'excellent travail de doublage faite par les studios Disney sur cette édition. Il semble toutefois que le doublage espagnole souffre un peu de dialogues plutôt en retrait par rapport à l'ensemble de la trame sonore.
On regrette l'absence de contenus français, ou au moins de sous titrage. La bande son espagnole est certainement mieux adaptée au marché américain qu'au marché Québécois.


Suppléments/menus
Cette édition se compose de deux disques, le premier comprenant le programme principal, le second une partie des suppléments.

Contrairement à Spirited Away, cette édition est avare de suppléments. On retrouve comme sur l'édition citée ci-avant un bref documentaire sur le doublage en anglais du film (il est d'ailleurs intéressant de constater qu'il s'agit de la quasi même équipe). On retrouve aussi l'introduction d'avant film de John Lasseter ainsi que des bandes annonces de films Disney, et les bandes annonces japonaises originales.

Le second disque ne se compose que du scénarimage comparatif, l'aspect spartiate de l'interface en est d'ailleurs un peu chocante. Ce scénarimage comparatif peut se faire soit en Japonais soit en Anglais. Il est là aussi intéressant de voir à quelle point le produit fini ressemble presqu'exactement à la vision initiale de Miyazaki.

Des suppléments bien maigres pour une édition spéciale, tempéré par l'âge un peu plus ancien de ce film d'animation.



Conclusion
Film important de Miyazaki (c'est le premier à avoir été distribué officiellement en Amérique du Nord), cette édition si elle est d'une facture qui nous semble au dessous de la moyenne des éditions de films de cet âge (14 ans), reste néanmoins un fabuleux divertissement familial. Si certains passages de Spirited Away pourraient effrayer les plus jeunes, on se retrouve là devant une oeuvre exempte de toute méchanceté ou de tout spectacularisme, rappelant en cela Tonari no Totoro, qui nous l'espérons sera partie de la prochaine série des films Ghibli distribués par Buena Vista. Dommage.



Qualité vidéo:
2,0/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
2,5/5

Note finale:
2,5/5
Auteur: Thomas Geoffroyd

Date de publication: 2003-04-15

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Sony Wega KV27; Préampli Audio refinement par YBA Pre-2; Ampli Audio refinement par YBA Multi-5; Enceintes JmLabs; Sub REL Strata III; Lecteur DVD Toshiba Sd1200; cables et interconnects Cardas/Audioquest.

Le film

Titre original:
Majo no takkyubin

Année de sortie:
1989

Pays:

Genre:

Durée:
105 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Buena Vista

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Japonaise Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Bandes annonces originales, segments sur le doublage, scénarimage comparatif.

Date de parution:
2003-04-15

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