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DVDEF

2001: A Space Odyssey (Remastered)

Critique
Synopsis/présentation
Peu de réalisateurs peuvent affirmer n'avoir fait aucun faux pas durant leur carrière. Stanley Kubrick peut être considéré parmi cette élite rarissime. Sa vision très personnelle et très sombre de l'humain est perceptible dans chacun de ses films à l'exception peut-être des ses deux premiers longs métrages: Killer's Kiss et The Killing. Son oeuvre atteint son pinacle avec 2001: A Space Odyssey, production qui ne sera probablement jamais égalée en son genre.
Adapté d'une nouvelle d'Arthur C. Clarke intitulée The Sentinel, le célèbre opus spatial de Kubrick est empreint d'une imagerie évocative et d'une philosophie déroutante. En regardant ce chef-d'oeuvre, on débute un voyage vers le future par la présentation de l'aube de l'homme. Le transition temporelle la plus célèbre de toute l'histoire du cinéma nous amène dans l'espace colonisé par l'homme. Le voyage se poursuit vers Jupiter puis au delà des limites de l'infinité. Une pièce en 4 actes dotée d'une photographie parfaite et d'une chorégraphie musicale sans précédent. Kubrick révolutionne le genre science-fiction en le faisant sortir de l'ombre des films de série B. Le premier métrage du genre à offrir une profondeur de réflexion et à laisser une porte ouverte quant à l'avenir de l'homme dans l'univers.
Introduction: un fond d'écran noir soutenu par un accord musical discordant. L'intensité fluctue, laissant place à des accords plus hamonieux et des arrangements davantage discordants. Un peu comme les "Sacre du printemps" de Stravinski, Kubrick semble vouloir synthétiser le début de l'univers, l'intemporel magma interstelaire réagissant aux premiers effets des quatre grandes forces de la physique. Et puis c'est le majestueux de l'aube de la vie... Un lever de soleil au delà d'une planète accompagnée de la desormais célèbre Thus Spake Zarathustra de Richard Strauss. Inoubliable!
Premier acte: The Dawn of Man. Le film débute par des plans d'ensembles montrant des paysages désertiques évoquant la Terre à époque préhistorique. Des singes mangent de fruits qui est l'activité principale de leur vie. Les besoins à combler sont d'ordre primaire, se nourrir, se reproduire et dans une certaine mesure, vivre parmi des groupes. Un des deux groupes semble plus évolué jusqu'au jour où l'un deux affirment leur suprématie en découvrant le potentiel d'un nouvel outil: un os de cadavre. Cet outil leur sert pour la chasse... Le plus évolué impose sa supériorité. Pour Kubrick, la rencontre entre l'homme-singe et le monolithe symbolise le début d'une nouvelle ère, celle de l'intellligence parmi des êtres vivants. Cet être vivant devient alors indirectement consicent de la présence d'une force supérieure. Le premier acte se termine sur un gage encourageant pour l'humanité, le premier pas de son évolution. C'est ici qu'on assite à la plus grande transition temporelle de toute l'histoire du cinéma. Un homme-singe victorieux lance avec ardeur dans les airs, un os qui se transforme des millions d'années plus tard en vaisseau spatial.
Deuxième acte: aucun titre n'a été attribué à cette partie. C'est le début de l'ère spatial pour l'homme. Kubrick dans cet acte, met de nouveau en parralèle un homme dit évolué et le monolithe. Le tout commence par une superbe chorégraphie d'un vaisseau s'approchant et s'amarrant à une base spatiale. La chorégraphie est alors dirigé par Le Danube Bleu de Johann Strauss. Le réalisateur impose ici son style lent et contemplatif pour le reste du film. On assite à des pourparlers entre les éminences grises de différentes nations à propos du mystérieux monolithe situé sur la Lune. On sent que le Dr. Floyd (William Sylvester), un scientifique américain, en sait plus que ce qu'il prétend sur le sujet. Pourtant, lui qui semble être un des grands spécialistes du monolithe, tente de s'approprier l'impossible en prétendant avoir le conrtôle sur le mystérieux objet. Immédiatement, c'est le rejet. Ce deuxième acte se solde par un échec de l'homme. Ce dernier ne craignant plus l'inconnu, tente de se l'approprier sans le connaître pour autant. La communauté scientifique ne fait-elle pas de même de nos jours avec les expériences génétiques?
Troisième acte: Jupiter Mission, 19 months later. Dans ce chapitre, une équipe de scientifiques se dirige vers Jupiter afin d'étudier un troisième monolithe en orbite autour de la géante à l'oeil rouge. On retrouve dans le vaisseau spatial le commandant David Bowman (Keir Dullea), son coéquipier Frank Poole (Gary Lockwood) et Hal 9000 l'ordinateur de bord. Le principe d'inévitabilité de Kubrick s'instaure ici dans ce vaisseau au fin fond de l'espace. L'être humain de nature imparfait prétend pouvoir créer la perfection, ici Hal 9000. Ce dernier doute des intentions (pourtant honnêtes) de Bowman et enclanche une série de manoeuvres qui donnera la mort aux trois astronautes sous cryogénie et à Poole. Bowman, face à la supercherie, trouvera le moyen de déjouer Hal et de reprendre partiellement le contrôle sur la mission. Point à noter à propos de la vision du réalisateur: l'être humain en tentant d'humaniser une machine, se déhumanise lui-même. Hal possède à la limite plus d'intonnations dans sa voix et plus de "sentiments" que les membres de l'équipage réduit à un comportement complètement robotique et froid. On retrouve plus de dialogue entre l'homme et l'ordinateur que entre les hommes pendant de film. Comme si la communication était devenue défaillante entre les hommes. Un deuxième échec pour l'homme, celui de la relation entre Bowman et Hal. Et échec ne se veut pas de même nature que le précédent. Il se solde avec une victoire de l'homme sur la machine qui le conduira au limite de l'infini, là où l'homme pourra évoluer à nouveau.
Dernier acte: Beyond the infinite. Bowman, n'ayant plus rien à perdre décide de s'abandonner à l'aventure que lui réserve le monolithe. On assiste donc ici à ce que Bowman vit, à travers ces myriades de couleurs et ces paysages hallucinants. Le périple de Bowman se termine dans une pièce viènnoise où il revoit lui-même sa vie en vieillissant à un rythme effarant. La fin de ce chapitre et par le même biais du film, montre la naissance d'un enfant des étoiles. Kubrick se laisse ici une marge de manoeuvre: s'agit-il d'un avenir optimiste représentant une naissance et la suite d'une longue lignée pour l'humanité? Ou s'agit-il d'une prémonition noire laissant croire que l'homme reste ancré dans un monde fermé (le foetus) parmi le reste de l'univers? L'homme sera-t'il capable de voir au delà de son regard? Ou comme le dirait Hubert Reeves, l'univers (pour l'homme) prend la forme de son regard? Une fin intrigante, qui laisse toute la place à la philosphie de la survie de l'homme. Le réalisateur s'est toujours fait discret à propos de la scène finale de son film. Peut-être veut-il nous laisser à nos exégètes.
On voit pour Kubrick, dans ce film, des thèmes de prédilection. Manger; a chacun des chapitres, on voit des êtres accomplir cet acte. Une évolution a lieu (herbivore, carnivore, choix au niveau des repas, repas conçus pour les voyageurs de l'espace), mais le besoin reste. Peu importe le degré d'avancement technologique de la société, le besoin primaire reste le même. Le thème de la circularité demeure également important. Pour Kubrick, la mort précède la vie. Ainsi, comme le mentionne Bruno Cornellier (un analyste de films) la carcasse d'un animal précède l'homme-singe et la mort de Bowman précède la naissance de l'enfant des étoiles. Plusieurs anniversaires de naissances sont mentionnés dans ce film: l'aube de l'homme, la fille du Dr. Floyd, l'astronaute Poole, la date d'entrée en fonction de Hal et finalement la naissance de l'enfant-étoile. De l'état de désordre maximal naît l'ordre. On pourrait ici parler d'anthropologie et "d'entropologie". La vision que Kubrick nous laisse se résume à celle d'un être supérieur regardant le spectacle qu'offre l'homme devant l'inconnu et ce dans un cadre physique restreint (le territoire des homme-singes, la combinaison des astronautes sur la Lune, le vaisseau "Discovery", la pièce victorienne, le foetus). Plusieurs de ces thèmes se retrouvent parmi certains de ses films, particulèrement ceux depuis Paths of Glory. Kubrick, un réalisateur qui est un génie en son genre et qui mérite une place parmi les plus grands. Le temps reste l'outil utltime afin d'apprécier les films qu'il nous a légués.
Le film ne remporta qu'un Oscar à la cérémonie de 1969, celui des meilleurs effets spéciaux dédié à Stanley Kubrick lui-même. Le film reçu trois autres nominations, soit: meilleure direction artistique, meilleur directeur et meilleur adaptation d'un scénarion à l'écran. Bien que cette production n'ait pas été récompensé à juste titre, cette oeuvre laisse un héritage précieux, voir indispensable.


Image
Warner nous offre ici une nouvelle édition de 2001: A Space Odyssey en format d'image original de 2.20:1 et ce d'après un transfert anamorphique. Il s'agit ici d'un transfert numérique à partir d'un nouvel interpositif. L'image présente une définition correcte mais souffrant à quelques reprises de surdéfinition des contours. Pour ce qui est des couleurs, le transfert demeure difficile à évaluer. Idéalement, il faudrait l'opinion du directeur de la photographie ou de quelqu'un ayant eu accès au matériel source. Ce sont ces derniers qui parfois supervisent les transferts afin que le traitement des couleurs correspondent à la vision souhaitée. Chose certaine, les couleurs sont beaucoup plus riches que celles du transfert précédent de MGM. Toutefois, on a l'impression que les couleurs présentent une telle saturation que lors des scènes d'ouverture, certains paysages désertiques semblent quelques fois à la frontière de la réalité et de la fiction. Dans ce cas, le transfert de MGM présente des couleurs plus délavées, mais plus naturelles. Les blancs sont dépouvus des teintes de bleutées que le transfert précédent offrait. Les teintes de peaux se veulent naturelles également. La profondeur des noirs ajoute à la qualité de l'image. Les détails des parties ombragées demeurent visibles en tout temps. À quelques reprises, on peut constater de légères fluctuations au niveau de la brillance, particulièrement lors des scènes d'hallucination à la fin. Les artéfacts visuels ont été complètement nettoyés lors de ce tranfert; bonne chose compte tenu de l'âge de l'interpositif. Quelques effets d'escalier sont visibles lors de la première prise de vue d'un vaisseau. Des lignes blanches verticales apparaissent pendant 2 ou 3 secondes au moment précis où on voit pour la première fois la Terre à la droite de l'écran (détail qui était absent de l'édition précédente). Un soupçon de pixelisation semble visible lors d'un des plans du désert, mais rien de grave. Dans l'ensemble, il s'agit d'un transfert adéquat et amélioré par rapport au précédent, mais sans plus.


Son
Deux bande-sons sont incluses sur le DVD, une anglaise Dolby Digital 5.1 et l'autre française Dolby Digital 5.1. Un bel effort de la part de l'équipe chez Warner. La bande-son principale (anglaise) démontre une nette amélioration par rapport à la précédente. La gamme de fréquences semble beaucoup plus grande laissant toute la clarté voulue et la splendeur à la trame sonore. Les dialogues ainsi que l'action sont localisé depuis les canaux avant. Les dialogues ont gagné en directionalité avec ce nouveau mixage. On a corrigé une réplique de Hal entendu dans l'édition MGM. Lorsque Bowman parle avec Hal afin de réentrer dans le vaisseau, Hal répond "Affirmative, Dave. I read you" Dans la version précédente on pouvait entendre "Affirmative, Dave". À l'occasion, particulièrement lors du voyage àdans les corridors de couleurs, les canaux arrières gagnent en importance afin renforcer l'ambiance qui règne. Le canal d'extrême-graves (.1 LFE) est utilisé justement lors de moments forts de la trame sonore et des bruits de fond provoqué par la cabine de sauvetage du Discovery à la fin du film. La bande-son française arbore sensiblement les mêmes qualités, puisque le film ne comporte que très peu de dialogues, les effets d'ambiances sont aussi bien rendus. Les dialogues sont clairs et ne nuisent pas vraimment à l'ambiophonie du film. Des sous-titres anglais, français, espagnols et portuguais sont également inclus.


Suppléments/menus
Le côté le plus sombre de cette édition. Seule une bande-annonce est incluse. Sur la version MGM, un court documentaire apparaissait traitant de divers aspects du film dont la fabrication du "Discovery" et des commentaires de l'auteur Arthur C. Clarke. Pour des raisons inconnus, on ne l'a même pas inclu. Pourtant, s'il existe des films qui bénéficiraient grandement d'une piste de commentaires audio, ce sont bien les oeuvres de Kubrick. Extrêmement regretable.



Conclusion
Voici l'une des plus grandes épopées de l'espace offerte pour la trosième fois sur DVD. Bien que le son et l'image aient été améliorés, il n'en reste pas moins que les suppléments auraient gagnés à être dévoloppé. Heureusement, Warner propose cette édition avec un prix fort abordable


Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Eric Martineau

Date de publication: 2001-06-26

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron KV-2780R, Récepteur Denon AVR-3200, Lecteur DVD Toshiba 3108, enceintes Paradigm, câbles Monster Cable

Le film

Titre original:
2001: A Space Odyssey

Année de sortie:
1968

Pays:

Genre:

Durée:
148 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.20:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol
Portugais

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2001-06-12

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