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DVDEF

3:10 to Yuma

Critique
Synopsis/présentation
Delmer Daves fait partie, avec Anthony Mann (Bend of the River et The Naked Spur) et Budd Boetticher (Commanche Station et Ride Lonesome), des grands oubliés de l'histoire du western. Leurs films sont différents des productions classiques, plus profonds, plus puissants et plus complexes.
Delmer Daves est un grand et 3:10 To Yuma vient le confirmer ou plutôt nous le rappeler. Au cours de sa courte carrière (1943 - 1963), il a cumulé les fonctions de réalisateur (où il excelle) et de scénariste (où ses talents sont moins évidents), passant par tous les genres : le polar (Dark Passage 1947), le film de guerre (Pride of the Marines 1945), le péplum (Demetrius and the Gladiator 1954), et le western (Hanging Tree 1959, Drum Beat 1954).
Sa sensibilité et sa capacité à faire passer les émotions étaient déjà évidentes dans Broken Arrow (1950), premier western pro indien qui a influencé radicalement un genre qui était auparavant très xénophobe.
Le film qui nous intéresse est sorti sur les écrans américains en 1957, en pleine mutation du western, et pour tout dire à la fin de l'âge d'or de ce genre. Les derniers grands westerns sont des oeuvres qui questionnent le genre et le poussent dans ses retranchements. The Searchers de J. Ford, son chef-d'œuvre qui est également son film le plus noir et le plus complexe, est sorti en 1956. Les années suivantes sont apparus sur les écrans des films originaux et différents tels : Forty Guns de S. Fuller (1957), The Left Handed Gun de A. Penn (1958).
L'humilité des films de D. Daves et leur simplicité (dans le bon sens du terme) en font un cinéaste passionnant pour qui se donne la peine de regarder ses films avec un esprit ouvert.
3:10 To Yuma relate l'histoire d'un fermier ruiné (Van Heflin/Dan Evans) qui a accepté de convoyer à la gare de Yuma, un dangereux criminel (Glenn Ford/Ben Wade) que sa bande va chercher à récupérer par tous les moyens.
L'histoire suit le périlleux voyage des deux hommes. L'évolution de leurs comportements respectifs et leur affrontement rythment le film, dont le vrai sujet est l'implication et la motivation des personnages (film qui s'avère être un mélodrame déguisé en western).
Delmer Daves et son scénariste Elmore Leonard (Get Shorty et Jackie Brown) utilisent des contre-pieds qui peuvent nous paraître classiques mais étaient très audacieux à l'époque. Ainsi, la famille du héros sert de moteur à l'histoire (réelle cause de son implication) et non aux habituelles scènes " prétextes aux bons sentiments ". De même, l'utilisation d'un héros sans grand charisme et qui ne devient intéressant qu'au cours du film (au moment où sa motivation pécuniaire se transforme en point d'honneur), et d'un méchant à la fois détestable (fabuleuse composition de G. Ford semblable à un serpent lorsqu'il parle à Dan Evans de façon sournoise) et appréciable (la magnifique et très moderne scène avec la barmaid Felica Farr), est résolument surprenante.
Une mise en scène discrète, une splendide photographie (toute en dégradés de gris), l'utilisation parcimonieuse de la violence et l'excellence de l'interprétation générale (mention spéciale a G. Ford), font de ce film un classique indispensable. Il peut permettre à toute une génération de cinéphiles de découvrir les westerns sous leur meilleur jour et d'ouvrir ainsi une voie nouvelle vers la réhabilitation de cinéastes méconnus et mésestimés à tort.



Image
Le nouveau transfert anamorphosé proposé par Columbia/Tristar permet d'apprécier le film dans des conditions quasi idéales. La définition et la netteté sont d'un excellent niveau, preuve qu'une bonne numérisation porte ses fruits.
L'image a été très bien nettoyé de ses imperfections et seuls quelques (très rares) points blancs et rayures viennent nous rappeler l'age du film (35 ans). Les arrières plans sont même exceptionnellement nets. L'immense palette de gris qui parcourt tout le film est bien reproduite et les parties sombres offrent un niveau de détail surprenant.
Ce qui nous amène au seul problème relevé sur ce DVD : les fourmillements. Très importants sur le générique, ils reviennent régulièrement donner un aspect un peu mouvant à l'image. Ceci est assez étonnant au vu de la qualité générale du transfert, mais n'affecte en rien le plaisir de pouvoir visionner ce grand classique avec une telle qualité.
Si le contraste semble correctement ajusté on remarque mais au fil des séquences deux ou trois soucis de brillance apparaissant sporadiquement.
Il n'y a aucun problème de sur-définition des contours et ce transfert ne présente aucun problème de pixellisation.


Son
La seule bande son proposée avec cette édition est anglaise et monophonique (Dolby 2.0 mono). De même que pour l'image, cette nouvelle numérisation s'avère très efficace. Le souffle est donc totalement absent, la dynamique respectée, les dialogues toujours parfaitement intelligibles et les voix réalistes. Les quelques effets utilisés sont très bien intégrés et aucune saturation n'est a déplorer. Ainsi, preuve est faite qu'il vaut mieux un bon mono qu'un 5.1 artificiel. Les sous-titres sont disponibles en français (étonnamment bien traduits et placés), anglais, espagnol et portugais.


Suppléments/menus
Autant l'image et le son sont bien traités, autant les suppléments sont une fois de plus absents (même si l'on peut mettre à la décharge du studio qu'il est difficile de trouver du matériel sur des films de cette époque et que le tarif de vente du DVD n'est pas celui d'une édition Criterion).
On peut donc noter à titre anecdotique la présence de 2 bandes-annonces. La première grandiloquente de Mackenna's Gold et une autre de qualité médiocre de Silverado.




Conclusion
D'un point de vue strictement technique cette édition rend justice à l'oeuvre. On aurait aimé en savoir un peu plus sur le film et les artisans, pourquoi ne pas avoir fait appel au scénariste (Elmore Leonard) en vue de l'enregistrement d'une piste de commentaires audio.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2002-04-12

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
3:10 to Yuma

Année de sortie:
1957

Pays:

Genre:

Durée:
92 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Français
Anglais
Portugais
Espagnol

Suppéments:
Bandes-annonces

Date de parution:
2002-04-02

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