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DVDEF

24 (Season 1)

Critique
Synopsis/présentation
Disons-le d'amblée, la principale qualité de la télésérie 24 n'est nulle autre que son concept. Celui-ci consiste à présenter toute l'action de la série en temps réel, en vingt-quatre épisodes d'une heure. L'idée de réaliser une œuvre de fiction dont la durée s'écoule en temps réel n'est pas nouvelle. Hitchcock avait déjà tenté l'expérience en 1948 avec The Rope, puis l'exercice fut récemment répété avec les Nick of Time de John Badham, ainsi que l'impressionnant Time Code de Mike Figgis. Cependant, il s'agit de la toute première fois où ce concept est appliqué à une série télévisée. Et quelle bonne idée ! En considérant qu'une saison de télésérie s'étale généralement sur vingt-deux épisodes, 24 ne brise les conventions que par deux épisodes.

Chaque émission devait non seulement présenter un maximum de rebondissements pour susciter l'intérêt des spectateurs pendant vingt-quatre semaines, mais il était impératif que l'ensemble soit crédible sachant que l'action se déroule en temps réel. Comme l'utilisation d'ellipses (de saut dans le temps) était impossible, chaque déplacement et chaque action devaient être calculé. Un colossal et complexe défi que les scénaristes et réalisateurs de la série ont relevé avec brio.

L'action débute un soir de semaine, à minuit très exactement. À cet instant, l'agent spécial anti-terroriste Jack Bauer (Kiefer Sutherland, tout simplement formidable) discute paisiblement avec sa fille avant de passer au lit. Quelques minutes plus tard, sa fille s'enfuit en cachette du domicile familial pour aller fêter avec une amie et deux garçons qu'elle ne connaît pas. Bauer a à peine le temps de s'inquiéter qu'il est contacté par son patron, un problème urgent doit être résolu. À cet instant, Jack ignore toujours que les prochaines vingt-quatre heures seront, à ses propres dires, les plus longues de sa vie. Il apprendra assez tôt que sa fille a en fait été kidnappée, et ce, pendant qu'un groupe de terroristes menace d'assassiner un sénateur le jour d'élections. Jack Bauer aura vingt-quatre heures pour, à la fois, retrouver sa fille et sauver la peau du sénateur. Évidemment, sa mission ne sera pas sans embûches…

La plus grande force de cette première saison de 24 est de garder le spectateur en haleine. Le récit ne pouvant s'attarder qu'à Jack Bauer, les scénaristes ont développé une série d'intrigues se déroulant simultanément à l'intrigue principale et mettant en scène divers personnages secondaires, tous rattachés de près ou de loin au fil scénaristique principal.

Ainsi, lorsque Bauer se déplace d'un endroit à un autre, l'action change de lieu et se concentre sur les interactions entre d'autres personnages. Le rythme qui en découle est ainsi constant et ne laisse place à aucun temps mort. Chacune des intrigues est également développée avec le même soin, avec le même soucis du détail. Les épisodes réalisés par Stephen Hopkins, à qui l'on doit l'excellent Under Suspicion, sont probablement les plus efficaces au point de vue de la mise en scène. Cependant, malgré la présence de plusieurs réalisateurs, la facture visuelle de la série demeure constante et homogène. En fait, tout indique que Hopkins, qui agit également à titre de co-producteur exécutif, a réalisé quelques-uns des épisodes clés (dont les trois premiers) pour donner un ton bien précis à l'ensemble. Les autres réalisateurs, essentiellement des tâcherons, n'avaient comme mandat que de re-créer l'aspect visuel imaginé par Hopkins. Les éléments clés de la mise en scène sont donc récurrents du début à la fin, que ce soit la splendide utilisation des "split-screens" (écrans partagés), employés pour donner un aperçu situant rapidement l'action, ou bien l'emploi d'une caméra nerveuse.

Quant à la formule du temps réel, elle est étonnamment bien maîtrisée quoique non sans faille. Régulièrement, au fil des émissions, une horloge numérique apparait à l'écran pour indiquer l'heure qu'il est. Or, les plus attentifs remarqueront que le temps de l'émission varie parfois de quelques minutes avec la réalité. En ce qui concerne les pauses publicitaires, les créateurs de l'émission ont calculé le temps écoulé pendant chaque pause comme s'il s'était écoulé dans l'intrigue. Une minuterie apparaît à chaque pauses publicitaires pour indiquer le temps qu'il s'est écoulé. Ingénieux ! Certains trouveront peut-être qu'une telle série de rebondissements se produisant dans une seule et même journée est peut-être exagérée, mais pourquoi donc bouder son plaisir !?! Bien sûr, quelques évémements apparaissent pour le moins fortuits et même légèrement incohérents, mais ceux qui sauront passer par-dessus ces quelques maladresses apprécieront l'inventivité, l'originalité et l'efficacité de cette série; à coup sûr l'une des plus enlevante à avoir jamais été produite pour la télévision.

La Fox a mis les bouchées double pour produire et distribuer ce coffret DVD réunissant la première saison de 24 avant que la deuxième saison ne prenne son envol. Le studio espère ainsi s'attirer un nouvel auditoire, bien mérité, pour la suite des péripéties de Jack Bauer. Parions que les spectateurs seront nombreux au rendez-vous, car à en juger par la qualité de la première saison ainsi que par son étonnante et fulgurante conclusion, la suite nous laisse espérer encore mieux!


Image
À l'instar de plusieurs séries télévisée produites depuis quelques années (dont les Sopranos et les dernières saisons de ER), 24 nous est offert au format d'image de 1.85:1 et ce d'après un transfert anamorphosé. Étrangement, la Fox avait à l'origine télédiffusée la série au format plein écran (4:3), bien que 24 fut tournée en vue d'une diffusion panoramique. Ce coffret DVD nous présente donc la série telle que photographiée.

Curieusement, le matériel source ayant servit au transfert laisse voir quelques points et égratignures. Malgré cela, la définition est somme toute excellente, laissant voir du même coup une image nette et précise. Le rendu des couleurs est impeccable: naturelles et bien saturées. Le niveau des noirs (brillance), tout comme les contrastes, sont parfaitement ajustés et constants du début à la fin. Les dégradés sont plutôt bien détaillés, seuls quelques plans présentent à l'occasion des dégradés bloquant un peu trop rapidement. Les noirs sont généralement purs et profonds.

Le principal défaut de ce transfert vient d'un fourmillement dans les arrières plans et certains dégradés. Notons l'apparition occasionel de macroblocs. Aucune sur-définition des contours n'est observable.


Son
Une seule et unique bande-son est offerte sur cette édition, à savoir un mixage anglais Dolby Digital 2.0 Surround. Comme la série n'avais pas été doublée en français au moment de la production du coffret DVD, il en va de soit que le coffret ne soit qu'unilingue anglais. Cependant, comme des sous-titres non-seulement anglais mais espagnols sont offerts, la Fox n'aurait-elle pas pu fournir une piste de sous-titres français ?

Bien que le mixage Dolby Digital 2.0 Surround inclus fasse preuve d'énergie et d'une certaine présence, il est un peu dommage qu'un re-mixage multi-canal Dolby Digital 5.1 n'ait pas été produit pour cette parution DVD. L'immersion sonore n'en aurait été que plus grande et les basses auraient manifesté plus de mordant. Mais quoi qu'il en soit, la bande-son actuelle propose de belles qualités, surtout en considérant qu'il ne s'agit que d'une série télévisée, et non pas d'un long-métrage.

Ainsi donc, le son à une bonne dynamique, malgré que celui-ci manque, parfois, légèrement d'ouverture et d'amplitude. Le champ-sonore se déploie essentiellement des enceintes avants. Les canaux arrières sont sollicités pour donner force aux scènes d'action ou simplement pour appuyer l'ambiance. La séparation des canaux est correcte mais manque de précision et de subtilité, un défaut inhérent à ce type de mixage. Les transitions canaux à canaux se limitent à quelques effets stéréophoniques assez bien réussies. La musique est probablement l'élément sonore qui profite de la meilleure intégration. Celle-ci se manifeste agréablement de tout l'environnement sonore, parfois avec subtilité, parfois avec agressivité. Les dialogues sont bien intégrés, toujours parfaitement nets et intelligibles. En soit, les basses sont bien employées et appuient la musique et l'action aux moments opportuns, mais nous aurions souhaitées un peu plus de mordant. L'emploi d'un canal .1 (LFE) aurait été le bienvenue…


Suppléments/menus
Conséquence de la rapidité avec laquelle la Fox a produit et distribué ce coffret, trop peu de temps a pu être accordé à la production de suppléments. Il en résulte que seuls deux brefs suppléments nous sont offerts. Le premier est une finale alternative au dernier épisode (donc à la saison entière), offerte avec option de commentaires audios du producteur Joel Surnow. Cette finale alternative propose une conclusion diamétralement opposée à la finale vue, ce qui est fascinant. Sur la piste de commentaires audio qui l'accompagne, le producteur explique les raisons entourant le tournage de cette scène et justifie la décision finale d'inclure la fin chosie. Intéressant.

L'autre supplément consiste en une sorte d'introduction aux péripéties de la première saison par l'acteur Kiefer Sutherland ainsi qu'un avant-goût très, très sommaire de ce qui attend les téléspectateurs pour la deuxième saison. Ce supplément semble avoir été produit à la va-vite, simplement pour justifier la présence d'un supplément de plus sur cette édition...




Conclusion
24 est une série à ne pas manquer. Le transfert vidéo, bien que perfectible, rend justice aux efforts des artisans de la série pour conférer à chaque émission une facture visuelle originale. Quant à la bande-son, elle est tout à fait honnête et livre adéquatement la marchandise. Seuls les suppléments nous laissent légèrement sur notre appétit, mais compte tenu de la vitesse avec laquelle la Fox a mis cette édition en marché, la situation est compréhensible.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
1,5/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-09-24

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
24

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
964 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
6 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Fin alternative avec option de commentaires audios, présentation de la saison par Kiefer Sutherland

Date de parution:
2002-09-17

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