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DVDEF

Charlie and the Chocolate Factory (WS)

Critique
Synopsis/présentation
Tim Burton après la parenthése facheuse de sa reprise de Planet of the Apes était revenu à son univers si particulier et personnel avec le magnifique Big Fish qui montrait une maturité nouvelle et une évolution certaine du cineaste qui a décontenancé beaucoup de ses admirateurs de la première heure par son absence de noirceur et de désespoir apparent alors que jusque là ils etaient sa marque de fabrique.

Charlie and the chocolate factory est un projet qui colle comme un gant à la personnalité et à l’univers du cinéaste tant l’histoire pourrait avoir été écrite par Burton lui même. Nous ne connaissons quasiment rien de l’univers du romancier Roal Dahl mais il ne fait certainement aucun doute qu’il a fortment influencé un Tim Burton enfant. Burton semble plus à son aise que jamais dans cette univers irréaliste du conte européen, cultivant une maitrise impressionnante entre une naiveté et des bons sentiments liés à la littérature pour enfants mais également à une noirceur et une méchanceté sous jacente qui peuvent s’avérer parfois vraiment dérangeantes parce qu’inattendues mais jamais pour autant décalées ou forcées.

Le Charlie du titre du film est un personnage prétexte, non qu’il soit inintéressant ou baclé mais il n’est simplement pas l’intérêt principal de Tim Burton que l’on découvre sans surprise totalement fasciné par ce personnage hors norme qu’est Willy Wonka. La première partie du film entretien soigneusement le mystère autour de ce héro devenu presque mythique à travers la description de l’univers quotidien très rude du petit Charlie qui est véritablement fasciné par Wonka qu’il n’a pourtant jamais rencontré ni même vu alors que son grand-père travaillait pour son usine de chocolat des années auparavant. La description des différents autres enfants qui gagneront le droit de visiter la si mystérieuse usine à chocolat de Willy Wonka que personne n’a pu visiter depuis des années peut paraître caricaturale mais se place pourtant parfaitement à hauteur de son public le plus jeune et en cela Burton colle au plus près du livre de Dahl. L’univers visuel de cette première partie est totalement en phase avec celui des précédentes œuvres du cinéaste et particulièrement avec Edward Scissorhands, jusqu’ici son œuvre la plus personnelle a notre avis. Ainsi la maison décrépie et incroyablement penchée renvoie au château de Vincent Price dans le film et la banlieue ultra aseptisée décrite plus tard fait directement référence a celle dans laquelle évoluera plus tard Edward.

Mais c’est vraiment une fois que les enfants entrent dans l’usine et découvrent le fameux Willy Wonka que le film prend son essor. En effet, l’alter ego filmique de Burton est l’excellent Johnny Depp depuis ce fameux Edward Scissorhands dont justement le personnage de Willy Wonka reprend beaucoup de la naiveté mais aussi de la violence potentielle et créatrice. Dans Sleepy Hollow déjà, le personnage de Johnny Depp par son aspect physique (la blancheur de peau presque surnaturelle) renvoyait déjà à ce Edward fondateur, et Willy Wonka semble comme une conjugaison de ces deux personnages. L’excentricité réjouissante de ses tenues, sa volonté de surprendre et étonner les enfants tout en étant impitoyable avec eux et leurs « défauts » en font un personnage beaucoup plus complexe et ambigu qu’il ne paraît au premier abord. Il semble une sorte d’extra-terrestre dont la volonté a toute épreuve lui à permis d’arriver au sommet de son art de chocolatier mais dont l’intransigeance et la démesure l’ont fait totalement se fermer au reste de l’humanité pendant des années. On ressent parfaitement chez lui ce manque de contact humain mais également une certaine répugnance a cotoyer ses « congénéres » dont l’inadéquation a son propre univers et ses propres ont le don de l’irriter.

Dés le début, la visite tant convointée de sa chocolaterie cache un but précis et en cela Willy n’a plus la bonté naturelle de Edward mais l’esprit plus calculateur de Ichabod Crane de Sleepy Hollow. La cruauté inattendue (et relative) dont il fait preuve à plusieurs reprises surprennent et le rendent beaucoup plus intéressant a découvrir en tant que personnage.
Burton a d’ailleurs choisi d’ajouter une « explication » a la fois touchante et cruelle à la personne qu’est devenue Willy Wonka grace à des flash back qui renvoient directement a son enfance ou son pêre autoritaire et très froid et pragmatique a façonné sa personnalité complexe.

Il y à d’ailleurs un autre point important dans ce film, une sorte de passation de pouvoir dans la figure du pêre/mentor si primordiale dans l’œuvre de Burton. En effet, le cinéaste a commencé sa carrière par un court-métrage appelé Vincent ou il rendait hommage a son idole de toujours le grand Vincent Price, figure majeure du cinéma fantastique qui a hanté son enfance. Il a ensuite faite jouer ce même Vincent Price dans Edward Scissorhands ou il incarne le créateur d’Edward qui meurt avant d’avoir pu terminer sa créature et se montrait assez froid dans son éducation. Dans Ed Wood, le personnage de Johnny Depp est lui aussi fasciné par son idole de toujours, Bela Lugosi (incarné brillamment par Martin Landau) et fera tout pour essayer de lui redonner une fin de carrière digne de sa gloire. Dans Sleepy Hollow déjà Christopher Lee (autre figure emblématique et mythique du cinéma fantastique) faisait une apparition et là dans Charlie and the chocolate factory, il joue le rôle du pêre « castrateur » et buté de Willy Wonka. Ce personnage et les flash back dans lesquels il apparaît n’existaient pas dans le roman de Dahl et cela montre bien à quel point Burton se sent proche du personnage de Wonka et renoue a travers lui avec ce mélange unique de sensibilité, de poésie et de méchanceté. Dans Sleepy Hollow, Burton revenait a plusieurs reprises sur le passé de son héros pour nous montrer une mêre bienfaitrice et un pêre castrateur et traumatisant.

Il est donc aisé de voir à quel point Burton, sans dénaturer le roman de Dahl a su l’adapter a son univers propre (dont comme nous l’avons dit ce même romancier nous semble une pierre de voute) et continue donc sur sa lancée de Big Fish, un cinéma à la fois différent de celui de ses débuts (car plus ouvertement commercial du fait de sa renommée actuelle) mais en même temps totalement en phase avec ses valeurs et son univers personnel qui est devenu sa marque de fabrique reconnaissable entre toutes.

A travers ce petit jeu de références ( jeu auquel Burton se livre également au cours du film a travers de nombreux clins d’œil a d’autres œuvres cinématographiques, sans que jamais cela n’alourdisse le rythme ou ne prenne le pas sur l’intrigue), nous souhaitions montrer que malgré ce que beaucoup ont pu dire, Burton ne change pas, il évolue. Quant aux reproches qui lui sont faits de « faire du Burton » ils nous semblent tellement abherrants qu’il s’effondrent d’eux mêmes. Pour une fois qu’un artiste créateur réussit a œuvrer au sein du systéme hollywoodien et commercial sans pour autant perdre son identité et au contraire en continuant a évoluer artistiquement et personnellement dans sa propre sphére (alors que justement la parenthèse Planet of the Apes a failli a nos yeux le faire basculer dans la catégorie des faiseurs impersonnels d’Hollywood), il est vraiment dommage de voir que cela lui est reproché.
Certes Charlie and the chocolate factory présente quelques points qui nous ont un peu déçus comme une trop grande utilisation des effets numériques ou des chansons un peu trop modernisées (directement liées a une actualité bien réelle) mais cela est bien peu en regard des qualités d’une œuvre qui aurait si facilement pu être ratée (même par un créateur de l’envergure de Burton).
La prestation lunaire de Johnny Depp, la musique magistrale de Danny Elfman, la mise en scène inspirée de Burton, son inventivité visuelle, le talent de ses décorateurs et costumiers, la photographie si particulière créée par Philippe Rousselot, et l’absence de réel happy end font de ce film une œuvre a part dans l’univers des grosses productions hollywoodiennes actuelles et un conte pour enfants à la fois moderne et classique.







Image
L’image est présentée au format respécté de 1.85 : 1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale est absolument formidable incroyable de précision sans pour autant ne jamais se départir d’un aspect cinéma.
L’interpositif est absolument immaculé si ce n’est la présence éventuellement decelable d’un très léger grain lors des scènes les plus lumineuses.
Les couleurs sont gérées à la perfection et l’univers incroyablement chatoyant de ce film est rendu à la perfection. Elles sont justes, constantes et toujours parfaitement saturées pour un résultat qui fait totalement honneur à la photographie incroyable de Philippe Rousselot.
Le contraste est parfaitement géré et évite toutes brillances.
Les scènes sombres sont admirables grace a des noirs d’une profondeur et d’une pureté incroyables.

Un transfert près de la perfection dont on ne peut que se réjour.


Son
Les trois bandes-son proposées sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1 EX), Français (Dolby Digital 5.1 EX) et Espagnol (Dolby Digital 5.1 EX).

La dynamique de la bande-son Anglaise est absolument phénoménale. Il en est de même pour sa présence et sa spatialisation qui sont au sommet de ce qui se fait actuellement.
La magnifique musique de Danny Elfman est rendue à la perfection sans aucune limitation qu’elle quelle soit. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste dela bande-son.
Les enceintes arrières sont utilisées presque constamment et de façon toujours parfaite créant une véritable ambiance sonore multicanal du meilleur effet et ce aussi bien sur la musique que sur les effets.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et aucune saturation ou distortion n’est audible et ce même a volume très élevé comme il est conseillé sur un tel film.
Les basses fréquences sont parfaitement gérées, d’une profondeur et d’une tenue rare et apportent un plus permanent sur toute la durée du film.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Les deux bandes-son doublées offrent des prestations presque équivalentes à la bande son en version originale comme il est maintenant de coutume sur les production récentes.

Une bande-son totalement réjouissante au rendu lui aussi très proche de la perfection qui permet d’apprécier le film dans des conditions parfaites.



Suppléments/menus
L’édition évaluée est la plus simple proposée par la Warner qui offre, par ailleurs, une édition double DVD, elle remplie de suppléments.

Sur l’édition dont nous parlons aujourd’hui n’est disponible qu’un court documentaire (7 mins) : Becoming Oompa Loompa qui traite uniquement du procédé numérique qui a permis de multiplier l’acteur Deep Roy en des centaines de personnages différents.
Est également un jeu a destination des enfants destiné à leur apprendre les différentes danses des Oompa Loompas.
Enfin est disponible une bande annonce de qualité technique parfaite et qui présente le film et son univers a merveille.

Les suppléments de cette édition sont donc décevants malgré le fait qu’il s’agisse d’une édition simple, et le minimum aurait été à notre avis un documentaire reliant le film et le roman de Roal Dahl.




Conclusion
Une édition aux qualities audio et video extraodinaires qui compensent des suppléments vraiment limites. Nous recommandons vivement son achat et sans que nous l’ayons vu nous recommandons même l’édition double dvd dont le tarif est à peine supérier et les suppléments beaucoup plus nombreux.

Tim Burton est totalement à son aise dans l’univers de Roald Dahl et offre à ses spectateurs un film extrémement divertissant mélangeant à sa façon uniquement naiveté, émerveillement mais aussi noirceur et une certaine ambiguité totalement réjouissantes.

Une œuvre a regarder en famille qui émerveillera a coup sur les enfants mais régalera aussi les parents par ses références et son ambiguité.



Qualité vidéo:
4,6/5

Qualité audio:
4,6/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,4/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2005-12-16

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Charlie and the Chocolate Factory

Année de sortie:
2005

Pays:

Genre:

Durée:
115 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX
Française Dolby Digital 5.1 EX
Espagnole Dolby Digital 5.1 EX

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
documentaire, jeu, bande-annonce

Date de parution:
2005-11-08

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