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DVDEF

Major Dundee (The Extended Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Sam Peckinpah réalisait avec Major Dundee son second film au cinema après le succés de Ride The High Country. Mais dés le début l’incompréhension régne entre le cinéaste et ses producteurs.
Si lui voit le moyen de mettre sur pied une œuvre ambitieuse, un film ambigu et complexe sur la nature tel qu’il la conçoit, les pouvoyeurs d’argent y voient eux la possibilité d’un western a grand spectacle une épopé hollywoodienne a des lieues du projet de Peckinpah.
Les soucis rencontrés par cette œuvre ainsi que par Peckinpah découlent en majeure parti de cette différence de vision mais aussi du fait que Peckinpah est un véritable auteur pour qui imposer sa vision des choses est plus important que venir à bout d’un projet.
Qui plus est son sale caractère, son imprévisibilité comme son inflexibilité font de lui un cinéaste impossible a controler, fait dont les producteurs se rendront compte en cours de route. Ils tenterons alors de lui retirer le projet sans succés grace à l’appui notamment de Charlton Heston, la star du film convaincue du talent et admirateur de la vision sans compromis du cinéaste et grand bien lui en a pris.

Major Dundee nous propose donc de suivre la vengeance obsessionnelle et stupide d’un soldat de carrière pour qui faire la guerre passe par dessus tout le reste. Le Major Dundee (Charlton Heston) est nommé directeur d’une prison qui vient d’être attaqué par une bande d’apaches.
Il va prendre la décision de monter une expédition punitive contre ces indiens sans ordre de ses supérieurs. Manquant d’hommes il sera obligé de demander l’aide de prisonniers sudistes dont l’officier en charge le lieutenant Tyreen (Richard Harris) est un des ses anciens amis passés dans l’autre camp. Ce groupe hétéroclite et sous fortes tensions va rencontrer de nombreux soucis notamment avec les indiens qui se jouent d’eux. Mais le major Dundee accumulant les erreur tactiques et décisionnelles va pousser ses hommes jusque dans leurs derniers retranchements pour aller jusqu’au bout de son idée.

Le fait que le film ait été remonté ne permet pas vraiment de savoir quelles etaient les options de mise en scène choisies par Peckinpah et notamment de savoir si il comptait utiliser les fameux ralentis opératiques qui deviendrons sa marque de fabrique par la suite. De même ses montages « cut » si spécifiques sont absents du film qui offre donc une forme cinématagraphique de facture assez classique.
Malgré ces incertitudes nous sommes face à une œuvre rigoureuse et visuellement splendide grace à la photographie de Sam Leavitt qui offre des tonalités marron et ocres qui soulignent a la perfection le ton désanchanté de l’œuvre.
Peckinpah a un remarquable sens de l’espace qui fait merveilles lors des complexes et brutales scènes de combat même si une fois de plus son style si particulier est absent du film. Mais la ou le film surprend le plus vis à vis d’un western classique est dans la psychologie des personnages tous ou presque obsessionnels.
La notion de chaine de commandement et d’honneur des soldats qui imprègnera l’œuvre du cinéaste par la suite rend le film résolument passionnant car elle n’est pas assortie des traditionnelles notions d’héroisme mais au contraire de véritables anti-héros à la compléxité et aux paradoxes qui les rendent d’autant plus passionnants.

Charlton Heston qui est un acteur souvent assez monolothique et limité dans son jeu campe ici un personnage qui correspond parfaitement à sa stature et à son visage fermé. Les autres acteurs sont tous au diapason et jouent à la perfection des personnages hauts en couleur mais totalement crédibles typiques du cinéma de Peckinpah.

Un mot enfin sur la musique du film, dont Peckinpah désavoua celle imposée par le studio à l’époque qui insiste lourdement sur chaque apparition du chef Apache et paraît bien peu subtile en regard de ce qui est montré à l’écran.
Le nouveau score composé récemment est lui beaucoup plus en accord avec le film évitant la tentation grandiloquente et pachydermique de l’ancien score et rend bien plus justice au film.

Quand au nouveau montage du film nous sommes bien incapable de juger de son apport, n’ayant jamais vu le charcutage effectué par les monteurs engagés par la production, ceux-ci ayant éliminé Peckinpah de cette étape primordiale du film, notamment pour un réalisateur au style aussi marqué que lui.
Nous ne pouvons que rejeter les accusations d’incohérences et d’ellipse illogiques qui entoure souvent le film et furent en grande partie responsable de son échec au box-office.
Certes le film n’est pas tel que le souhaitait Peckinpah mais en l’état et sans aucun doute grace aux extensions de scènes et aux scénes suppléments est une œuvre forte, engagée qui mérite largement plusieurs visionnages.

Nous ne pouvons que déplorer qu’une fois de plus un film qui s’annonçait comme un chef d’œuvre ait été mutilé par ses producteurs car il ne correspondait pas a l’idée qu’ils se faisaient du projet ( à l’instar de The red badge of courage de John Huston cf critique sur le site). Il manque donc a cette version actuelle pas loin d’une demi-heure de film mais aussi et surtout le montage effectué par le cinéaste et le moins que l’on puisse dire et que lorsque l’on voit le résultat on ne peut que fantasmer sur le monument du 7 éme art qu’aurait été la version Peckinpah de ce western.

Une œuvre a découvrir impérativement pour tous les amateurs de western et a à voir absolument dans cette version pour tous les amateurs du cinéma sans concession de Sam Peckinpah dont la personnalité humaine et artistique était si forte qu’elle transpire même a travers une œuvre autant remaniée que celle-ci et qui hors toutes ces considérations reste un film formidable.






Image
L’image est disponible au format respecté de 2.35:1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale est vraiment de bonne qualité et constante sur l’ensemble du film. L’interpositif est très propre dans l’ensemble même si sporadiquement on peut apercevoir quelques points et traits jamais gênants. Seules quelques scènes plus granuleuses que d’autres sont visibles mais encore une fois sans qu’elles n’affectent le plaisir du visionnage.
Les couleurs sont fort bien rendues, constantes, naturelles et bien saturées et rendent hommage au travail de Sam Leavitt sur la photographie.
Le contraste est lui aussi bien géré et évite toutes les brillances.
Les scènes sombres sont bien rendues grace à des noirs vraiment purs et profonds.
La partie numérique est exempte de tous reproches notables, aucun défaut artificiel n’étant repérable sans examen approfondi de l’image.

Un transfert de fort belle tenue qui offre la possibilité de littérallement redécouvrir ce film tristement mutilé, dans sa version la plus complête mais également avec un image superbe du a un beu travail de restauration.




Son
Les deux bandes-don disponibles sur cette edition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1) et en Anglais (Dolby Digital 1.0 mono).

A noter que la trame-sonore originale désavouée par Sam Peckinpah est proposée au format mono et la nouvelle, écrite et enregistrée à l’occasion de la sortie de ce titre DVD, est elle proposée au format 5.1.
La bande-son en multicanal offre une dynamique d’excellente qualité ce qui est logique vu son enregistrement tout récent. Il en est de même pour sa dynamique et sa spatialité qui savent néanmoins rester dans des limites raisonnables en tenant compte de l’age du film.
La musique est impeccablement rendue sans limitation audibles que ce soit dans le haut ou le bas du spectre. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont principalement utilisées sur la musique de façon fort efficace et les ingénieurs du son auront eu l’intelligence de ne pas forcer la dose sur le reste de la bande-son.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et du fait de l’enregistrement récent aucun parsites ou distortion ne sont a déplorer.
Les basses fréquence sont parfaitement gérées et d’une efficacité rare sur la musique.

L’autre bande-son offerte et celle d’origine en mono et propose la musique composée intialement pour le film que Peckinpah avait désavouée. Cette bande-son est de qualité correcte pour l’époque mais elle ne tient pas la comparaison avec son homologue multicanal d’autant que la musique est beaucoup adaptée à l’œuvre, souvent redondante.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Coréen.

Une bande-son multicanal de très bonne qualité qui profite agréablement du réenregistrement récent d’une nouvelle trame-sonore sans pour autant hypertrophier le rendu des effets. De plus la trame-sonore original et la bande-son en mono sont disponibles ce qui est un plus indéniable.




Suppléments/menus
Une ensemble bien fourni qui permet de mieux appréhender le film et les soucis rencontrés lors de sa conception.

Le commentaire audio est effectué par plusieurs spécialistes de l’œuvre de Sam Peckinpah (Nick Redman, Paul Seydor, Garner Simmons et David Weddle) comme celui présent sur l’édition de Junior Bonner (cf critique sur le site, les intervenants sont les même) leurs interventions sont passionnantes meme si souvent pointues et au final ce commentaire permet de jeter un regard différent sur le film, en possession de tous les éléments nécessaires a sa meilleure compréhension.

Est ensuite offert un extrait de l’excellent documentaire “Passion and Poetry: The Ballad of Sam Peckinpah”, extrait qui revient sur l’aventure Majod Dundee. Mélange d’interviews et de voix-off l’ensemble est très intéressant mais peut être un peu court a notre gout la ou un documentaire spécialement réalisé pour l’occassion aurait pu aller vraiment jusqu’au fon du problème.

Puis vient ensuite un documentaire d’époque sur les cascades a cheval du film qui est sans grand intérêt à part celui de r éaliser à quel point le film regorge de plans audacieux dans ce domaine.

Des scènes coupées et eténdues sont proposées ainsi que des prises silencieuses qui permettent de se faire une idée plus précise de la direction supplémentaire prise par la version prévue par Peckinpah, rendant d’autant plus regrettable le mutilage du film que ces extraits laissent vraiment présager du meilleur.

Sont enfin proposés diverses bandes-annnonces et autres matériels promotionnels liés au film.

Des suppléments intéressants dont seul l’absence d’un documentaire spécialement réalisé pour cette édition les empêchant d’attendre la meilleure note.





Conclusion
Une édition aux performances audio et video d’excellente qualité assortie de suppléments complets et passionnants. Nous vous recommandons donc chaudement l’achat de cette édition d’autant plus qu’elle propose une version inédite et la plus proche existante (même si incomplête) de la version de départ assemblée par Sam Peckinpah lui meme.

Major Dundee est un western passionnant qui annonce l’explosion de violence et la psychologie torturée ainsi que l’ambiance désanchantée de The Wild Bunch. Peckinpah refuse le traitement américain classique du héros et au contraire propose le portrait d’un anti-héros borné et de ses compagnons dans une aventure tragique mais passionnante a tous points de vue. Voici une œuvre que nous conseillons bien évidemment aux amateurs de l’œuvre de Peckinpah pour qui elle constitue un document précieux et a tous les amateurs de western en général pour lesquels ce film est une œuvre importante dans la version proposée sur cette édition.



Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,7/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
4,1/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2005-09-26

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Major Dundee

Année de sortie:
1964

Pays:

Genre:

Durée:
136 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Sony Pictures Home Entertainment

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Coréen

Suppéments:
Commentaire audio, documentaires, scénes coupées, scénes prolongées, documents promotionnels

Date de parution:
2005-09-20

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