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DVDEF

Big Lebowski, The (Collector's Edition - WS)

Critique
Synopsis/présentation
The Big Lebowski est un film très rapidement devenu « culte » (appellation que nous n’aimons pas trop mais qui dans ce cas est totalement justifié), fait assez rare dans la cinématographie récente et ce du fait même de la nature totalement décompléxée de son héros qui renvoie directement a une part cachée ou fantasmée de chacun d’entre nous : la paresse.
Prenant le contrepied de nombreux films policiers à intrigue ou le héros ou le méchant renvoie directement à la part sombre cachée du spectateur, les frêres Coen, nous ne les en remercierons jamais assez, on choisit à partir d’un même trame de faire un véritable éloge de la fainéantise et de la bétise attachante.

Ainsi, prenant pour modèle l’intrigue complexe et quasi incompréhensible du célébre The Big Sleep de Howard Hawks, ils ont conconcté une série d’événements apparamment obscurs dont la « cohérence » ne se trouvera eclaircie qu’en fin de métrage.
Contrairement aux héros de Hawks, les protagonistes de The big lebowski sont tous un peu idiots et The Dude semble le portait quasi opposé du Philip Marlowe incarne par Humphrey Bogart. The Dude qui est donc bedonnant, trop flemmard pour vraiment se donner la peine de réflechir sur le problème auquel il est soumis (même lors des avances très directes de Maude) et très lent à la réaction semble donc un portrait en négatif de Bogart qui était mince, très rapide en réflexion et prompt à réagir (surtout aux avances aussi directe du personnage de Lauren Bacall).
Cette filiation, pourtant à priori assez lourde à porter, avec un grand classique emblématique du cinéma américain classique n’étouffe jamais le film de Coen qui grace à son ton désinvolte et ses références intelligentes mais décalées se paie le luxe de réussir un exercice périlleux : l’hommage parodique.
Car si la paresse est une des qualités principales du Dude, les Coen continuent à travers ce film leur œuvre d’étude de la bétise humaine mais la bétise légère, sans grande conséquente à regarder avec un regard amusé.
Et surtout les frêres Coen ne tombent jamais dans le cynisme, portant en permanence un regard tendre et compréhensif sur ses personnages d’idiots légers dont le manque de réflexion et les idées arrêtées (voire l’absence d’idées ou d’opinions) en font des personnages qui offrent un miroir certes déformant et satirique mais miroir tout de même d’un tendance générale chez chacun d’entre nous. Certes nous combattons notre tendance à la simplification des choses et au rangement de chaque idée dans un tiroir mais cet état de fait est à voir en face et c’est ce que font les frêres Coen au moyen d’une comédie très humaine puisqu’ils montrent un amour et un intérêt sincère pour leurs personnages.

Leur délire culmine dans les séquences d’hallucination de The Dude qui offrent un délire visuel et sonore absolument réjouissant, dans certains passages directement inspiré des comédies musicales de Busby Berkeley pour le plus grand plaisir du spectateur qui se laisse entrainer dans les élucubrations de l’esprit de Jeffrey Lebowski.

Enfin l’enquête policiére est vraiment secondaire mais réserve de moments absolument hilarants et dantesques de surprise. Cette œuvre est avant tout centrée sur des personnages éminement sympathiques qui provoque forcément une identification et un rejet chez le spectateur selon qu’il acceptera d’y reconnaître un peu de lui même ou bien qu’il le refusera en bloc.

Voici donc une comédie devenue culte à juste titre tant elle est beaucoup moins anodine et je m’enfoutiste qu’elle peut le paraître au premier abord (même si certains passages assez inutiles alourdissent un peu l’ensemble comme la scène sur le spectacle de danse du propriétaire de l’appartement de The dude) dont les qualités sont aussi bien dans l’écriture (péripéties, dialogues et personnages), la mise en scène (dont les Coen sont des orfèvres), que dans l’interprétation absolument magistrale de tous les acteurs et plus particulièrement de Jeff Bridges qui se surpasse (avec une aisance phénoménale) en incarnant un The Dude plus vrai que nature.




Image
L’image est proposée au format respecté de 1.85 :1 d ‘après un transfert 16:9.

La définition générale est de bonne qualité mais inférieure a ce à quoi on aurait pu s’attendre étant que cette édition présente une image totalement remasterisée.
L’interpositif est propre et le grain vraiment excessif de la précédente édition a majoritairement disparu et seules certaines scènes présente toujours un grain vraiment visible mais qui n’est plus gênant. Les couleurs ont elles connu une amélioration très nette par rapport à l’ancienne édition. Elles sont maintenant justes, constantes et bien saturées.
Les scènes sombres sont bien rendues grace à des noirs profonds mais manquant parfois de pureté.
La partie numérique n’est malheureusement pas exempte de défauts et d’inexplicables traces de pixelisation sont visibles a plusieurs reprises, ce qui est assez inexplicable en soi.

Ce nouveau transfert représente certes une nette amélioration par rapport au précédent disponible mais qui en soi n’est pas vraiment remarquable. Il reste tout de même des défauts assez incompréhensibles pour un transfert récemment remasterisé d’un film de 1995.
Nous sommes donc content de voir un réel plus en qualité grace à ce nouveau transfert mais déçu du résultat final qui ne s’avère que correct.



Son
Les trois bandes-son proposées sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1) et Espagnol (Dolby 2.0 surround).
La dynamique de la piste multicanal anglaise est d’un niveau tout à fait correct mais un remixage en bonne et due forme aurait permis sans aucun doute de la ramener aux standards les plus récents. Il en est de même pour sa présence et sa spatialité qui auraient pu être beaucoup plus poussées.
La musique est bien rendue sans limitations audibles dans le haut comme le bas du spectre. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont curieusement rarement utilisées et seule la musique profite vraiment de leur apport.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et aucune distortion ou parasite ne sont audibles a volume même assez élevées.
Les basses fréquences sont correctement gérées et apportent un surplus d’assise très appréciable tout au long du film et particulièrement sur la musique.

La bande-son doublée en Français offre un rendu un peu plus etouffé que son homologue anglais mais qui reste tout à fait honorable et logiquement la bande-son doublée en Espagnol ne peut rivaliser avec les bandes-son en multicanal du fait de son format même.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son qui est apparamment la même que sur la précédente édition et qui aurait vraiment bénéficié d’un remixage complet. En l’état elle offre un rendu solide et sans défaut majeur mais auquel il manque une véritable exploitation des enceintes arrières pour être à la hauteur de ce que l’on attendait d’elle sur une édition spéciale (et au vu des techniques actuelles).



Suppléments/menus
Un ensemble vraiment décevant qui reprend en partie les suppléments de l’ancienne édition et n’améne que très peu de nouveauté.

La pièce majeure est documentaire de 24 minutes qui offre des interviews inintéressantes et a portée commerciale des cinéastes, acteurs et techniciens du films. Chaque intervenant propose un discours manichéen et didactique sur ses intentions, son personnage ou son travail dans un ensemble qui ne présente quasiment aucun autre intérêt que promotionnel et manque d’un travail d’analyse et de recul sur le véritable phénoméne que ce film est devenu. Qui plus est, la mauvaise qualité d’image et le format en 4:3 ne sont pas des points positifs.

Les notes de production proposées étaient aussi présentes sur l’ancienne édition et reprennent majoritairement les informations distillées dans le documentaire.

Les nouveautés sont donc :
- un ensemble de 3 minutes de superbes photos en noir et blanc de Jeff Bridges sur le tournage du film qui s’enchainent automatiquement en musique sous-titrées de commentaires amusants de l’acteur.
- Une introduction curieuse et quelquefois amusante d’un restaurateur fictif qui présente le film, mais un segment qui s’oublie très rapidement.


Les menus animés sont eux de qualité correcte, bien mis en musique et fidèle à l’esprit du film.

Voici donc un ensemble dont l’appellation Collector’s Edition nous semble malheureusement une opération plus commerciale qu’une véritable mise en valeur que ce film méritait vraiment. Espérons juste que la sortie de cette édition n’empêchera la mise en route d’une véritable édition spéciale proposant une qualité d’image et de son vraiment optimale et des suppléments à la hauteur de l’œuvre.







Conclusion
Une édition quelque peu décevante qui ne propose qu’une amélioration insuffisante par rapport à l’ancienne édition alors que ce film qui méritait un bien meilleur traitement. Si la partie vidéo est de qualité correcte, des défauts inadmissibles sur un film aussi récent subsistent et la partie son n’a pas été retouchée, quant aux suppléments ils sont en dessous de ce qui est suffisant pour une appellation Collector’s Edition.


Une fois de plus une ressortie d’une œuvre culte et traitée à la va vite sans le soin qu’elle mérite dans un souci mercantile qui heureusement est de plus en plus isolé, la qualité générale ne cessant d’augmenter, mais nous déplorons ce procédé pour un film aussi sympathique et réussi que The Big Lebowski.
Cette œuvre reste la dernière totalement réussi et enthousiasmante des frères Coen qui depuis n’ont jamais réussi à retrouver cette alchimie qui faisait le prix de leur début de carrière. The Dude est un personnage inoubliable qui incarne un part secrête de chacun de nous et un humour décalé et radical auquel la structure policière absurde et quasi surréaliste inspirée des romans de Chandler colle à la perfection.
Une ode à la paresse et à la bétise qui posséde des vertus euphoriques toujours intacte et qui peut facilement redonner le moral en ces temps de crise mondiale.




Qualité vidéo:
3,4/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
2,8/5

Note finale:
2,9/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2005-12-05

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Big Lebowski, The

Année de sortie:
1998

Pays:

Genre:

Durée:
118 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Introduction, documentaire, galerie de photos, note de production

Date de parution:
2005-10-18

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