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DVDEF

King Kong (Special Edition 2-Disc)

Critique
Synopsis/présentation
Merian C Cooper et Ernest B Schoedsack forment un duo de cinéastes complémentaires qui ont atteint leur sommet artisique avec la réussite que représente King Kong.
Les deux hommes étaient des originaux et des aventuriers comme on ne pense qu’il n’existe qu’en fiction (Cf Tintin ou Indiana Jones) et ils ont avec ce film proprement révolutionné le cinéma d’aventure en en repoussant les limites et ce dans toutes les directions.
Non seulement King Kong est, grace au travail absolument incroyable et génial de Willis O’Brien, une réussite totale dans le domaine des effets spéciaux mais loin de se limiter a cela s’avère aussi être une fable d’une poésie et d’une sensibilité rares. Qui plus est le personnage du réalisateur Carl Denham (brillamment interprété avec fougue et passion par l’excellent Robert Armstrong) est directement inspiré de la personnalité et de l’intrépidité de Cooper (mais aussi de Schoedsack comme le démontre brillament le documentaire sur le cinéaste).

Si le film offre une narration parfois heurtée recourrant à des ellipses massives et s’avère nettement moins maitrisé sur ce plan que d’autres, il n’en reste pas moins une œuvre impressionnante dans ce domaine.
En effet, ce qui peut passer pour une introduction présentant des personnages et des détails à priori inutiles est en fait un début explicatif nécessaire au sens ou dés que les héros seront arrivés sur l’ile les événement s’enchaineront a toute vitesse et l’apparition de King Kong ne laissera ensuite plus jamais l’occasion de scènes d’expositions.
Ainsi cette dichotomie dans le rythme et les procédes pourra surprendre à la première vision, et crée assuréement un certain déséquilibre au sein de l’œuvre, mais elle s’avère nénamoins logique et justifiée, n’en rendant qu’encore plus impressionnante et « magique » voire fantastique l’arrivée sur « l’ile mystérieuse » et l’apparition puis les agissements de Kong.
Cette première partie qui permet d’introduire les personnages, leurs situations et leurs caractères n’est pour autant jamais ennuyeuse ou trainant en longueur, même si elle est loin d’être la plus fine et légère en la matière.

Néanmoins la dimension de fable, de conte d’aventure fait que le relatif schématismes des personnages et leur psychologie limitée (notamment le personnage de Fay Wray) n’est en rien un défaut ou un manque puisque justement le méchanisme du film s’appuie sur des archétypes.
Le personnage le plus fascinant reste donc le cinéaste Denham justement par son côté obsessionnel et jusqu’au boutiste dont justement les deux cinéastes avaient conscience (de par la filiation qu’il entretenait avec eux) et souhaitait s’en servir pour dénoncer les éventuelles dérives des temps modernes et du spectacle à tout prix pour offrir une autre dimension à l’œuvre.

Mais le domaine ou King Kong, le film à véritablement révolutionné le cinéma est que son héros, le plus touchant et subtil des personnages est un effet spécial qui s’avère pourtant, et malgré le fait qu’il ne parle pas, le plus subtil et touchant des personnages du film.
Le travail de Willis O’Brien est sans équivalent, d’autant plus que les techniques qu’il utilisa sur King Kong sont nées de sa propre imagination. Sur ce film il réussit l’exploit d’innover techniquement mais qui plus est de former une véritable équipe avec les deux cinéastes et de réussir ainsi a offrir une véritable personnalité a sa maquette.
Et c’est cette utilisation révolutionnaire des effets spéciaux qui reste l’accomplissement le plus impressionnant et notable du film.
King Kong est émouvant, sensible, il l’est même presque plus que les personnages de chair et d’os et sa relation avec Fay Wray qui aurait pu être si ridicule à l’écran et d’une émotion rare.
De même la dernière partie du film qui se déroule à New York nous montre un Kong encore plus touchant et notamment lors du si célèbre final ou il parvient à émouvoir le plus endurci des spectateurs.
Cette réussite magistrale à été très souvent copié mais trop rarement égalée. Elle est en partie liée à la technique de la post-synchronisation puisque le disciple de O’Brien, Ray Harryhausen réussira à retrouver la même sensibilité dans ses travaux ultérieurs, mais également comme nous le disions au travail en commun du cinéaste et du spécialiste des effets.
Le genre d’exploit réalisé avec King Kong est très rare, et l’un des seuls réalisateurs a utiliser l’effet spécial non pas pour son simple rendu visuel mais aussi pour les idées qu’il lui permet de représenter comme métaphore est David Cronenberg.
Dans King Kong, l’effet spécial est non seulement sur Kong lui même mais aussi sur l’incroyable jungle préhistorique recrée de façon extrémément convaicante avec un luxe de détails extrément rare, comme dans les autres créatures contre lesquels Kong combattra.
Le nombre différentes techniques utilisées pour créer cette jungle et ses habitants est tout bonnement sidérant et la preuve est faite que la surenchère technique ne débouche pas forcément sur un déficit d’émotion et de sensibilité.

Si le cinéma hollywoodien est trop peu souvent arrivé a cette osmose magique qui faite King Kong un film unique, c’est que la plupart du temps chacun des techniciens travaille dans son coin avec une tache précise sans participer pleinementb au processus créatif..
Le fils spirituel de l’esprit qui régnait lors du tournage de King Kong est bel et bien Peter Jackson qui vient d’ailleurs d’en réaliser le remake. Sa capacité à créer des films d’aventure (fantastique) intelligents aux visuels sidérants mais parfaitement intégrée à la structure de l’œuvre est servant l’histoire découle directement de sa fascination de toujours pour King Kong dont il parle d’ailleurs superbement et avec une ferveur communicative dans les suppléments de cette édition.

King Kong est donc une œuvre fondatrice du cinéma moderne sur bien des points et un film qui n’a pas vieilli et reste toujours aussi impressionnant visuellement, puissant émotionellement et juste dans son message, et ce malgré une construction imparfaite.
Un immense classique à découvrir et redécouvrir et qui espérons le déclenchera des vocations, à l’instar de celle de Peter Jackson de par la fascination qu’il ne manquera de déclencher chez le jeune public.






Image
L’image est proposée au format respecté de 1.37:1 d’après un transfert 4;3.

La définition générale est souvent incroyable étant donné l’age du film, même si en quelques occasions elle baisse, sans toutefois ne jamais devenir un probléme. Il en est de même pour l’interpositif qui se révéle d’une propreté surprenante, même lorsque l’on sait que la Warner n’a pas lésiné sur les moyens investis. Il ne reste que quelques légers points ou traits visibles et seules quelques scènes d’effets spéciaux laisse apparaitrent un grain plus important qu’anticipé sans pour autant que jamais le plaisir du visionnage ne soit perturbé.
Le contraste est dans l’ensemble remarquablement géré, évitant toutes les brillances et ses légères fluctuations (bien logiques) ne sont jamais gênantes.
Les scènes sombres sont très bien rendues grace à des noirs incroyablement profonds et purs pour l’époque et ce malgré le très grand nombre de trucages utilisés.
L’échelle des gris est tout à fait satisfaisante offrant un très grand nombre de nuances au rendu de la jungle pour le plus grand plaisir du spectateur.
Enfin comme il est logique sur une telle sortie DVD, la partie numérique est totalement exempte de reproches.

Un transfert de toute beauté qui à tiré le meilleur de la copie argentique utilisée pour le plus grand plaisir des cinéphiles.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (Dolby 1.0 mono).

Sa dynamique est certes limitée par les techniques d’enregistrement de l’époque mais s’avère tout de même respectable. Il en est de même pour sa spatialisation comme sa présence qui s’avère supérieures a ce que nous espérions.
La superbe musique de Max Steiner est très bien rendue et ce malgré des limitations évidentes et logiques dans le haut comme le bas du spectre. Elle est par ailleur parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et les parasites, distortions et même le souffle sont étonnament faibles pour un film de cette époque et ce même à volume relativement élevé.
Les basses fréquences sont logiquement très limités mais plus d’une fois la bande-son nous à surpris de ce côté offrant un rendu plus profond que ce à quoi nous nous serions attendus.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Un traitement du son à la hauteur de celui de l’image qui si il s’avère moins impressionnant au final est au dessus de nos attentes.




Suppléments/menus
Et comme un bonheur n’arrive pas seul, en plus d’une image et d’un son optimums, Warner nous offre un des suppléments nombreux et tous d’une qualité et d’un intérêt rares.
Sur le premier disque se trouve un commentaire audio et une galerie des films dirigés par Merian C Cooper.

Le commentaire audio est effectué par Ray Harryhausen et Ken Ralston (deux spécialistes des effets spéciaux ) intercoupés d’extraits d’interview de Merian C Cooper et Fay Wray.
Si l’ensemble est parfois trop superlatif envers le film et manque de recul critique, il reste un commentaire passionnant par l’intérêt qu’y apporte Harryhausen (véritable légende vivante de la post-synchronisation), qui à véritablement vu sa vie changée et influencée par le film. Malheureusement Fay Wray n’a que quelques phrases dans ce commentaire et ce à notre regret et notre étonnement. Mais les extraits d’interviews de Cooper, si ils sont de qualité audio médiocre sont passionnants.
L’ensemble est donc un peu trop respectueux et admiratif de l’œuvre (mais comment ne pas l’être) pour vraiment se classer parmis les meilleurs du genre mais il n’en pas moins passionnant et instructif pour tout amateur de l’œuvre.
La galerie de bandes-annonces des films de Cooper est quand à elle un document sur les techniques marketing de l’époque qui s’avèrent aussi agressives et superlatives que celles actuelles. Les bandes-annonces rendent malheureusement peu souvent justice aux œuvres qu’elles présentent (donc certaines d’ailleurs sont de John Ford et Cooper y à participées seulement).

Sur le second disque sont offerts deux documentaires passionnants et complémentaires.
Le premier, intitulé "I'm King Kong! The Exploits of Merian C. Cooper" dure 56 minutes et nous présente la vie absolument incroyable de cet homme vraiment hors du commun.
La narration d’Alec Baldwin est de qualité et Cooper peut vraiment être qualifié d’indiana jones vivant (hormis que sa spécialité n’est pas l’archéologie), ayant eu un parcours de véritable aventurier unique. Voilà un homme dont la vie inspirera un jour un film car elle proprement difficile à croire mais pourtant ses œuvres en témoignent par elle même et le tandem qu’il forma avec Ernest B Schoedsack est absolument unique et digne des romans d’aventures les plus fous. L’ensemble d’anecdotes et de documentes d’archives est assemblé de façon passionnante et une fois de plus Turner Classic Movies signe un documentaire qui est un véritable modèle du genre.

Le second, intitulé "RKO Production 601" dure quand à lui plus de deux heures trente et couvre vraiment tous les aspects du film de sa production a un recul critique comme la « resurrection » de la fameuse mythique séquence des araignées dument commentée.
Divisée en 7 parties et comprenant de très nombreux intervenants, ce documentaire est probablement ce que nous avons pu voir de plus complet et de plus réussi dans le domaine. Il permet de vraiment jeter un autre regard sur le film, notamment sur ses incroyables effets spéciaux grace à la séquence dans laquelle Peter Jackson et le studio Weta reconstituent sous nos yeux vraiment ébahis (en expérimentant et devinant les techniques utilisées) une séquence d’effets « à la Willis O’Brien ».
De plus, le film est regardé avec recul et il nous est clairement démontré en quoi il a changé la façon d’envisager le cinéma d’aventure et à quel point il était personnel pour ses deux créateurs. L’influence énorme qu’a eu cette œuvre sur tout un pan du cinéma est brillament exposée.

Voici donc un ensemble exemplaire auquel il ne manque que des interventions d’un historien / analyste du cinéma au sein du commentaire pour prétendre à la perfection.

De plus, la sublime jacquette et les excellents menus animés viennent amener un touche de classe supplémentaire a cet ensemble exceptionnel.

Une section comme on aimerait en voir plus souvent et qui fait vraiment regretter que plus de classiques incontournables du cinéma ne soient pas traités avec autant d’intelligence et de respect.





Conclusion
Une édition de tout premier ordre, aux qualités audio et vidéo aussi poussées que possible (sans déformation du travail original qu’elle quelle soit) et aux suppléments vraiment remarquables.
Nous vous recommandons très hautement cet achat qui de plus est proposé a un tarif tout à fait raisonnable et même ridiculement bas en regard de la qualité offerte et du prix de certaines autres éditions spéciales qui n’en sont pas vraiment.

King Kong est un date majeure dans l’histoire du cinéma et si l’œuvre n’est pas la plus parfaite dans sa construction ou sa narration, elle est extrémément attachante et renferme des moments de pure poésie qui n’ont absoluement pas pris une ride et ont influencés des générations de cinéastes et des concepts qui ont révolutionnés le cinéma avec un grand C.
Cooper et Schoedsack ont mis beaucoup d’eux même dans cette œuvre unique, qui avec The most dangerous games reste de très loin la plus grande réussite du duo, et cette passion pour le sujet comme l’inventivité des deux hommes aidé du génialissime Willis O’Brien ont permis la crétion d’un film comme on en fait plus et qui se doit d’être vu et revu.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,7/5

Suppléments:
4,5/5

Rapport qualité/prix:
4,5/5

Note finale:
4,4/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2006-01-09

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
King Kong

Année de sortie:
1933

Pays:

Genre:

Durée:
104 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.37:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, documentaires, galerie de bandes-annonces

Date de parution:
2005-11-22

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