Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Heist

Critique
Synopsis/présentation
Consacré aux États-Unis pour ses œuvres théâtrales, David Mamet a depuis quelques années délaissé sa première passion pour investir toutes ses énergies et son talent au profit du cinéma. Un simple pas qu'il était destiné à franchir, diront certains… Cependant, scénariser est une chose, mais réaliser sois-même ses films en est une autre. Ses débuts derrière la caméra laissaient paraître une légère maladresse, un malaise. Par exemple, la réalisation de House of Games ou de Homicide était statique, parfois confuse, et strictement fonctionnelle. Mais à force de persévérance, Mamet a su développer une maîrise grandissante du langage cinématographique. Son dernier film, Heist, est sans contredis son oeuvre la plus accomplie au point de vue de la mise en scène. Ne cherchez pas dans Heist une quelconque once d'originalité. Au contraire, le scénario et la mise en scène brillent par leur classicisme. Car Mamet n'avait pas l'intention de réinventer un genre, mais plutôt de lui faire honneur en se payant du bon temps. Heist est donc un film de "vol" (ou "caper" film), baignant dans une atmosphère de film noir, dans la plus pure tradition hollywoodienne. L'histoire raconte les tribulations d'un voleur vieillissant et fatigué nommé Joe (Gene Hackman) qui n'a plus d'autre ambition que de prendre sa retraite du milieu et de partir en voilier avec sa jeune et jolie femme (Rebecca Pidgeon). Mais lors d'un vol en apparence simple, Joe commet l'irréparable en se faisant filmer, sans masque, par une caméra de surveillance. Joe y voit là le prétexte idéal pour se retirer une fois pour toute, mais son bailleur de fond (Danny DeVito) y voit au contraire l'occasion d'exercer sur lui du chantage pour le forcer à exécuter un dernier grand coup...
Au tout début du film, le personnage incarné par Gene Hackman résume en une seule phrase l'intrigue : "Commettre un vol n'est pas difficile. Le plus dure est de se sauver...". Incidemment, ce n'est pas tant la vie de voleur du personnage qui lui aura été pénible. Les vrais problèmes surgiront pour lui une fois qu'il voudra s'éloigner de cette vie! Car au-delà du vol proprement dit, le développement du film et les interactions entre les personnages reposent sur cette difficulté de fuir une vie qui repose entièrement sur le crime (un thème aussi abordé par De Palma avec Carlito's Way).
De cette prémisse Mamet nous offre un film plein de rebondissements, tous plus rocambolesques les uns que les autres. Le cinéphile le plus perspicace aura difficulté à prédire le fil des événements car Mamet a pris bien soin de ne laisser au spectateur aucun point d'appui sur lequel se fier. Tous les personnages étant suspects, l'identification avec ceux-ci est difficile car moralement, le spectateur tarde à s'identifier à un personnage antipathique. Ainsi donc, on ne sait trop à qui se fier. À tout moment, on se paie notre tête, et ce petit jeu semble particulièrement amuser David Mamet qui en abuse dans un interminable climax final. À ce moment, il y a réellement une surenchère de rebondissements. Mais il serait ridicule de bouder notre plaisir car visiblement, l'auteur n'a pas eu la prétention de réaliser un film sérieux ou du moins qui se prend au sérieux. D'autant plus que, aussi interminable paraissent ces rebondissements, ils sont fichtrement bien ficelés et crédibles.
Qui plus est, Mamet nous offre des dialogues intelligents et savoureux, comme lui-seul peut le faire. Bien sûr, on est loin de la satire mordante de State & Main, mais des voleurs n'ont jamais eu aussi belle parole ! Et quoi de mieux pour prononcer ces mots qu'une formidable palette d'acteurs de la trempe des Hackman, Lindo ou DeVito. Tous sont excellents et particulièrement convaincants. Et ne passons pas sous silence la mise en scène de Mamet, plus subtile, plus minutieuse mais qui fait surtout preuve que l'auteur a atteint une certaine maturité à titre de cinéaste.


Image
C'est en format original de 1.85:1 et d'après un transfert anamorphosé que Heist nous est offert.
Dans l'ensemble, ce transfert est d'une qualité tout ce qu'il y a de plus honnête, sans toutefois être impeccable. La définition est bonne mais certains arrières-plans manquent de détail. Les couleurs sont pour leurs parts solidement rendues; la saturation est adéquate et on dénote ni dominante ou débordement. Les tons de peau sont naturelles et n'affichent aucun débalancement. Le contraste et la brillance nous ont semblé correctement ajustés et ne fluctuent jamais. Les noirs sont purs, profonds et ne sont marqués d'aucune trace de fourmillement. Les parties sombres présentent des dégradés légèrement déficients qui tendent à bloquer les détails.
L'interpositif utilisé en vu de ce transfert est immaculé, on n'observe aucun parasite. Nous ne remarquons absolument aucun défaut de compression, la sur-définition des contours a été réduite au minimum.


Le son
Deux bandes-son Dolby Digital 5.1 sont incluses avec cette édition, l'une anglaise et l'autre française.
Les deux mixages sont d'un certain dynamisme bien que la spatialité paraît plutôt limitée. Le champ-sonore se déploie majoritairement des enceintes avants, les canaux arrières n'étant employés que pour des effets localisés lors des scènes d'action ou pour la trame-sonore. L'environnement sonore est néanmoins crédible, les éléments y étant bien séparés, seulement une ambiophonie plus appuyée (et plus de profondeur) aurait certainement été de mise. La trame-sonore est plutôt bien intégrée, seule sa présence soudaine dans les enceintes arrières agace quelques fois. Les dialogues sont bien intégrés; naturelles et toujour intelligibles. Les basses sont subtiles et bien étalées, cependant l'utilisation du canal .1 (LFE) surprend par sa discrétion.
Le doublage français, quant à lui, détonne surtout des dialogues trop plaqués. Ceux-ci sont beaucoup trop en avant du champ sonore et le volume est trop élevé comparé aux autres éléments sonores.



Son
Deux bandes-son Dolby Digital 5.1 sont incluses avec cette édition, l'une anglaise et l'autre française.
Les deux mixages sont d'un certain dynamisme bien que la spatialité paraît plutôt limitée. Le champ-sonore se déploie majoritairement des enceintes avants, les canaux arrières n'étant employés que pour des effets localisés lors des scènes d'action ou pour la trame-sonore. L'environnement sonore est néanmoins crédible, les éléments y étant bien séparés, seulement une ambiophonie plus appuyée (et plus de profondeur) aurait certainement été de mise. La trame-sonore est plutôt bien intégrée, seule sa présence soudaine dans les enceintes arrières agace quelques fois. Les dialogues sont bien intégrés; naturelles et toujour intelligibles. Les basses sont subtiles et bien étalées, cependant l'utilisation du canal .1 (LFE) surprend par sa discrétion.
Le doublage français, quant à lui, détonne surtout des dialogues trop plaqués. Ceux-ci sont beaucoup trop en avant du champ sonore et le volume est trop élevé comparé aux autres éléments sonores.



Suppléments/menus
Passons rapidement sur les suppléemtns puisque cette édition ne propose que quelques filmographies sans intérêts ainsi que la bande-annonce originale. On ne sait trop pourquoi, mais David Mamet a jusqu'ici refusé de produire une quelconque piste de commentaires audio pour l'un de ses films. Quel dommage.



Conclusion
Doit-on vraiment le préciser, mais le principal intérêt de cette édition est certainement le film en tant que tel. Car au-delà de cet excellent divertissement solidement ficelé , les aspects techniques de cette édition risquent d'en laisser plus d'un sur leur faim. La qualité de l'image et des bandes-sonores ne sont qu'honnêtes et les suppléments se limitent à une bande-annonce.


Qualité vidéo:
3,7/5

Qualité audio:
3,3/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
2,8/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-03-18

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Heist

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
109 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Français
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce.

Date de parution:
2002-03-12

Si vous avez aimé...