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DVDEF

Hannibal (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Il n'y a pas qu'une façon d'aborder le film Hannibal. Certains y verront avant tout la suite de Silence of the Lambs. D'autres, le dernier volet d'une trilogie mettant en vedette le personnage d'Hannibal Lecter (le premier épisode étant l'excellent Manhunter de Michael Mann, dans lequel le rôle de Lecter était tenu par Brian Cox). D'autres encore s'attarderont au fait qu'il s'agisse d'une adaptation d'une œuvre littéraire touffue et complexe. L'une ou l'autre de ces trois approches risquent de décevoir le spectateur d'Hannibal, ou du moins le désorientés. Au contraire, les spectateurs qui aborderont le film comme une œuvre unique et complète apprécieront sûrement l'expérience que le visionnement procure. Le titre est révélateur et nous met rapidement la puce à l'oreille sur la direction que prendra le récit. Plutôt que d'être relégué à une présence secondaire, l'attention du film est cette fois entièrement portée sur le personnage d'Hannibal Lecter. Fugitif depuis maintenant 10 ans, le légendaire criminel refait surface suite aux gestes d'un multimillionnaire aigri, seul victime de Lecter à avoir survécu. Mais l'homme est gravement défiguré, et il cherche depuis à exercer sa vengeance sur Hannibal. Par le biais de Clarice Starling, qu'il utilisera comme appât pour amadouer Lecter, il tentera de l'attirer jusqu'à lui…

Vous l'aurez compris, les ressemblances qui unissent Hannibal à Silence of the Lambs sont minimes et se limitent aux personnages communs des deux histoires. Alors que Silence of the Lambs (ou même Manhunter) faisait principalement figure de thriller policier dans lequel sévissait un tueur en série, l'intrigue de Hannibal est moins élaborée et paraît même secondaire. En fait, en regardant de plus près l'esthétique fortement stylisée du film, on remarque que l'intrigue n'est que prétexte à nous faire pénétrer dans le monde d'Hannibal Lecter. Le générique d'ouverture composé d'images captées via des caméras de surveillance nous indique d'amblée notre position en tant que spectateur. Le réalisateur nous prends comme des témoins, comme les visiteurs d'un monde contrôlé et habité par Lecter. Hannibal n'est donc pas un film d'intrigue, il est un film d'ambiance où s'enchaîne tantôt le grotesque, tantôt une élégance romanesque. Tel que montré dans Silence of the Lambs, l'intérêt de Lecter réside dans l'art, plus précisément la peinture et l'art littéraire. Plusieurs livres et peintures composaient d'ailleurs le décor de sa cellule. Une peinture en particulier retient notre attention, celle de Florence (la ville où s'est réfugié Lecter…), peinte de couleurs sombres et ternes. Ces dans ces représentations graphiques et textuelles que Ridley Scott nous fait pénétrer, au cœur même du royaume d'Hannibal. Cette incursion, il nous l'offre dès le premier plan qui s'installe sous nos yeux tel un tableau et ce jusqu'à la toute fin, summum du grotesque et du mauvais goût. Certains reprochèrent au réalisateur le haut degré de violence graphique. Mais n'est-ce pas là l'une des caractéristiques primordiales de la personnalité du psychopathe ?

Le film n'a pas la même efficacité que son prédécesseur. Certes aussi les scénaristes David Mamet et Steven Zaillian ont pris quelques libertés dans l'adaptation du roman de Thomas Harris. Entre autre, la finale troublante et ambiguë du roman a été abandonnée au profit d'une fin peut-être plus plausible, certainement plus acceptable pour le spectateur moyen. Dans le film le personnage de Clarice reste moralement bon et respectable, bien ancré dans ses convictions. Au contraire, la Clarice du roman prenait un chemin ambigüe et troublant… Quoi qu'il en soit, malgré quelques faiblesses scénaristiques et une intrigue plutôt mince, Hannibal demeure une œuvre franchement intéressante à découvrir ne serait-ce que l'atmosphère qui y règne.



Image
Hannibal est présenté en format original de 1.85:1 d'après un transfert anamorphique et numérique. Pour bien juger la qualité d'image, il est important de considérer la photographie et la mise en scène du film, deux éléments fort stylisés des films de Ridley Scott. Pour dépeindre le monde terne et sombre du personnage central, le réalisateur se sert de couleurs délavées et d'une photographie volontairement sombre. Les décors baignent dans un nuage de brume et une grisaille constante.

Ceci étant dit, nous pouvons hors de tout doute affirmer que la définition générale du transfert est de très bonne qualité. En outre, elle laisse pleinement voir toutes la finesse des somptueux décors de Florence. Seuls quelques plans, en particulier lorsqu'il y a surabondance de brouillard à l'écran, souffrent d'un manque de piqué apparent. Le rendu des couleurs, compte tenu de la photographie, représente fidèlement la vision des auteurs. Les couleurs volontairement dé-saturées sont rendues avec constances, et sans fluctuations. La brillance et le contraste restent également constants tout au cours du film. Les parties sombres, nombreuses dans le film, manquent à l'occasion de dégradées et bloquent trop rapidement. Ce problème n'est pas catastrophique, mais suffisamment évident pour distraire. Les noirs sont solides, purs, et exempts de fourmillement.

Comme il est la norme pour un film aussi récent, l'interpositif utilisé pour ce transfert est exempt d'anomalies. Quelques rares traces de compressions sont perceptibles, ainsi qu'une légère sur-définition des contours. Mais ces deux défauts sont bien mineurs et n'enlèvent que très peu à la qualité globale de ce transfert.


Son
Un total de quatre bandes-son est offert sur cette édition : deux anglaises (DTS et Dolby Digital 5.1), française (Dolby Digital 5.1) et espagnole (Dolby Digital 5.1).

De façon générale, le mixage de ce film est équilibré, nous épargnant toute agressivité superflu mais d'un dynamisme percutant lorsque nécessaire. La spatialité de ce mixage étonne; ample et immersif. Les éléments sonores sont intégrés intelligemment, en particulier les dialogues (dont les voix hors-champ narrées par Anthony Hopkins) et la trame-sonore composée par Hanz Zimmer. Les canaux d'ambiophonies sont utilisés avec subtilités, surtout pour appuyer l'immersion sonore. Quelques effets canaux à canaux attirent l'attention, notamment dans la deuxième partie du film. Le canal .1 (LFE) est utilisé de façon sporadique, que pour mieux appuyer les scènes d'une certaines intensitées.

Des deux bandes-son anglaises, c'est celle en format DTS qui est est sans contre-dit la mieux définie. Bien que les différences soient plutôt timides, la bande DTS est plus ouverte, plus limpide. La bande-son française (celle en langue espagnole n'a pas été testée) offre sensiblement les même qualités que les contre-parties anglaises, quoique le doublage tend a masquer les sons d'ambiances.
Il y a option de sous-titrage en anglais, français et espagnol.


Suppléments/menus
Visiblement conscient de la popularité et du potentiel commercial de Hannibal, MGM nous propose le film dans une édition spéciale des plus généreuse en terme de suppléments. On a réparti ces suppléments sous deux disques.

En plus du long métrage, le premier disque contient l'un des suppléments les plus intéressant de cette édition, à savoir la piste de commentaires audio animée par le réalisateur Ridley Scott. L'homme est devenu un habitué de ces pistes, en ayant produit pour la plupart de ses films récemment offerts en DVD. L'expérience lui semble favorable, puisque ses propos sont mieux définis et mieux articulés que dans ses pistes de commentaires antérieures. L'information donnée est nombreuse, variée et approfondi, le réalisateur aborde plusieurs aspects du tournage en toute franchise et générosité. Une écoute attentive vaut certainement la peine. En plus de cette piste, le premier disque propose deux bandes-annonces dont une est plutôt curieuse. La première est une publicité annonçant la sortie du film Silence of The Lambs en DVD, alors que l'autre est une bande-annonce d'un film de guerre (?) réalisé par John Woo, intitulé Windtalkers.

La jaquette du DVD indique que cinq courts documentaires sont offerts sur cette édition. La réalité est quelque peu différente, alors que ce qui est présenté ressemble d'avantage à un long documentaire (76 minutes) découpé en 5 chapitres. Vous pouvez donc visionner le documentaire dans sa totalité ou bien vous attaquer à un sujet précis via l'un des 5 chapitres. Le contenu de ce documentaire est absolument fascinant. L'information donnée est vaste et franche, ici on nous épargne la complaisance des flatteries entre artisans. De plus, le montage est imaginatif et rigoureux, laissant de côté l'aspect promotionnel qui alourdi si souvent le contenu des documentaires offerts sur DVD. Deux seuls défauts sont à noter, d'ordre technique. Tout d'abord, le contenu du cinquième chapitre s'étire quelque peu et aurait eu intérêt à être raccourci (plus concis). Ensuite, dans le but de créer une ambiance sonore similaire à celle du film, les producteurs de ce DVD ont eu recours à la trame-sonore du film. Bien que cette trame soit savamment utilisée le volume trop élevée masque à quelques reprises les propos des intervenants. Étrange, et surtout agaçant.

Lors de la sortie du film en salles, on a souvent fait mention de l'existence de deux fins alternatives. Officiellement, une seule fin aurait été filmée, l'autre n'étant demeurée au stade conceptuel. Cette fin alternative est disponible sur cette édition, en plus de treize autres scènes retranchées au montage. D'une durée totalisant plus de 35 minutes, certaines de ces scènes sont franchement intéressantes, on s'explique mal leur retrait du film. Un commentaires audios (optionnel) du réalisateur est disponible pour chacune de ces scènes. Notons au passage l'excellente présentation de ces scènes. En sélectionnant le titre de l'une de ces scènes, un texte explicatif, la durée de la scène ainsi qu'une photographie apparaissent pour nous placer dans le contexte du film.

Une section est également dédiée à trois vignettes multi-angles, chacune abordant un sujet précis. La première fait la comparaison de scénarimages avec la séquence finale telle que vue dans le film, agrémenté des commentaires du réalisateur. La deuxième, quant à elle, nous démontre précisément l'utilisation de quatre caméras différentes lors du tournage d'une scène d'action. Des textes explicatifs détaillés expliquent le rôle de chacune ainsi que les particularité des lentilles et des caméras utilisés. Franchement intéressant et diablement efficace. La dernière vignette s'attarde à la création du générique d'ouverture, avec option de visualiser divers stades de la conception visuelle et sonore.

Le reste des suppléments est essentiellement regroupé dans une section intitulée Marketing Gallery. Dans cette section vous trouverez les bandes-annonces produites pour le film, une galerie de photographies (adéquatement structurée sous différents thèmes), ainsi qu'une galerie absolument fascinante montrant des dizaines de concepts d'affiches non-utilisées en vue de la promotion du film. Des filmographies et des notes de production (d'un intérêt limitées) sont aussi offertes.




Conclusion
MGM prouve qu'en investissant les efforts nécessaires, ils peuvent produire des éditions rivalisant avec les meilleurs produits DVD actuellement disponibles. Tant au point de vue de l'image que du son, cette édition comble les attentes en présentant des transferts de qualité, entièrement au service de l'œuvre. Mais là où cette édition spéciale se démarque vraiment, c'est sans contredit au niveau des suppléments. Ceux-ci sont nombreux, intéressants et de bonne facture. La seule popularité du film était suffisante pour attirer un nombre élevé de consommateurs, mais avec cette édition généreuse et de grande qualité, la MGM s'est offert un produit gagnant.


Qualité vidéo:
4,5/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
4,5/5

Rapport qualité/prix:
4,2/5

Note finale:
4,2/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-07-30

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Hannibal

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
131 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise DTS
Française Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, scènes retranchées au montage, vignettes multi-angles, galerie d'images, bandes-annonces.

Date de parution:
2001-08-21

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