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DVDEF

Ginger Snaps (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Faute de budgets et de revenus, l'industrie cinématographique canadienne c'est souvent limité à des productions misant plus sur le contenu que la forme. Afin de profiter au maximum des minimes budgets, les cinéastes canadiens doivent user de beaucoup d'imagination, de débrouillardise, tout en ayant une histoire intéressante à raconter. Des méga-productions aux effets spectaculaires comme The Mummy Returns, le Canada ne peut se le permettre. D'autre part, le cinéma canadien a vu naître un lot de cinéastes visionnaires et imaginatifs, dont certains bénéficient d'une grande notoriété mondiale. Qu'on pense seulement aux Atom Egoyan ou David Cronenberg, deux cinéastes intelligent qui ont su marquer leurs films d'une touche bien particulière et distinctive, malgré le peu de moyens mis à leur disposition. Certains cinéastes se sont également tentés à produire des films issus de genres un peu plus ambitieux (et coûteux), tels la science-fiction ou l'horreur de type "gore". Certains de ces films représentent le meilleur du cinéma canadien (Cube), d'autres le pire (Watchers, Xtro, etc). Ginger Snaps est en quelque sorte la zone grise entre ces deux opposés.

Ginger Snaps, c'est un peu An Amercian Warewolf in London, version canadienne et pré-pubère. L'action se situe dans une petite banlieue canadienne et met en vedette deux sœurs un peu cinglées qui vouent un sombre culte au suicide et à la mort. Cette obsession prendra une tournure horrifiante lorsque l'une d'elle sera mordue par une mystérieuse bête ressemblant à un loup… Dès lors, s'ensuivra chez la jeune fille une série de changements physiques et psychologiques symptomatiques d'une transformation en loup-garou…

Sans jamais ré-inventer un genre connu et éculé, Ginger Snaps a néanmoins quelques qualités appréciables. Tout d'abord, les auteurs ont sus faire d'une histoire de loup-garou une sorte de métaphore étrange sur la puberté telle que vécue par deux adolescentes. C'est grossier, mais suffisamment bien amené pour que nous puissions y croire. Après tout, le film n'est qu'un film d'horreur destiné à un public adolescent, et cette analogie faisant de la puberté une période de transformation inquiétante, voir horrifique pour certaines adolescentes, ne fait que favoriser l'identification aux personnages principaux. Règle générale, une telle identification est difficile à établir avec ce type de film d'horreur, mais le récit est bien développé et maintient ses thèmes du début jusqu'à la fin (ou presque…), en prenant bien soins d'élaborer avec une certaine minutie la relation trouble qui unit les personnages. Les auteurs ont d'ailleurs entièrement misé sur la psychologie des personnages, laissant la plupart du temps de côté les effets faciles et pompeux.

Par contre, le film n'est hélas pas aussi réussit qu'on voudrait bien le croire. Il y a plusieurs trous dans le scénario, les personnages sont quelque peu caricaturaux, tandis que le rôle de la mère, interprétée par Mimi Rogers , est carrément ridicule. Certains pourraient également trouver risible la manière dont est présentée la période de puberté que vivent les jeunes filles...Une situation possible, mais franchement rarissime. De plus, alors que le film maintient un rythme adéquate du début à la fin, les dernières minutes nous offrent la recette trop usée d'un film d'horreur commercial, où s'enchaînent effets chocs, hurlements, musique tapageuse, beaucoup de sang et… des effets spéciaux franchement risibles. Dommage car jusque là, le film avait su se maintenir à l'écart de ces effets débiles trop communs à ce genre...


Image
Cette édition de Ginger Snaps, produite par l'éditeur canadien TVA International, nous offre le film en format original de 1.85:1 d'après un transfert anamorphique. De façon générale, ce transfert affiche une définition tout à fait acceptable. On dénote bien un léger manque de piqué à quelques reprises, sans toutefois que cela nuise à l'appréciation du film.

Les couleurs, naturelles et brillantes, sont correctement saturées et demeurent constantes tout au long du visionnement. On note aucune fluctuation de la brillance et le contraste n'a pas été accentué. Là où le transfert est plus problématique, c'est au niveau des noirs et des parties sombres. Les parties les plus sombres nous offrent des dégradés parfois grossiers manquant beaucoup de subtilités. Les noirs, quant à eux, n'ont pas toute la profondeur et l'intensité voulus.
L'interpositif utilisé en vu de ce transfert est exempt de défaut ou anomalie distrayante. On remarque à l'occasion un léger fourmillement dans les noirs.


Son
Sont incluses sur cette édition des bandes-sonores anglaises et françaises, toutes deux offertes en formats Dolby Digital 5.1 et Dolby Surround 2.0. À notre connaissance, c'est la première fois qu'un studio daigne offrir une bande-son française dans ces deux formats sur un seul et même disque. Généralement, les studios se contentent d'inclure l'un ou l'autre de ces formats, tandis qu'il n'est pas rare de voir une bande-son anglaise incluses dans ces deux formats.

Le mixage Dolby Digital 5.1 de ces bandes est d'une qualité fort satisfaisante. Le son manque de profondeur, mais le dynamisme et l'intégration des éléments sonores compensent pour cette lacune. Les effets d'ambiophonies sont employés judicieusement pour créer l'ambiance, ou pour nous bombarder d'effets chocs en temps approprié. Quelques effets directionnels sont remarqués, quoi que ceux-ci émanent plus particulièrement des canaux avants. Un peu plus de mouvement à travers les enceintes arrières aurait certes contribué à l'efficacité de certaines scènes. La trame-sonore est justement intégrée : subtile dans les moments qui l'exigent, puis agressive et assourdissante dans séquences d'horreur. Les dialogues, qui émanent principalement de l'enceinte centrale, nous ont parus nets et intelligibles du début à la fin. Les basses ajoutent tout le mordant nécessaires lorsqu'une scène l'exige, celles-ci sont profondes et relativement bine définies. On ne peut en dire autant des fréquences d'extrêmes graves, qui manquent quelque peu de puissance. Une utilisation plus soutenue du canal .1 (LFE) aurait été souhaitable.

Bien que nous félicitions l'inclusion de bandes-son française et anglaise dans un format Dolby Surround 2.0, celles-ci n'offrent évidemment pas la même présence que les contreparties Dolby Digital 5.1. Néanmoins, leur qualité est tout à fait acceptable et le dynamisme n'est que partiellement diminué. À noter qu'il n'y pas option de sous-titrage, ni en anglais ni en français.


Suppléments/menus
TVA International a de quoi nous surprendre avec cette édition de Ginger Snaps, présentée comme étant ni plus ni moins qu'une édition de collectionneur. Ainsi, pour la première fois, TVA International a investi des efforts considérables pour nous offrir une certain lot de suppléments.

Les suppléments les plus intéressant de cette édition sont sans conteste les deux pistes de commentaires audio offertes. La première, animée par le réalisateur John Fawcett, s'attarde largement mais éloquemment sur tout le processus de création d'un long-métrage. L'homme prends plusieurs minutes à trouver ses aises, mais une fois ces moments passés, il offre un discours sincère et articulé qui ne sombre jamais dans la complaisance. Visiblement, le réalisateur est conscient de la qualité du film et n'hésite pas à mentionner les défauts de son oeuvre.

Intéressante aussi est la deuxième piste, celle-ci animée par la scénariste Karen Walton. Le ton n'est pas aussi bien articulé que dans la précédente piste, mais il est intéressant d'entendre les propos de cette femme qui raconte sa première incursion dans le domaine de l'horreur, de ses intentions en tant qu'auteur, ou même des difficultés qu'entourent la création d'un tel film au Canada.

Une série de quinze scènes inédites est aussi offerte, dont la durée totale frôle les vingt-cinq minutes. Sans être d'un intérêt majeur, ces scènes proposent quelques éclaircissements digne d'intérêt pour quiconque a apprécié le film. Les commentaires du réalisateur et de la scénariste, chacun offerts en option, jettent un éclairage sur ces scènes inédites et expliquent les raisons de leurs retraits.

S'ensuit une série de vignettes montrant les auditions des deux actrices principales pour obtenir leur rôle, ainsi que montages vidéo de leurs répétitions en compagnie du réalisateur. Une belle curiosité, ne serait-ce que pour constater l'évolution du jeu des comédiennes.
Un court documentaire promotionnel (5 min.) est également disponible, dont la forme et le contenu ressemble d'avantage à une bande-annonce qu'à un réel documentaire. Peu d'informations y sont dévoilées, les propos amassés auprès des artisans du film dépassent rarement la simple anecdote.

Un autre documentaire, intitulé Creation Of The Beast (5 min) nous propose de jeter un bref coup d'œil à la conception de la créature du film. Essentiellement, ce segment se veut une sorte de visite guidée dans l'atelier de conception de la créature. Le réalisateur s'y promène, caméra-vidéo à la main, et interroge au passage les techniciens. Intéressant, quoiqu'un montage plus professionnel aurait suscité plus d'intérêt.

Un autre court segment, plus ou moins subtilement caché dans les menus et intitulé Being John Fawcett (2 min.), nous offre à nouveau le réalisateur qui s'amuse avec sa caméra en compagnie des deux comédiennes… sans commentaire.

Vous retrouverez finalement la bande-annonce originale (offerte en anglais et en français), quelques bandes-annonces télévisuelles, des filmographies, ainsi que quelques galeries d'images et de photographies. Curieusement, les suppléments de cette édition sont offerts dans deux sections différentes. La section Special Features offre l'essentiel des suppléments, alors qu'une autre section, Bonus Materials, propose les dessins conceptuels uniquement… Étrange.



Conclusion
Franchement, cette édition DVD à de quoi impressionner. Non seulement la qualité de l'image et du son est tout à fait appréciable, mais TVA International a fournis un effort considérable pour inclure des suppléments nombreux et variés pour une édition strictement destinée au marché canadien. Les américains, quant à eux, devront se contenter du film en format plein écran, et de la bande-annonce comme seul supplément ! Le film n'est certes pas un chef-d'œuvre, mais de finalement voir un produit canadien adéquatement présenté selon les normes du marché est plutôt rafraîchissant. Chapeau.


Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-10-12

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Ginger Snaps

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
108 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
TVA Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:

Suppéments:
2 pistes de commentaires audio, vignettes promotionnelle et technique, scènes coupées, segments d'auditions et de répétitions, galeries d'images et de schémas conceptuels, bandes-annonces.

Date de parution:
2001-10-23

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