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DVDEF

Frailty

Critique
Synopsis/présentation
Première réalisation du comédien Bill Paxton (ce dernier étant principalement reconnu pour ses rôles secondaires dans Twister, Apollo 13 et Near Dark), Frailty se révèle un thriller psychologique efficace mélangeant à la fois l'horreur et le suspense. Toutefois, les thèmes de ce film (religion, démence et meurtres en série) ne sont qu'un prétexte à un discours fort pernicieux. Comme pour de nombreux films d'horreur produits par la machine hollywoodienne, il s'agit d'un message s'apparentant curieusement aux discours de la droite américaine...

Frailty met en scène une famille monoparentale, celle d'un père de famille (Bill Paxton) et de ses deux enfants, Adam et Fenton, âgés d'environ sept et dix ans. Depuis le décès de leur mère, la famille a su se réorganiser et malgré tout, la vie semble avoir repris son cours normal. Jusqu'au soir fatidique, où le père apparaît dans la chambre de ses fils, clamant s'être fait confié une mission par un ange, envoyé de Dieu. Sa nouvelle tâche sera donc de débarrasser l'humanité du mal en détruisant les "démons" mis sur Terre par Satan, ceux-ci empruntant la forme humaine. Trois règles devront être observées: 1) Ne pas la divulguer cette mission à quiconque; 2) Les armes utilisées devront être un bout de tuyau, une paire de gants et une hache; et finalement; 3) La destruction des démons (identifiés par Dieu) devra se faire par décapitation (rien de moins!). Alors que le père accomplit sa mission en kidnappant et dépeçant chacun des démons humains, son fils Fenton y verra les actes fous d'un esprit psychopathe, alors que Adam souscrira aux paroles et gestes de son père, le voyant comme un rédempteur du mal.

Ce récit d'épouvante est ici narré par un Fenton adulte (Matthew McConaughey) à l'agent du FBI Wesley Doyle (Powers Boothe) chargé de l'affaire "God's Hand". Afin de lever le voile sur les atrocités commises par son père, Fenton relate chronologiquement au policier les événements ayant mené à la démence et aux meurtres en série. L'histoire est donc raconté par flash-backs, conduisant ainsi le spectateur vers une certaine logique subjective, laquelle le réalisateur Paxton prendra plaisir à renverser en fin de parcours...

Là où Frailty excelle, c'est au niveau de la création d'une atmosphère glauque, sinistre, largement redevable à la brillante direction photo de Bill Butler (Jaws, Child's Play), à la trame sonore lugubre de Brian Tyler et au montage d'Arnold Glassman. Paxton s'amuse également à manipuler malicieusement les émotions du spectateur, transformant à sa guise le père de famille en tueur sanguinaire, puis en sauveur de l'humanité. Idem pour les personnages secondaires qui passent de victimes à démons, ou encore de spectateur horrifié à manipulateur. Toutefois, bien que cet habile subterfuge puisse en piéger plusieurs (certains critiques sont allés jusqu'à comparer les revirements du film à ceux de Usuals Suspects), le scénario de Brent Hanley reste souvent prévisible et sans vraisemblance.

Bien que Frailty démontre le talent évident de Bill Paxton en tant que réalisateur, le visionnement du film vient à agacer, ou du moins déranger. Ce malaise découle du message central de l'oeuvre, celui entourant l'élimination des "démons". Que le personnage de Paxton soit empreint d'une folie meurtrière ou assermenté d'une mission divine, son rôle demeure le même: purger, épurer et débarrasser l'humanité des êtres indésirables, surnommés les "démons", individus ayant commis meurtres, viols, matricides, actes pédophiles, etc.. Et pour ce faire, ces impurs seront tailladés à coups de hache, métaphore droitiste symbolisant la peine capitale. Ce discours devient parfois si évident qu'il en frôle la propagande.
Mais Frailty est encore plus tordu, hypocrite et pernitieux puisque ce nettoyage (voir ces éxécutions sommaires) est cautionné, sanctifé par une figure déifiée plutôt que d'être exécutée par une quelconque créature maléfique ou un psychopathe. En fait, les actes du personnage interprété par Paxton soulagent l'humanité du mal, au même titre que l'injection mortelle, la chaise électrique, la pendaison ou le peloton d'exécution...

Mais au fait, Dieu n'est-il pas supposé de pardonner à tous ceux qui l'ont offensé?...


Image
Cette édition de Frailty ici offerte par Lion's Gate (une édition québécoise est également disponible, celle-ci étant distribuée par sa filiale Christal Films) propose le film au format respecté de 1.85:1, et d'après un transfert anamorphosé. Peu de reproches peuvent être adressés à cette édition qui est, sommes toutes, de très bonne qualité.

Ainsi, le seul et unique défaut de ce transfert se situe au niveau de la définition. Bien que nette et et laissant deviner toute la subtilité des détails et textures, l'image paraît inexpliquablement manqué de précision. La qualité de l'interpositif utilisé pour le transfert est néanmoins excellente, sans aucun parasite. Le rendu des couleurs demeure juste et naturel, sans inconsistance, débordement et sursaturation. Les tons de peau sont justement reproduits. Le niveau des noirs, parfaitement ajusté, laisse deviner des dégradés subtils et bien détaillés. Les noirs sont, en tout temps, purs, solides et profonds.

Aucun problème relié à la numérisation/compression (fourmillement, macro-blocs, sur-définition) n'est à déplorer. En somme, un excellent transfert, si ce n'est qu'un léger manque de piqué occasionel.


Son
Cette édition américaine de Frailty offre uniquement une bande-sonore anglaise de format Dolby Digital 5.1. Notons que seule l'édition québécoise propose, en plus, une bande-son française.

La bande originale du film possède tout le dynamisme et la présence souhaitée. Dès l'ouverture musicale du film, on dénote l'impact et la spatialité de cette bande-son 5.1, celle-ci profitant pleinement de toute la gamme dynamique. L'intégration des éléments sonores est irréprochable. La séparation des canaux, l'intégration de la voix du narrateur, la trame musicale et les effets sonores sont solidement rendus. Les canaux arrières sont mis à contribution soit pour créer une ambiance enveloppante (trame sonore, bruits de pluie ou de vent) ou, tout simplement, pour ajouter un certain impact au film grâce à quelques effets localisés (automobile sortant du cadre, personnage s'éloignant, bruits de tonnerre). Les dialogues sont en tout temps intelligibles et nets, alors que les basses fréquences ont une belle définition. Quant aux fréquences d'extrême graves (.1, LFE), ces dernières ajoutent force à ce mixage.

Il y a option de sous-titrage en anglais et espagnol uniquement.


Suppléments/menus
Bien qu'il ne soit nullement fait mention du terme édition spéciale, cette édition de Frailty regorge néanmoins de suppléments fort intéressants.

La ronde des suppléments débute avec pas moins de trois pistes de commentaires audio différentes.
La première piste est animée par Bill Paxton, ses propos portant sur son double rôle comédien/réalisateur, le choix des comédiens, sa perception des personnages, ses motivations, etc.. Paxton traite ici de façon conviviale de son expérience, surtout en tant qu'acteur.
La seconde piste fait place à David Kirschner (producteur), Arnold Glassman (monteur) et Brian Tyler (compositeur de la trame-sonore). Les trois hommes prennent ici plaisir à revoir les séquences du film, y allant d'opinions et d'anecdotes sur les personnages, la trame musicale, la direction de Paxton, le scénario, etc..
Enfin, le scénariste Brent Hanley n'est pas en reste, celui-ci animant la troisième piste de commentaires audio. Hanley y va donc d'une approche scénaristique, abordant l'écriture du scénario jusqu'à son évolution durant le tournage. Hanley traite des personnages, des thèmes du film et des revirements du scénario. En somme, voilà trois pistes de commentaires audio d'un intêret certain, bien qu'elles deviennent parfois redondantes et répétitives.

Deux documentaires sont également offerts avec de cette édition. Le premier, intitulé The Making of Frailty (19:30 minutes) est le segment promotionel convenu auquel les éditeur DVD nous ont habitués, entrecoupant entrevues, extraits du film et scènes en coulisses. Rien de neuf sous le soleil...

Le second documentaire, appelé Anatomy of a Scene (25:54), est en fait une émission produite par le Sundance Channel portant sur une scène particulière du film, soit celle en conclusion du métrage (au jardin municipal). Le segment traite des diverses facettes de la scène, ses décors, sa fonction, son tournage et ses effets spéciaux utilisés. Une approche simple, mais néanmoins instructive.
Suivent ensuite quelques scènes retranchées du montage final. D'une durée de près de neuf minutes, ces scènes sont d'un intêret moyen; elles peuvent être vues avec ou sans commentaires du réalisateur/acteur Paxton.
Autres suppléments, une galerie photos (clichés du tournage et en coulisses), ainsi qu'une section Storyboard rassemblant des scénarimages des scènes "Magic Weapons", "The Angel" et "The Sheriff". Enfin, une bande-annonce du film conclut les suppléments de cette édition.



Conclusion
Encensé par plusieurs critiques américains pour sa construction scénaristique et son atmosphère sinistre, Frailty constitue incontestablement une oeuvre tremplin pour le nouveau réalisateur Bill Paxton. Si sa direction et sa vision artistique transcende le film, Paxton livre néanmoins un message droitiste qui devrait sûrement plaire au tenant de la peine de mort... Cette édition DVD du film est de belle facture, en plus d'offrir quelques suppléments dignes d'intérêt. Même à un coût avoisinant les 35$, cette édition DVD demeure pleinement recommandable.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
3,7/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Alexandre Caron

Date de publication: 2002-09-15

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40F80, Récepteur certifié THX-Ultra, THX-EX, Dolby Digital 6.1, DTS-ES Discrete Denon AVR-4802, Lecteur DVD-Audio / DVD-Video Toshiba SD-4700, enceintes PSB et central Paradigm Reference, câbles Monster Cable (calibre 12).

Le film

Titre original:
Frailty

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
99 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Christal Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
3 pistes de commentaires, Documentaire du canal Sundance, Making of, Scènes retranchées, Galerie photos, Bande-annonce.

Date de parution:
2002-09-17

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