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DVDEF

Exit Wounds

Critique
Synopsis/présentation
Ayant atteint un seuil de popularité aussi respectable qu'inexplicable au début des années '90, Steven Seagal a toujours misé sur ses talents indéniable aux arts martiaux pour s'attirer les faveurs du public. Mais voilà que les années ont passés, et le public a fini par se lasser de l'incapacité de Seagal a renouveler sa technique ou ses personnages. La soudaine popularité du cinéma asiatique et de ses stars, tels Jet Li et Jackie Chan, n'a pas aidé à la cause du pauvre Seagal, dont la technique n'a définitivement pas un cachet aussi spectaculaire que celle de ses collègues asiatiques. Après quelques années où se sont succédés échec commerciaux et films distribués directement sur le marché de la vidéocassette, Steven Seagal a tenté son ultime retour au printemps 2001 en misant sur le producteur Joel Silver (The Matrix, Lethal Weapon) pour lui apporter le succès. Pour mettre toutes les chances de son côté, Silver exigea de Seagal trois conditions essentielles et non-négociables : il devait perdre du poids, changer sa garde-robe bouddhiste ridicule et couper sa grotesque queue de cheval. Prêt à tout pour redorer son image, Seagal s'éxécuta…
Le résultat de cette collaboration s'intitule Exit Wounds, un drame policier sombre traitant de la corruption au sein du milieu policier. Steven Seagal incarne un policier dur aux méthodes peu orthodoxes (déjà vu ?!?) qui mettra sa carrière et sa vie en jeux pour démasquer la corruption qui sévit au sein même de son unité. Il sera aidé dans sa quête par un petit malfrat (DMX) qui, visiblement, en connaît bien plus sur le milieu qu'il ne le laisse croire…
Les temps changent, mais Steven Seagal reste le même, fidèle à sa réputation (!). Le colosse a beau s'être fait couper les cheveux, son apparence, son attitude et surtout son interprétation restent identiques à ce qu'il nous a déjà présenté, ce qui est tout sauf une bonne nouvelle. Pourtant, les intentions des auteurs et du chorégraphe d'art martiaux étaient tout ce qu'il y a de plus honnête. Ils ont tenté de présenter l'acteur sous un nouveau jour en lui faisant faire des cascades et des mouvements qu'il n'avait jamais pratiqués auparavant. À sa technique , ils ont greffés un style de Kung Fu d'apparence plus spectaculaire mais que Seagal n'arrive jamais vraiment à assimiler. C'est dommage, mais de voir ce colosse de 6'5'' sauter dans les airs par-dessus une voiture en marche ou donner une série de coups de pieds en parfaite impesanteur n'est tout simplement pas crédible du tout. C'est un peu malheureux car un film ayant une intrigue aussi mince, aussi ridicule (on vous épargne les détails, mais l'intrigue traitant du commerce Internet de DMX est vraiment dure à avaler…) n'a d'intérêt que pour les scènes d'action. Certes, quelques plans sont spectaculaires et valent le coup d'œil, mais le reste est si déprimant que même les meilleures scènes d'action ne pourraient les racheter. Pire encore, le film baigne dans une misogynie particulièrement grotesque, alors que le seul personnage féminin du film, au volant d'une voiture, se fait dire par l'ami Seagal : " j'ai toujours dit que les femmes ne savaient pas conduire ". Et celle-ci de répondre : " c'est vrai… ", juste avant de percuter de plein fouet un camion stationné, entraînant du même coup sa mort… À la fin de cet exercice pénible de plus de 90 minutes, on ne peut faire autrement que d'espérer une retraite de Seagal. L'héritage cinématographique que nous lègue cet acteur est déjà assez mièvre...



Image
C'est dans un transfert de très grande qualité que Warner nous offre Exit Wounds. Présenté dans son format original de 2.35:1 et bénéficiant de l'anamorphisme, ce transfert nous offre tout d'abord une netteté et une définition pratiquement sans faille. Le piqué est solide et à point, tandis que les détails sont rendus avec finesse et minutie. Les couleurs du film, parfois très sombres et penchants à l'occasion vers une teinte bleutée, sont affichées avec constance et sans débordement. Les parties sombres du film sont, sauf quelques rares exceptions, détaillées avec subtilitées, alors que les noirs, plutôt solides, n'affichent que quelques traces de fourmillement fort négligeables. Malheureusement, ce transfert n'est pas exempt de sur-définition, suffisamment visible pour distraire l'écoute à quelques reprises. Comme il se doit pour un film aussi récent, l'interpositif utilisé pour ce transfert est de première qualité et n'affiche aucun parasite ou anomalie quelconque.



Son
Deux bandes-son de format Dolby Digital 5.1 sont offertes sur cette édition, l'une anglaise et l'autre française. Toute deux offrent un dynamisme fort appréciable adapté au genre Les effets d'ambiophonies sont utilisés en abondance et plutôt efficacement pour appuyer les scènes d'action. Quelques effets canaux à canaux étourdissants sont aussi présents, nous plaçant au cœur de l'action. La musique du film est aussi bien intégrée, en particulier les chansons Rap rassemblées pour le film. Celles-ci profitent en outre du canal .1 (LFE) pour donner un peu plus de puissance aux rythmes. Les dialogues, pour le peu qu'il y en ait, sont toujours nets et intelligibles. De façon générale, les basses sont puissantes et ont le mordant voulu.

La bande-son française a sensiblement les mêmes caractéristiques que la bande anglaise. Seuls les dialogues manquent quelque peu de naturalité.
À noter qu'en plus des sous-titres anglais et français généralement offerts, Warner ont aussi inclus des sous-titrage espagnols.



Suppléments/menus
Hélas, de nos jours, seuls quelques suppléments peuvent être suffisant pour attirer l'attention (et surtout l'argent...) des consommateurs vers n'importe quel film. Warner ont depuis longtemps compris cette stratégie, récidivant cette fois avec Exit Wounds.
Le principal supplément de cette édition est un documentaire d'une durée de 19 minutes couvrant de façon très large la production du film. Strictement promotionnel, ce segment alterne entrevues, séquences filmées en coulisse et images du films. Malheureusement, les entrevues sont inconsistantes (Steven Seagal a autant à dire dans la vraie vie que les " personnages " qu'il incarne dans ses films, c'est à dire très peu...), les scènes filmées en coulisse sont trop brèves, et les scènes du film sont d'un ennui mortel. Le seul intérêt de ce documentaire, aussi infime soit-il, réside dans les informations entourant les chorégraphies des scènes d'art martiaux.
Un autre segment de huit minutes est aussi offert, celui-ci s'attardant au comédien Anthony Anderson et à ses activités en coulisse. De son réveil le matin dans sa chambre d'hôtel jusque sur le plateau de tournage, une caméra capte les moindres faits et gestes de l'acteur durant une journée régulière de travail. D'un contenu plutôt limité , ce court segment se révèle à tout le moins intéressant pour l'aperçu qu'il donne d'un plateau tournage.
Vous retrouverez ensuite le vidéoclip de la chanson No Sunshine, interprété par DMX. Un aspect de ce vidéoclip retient particulièrement notre attention, à savoir la langage vulgaire de la chanson que l'on a censuré. A plusieurs reprises on remarque que certains mots ont été coupés, alors que les lèvres du chanteur remuent dans le vide! Étrange, d'autant plus que le film contient son lot de langage vulgaire, tout comme le documentaire d'ailleurs, dans lequel DMX ne se gêne pas pour dire tout ce qui lui passe par la tête.
L'attrait principal de cette édition DVD, film et suppléments confondus, réside probablement dans la courte mais efficace bande-annonce originale du film. Brève mais bourrée d'action, cette bande-annonce nous offre les meilleures scènes d'action du film tout en nous épargnant la stupidité des dialogues et des rebondissement.



Conclusion
En ne considérant que son aspect technique, cette édition peut constituer un achat fort satisfaisant. La qualité de l'image est excellente, alors que les bandes-son offrent un dynamisme impressionant. Les suppléments sont par contre un peu superficiels à l'instar du film lui-même d'ailleurs. Un film que les fanatiques invétérés de Steven Seagal apprécieront sûrement...



Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
1,5/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-08-20

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Exit Wounds

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
101 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Documentaires, vidéoclip et bande-annonce

Date de parution:
2001-08-31

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