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DVDEF

Battlestar Galactica (Season 1)

Critique
Synopsis/présentation
Une série de science-fiction profondément humaine avec un environnement qui ne ressemble pas à un caisson hyperbar tout juste désinfecté peut apparaître comme une bien étrange idée dans notre paysage audiovisuel stéréotypé. C'est pourtant un pari que Ronald D. Moore, vétéran de Star Trek (Next Generation et Deep Space Nine), Roswell et Carnivale, entres autres, et David Eick (Hercule : The Legendary Journeys) ont décidé de prendre en créant la version moderne de Battlestar Galactica.

Les réseaux télévisés étant des animaux a sang froid pas trop courageux le concept sera d'abord testé avec une mini série diffusée en décembre 2003 sur Scifi aux États-unis. Le succès sera au rendez-vous avec des taux d'écoute records et une rétention entre les deux parties de la mini série de plus de 100%, indiquant que la deuxième partie fût visionnée par plus de téléspectateurs que la première, là ou normalement un programme enregistre une attrition souvent drastique. Ce succès donnera naissance à Battlestar Galactica deuxième série du nom. La première saison, co-financée par la chaîne anglaise Sky One, sera dans un premier temps diffusée en Angleterre entre le 18 octobre et le 24 janvier 2005 avec, là encore, un succès énorme. La diffusion ne débutera que le 14 Janvier 2005 sur Scifi aux États-unis avec les deux premiers épisodes de la nouvelle série, 33 et Water. L'espace entre les deux diffusions aura pour conséquence une distribution systématique des épisodes par les téléspectateurs anglais sur les réseaux peer-to-peer malgré un appel pressant des créateurs au public américain à ne pas télécharger les épisodes (ça les a, bien sûr, stoppé tout net...). Cependant ce téléchargement massif semble plutôt avoir nourrit l'impatience des téléspectateurs et la très anticipée série débutera avec des taux d'écoute records pour Scifi.
Inspirée de la série culte de 1978, la nouvelle série est en fait une ré-imagination du concept originel avec cependant une vision totalement différente (voir la critique de la mini-série pour plus de détails). L'incarnation moderne de Galactica redéfinie totalement le genre du Space-Opera et met la barre très haut pour les futures productions fantastiques. Non seulement l'oeuvre est visuellement magnifique mais les scénarios ont du corps et les personnages ne sont pas de simples stéréotypes. Le premier épisode 33 reprend quelques heures seulement après les évènements de la mini série. On retrouve la flotte des survivants qui est en pleine crise militaire, elle fuit devant une flotte Cylons qu'aucune manoeuvre ne semble permettre de se débarrasser, les Cylons réapparaissant toutes les 33 minutes. Cet épisode donnera instantanément le ton d'une saison dans la plus pure lignée de la mini-série, le ton est dur, les personnages sont épuisés, sales et désespérés. C'est un démarrage en trombe, très sombre, aux antipodes des techniques habituellement utilisées pour les séries, loin sont les univers majoritairement sages et propres des décades télévisuelles précédentes. On apprend aussi que «Helo» (Tahmoh Penikett), le pilote qui a laissé sa place à Gaius Baltar (James Callis), a survécu sur Caprica. Celui-ci sera rapidement rejoint par Sharon «Boomer» Valerii (Grace Park) que les dernières secondes de la mini-série ont révélé être un des modèles de Cylon avec une apparence humaine. Leur survie sur la planète formera un des arcs principaux de la saison. Une autre copie de «Boomer» se trouve toujours sur le Galactica et semble ignorer son origine Cylon, on vivra la montée de ses doutes tout au long de la saison ainsi que ceux de son compagnon Tyrol (Aaron Douglas) qui se retrouve coincé entre ses propres doutes, ses sentiments et son devoir d'officier. Un autre arc sur le thème des relations Cylons/Humains est celui de Baltar et sa très belle amie Cylon imaginaire, «Six» (Tricia Helfer). Est-il fou ? Les Cylons lui ont-il implanté « Six » au sein de sa psyché d'une manière ou d'une autre ? Pourquoi ? Malgré quelques éléments de réponses en fin de saison, le mystère reste à ce jour entier. La présence de «Six» dans l'environnement mental de Baltar représente un stress non négligeable pour ce dernier dont il est fascinant de regarder l'évolution. C'est à partir des relations Sharon/Helo et Six/Baltar que quelques (minuscules) indices quant au plan global des Cylons pourront être glanés en fin de saison.

Les relations purement humaines ne sont pas en reste. La complexité des rapports de Adama (Edward James Olmos)avec son fils, Lee (Jamie Bamber), n'est égalé que par celle qui lie ce dernier à Laura Roslin (Mary McDonnell), la présidente de la flotte. Nommé conseiller militaire auprès de celle-ci, il va se trouver dans une position inconfortable ou sa loyauté se trouve tiraillée d'un côté comme de l'autre. Saul Tight (Michael Hogan), le premier officier connaîtra lui aussi son lot de problèmes lorsque sa femme (Kate Vernon), miraculeusement sauvée du massacre, réapparaîtra dans sa vie (Tigh Me Up, Tigh Me Down). On plongera aussi un peu plus dans le passé de «Starbuck» (Katee Sackhoff) et ses liens avec la famille Adama, les épisodes Act of Contrition et You Can't Go Home Again sont particulièrement centrés sur elle et font ressortir l'humanité (ie la fabuleuse capacité à faire des erreurs monumentales) des personnages de la série. Ronald D. Moore le confirme lui même dans ces commentaires, mis à part Gaius Baltar, les personnages ne sont pas la crème de la crème, l'élite des douze colonies, mais seulement ceux qui ont la chance inouïe de survivre à l'attaque Cylon. Le Galactica est un vieux vaisseau dont le destin immédiat était de devenir un musée, on met rarement un équipage d'élite dans un navire lorsqu'on l'écarte du service actif... Même Laura Roslin n'était que 42ième dans la liste de succession au siège présidentiel, bien loin des plus hautes sphères du pouvoir avant la catastrophe.

Les thèmes religieux amorcés dans la mini-série sont toujours présents, ils deviennent d'ailleurs rapidement un des aspects les plus importants de l'arc général. Le discours dérangeant de « Six » qui tente de convertir Gaius à la vision Cylon de l'univers et la lente transformation de Laura Roslin en moïse galactique donnent le sentiment d'assister à une guerre entre deux religions rivales. Les planètes mythiques, missions sacrées, naissances virtuelles et autres grossesses hybrides de fin de saison ne feront qu'exacerber ce sentiment.
Tout cela serait déjà bien pour une saison d'à peine 13 épisodes mais ce serait compter sans l'aspect politique de l'exode. Les premiers signes d'une crise politique se feront sentir dès le troisième épisode Bastille Day, ou un ancien terroriste idéaliste, Tom Zarek (Richard Hatch), organise une prise d'otages à bord d'un des vaisseaux de la flotte qui transporte des prisonniers. On retrouvera le personnage plus tard dans la saison à l'occasion de l'élection du Vice Président dans Colonial Day. On se rend lentement compte que la position de la présidente est loin d'être aussi assise qu'on aurait pu le supposer de prime abord. Ce volet semble, à priori, un peu rébarbatif, pourquoi cette humanité mortellement blessée s'encombre t-elle des artifices et jeux de la politique ? Est ce vraiment une bonne idée vu la situation ? Le problème est particulièrement posé dans Litmus où une enquête indépendante tourne au vinaigre. Il faudra en fait attendre l'épisode Pegasus de la deuxième saison pour avoir une réponse saisissante à cette intérogation.

Tous ces arcs s'entremêlent, interagissent, interfèrent et convergent finalement dans Kobol's Last Gleaming. L'épisode en deux parties clôturera la saison de façon plutôt explosive et laissera le téléspectateur sans voix, frustré et impatient de visionner la deuxième saison pour connaître le dénouement des différents arcs.
Fait exceptionnel pour une série de science fiction, Battlestar Galactica sera nominée pour deux Emmy Awards. La série gagnera aussi une nomination aux Visual Effects Society Awards et reportera le prix Hugo 2005 Best Dramatic Presentation - Short Form pour l'épisode 33.

Ronald D. Moore et David Eick nous offre un programme de qualité, Battlestar Galactica est une série intelligente, complexe et pleine d'humanité dont nous avons jusqu'ici à peine gratté la surface. Son visionnement est très vivement recommandé.


Image
Le coffret nous propose une vidéo au format 1.78 dans un transfert 16:9. La série étant filmée avec des caméras haute définition, il n'y a pas eu besoin d'interpositif et le matériel source peut être considéré comme parfait. Malgré ses excellentes conditions de production, l'image ne peut malheureusement n'être considérée que de qualité moyenne.

La définition est bonne mais sans plus, on constate un flou constant assez important qui n'était présent que pour les scènes à effets spéciaux sur le transfert de la mini-série. Les textures sont bien détaillées mais sans plus. La palette de couleurs est très compressée ce qui est normal pour cette série. On ne constate ni débordement ni blocage dans les dégradés. Cependant, le contraste et la luminosité sont en mode « grand public américain » c'est-à-dire trop élevé ce qui a pour effet de « délaver » l'image, phénomène particulièrement pénible pour les connaisseurs. Il existe des standards de calibration, peut-être qu'un stage de mise à jour s'impose pour une partie des personnes en charge des transferts pour Universal.
Un grain très important est par moment présent mais c'est en fait une volonté artistique et non un artefact de compression. Une très légère sur-définition de contour est perceptible sans être vraiment ennuyeuse.

On est très loin de la qualité de transfert à laquelle la mini-série avait eu le droit, il est absolument impossible que ce soit les même personnes qui aient travaillé sur les deux. Il est plutôt probable que ce soit la même équipe à laquelle on doit Earth 2 ou Cleopatra. Seule l'excellente qualité de matériel de départ sauve ce transfert. C'est extrêmement frustrant pour tout téléspectateur qui a vu la diffusion Haute Définition.


Son
La seule bande-son offerte dans cette édition est en langue anglaise au format Dolby Digital 5.1 avec les sous-titre en anglais pour sourd et malentendants et espagnol.

On recommence donc notre, maintenant traditionnelle, plainte : une fois de plus on constate l'absence totale de bandes sons ou même de sous-titres en français. Les unilingues francophones de région 1 vont finir par devoir faire le deuil du média DVD, tout au moins en ce qui concerne les séries. Le seul moyen d'obtenir satisfaction pour ces dernier devient l'achat de DVD en région 2, qui ont, eux, l'option du français (une option pas toujours optionnelle dans les DVD français d'ailleurs, faites attention...).
Pour ce qu'il en est de la bande son présente cette dernière est excellente. Très dynamique, elle s'étend bien dans l'espace. Une nette amélioration a été faite par rapport à la mini-série et le champ sonore est ample avec une très bonne séparation des différents canaux. La trame sonore est parfaitement intégrée et n'est jamais intrusive. Les dialogues sont beaucoup plus clair et naturels cette fois ci, aucune compression dynamique ne semble présente. Les basses sont belle et même si Battlestar Galactica est avant tout un drame il ne reste pas moins un nombre conséquent de scènes d'action où l'enceinte d'extrème grave aura l'occasion de donner toute sa puissance.

Cette bande son est sans discussion à la hauteur de nos attentes.


Suppléments/menus
Le nombre de suppléments contenu dans ce coffret est tout simplement ahurissant. Mis à part peut-être Lost et les coffrets de la BBC en Angleterre, aucune série n'offre autant de suppléments que cette première saison de Battlestar Galactica. Ce n'est pas moins de dix commentaires, 46 scènes coupées totalisant 48:27 mins, un documentaire d'introduction, une galerie de sketches et 8 documentaires de production qui sont proposés. Il faudra noter cependant que la majorité de ces suppléments sont disponibles gratuitement sur l'Internet mais pas avec la même qualité d'image ou de son.
Le coffret contient la mini-série et son commentaire mais pas les suppléments que contenait le DVD de celle-ci, ceux qui l'ont acheté lors de sa sortie ne seront donc pas trop déçus de son achat.
Les autres commentaires se repartissent ainsi : 33 est commenté par les producteurs exécutifs Ronald D. Moore, David Eick et le réalisateur de l'épisode et de la mini-série Michael Rymer.
Bastille Day et Act of Contrition sont commentés par Ronald D. Moore et David Eick.
You Can't Go Home Again, , The Hand of God, Colonial Day ainsi que les deux parties de Kobol's Last Gleaming sont commentés par Ronald D. Moore. Les cinq derniers commentaire sont en fait les podcast disponibles sur le site de scifi. Moore est manifestement un bavard, il aime parler de son oeuvre et est très agréable à écouter. Sa capacité à rester clair tout en jonglant les clins d'oeil aux fans, les petites anecdotes drôles, les détails de la production, des scénarios etc. est totalement sidérante ! Il ne se perd jamais dans son discours qui toujours limpide et compréhensible. Ses compagnons sont tout aussi à l'aise et heureux de parler. Agréables et informatifs, ces commentaires sont une écoute obligatoire pour tout fan qui se respecte.
Le reste des suppléments est regroupé sur le dernier disque.
Les scènes coupées n'ont rien à envier aux commentaires. On compte 46 scènes, classées dans l'ordre des épisodes qui sont identifiés, parfait. L'ensemble de 48:27 mins est extrêmement intéressant surtout après avoir écouté les commentaires qui y font souvent référence plus ou moins directement. Le visionnement est de rigueur.
Battlestar Galactica : The Series Lowdown est un documentaire d'introduction à la série originellement diffusé sur Scifi Channel.
Les huit autres documentaires font partie d'une série de douze disponibles sur le site de Scifi. Pourquoi le coffret ne contient-il pas l'ensemble de cette série de documentaire est tout simplement incompréhensible...
-From Miniseries to Series revient sur les choix des créateurs de la série.
-Change is Good, Now They're Babes : Starbuck et Boomer sont devenues des femmes, réactions et commentaires des actrices et des créateurs.
-The Cylon Centurion : un documentaire sur le design des Cylons.
-Future/Past Technology ou comment obtenir cette impression de réalisme qui caractérise la série.
-The Doctor Is Out (Of His Mind) : Baltar est-il fou ? Manipulé par les Cylons ? Les deux ?
-Production, Visual Effects et Epilogue : est-il vraiment nécessaire de vous faire un dessin ?
L'offre est complétée par une excellente galerie de sketches de grande qualité et par la réintégration de la deuxième partie du générique qui, comme Space 1999 à l'époque, nous offre quelques rapides coup d'oeil sur l'épisode qui suit, le tout accompagné d'une ligne de percussion des plus saisissante. Seul le publique anglais avait pu en profiter jusqu'à maintenant. Le générique anglais de 33 dont la musique est différente (et meilleure) est disponible dans les scènes coupées.
Tout cela serait absolument parfait si le format 1.78 n'était pas accompagné d'un transfert 4:3. Une fois de plus les propriétaires d'écrans larges vont devoir jouer du zoom ou profiter d'un festival de bandes noires. Le coffret offre une vidéo 16:9, pourquoi nous infliger des suppléments en 4:3 ? C'est parfaitement débile !
Un détail notable qui gâche beaucoup le plaisir du coffret est un flou très prononcé sur tous les menus du coffret. Là aucune explication n'est possible autre qu'un je m'en foutisme total de l'équipe technique, pas fort...
Malgré ces détails énervants il faut reconnaître que la valeur des suppléments est très élevée, c'est certainement les meilleurs boni qu'Universal ai offert à ce jour dans un coffret saisonnier.



Conclusion
En l'espace d'une poignée d'épisodes, les créateurs de Battlestar Galactica ont réussi leur pari, ils ont redéfini la science-fiction au petit écran. La série attire les téléspectateurs que ceux-ci soient ou non fan de fantastique, un genre que certains ne toléraient que marginalement avant. Le drame est poignant, les personnages sont dans une situation tellement désespérée qu'on ne peut s'empêcher de les encourager mentalement.
Le coffret de DVD, lui, ne déclenchera pas les même vagues d'enthousiasme si vous êtes francophone unilingue, ne vous fatiguez pas avec celui-ci, il n'a absolument rien a vous offrir, passez allègrement sur cette édition. Pour les autres quelques détails sont énervant : le transfert est bon sans être excellent et ce malgré un magnifique matériel de départ, les suppléments sont nombreux et d'excellente qualité mais la plupart sont en accès libre sur l'Internet sur le site de Scifi Channel, en fait il y en a plus sur le site Internet...
Ce coffret saisonnier n'est pas en soit une mauvaise édition mais l'ensemble des petites vexations viennent frustrer l'acheteur, d'autant que le prix n'est pas des plus bas pour une saison de 13 épisodes.
Pour être honnête la valeur de cette édition tient plus dans la qualité de la série elle-même que dans la qualité du produit offert ici. Pour le fan branché qui aurait le DVD du pilote, un accès à l'Internet et une sauvegarde de la diffusion haute-définition, l'achat de ce coffret ne serait que de bien peu de valeur ajoutée, pour les autres c'est l'occasion de découvrir une excellente série dont la troisième saison vient tout juste d'être confirmée.


Qualité vidéo:
3,7/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,9/5
Auteur:

Date de publication: 2005-10-14

Système utilisé pour cette critique:

Le film

Titre original:
Battlestar Galactica

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
756 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
5 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Espagnol

Suppéments:
Commentaires, Galleries, scènes coupées, documentaires.

Date de parution:
2005-09-20

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