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DVDEF

Deer Hunter, The (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Michael Cimino qui n’avait alors realisé qu’un film de qualité, Thunderbolt and Lightfoot (Le canardeur, 1974 avec Clint Eastwood et Jeff Bridges), mais beaucoup plus classique et “léger” quer ce Deer Hunter qui va le propulser au sommet artistique et émotionnel de l’année 1978.
Il n’a malheureusement pas eu la possibilité de continuer sa carrière sur cette sublime lancée puisque son œuvre suivante, Heaven’s Gate (1980) encore plus ambitieuse et complexe a été l’une des plus grandes débandades financières de l’histoire du cinéma qui l’a littéralement coupé dans son élan créatif.
Par la suite s’il réalisera encore deux films vraiment intéressants The Pope of Greenwich village (1984) et Year of the Dragon (1985) et d’autres qui le sont vraiment moins, il ne retrouvera jamais l’étincelle de génie qui fit de The Deer Hunter une œuvre aussi marquante et indispensable.

On y suit la vie d’une groupe d’amis inséparables au sein d’une communauté soudée du centre des Etats-Unis alors que le départ volontaire de trois des amis, Michael (Robert de Niro), Nicki (Chrsitopher Walken) et Steven (John Savage), va totalement bouleverser la vie de la communauté. Leur amitié et leur liens seront mis à très rude épreuve lors du conflit et surtout lors des tortures (physique et psychologique) auxquelles ils seront soumis. Malgré le retour de Michael plus rien ne sera jamais pareil et la communauté devra se recentrer sur ses rites fondateurs pour trouver la force de continuer à vivre.

La grande force de Cimino sur ce film est d’avoir adopté une narration et une angle d’attaque totalelement différent de ce qui s’était fait jusqu'alors sur ce type d’œuvres.
En effet, la guerre elle même ne tient qu’une place totalement minimaliste dans le film et ce sont les personnages eux même qui sont toujours le centre de l’action et non le conflit. De même la narration est loin d’être conventionnelle par son abondance d’ellipses etonnantes demandant une grande implication du spectateur et de l’absence de démonstration évidente qui pourra déconcerter plus d’un spectateur.
Les personnages sont tous remarquablement déssinés en quelques plans mais leur msytére reste entier et aucun didactisme ne viendra jamais (comme il est très souvent de rigueur dans le cinéna nord-americain) détailler au spectateur l’état d’esprit et les souffrances des personnages. Ce même spectateur devra donc faire le travail par lui même et cela est facilité par les longues plages « contemplatives » ménagées par le cinéaste.
Ces moments d’observation de la communauté (la soirée du mariage, sortie de l’usine, cérémonie, fête puis la chasse) ne font pas avancer la narration en elle même mais permettent a Cimino de dresser un portrait absolument remarquable de justesse de cette communauté soudée.
Il insiste de façon très juste et touchante sur les nombreux rituels qui permettent justement de cimenter les individualités (quel que soit leur age et leur personnalité) autour d’ »habitudes » communes significatives. Et Cimino ne fait à aucun moment de démagogie et décrit des être complexes avec leurs félures et leurs défauts. Il évite tout manichéisme grace a une mise en scène magnifique sachant donner la part belle aux personnages mais aussi à la nature, mise en scène qui malgré sa compléxité sait rester discrète et ne jamais prendre le pas sur le sujet.

Une certains étrangeté se dégage du film au sens ou au premier abord il paraît totalement réaliste dans son traitement mais pourtant au final il n’en est rien.
En effet Cimino parvient a un mélange rare et subtil de naturalisme dans ce qu’il montre mais dans le même temps de distortion des évènements au profit de son récit ou plus précisément de ce qu’il souhaite communiquer a travers son œuvre.

Ainsi il ne se contente pas d’observer seulement ses personnages mais glisse de nombreux signes et symboles récurrents et ce tout au long du film qui combiné a ces fameuses ellipses abruptes et moment « en creux » dessinerons le vrai sujet du film.

A nos yeux, l’amitié et sa résistance à la mise à mal ultime que représente un conflit guerrier est le véritable sujet du film. Comment trois individualités plus particulièrement et celles qui leurs sont connectées par extension vont réagir de façon différente aux même expériences.
L’absence des fameux rites et de la présence chaleureuse de la communauté va faire que Michael, Nick et Steven vont proprement se révéler a eux même durant les épreuves atroces qu’ils vont traverser. Et le contraste entre la partie au vietnam et celle du début est d’autant plus fort que le lien apparamment si puissant qui les unissait semble ici bien peu efficace.

Lorsque Michael retourne chez lui il se sent logiquement exclu de la communauté et la seule chose qui pourra lui permettre d’a nouveau la réintégrer (et par la même une certaine sécurité) sera pour lui d’aller chercher ses deux amis et recomposer leur trio de base. En se retrouvant face à lui même il a certes survécu mais à perdu ce qui lui donnait sa raison de vivre.

A son retour, la vie au sein de la communauté qui etait si chaleureuse au début lui paraît bien froide et il n’aura de cesse de tenter de recomposer le bonheur initial. Mais ce faisant la communauté elle même va subir ses malheurs.
Et c’est la tout le sens de la fameuse scène finale si décriée à l’époque pour sa propagande apparente. En effet, le fait que les personnages arrivent a ressouder leur liens autour de l’hymne américain entonné ensemble ne nous apparaît comme nullement pro-américain mais au contraire comme un rite habituel qui semble le dernier qui leur reste, la désillusion liées aux années de conflit ayant détruit l’aspect « idyllique » qui régnait auparavant.

Le chant patriotique est désenchanté et tristement scandé, débarassé de sa ferveur justificatrice du conflit et utilisé pour ce qu’il est au départ, un élément fondateur (le ciment d’une nation) et non pour ce que ses paroles signifient.

La sublime photographie de Victor Zsgismond, la non moins réussie et émouvante musique de Stanley Myers et le talent incroyable des acteurs sont des qualités que Cimino a su utiliser au mieux, intégrer au sein du film avec ses propres apports dans un mélange d’une homogénéité qui fait tout le prix de cette œuvre que l’on peut a notre avis qualifier d’unique en son genre (même si elle est souvent considérée comme un « simple » film de guerre alors justement que le conflit n’en est qu’une des nombreuses composantes).

Voici donc une œuvre dure, complexe et marquante qui n’a pas pris une ride au fil des années et dont le témoignage semble plus que jamais d’actualité, non pas au niveau historique mais humain.
Si nous ne partageons pas toutes les vues de Cimino, force est de reconnaître son intelligence, sa finesse d’analyse et sa maitrise alors magistrale de tous les éléments cinématographiques.
Il y a beaucoup d’autres choses à dire sur ce film mais l’a n’est pas le point de cette « chronique » et nous recommandons seulement de ne pas montrer ce film a des enfants trop jeunes ou non préparés psychologiquement car son style particulier et son intensité fait qu’il a souvent un impact durable sur ses spectateurs.



Image
L’image est proposée au format 2.35 :1 d’origine d’après un transfert 16:9.

La définition générale est de très bon niveau. L’interpositif est très propre et seuls quelques rares et discrets points et traits sont a déplorer. A nouveau comme sur la plupart des films de cette époque certaines scénes présentent un grain assez important qui ne s’avère pourtant jamais gênant.
Les couleurs sont remarquablement gérées et rendent totalement honnneur à la sublime photographie de Vilmos Zsgimond. Elles sont justes, naturelles, constantes et parfaitement saturées. Le contraste est très bien géré et évite toutes les brillances.
Les scènes sombres du film sont remarquablement rendues, grace à des noirs vraiment purs et profonds. La partie numérique est quasiement exempte de défauts et seules certaines scènes ou de la brume ou des nuages sont présentes montrent de légères traces de défauts de compressions. Cela n’est jamais vraiment gênant et pour autant que nous puissions en juger nous semble autant du aux pellicules utilisées à cette époque qu’a la compression elle-même.

Un transfert de toute beauté qui rend enfin justice aux splendeurs visuelles de ce film magnifique qui vient réparer les défauts importants des précédentes éditions.




Son
Les deux bandes-son offertes sur cette edition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1) et Anglais (Dolby 2.0 stéréo).

La bande-son multicanal offre une belle dynamique même si elle est évidemment en retrait par rapport a celle de bandes-son plus récentes.
Sa présence et sa spatialité sont aussi d’un bon niveau pour un remixage sans toutefois atteindre la qualité des meilleurs remixages.
La musique est fort bien rendue sans limitations audibles aussi bien dans le bas que le haut du spectre.Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont peu utilisées mais toujours de façon intelligente. Le rendu de la musique et les effets sonores de la partie au vietnam en bénéficient vraiment.
Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles sauf lorsque l’action de la scène (et le rendu réaliste voulu par les ingénieurs du son à l’époque ) les recouvre. Par ailleurs les traces de parasites ou distortions ne sont audibles qu’a volume très élevé ce qui n’est pas du tout nécessaire pour le visionnage d’un tel film.
Les basses fréquences savent se faire entendre lorsque l’action l’exige et apportent une assise appréciables au rendu musical.

La bande-son en stéréo est elle aussi de belle qualité mais du fait même de son format peine a rivaliser avec son homologue multicanal. Cependant elle offre les même qualités sonores et pour une fois n’a pas été incluse tel quel sans remixage et cela est suffisamment rare pour le souligner.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Franças et Espagnol.

Une bande-son de qualité qui est moins performante que l’image mais remplit tout a fait son office et permet d’apprécier le film dans des conditions presque idéales et largement supérieures à ce qu’ offfrait les anciennes éditions.



Suppléments/menus
Un ensemble décevant malgré des qualities certaines et ce en raison de la presence d’un deuxième DVD qui laissait présager du meilleur.

Le commentaire audio présent sur le disque du film est de Vimos Zsigsmond (directeur photo) et Bob Fisher (journaliste). L’accent très marqué de Zsigsmond rendra sans doute ce commentaire complexe à « déchiffrer » par certains mais son intérêt en vaut la peine. En bon journaliste Fisher dirige le commentaire en posant des questions pertinentes a Zsigsmond qui nous offre des informations techniques passionnantes mais replace également le film en perspective et nous explique son travail avec Cimino mais aussi pourquoi il lui tient tant à cœur.
Il est cependant vraiment regrettable que Michael Cimino lui même n’ai pas participé a ce commentaire tant la structure si particulière de son film et ses nombreuses zones d’ombres aurait appelé a des explications de sa part.

Le second disque comme nous le disions est un de nos plus grosses déceptions de critiques de DVD.
Il ne contient en effet que 16 minutes de scènes coupées ou étendues sans aucun commentaire quel qu’il soit mais de qualité correcte, une bande-annonce d’époque de qualité atroce et quelques notes de productions trop courte et présentées en écran fixe.

Le boitier qui ressemble a un livre est du plus bel et les menus animés sont du plus bel effet mais la forme nous semble tout de même moins importante que la substance, ce qui ne semble pas le cas des responsables du secteur DVD de la Universal.

Nous sommes donc vraiment tristes que la Universal n’ait pas juge bon de réaliser un vrai documentaire sur ce film magistral et important qui appelle tant au commentaire et encore une fois l’appelation de Special Edition est totalement usurpée, d’autant plus que la dernière édition en Zone 2 propose quand à elle des suppléments beaucoup plus nombreux et passionnants (alors qu’il y a seulement deux ans les dvd de la Zone 1 surpassait presque toujours leurs homologues européens).






Conclusion
Une édition aux qualités audio et vidéo vraiment convaincantes malheureusement gachée par des supplements décevants alors qu’avec un effort de ce côté la il aurait été aisé pour l’éditeur d’offrir l’édition définitive concernant ce film.
Néanmoins nous conseillons vivement cet achat pour les qualités audio et vidéo enfin dignes de cette œuvre remarquable même si a nouveau le contenant est plus soigné que le contenu au niveau des suppléments.

The Deer Hunter reste une œuvre toujours aussi intense et impressionnante malgré les années et cela grace au talent de Cimino, de ses acteurs et ses techniciens.
Le film à même pris une ampleur supplémentaire avec le recul des années et semble un témoignage d’autant plus juste sur la réaction d’une communauté soudées face aux atrocités d’un conflit guerrier même lointain.



Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
2,8/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2005-11-07

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Deer Hunter, The

Année de sortie:
1978

Pays:

Genre:

Durée:
184 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, scènes coupées, bande-annonce

Date de parution:
2005-09-06

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