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DVDEF

Oldboy

Critique
Synopsis/présentation
Oh Dae-Su, un jeune père de famille Coréen, est enlevé après une soirée particulièrement arrosée qu'il a terminé au poste de police. Il se retrouve enfermé dans ce qui a toute les apparences d'une chambre d'hôtel minable, sans savoir pourquoi il a été enlevé. Après un an captivité, il apprend le meurtre de sa femme à la télévision, et qu'il en est le suspect numéro 1. Après plusieurs tentatives de suicide, et après 5 ans de captivité, Oh Dae-Su commence à s'entraîner pour se venger. Ce n'est que 15 ans après son enlèvement, alors qu'il s'apprêtait à s'évader, qu'il est libéré juste après qu'une mystérieuse hypnotiseuse soit venue lui rendre visite.

Sa détermination à trouver celui qui lui a fait cela est intacte, même si l'homme qui l'a fait enlever semble jouer au chat et à la souris avec lui. Dès sa libération, Oh Dae-Su fait la rencontre de Mido, chef dans un restaurant japonais, et tombe assez vite amoureux d'elle. Après avoir retrouvé l'endroit où il a été détenu, et avoir rencontré le mystérieux Evergreen, qui a commandité son enlèvement et sa détention, il se retrouve face à un ultimatum. Il a 5 jours pour trouver pourquoi on lui a fait ça.

OldBoy est le second film de la trilogie de la vengeance du réalisateur Sud-Coréen Chan-Wook Park, après Sympathy For Mister Vengeance, qui doit sortir prochainement en DVD dans nos contrées, et avant Sympathy For Lady Vengeance, qui est en cours de production. Ce film a obtenu, entre autres, le Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2004, ce qui est totalement mérité.

Le thème principal du film est bien sûr la vengeance. La vengeance d'Oh Dae-Su, qui en veut mortellement à Evergreen d'avoir ainsi volé 15 ans de sa vie, mais aussi la vengeance d'Evergreen, qui a fait cela pour une raison qu'on n'apprend que tard dans le film. Un tel thème appelle bien évidemment la violence. S'il y a en effet beaucoup de violence graphique dans le film (et notamment l'inoubliable scène de combat dans le couloir, filmée à la façon d'un jeu vidéo), elle n'est rien vis à vis du malaise que l'on ressent dès le début.

Assez rapidement, en effet, on sent qu'il se passe quelque chose de malsain, sans que l'on sache trop quoi. Cette impression ne fait qu'augmenter pendant que les tenants et les aboutissants de l'histoire nous sont peu à peu révélés, et lorsque la vérité éclate enfin, elle s'avère de nature à couper le souffle des plus blasés.

Le scénario, original et passionnant, adapté d'un manga japonais, est servi par une réalisation hors pair. Les cadrages sont ciselés, et le découpage frise la perfection, le rythme du film étant absolument parfaitement adapté à la révélation au compte-gouttes des nombreuses surprises que recèle cette bien étrange histoire. Si cerains moments de la romance entre Oh Dae-Su et Mido sont rendus d'une manière qui rappelle presque Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (les couleurs employées ne sont pas absentes à cette analogie), les scènes de torture et de mutilation qui leur succèdent en sont assez radicalement éloignées, le contrate participe alors au malaise du spectateur.

Les acteurs nous offrent aussi une performance très solide et consistante, les trois acteurs principaux, Min-Sik Choi (Oh Dae-Su), Ji-Tae Yu (Lee Wu-Jin) et Hye-Jeong Kang (Mido) rendent parfaitement la très large palette d'émotions (colère, folie, amour, haine) ressenties par leurs personnages. Les acteurs qui tiennent les seconds rôles offrent eux aussi des performances très crédibles.

Ce film est donc un véritable chef d'oeuvre, qu'il ne faut manquer sous aucun prétexte, même s'il s'avère assez dérangeant. Les cinéphiles lassés du manque d'inspiration consternant des films hollywoodiens de ces dernières années trouveront là une raison de plus d'aimer le cinéma venu d'Asie. Ce film va d'ailleurs prochainement faire l'objet d'un remake (encore une belle preuve du total manque d'imagination et de la peur viscérale du risque qui règne à Hollywood) par les studios Universal. Un remake Bollywoodien, Zinda, est aussi en production.


Image
Le film est proposé au format respecté de 2.35:1, d'après un transfert optimisé 16:9.

La photographie de ce film est une de ses grandes forces. La collaboration entre le réalisateur Chan-Wook Park et le directeur de la photographie Jeon-Hung Jeong s'est avérée très fructueuse, et le résultat est d'une grande beauté. Le film a été entièrement développé en utilisant un procédé appelé bleach bypass, qui donne à la fois de hauts contrastes et une saturation réduite des couleurs. Ce procédé, très à la mode, est utilisé ici de façon totalement maîtrisée, grâce notamment à un travail adapté et très pointilleux de la lumière, et le rendu final participe énormément à l'atmosphère particulière du film.

Le transfert offert sur cette édition rend justice à ce très beau travail. La définition est très bonne, les détails et textures sont fort bien rendus. Le grain apparent renforce l'aspect cinématographique à l'ensemble, et les niveaux vidéo sont impeccables. Le contrate et la brillance (niveau des noirs), ainsi que la chroma sont impeccables, ce qui était absolument crucial afin de rendre la palette très particulière, à la fois désaturée et riche, de ce film.

Au niveau numérique, la compression est bien maîtrisée. Aucun parasite de type macrobloc ne vient gêner le visionnement, et les fourmillements, s'il y en a, sont complètement perdus dans le grain du film. Par contre, la surdéfinition des contours est assez franchement exagérée, ce qui est très dommage et nuit au rendu cinématographique en donnant un aspect un peu trop "vidéo" à certains planc.


Son
Cette édition propose la version originale du film en Dolby Digital 5.1 et DTS, ainsi que le doublage anglais en Dolby Digital 5.1. Des sous-titres anglais et français sont proposés. C'est la version coréenne DTS qui est le sujet de cette critique.

La dynamique et la présence offertes par cette bande-son multicanaux sont d'un très bon niveau, même si bien évidemment on est lion des délires tonitruants de certains films d'action. L'ensemble s'avère assez subtil, et la scène sonore se déploie principalement sur les enceintes avant. Les canaux d'ambiophonie sont mis à contribution de façon assez discrète mais toujours réaliste, et les effets de transition sont eux aussi fluides et réalistes.

Les différents éléments composant cette bande sonore bénéficient d'une belle intégration. Les dialogues sont toujours réalistes et intelligibles. Les effets sonores, qu'il s'agisse d'effets d'ambiance ou de bruits plus percutants, sont très réalistes et bien rendus. Quand à la trame sonore, composée de morceaux électroniques et d'autres plus classiques, elle fait preuve d'une belle profondeur et d'une haute fidélité.

Les basses fréquences sont présentes, là encore sans exagération, et soutiennent agréablement la musique et les effets sonores les pllus percutants. L'utilisation du canal d'infra-graves s'avère judicieuse et subtile.


Suppléments/menus
Les suppléments proposés sur ce disque DVD, s'ils ne sont pas en nombre affolant, sont par contre très judicieux. Nous avons droit à un commentaire du réalisateur et du directeur photo, des scènes coupées, une galerie et une bande-annonce. Les commentaires en coréen sont sous-titrés en anglais uniquement, seul le film bénéficiant de la piste de sous-titres en français.

Le commentaire audio, de Chan-Wook Part et Jeon-Hung Jeong, ravira les amateurs de techniques qui sauront passer par-dessus le ton quelque peu monocorde des deux compères. La photographie, la lumière et le découpage sont en effet les principaux sujets de celui-ci, qui s'avère très intéressant.
Les scènes coupées, au nombre de 8, sont proposées avec un commentaire optionnel de Chan-Wook Park, qui explique pourquoi elles ont fini sur le sole de la salle de montage plutôt que dans le découpage final. Là encore, un supplément passionnant pour les férus de découpage et de rythme narratif.
Les deux autres suppléments sont plus standards, il s'agit d'une galerie de photos (un peu petites) et de la bande-annonce de l'édition Tartan Video (qui sert de base à la présente édition).

Il est tout de même regrettable que les documentaires présents sur l'édition en Zone 2, qui faisaient l'objet d'un second disque, ne soient pas présents sur cette édition.



Conclusion
OldBoy est un chef d'oeuvre du cinéma asiatique, quoi prouve de belle façon que la Corée du Sud n'a absolument rien à envier au Japon et à la Chine en ce qui concerne la qualité et l'originalité de la production cinématographique. Cette édition offre une qualité technique très honorable (même si on aurait préféré moins de filtrage inutile sur l'image), et des suppléments fort intéressants dans l'ensemble. Il s'agit donc d'un achat chaudement recommandable, même si on est loin du luxe du coffret dont a pu bénéficier le public Français.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,4/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2005-12-28

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Panasonic PT-L500U, écran 92'' fait maison screen Goo, Lecteur DVD LG DV7832NXC (sortie composantes 1080i), HTPC (Athlon64 3000+, Radeon 9600 pro, connectique DVI, M-Audio Revolution 7.1, WinDVD, Media Portal), Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8), câbles Acoustic Research

Le film

Titre original:
Oldboy

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
115 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Atlantis

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Coréenne Dolby Digital 5.1
Coréenne DTS
Anglaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Commentaire du réalisateur et du directeur photo, Scènes coupées, Bande-annonce, Galerie

Date de parution:
2005-10-11

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