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DVDEF

Film Noir Collection, The (Volume 2) (Crossfire / Clash by Night / Dillinger / Narrow Margin, The / Born to Kill)

Critique
Synopsis/présentation
Voici donc le deuxieme coffret de la collection Film Noir Classic Collection qui propose 5 œuvres plus ou moins directement liées au genre pour le plus grand plaisir des amateurs.
Le seul film dont nous contestons partiellement la légitimité dans ce coffret est Dillinger qui est clairement un film de gangster dont seuls quelques élément visuels peuvent le lier au genre film noir, même si encore une fois les frontières de ce type sont difficiles à définir et peuvent vraiment varier d’un individu à l’autre.
Nous allons donc vous proposer une petit commentaire sur chaque œuvre (de meilleur au plus décevant selon notre appréciation personnelle) plutôt qu’une appréciation d’ensemble tant chaque film à son intérêt.

The Narrow Margin de Richard Fleischer est une oeuvre absolument impressionnante de par sa gestion du suspense et sa capacité à maintenir un rythme absolument effréne tout au long de ses 71 minutes.
On y suit l’histoire devenue depuis un classique récurrent du film policier, d’un policier «accompagnant » un témoin capital poursuivi par les hommes de main de l’organisation qu’il doit dénoncer. Fleischer y démontre une maitrise totale de tous les éléments cinématographiques qui lui permet d’offrir des scènes d’une fluidité incroyable alors qu’elle sont filmées à l’intérieur même d’un train.
Il s’agit d’un des « thriller » les plus haletants qui soit ou tout est millimétré et controlé au plus prés ou certes les personnages ne sont pas au premier plan mais leur actions sont en permanence imprévisibles et surprenantes et leur morale constamment ambiguë. Et c’est ce dernier élément ainsi que son style visuel nerveux et tout en contraste qui lie directement le film à la tradition du film noir. Charles Mc Graw campe un policier entété et inflexible et Marie Windsor une femme fatale et vraiment « garce » à souhait qui forment un couple forcé des plus déléctables pour ce suspense mené a grande vitesse par un réalisateur trop souvent sous-estimé alors qu’il mériterait une reconnaissance beaucoup plus importante comme le prouve la qualité de cette œuvre (et l’influence indéniable qu’elle eu, notamment sur William Friedkin qui en assure le commentaire audio).






Clash by night de Fritz Lang est une autre réussite du maitre même si elle est moins directement impressionnante et visuellement flamboyante que d’autres de ses œuvres américaines. On y suit l’histoire d’un homme fonciérement bon et gentil qui prend le risque de se marier a une femme qu’il sent ambiguë. Son amour pour elle l’aveugle et il ne s’apercevra que tard que son soi disant meilleur ami et sa femme filent un amour coupable sous son propre nez .
En grand observateur de la nature humaine qui adapte un drame théatral déjà fort bien écrit du grand Clifford Odets, Lang signe ici une œuvre d’une justesse impressionnante et ne cherche jamais a amplifier à l’extréme les sentiments humains comme c’est souvent le cas dans le film noir mais au contraire colle au réalisme en permanence.
La fatalité générale est l’élément qui le relie le plus directement a la tradition du film noir de même que la photographie à la fois naturaliste et stylisée. Mais c’est principalement la mise en scène incroyablement adapté à son sujet de Lang qui fait tout leb prix du film. Ces qualités sont discrètes mais pour qui prend le temps de s’y pencher, se révèlera alors un calcul sur chaque plan qui devient alors aussi « parlant » que l’histoire elle même ou les dialogues.
A noter également une interprétation générale de qualité, particuliérement de Barbara Stanwyck dans un rôle complexe et des débuts agréables de Marylin Monroe.

Crossfire d’Edward Dmytryk est un excellent polar social qui est officiellement le premier à traiter du thème de l’antisémitisme à Hollywood. Certes le cœur du film est le suspense et l’enquête policière mais il faut bien avouer que la tirade de l’inspecteur sur l’antisémitisme et plus précisément sur la tolérance est toujours efficace des années après.
La mise en scène de Dmytryk est plus traditionnelle du film noir (notamment dans son usage d’une photo très contrastée) et moins ouvertement réussie que celle des deux films traités plus haut. Et cette fois-ci ce sont surtout un scénario bien ficelé même si parfois assez previsible , et surtout l’interprétation remarquable des trois Robert, Mitchum, Ryan et Young qui font de ce film une réussite certes mineure mais très agréable à suivre.



Born to Kill de Robert Wise est une oeuvre trés curieuse, alternant le meilleur (les deux personages principaux et des themes osés et traits ouvertement pour l’époque) avec d’autres éléments plus conventionnels (certains passages de mise en scène et des personnages trop « flous »). C’est clairement le film le plus directement lié au film noir du coffret et l’amoralité de ses personnages en fait un régal de noirceur et de méchanceté. Ses dialogues brillants et constamment signifiant de sous entendus osés en font une œuvre particulièrement plaisante de ce côté la. Si Wise démontre toujours une maitrise de son métier lors de certaines scènes brillantes et inquiétantes (les meurtres et globalement tout le début du film) se montre beaucoup moins inspiré lors de certains autre passages qui paraissent plus empruntés.
Voici donc une œuvre très intéressante même si non exempte de défauts par ailleurs remarquablement interprétée par Claire Trevor qui compose une « femme fatale » différente du cliché habituel et une performance truculente de l’excellent Wlater Slezak. Reste de le cas de Lawrence Tierney dont nous parlerons dans la chronique suivante.



Dillinger de Max Nosseck est le film clairement le moins réussi du lot et celui le moins « à sa place » dans un coffret film noir. En effet, il s’agit d’un film de gangster typique dont seul l’esthétique et la photographie peuvent le lier au film noir. La mise en scène trop timide et classique Max Nosseck ne peut absolument pas tenir la comparaison avec celle des autres films du coffret . De même si le scénario n ‘est pas inintéressant, il est bourré d’éllipses douteuses et confuses qui rendent le film souvent incohérent.
Reste l’interprétation extrémement intense de Lawrence Tierney qui peut diviser. Il est certainement un acteur impressionnant par sa conviction et son apparence vraiment menaçante dans ce film comme le précédent mais son manque de nuance et ses expressions limitées en font un acteur trop monolothique. Cependant comme expliqué dans le commentaire audio de Born to kil, l’homme lui même etait très physique et rude, très proche de ses personnages, ce qui change considérablement l’appréciation de ses performances.

Voici donc un ensemble de très haute volée, passionnant et littéralement indispensable pour tout amateur de film noir qui se respecte et que nous vous conseillons vivement.





Image
Les films sont tous proposés dans leur format initial de 1.33:1 d’aprés des transferts 4:3.

Nous ferons une seule chronique pour tous les films car les divers transferts malgré des niveaux de qualité présentent tous les même types de défauts.
Dans l’ensemble, les définitions générales sont de bons niveau, d’assez incroyable pour son époque pour The narrow margin, a correcte pour Crossfire. Des fluctuations sont logiquement inévitables et tous les transferts présentent a un moment ou un autre sans pour autant que cela ne devienne jamais vraiment gênant surtout lorsque l’on considère l’age des films.
Les interpositifs présentent tous des traits, points et griffures en plus (Born to kill et le début de Clash by Night) ou moins (The narrow margin) grande quantité mais qui reste toujours momentané et ne s’avèrent jamais vraiment gênants. De même le grain revient de façon plus ou moins insistantes sur tous les films, s’avérant parfois vraiment important (les gros plans de Dillinger, certains passages en extérieur de Clash by night) mais a nouveau suffisamment limité en terme de longueur pour ne pas déranger plus que cela.
Les contrastes sont tous de très haut niveau (particuliérement celui de Narrow Margin et Clash by Night) et évitent toutes les brillances.

Les très nombreuses scènes sombres des divers films (qui ne sont pas classés dans les films noirs pour rien) offrent toutes un rendu d’excellente qualité notamment grace a des noirs de profondeurs vraiment surprenantes (leur pureté pouvant etre parfois entaché selon les scènes mais tjs d’un niveau plus que correct surtout au vu de l’age des œuvres) et ce sur tous les transferts (The narrow margin et Born to kill étant les plus impressionnants dans ce domaine).
De même le rendu de l’échelle des gris est généralement superbe, ce qui est primordial pour de telles œuvres dont la photographie joue généralement principalement sur toutes les nuances possible (Dillinger s’avère particulièrement réussi dans ce domaine).

En ce qui concerne les divers traitements numériques appliqués au film, la Warner à soigné son travail puisque nous n’avons décelé aucun défaut artificiel qui ne vaille la peine d’être relevé.

Des transferts qui sont donc loin d’être parfaits mais qui offrent tous des qualités générales surprenantes malgré leur age et surtout au vu de l’absence évidente de remasterisation poussée de la part de la Warner (relativement compréhensible au vu du prix du coffret). Certes a plusieurs reprises vous vous trouverez face a certaines scènes au rendu endommagé (délavé, flou ou très granuleux) mais cela est largement excusable surtout au vu des conditions de production de ces œuvres a petit budget (et donc de copies de travail sans doutes passablement abimées) et de leur age (de 1945 pour Dillinger à 1952 pour Clash by Night).



Son
Chaque bande-son est offerte en Anglais (Dolby 1.0 mono) uniquement. Comme pour l’image nous n’offrirons qu’un commentaire global tant les qualités des différentes bandes-son s’avèrent proches.

La dynamique générale est toujours de niveau tout a fait honorable pour des œuvres aussi anciennes et logiquement limitées par les techniques d’enregistrement de leur époque, le format monophonique et les petits budgets de production. Il en est de même pour leur présences et spatialités qui sont tout à fait conforme a ce que l’on est en droit d’attendre compte tenu des limitations mentionnées.
Les diverses musique sont globalement bien rendues même si des limitations dans le haut et le bas du spectre sont évidentes et logiques. Certains passages les plus « tonitruants » (principalement lors des scènes d’action) montrent des signes évidentes de saturation et de distortion sans pour autant ne jamais dépasser les limites acceptables. Les musique sont toujours parfaitement intégrées au reste des bandes-son.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et les parasites ou autre bruits de fond sont lilmitées au maximum surtout pour des œuvres aussi anciennes et pour peu que l’on ne cherche pas a pousser le volume sonore (ce qui est totalement illogique pour le cas de tels films).
Les basses fréquences sont logiquement absentes mais nous avons été plus d’une fois surpris par l’assise du rendu lors des scènes d’action et notamment sur Dillinger qui est pourtant le film le plus ancien du coffret.

Les sous-titres sont disponible pour chaque œuvre en Anglais, Français et Espagnol .

Des bandes-son de qualité standard pour l’époque dont la principale qualité est justement de ne présenter aucun défaut majeur et d’offrir un standard de qualité constant sur toutes les œuvres (malgré des petits passages endommagés ici et la ) faute d’être particulièrement remarquable.



Suppléments/menus
Nous avons été agréablement surpris de découvrir la presence d’un commentaire audio sur chaque DVD au moins ce qui est loin d’être le cas pour toutes les éditions de « petits » films comme ceux-ci.
Le DVD de Crossfire est le seul à offrir plus qu’un commentaire audio avec un petit documentaire de 9 minutes intitulé « Crossfire : Hate is like a gun ». Ce segment assez court est intéressant car il montre comment l’homosexualité comme élément discriminatoire du roman dont le film s’inspire a été ici remplacé par la nationalité juive et comment ce film est donc devenu le premier a aborder ouvertement le sujet à Hollywood avec des interventions d’Edward Dmytryk lui même.
Le commentaire audio de Alain Silver and James Ursini comprends des extraits d’interview de Dmytryk et les deux spécialistes du film noir offrent un commentaire plaisant, tirant bien parti des interventions du réalisateur et proposant un paralléle interessant avec un autre film de la même époque traitant de l’antisémitisme, Gentlemen’s Agreement.

Le commentaire de Clash by night est effectué par l’excellent Peter Bogdanovitch accompagné d’extraits d’interviews de Fritz Lang. Bogdanovitch est un spécialiste de l’oeuvre de Lang et aidé des extraits passionnants (même si très difficilement compréhensibles) de l’interview de Lang qu’il à lui même mené, il délivre un commentaire très intéressant et professionnel manquant un peu de chaleur mais abordant l’eouvre sous tous les angles.
Ce disque offre aussi une bande-annonce de qualité correcte.

Le commentaire de Dillinger est effectué par le cinéaste John Millius qui a lui même dirigé une biographie de Dillinger en 1973 et comprend des extraits audio de son scénariste Philip Yordan. Ce commentaire est de loin le moins réussi du lot et offre il faut bien le reconnaître très peu d’informations intéressantes délivrées sur un ton monocorde et très peu convaincu par un John Milius en petite forme.

Le commentaire The narrow margin est effectué par le cinéaste William Friedkin et agrémenté d’extraits d’interviews de Richard Fleischer. Friedkin, fidéle a son énergie et son franc parler offre un commentaire passionné sur un film que visiblement il adore et dont il discute tous les aspects ainsi que des constantes du fim noir, aidé par les informations appaortées par l’interview de Fleischer intelligemment découpée.
Cette édition est accompagnée d’une bande-annonce de qualité assez faible.

Le commentaire de Born to Kill est effectué par Eddie Muller (spécialiste du film Noir etb auteur de plusieurs livres sur le sujet) entrecoupé d’extraits d’interview de Robert Wise. Il s’agit la du commentaire le plus passionnant et informatif du lot (dont la qualité globale est déjà excellente). Muller connaît son sujet sur le bout des doigts et fait un gros effort didactique et informatif sans qu’il ne soit jamais pesant et s’appuie très intelligemment sur d’autres œuvre de référence du genre ainsi que sur les extraits d’interviews de Robert Wise (eux aussi difficilement compréhensibles mais très intelligents) pour nous offrir un modèle de commentaire audio qui n’hesite pas a être critique lorsqu’il le faut.

Voici donc un ensemble assez peu fourni mais de qualité surprenante, très informatif et passionnant sur le genre du film et qui à su faire appel à des « pointures » pour rendre hommage a des œuvres oubliées du grand public et qui méritent pourtant toute son attention.







Conclusion
Un coffret de belle tenue qui offre des éditions aux qualités audios et vidéos tout a fait satisfaisantes malgré des défauts évidents. Certes des remasterisatios et remixages complets aurait permis d’améliorer la qualité globale mais nous sommes satisfaits en l’état et les bons commentaires audio qui accompagnent les films font de cet achat un incontournable a tout amateur de films noir.

Ce coffret offre des œuvres moins connues mais toutes de qualité, si ce n’est Dillinger qui nous à assez déçus et aurait plus eu sa place dans le coffret gangsters que dans celui-ci. Des films fidèles à la tradition du film noir qui offre cependant tous un point de vue différent ou un plus qui le rend intéressant et font de ce coffret un must certes moins globalement exceptionnel que le volume 1 de la collection, mais qui reste tout même aussi indispensable.



Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
3,3/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2005-11-21

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Crossfire / Clash by Night / Dillinger / Narrow Margin, The / Born to Kill

Année de sortie:
2005

Pays:

Genre:

Durée:
85 / 105 / 70 / 71 / 83 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
5 DVD-5 (simple face, simple couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaires audio (sur les 5 films) , documentaire, bandes-annonces

Date de parution:
2005-07-05

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