Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Standing in the Shadows of Motown (Canadian Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Detroit, Motor City années 50... Les milliers de personnes attirées par le travail offert par l'industrie automobile se retrouvent dans cette ville du Nord. Beaucoup de gens de la terre du sud qui n'arrivent plus à vivre dignement s'y regroupent comme sur un canot de sauvetage. La crise économique viendra briser cet espoirs de vie meilleure, les usines fermeront et de là naitra une des villes qui a portée les mouvements musicaux les plus forts. La décadence de Détroit a fait naitre la musique Techno dans la fin des années quatre-vingt (Underground Resistance, Jeff Mills et les autres porte étendards de ce style de musique électronique), plus récemment certaines tendances Rap (Eminem entre autre). Une ville qui semble toujours marquée par les espoirs perdus de l'industrialisation a été le terreau dans lequel la plupart des courants musicaux marquant sont nés. Dans cet exode, les premiers musiciens furent naturellement les bluesmen du sud qui créèrent le son blues de Detroit. Le Blues mutant vers la forme du Jazz a toujours rendu cette ville un pole central de la musique contemporaine américaine jouée dans les clubs.

Ce n'est donc pas par hasard qu'un des sons les plus marquants des années cinquante à soixante-dix soit né là. Personnifié par le label Motown, Le nombre d'artistes sous cette étiquette, et leurs renommée a été tout simplement stupéfiant, des Four Tops en passant par les Jackson 5, de Marvin Gaye aux Temptations, tout ce que le genre Soul a fait de plus marquant est sorti de ce studio.

Si presque tout le monde connait ces artistes, l'histoire des artisans de cette musique est quant à elle beaucoup plus obscure, voire inconnue. Si les studios actuels ont toujours leur répertoire de "rats de studios" capable à la commande de jouer de tout (et généralement fort bien), Motown avait son propre groupe maison, que des interprètes venaient rencontrer afin d'enregistrer, généralement en une ou deux prises (pas de multipistes à l'époque) ce qui la plupart du temps allait devenir un numéro un.
Ce documentaire, présenté sous le titre "Standing in the Shadows of Motown" se propose de nous faire découvrir ce groupe nommé "The Funk Brothers", grands oubliés de la gloire publique qui ont joué sur plus de numéro un au billboard américain que les Beatles, les Beach boys, Rolling stones et Elvis Presley additionés.
Inspiré par le roman éponyme de Allan Sputsky et réalisé par Paul Justman (un habitué des documentaires musicaux, avec Doors 1967 par exemple), c'est au travers d'interviews, de documentaires d'époques et de tranches de vies de ces musiciens que l'on découvre avec stupeur et bonheur qu'une des formations les plus "Funk" de tous les temps est restée un secret bien gardé que nous avons l'impression d'être les premiers à découvrir. Cette "découverte" a d'ailleurs permis à ce film de remporter le prix du meilleur film de reportage du National society of film critics en 2002.

Ce documentaire ne se démarque pas vraiment par sa forme, très banale et malheureusement pas vraiment capable de lier l'ensemble, mais bien par le fond Ces musisciens aux histoires individuelles et collectives fabuleuses, nous permettent de passer un moment délicieux. Afin de donner un aspect plus contemporain au tout, de nombreux artistes, de Bootsy Collins à Chaka Khan en passant par Ben Harper viennent interpréter en direct des classiques Motown accompagnés des musiciens originaux (ce qui doit être un cadeau aussi grand pour ces artistes contemporains que pour nous). Au travers des anecdotes de ces musiciens, on traverse l'histoire de cette étiquette et de cette époque au son de ces classiques qui sauront vous faire taper du pied dès qu'une ligne de basse viendra se heurter à une batterie et au tambourin si caractéristique du son Motown.

Cette édition DVD rejoint la vague des documentaires cinéma de qualité qui nous ont offert des joyaux tels l'excellent Dogtown and Z-boys, ou Scratch, qui savent exploiter à merveille le support DVD et nous permettent d'avoir des documentaires sur des sujets certainement un peu plus marginaux, mais réellement constitutif de notre environnement culturel actuel.

Cette édition DVD à été produite par Artisan (qui aussi en détient les droits de distribution pour les États-Unis). Au Canada Seville distribue l'édition produite par Artisan, il s'agit exactement du même produit.

Ce documentaire saura combler les attentes des plus afficionados du son Motown, et ceux qui en profiteront pour découvrir un grand pan de notre héritage musical. Le tambourin est accessoire, mais risque de vous devenir indispensable lors de vos prochaines écoutes.


Image
Présenté au format respecté de 1.78:1 d'après un transfert 16:9 ce documentaire de 2002 nous est restitué sans aucun défaut apparent. Le grain assez fort de l'image convient parfaitement au genre documentaire représenté ici, et ne cause aucun inconfort lors du visionnement.

La définition générale de l'image est excellente. Les textures sont précisement rendu et le niveau de détail tout à fait dans les normes. Les couleurs sont correctement étalonnées et pleinement saturées (mais sans aucuns débordement incontrôlés). La brillance et les contrastes sont parafaitement gerés, et ce pour toutes les conditions d'éclairages qui ont marquées ce tournage. Les parties sombres souffrent quant à elle d'un peu plus de relachement, que ce soit dans les interviews ou durant les shows ou les projecteurs de face ont du nécessiter quelques compromis. Les noirs sont donc profonds, mais tendent parfois à fluctuer d'une séquence à l'autre, mais là encore rien qui puisse réellement géner le visionnement.

Aucun défaut liés à la compression n'ont été constatés et aucun problème de surdéfinition ne vient gacher le plaisir.

Malgré le genre et les contraintes qui lui sont lié, cette édition offre une image d'une qualité réellement à la mesure des productions récentes. Le léger problème dans les parties sombres n'aurait que difficilement pu être évité vu les conditions de tournages de certains segments, et ne gènent de toute facon aucunement le plaisir à voir les funk brothers jouer. Mais tant qu'à les regarder, autant les écouter.



Son
Pour les amateurs de musique, le problème des enregistrements Motown a toujours été la qualité du son. De vieux enregistrements bien loin d'une qualité audiophile et souvent marqués par un souffle omniprésent. Mais la qualité de ces enregistrements d'un point de vu musical pur n'ont jamais handicapés le plaisir que l'on peut avoir à écouter ces morceaux. Dans ces conditions, une simple bande sonore stéréo "nettoyé" aurait déjà fait le bonheur de la plupart.

Pour rassurer les puristes cette bande son en stéréo "nettoyé" est belle et bien présente, mais accompagnée de deux redoutables bandes-son multicanales, DTS ES 6.1 et 5.1 Dolby-EX. Nous évaluons ici la bande son DTS ES. Avant d'aller plus loin, il convient de dire qu'elle rivalise sans aucun complexe avec toutes les sorties au format DVD-Audio ou DTS mutlicanal sur le marché actuellement, l'image en plus. L'élément central de ce documentaire étant la musique, toutes les attentions semblent avoir été portées sur l'audio. D'un dynamisme sans faille et d'une spatialisation remarquable, on se retrouve immergé dans un flot magnifique ou le mot "Funk" prend tout son sens. L'utilisation du multicanal permet une séparation spatiale, mais aussi des instruments, surprenante. Pour exemple, la batterie joue principalement sur l'enceinte centrale, et n'interfère pas avec la basse jouée sur les enceintes avant. L'image sonore est ainsi augmentée et offre un déploiement et un placement très précis. Les enceintes arrières ne sont pas en reste et savent soutenir et marquer les efforts fournis à l'avant sans jamais être intrusives ni artificielles.
Les dialogues lors des interviews sont toujours très bien rendus et très naturels. Les voix lors des interprétations des morceaux sont assez remarquablement restituéest (Chaka Khan saura très certainement vous faire vibrer).

Les basses sont d'une rondeur et d'une naturalité exemplaire, faisant rarement appel au canal LFE. En fait aucun défaut n'a été constaté sur toute la hauteur du spectre sonore, le fameux tambourin qui donne sa couleur à l'époque Motown est là aussi rendu dans toute sa simplicité rythmique sans jamsi être aggressif.

Il convient de noter de très bonnes idées dans le mixage des morceaux live, après chaque zoom sur un instrument, le volume sonore du dit instrument est légèrement haussé donnant une persistence réelle à l'image vue précédemment. S'il s'agit d'un artifice, il est néanmoins très efficace et rend la vision de ces sessions d'enregistrements réellement captivantes.
La bande son Dolby Digital est d'un excellent niveau elle aussi, même s'il nous a semblé que les effets d'ambiophonies étaient un peu plus discret.

A noter que des sous-titres en Anglais et en espagnol sont disponibles, le français restant totalement absent de cette édition...

Il aurait été dommage qu'un documentaire sur la musique soit mal représenté d'un point de vu sonore, mais la présence de format hauts de gamme et déployés d'une façon exemplaire font de cette édition un item indispensable pour les amoureux de musique et de DVD. A quand les bandes sonores en 5 canaux PCM ?


Suppléments/menus
Cette édition deux disques présente de très nombreux suppléments de qualités, ce qui est un tour de force considérant qu'il s'agit avant tout d'un documentaire.

Le premier disque propose en plus du programme principal une piste de commentaire du producteur Allan Slutsky (qui a écrit le livre dont ce documentaire s'inspire). Sans être d'un intérêt fascinant, cette piste sait donner des petites informations supplémentaires qio savent rendrent justice à cet effort. A noter un ajout réellement intéressant toujours ce disque, un sous titrage intitulé Trivia Track, qui pendant le visionnement fait apparaitre des informations sur ce qui passe à l'écran rappelant un peu l'émission de Pop Up Video avec bulles de texte. Pour terminer sur ce disque, un segment intitulé How it all began est proposé. Ce dernier d'un intérêt très relatif est semble t-il la video promotionnelle que les producteurs ont utilisés pour vendre leur projet. Naturellement, les informations contenues dans ce segment sont disponibles dans le film lui même, mais il est intéressant d'avoir accès à cet élément qui rend très tangible le procesus de recherche de fonds d'un documentaire.

Le second disque quant à lui se compose essentiellement de supplément. Le premier de ceux-ci et certainement un des segments qui nous semble le plus réussi s'intitule "Dinner With The Funk Brothers". Nous voilà transportés à table avec tous les membres du groupe, participant à une discussion de vieux amis qui ont des souvenirs aussi précieux que la lecture des meilleurs moments du magazine Rolling Stone, tout simplement délicieux. Apperçu lors du programme principal et honnorés à la fin du film, The Ones That Didn't Make it nous propose des biographies tout en image (et parfois en musique) de ceux qui sont décédés depuis cette époque. Dans la même veine biographique, le segment Video Biography nous présente les biographies individuelles des membres du groupe. Autant le dire, tout amateur de musique sera proprement stupéfait du nombre de personnages d'importance avec qui ces musiciens ont joués. Un petit montage musical de deux minutes intitutlé Music Video Montage est présenté, mais est d'un intérêt plutôt nul. Les scènes inédites ( deleted scenes) sont quant à elles plus interessantes. En effet, souvent retirées du film pour des cadrages manqués ou des éclairages défaillants, elles réussissent à rendre l'ensemble de cette édition plus "vraie" et donne l'impression d'une proximité plus grande.

Dans les segments plus récents, At Long Last Glory nous présente les Funk brothers enfin reconnu (et grace à ce documentaire) donner des interviews et enfin être traités comme ils doivent l'être. D'un intérêt très moyen, ce segment permet par contre de boucler la boucle : La gloire que la vue du programme principal inspire et que le spectateur voudrait célébrer est enfin rendue. Supplément intéressant d'un point de vu conceptuel mais décevant à l'utilisation est certainement le Multi Angle Jam Session. À travers différents angles, on nous permet de focaliser sur les différentes instruments d'une session studio. Ce concept très intéressant se révèle par contre assez ennuyeux au bout du compte, et l'envie de revenir à la vue d'ensemble se fait vite sentir (surtout que ce morceau bouge vraiment bien !).

Pour les Trainspotters qui sommeillent une discographie, impressionnante est-il besoin de le préciser, nous est offerte, accompagnée de quelques écrans statiques qui détaillent les autres faits saillants de cette formation.
Ces suppléments sont d'un très bon niveau. Une édition double disque pour un documentaire peut paraitre étrange au prime abord, mais à part une ou deux initiatives plus fabiles, l'ensemble des suppléments sont d'un niveau assez bon pour satisfaire tout autant les amateurs de Motown que ceux qui découvrent avec passion les Funk Brothers.
A noter que des supplémetns DVD-ROM sont inclus.



Conclusion
Si le documentaire dans sa forme n'est pas forcemment un modèle d'intérêt renouvelé, le thème (les Funk Brothers) est à lui seul suffisant pour que cette édition trouve sa place dans toute collection mélomane. Découvrir que la majorité des plus grands classiques de l'époque Motown sont issues d'inconnus, que les noms de Marvin Gaye et autres Marvelettes ont cachés sera certainement un choc pour la plupart des fans de cette époque. Le deuxième choc serait de savoir qu'ils n'ont jamais été connu avant ce film, et le troisième sera très certainement de pouvoir les voir jouer live avec des artistes contemporains (Bootsi Collins ou Ben Harper).
Les qualités audio sauront répondre aux plus exigeants des mélomanes, et rendre cette édition vivement recommandable.


Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
4,4/5

Suppléments:
3,6/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Thomas Geffroyd

Date de publication: 2003-05-13

Système utilisé pour cette critique:

Le film

Titre original:
Standing in the Shadows of Motown

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
110 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Films Séville

Produit:
DVD (WMV HD)

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX
Anglaise DTS ES 6.1
Anglaise Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Biographies, Piste de commentaires, Un repas avec les Funk Brothers, Session studio Multi Angles, Pop-up, Montage video musical...

Date de parution:
2003-04-25

Si vous avez aimé...