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DVDEF

Blue Steel

Critique
Synopsis/présentation
Kathryn Bigelow est l'une des rares réalisatrices holywoodiennes à pouvoir rivaliser (voire surpasser) avec les hommes sur le terrain de jeu des films 'd'action'. Elle garde cependant une sensibilité féminine qui lui permet de réaliser des films souvent plus complexes et moins manichéens que ses collègues masculins.

Son premier film, Loveless (1982), aborde déja un sujet typiquement masculin (les gangs de motards) de façon différente. Si le film n'est pas d'une originalité folle, il permet déja de deviner les solides compétences techniques et l'intelligence de sa réalisatrice. Dès sa deuxième oeuvre, son talent est bien mis en valeur et Near Dark (1987) s'avère être un des films de vampires les plus originaux et les mieux réalisés qui soit. Les acteurs y sont tous excellents, le scénario très original (et la transposition du mythe dans les temps modernes très réussie), et le rythme et l'énergie dégagés par le film sont hors normes. Blue Steel (1990), qui nous intéresse aujourd'hui, relancera efficacement la carrière de Jamie Lee Curtis.
Avec Point Break (1991), elle réussira un film d'action des plus énergiques et efficaces (aux scènes de sports extrêmes absolument époustouflantes). Certes son scénario est très classique, pour ne pas dire bateau( ou prétexte), mais à nouveau des éléments intéressants sont suggérés (l'homosexualité latente des héros) et un univers peu connu est exploité (les surfers). Elle reviendra en 1995 avec l'excellent Strange Days, film encore original et d'une efficacité redoutable. Le public ne suivra pas la réalisatrice sur son nouvel opus trop noir et pessimiste, et ce malgré des concessions évidentes aux recettes holywoodiennes qui en amoindrissent un peu la portée (personnages relativement archétypaux et retournement final trop manichéen). Sa maîtirise technique et son sens de l'image et de l'action éclatent littéralement avec ce film sur lequel on sent bien l'influence de James Cameron, dont elle fut la compagne pendant un certain temps.

Depuis, elle s'est éloignée de son univers habituel avec The Weight of Water (2000) et il faut bien avouer qu'elle est plus à l'aise dans l'action musclée mais intelligente. Elle est depuis revenue avec K:19 The Widowmaker (2002), qui se rapproche plus de ses preoccupations habituelles et lui permet à nouveau de signer une mise en scène remarquable dans des conditions pourtant difficiles (l'intérieur d'un sous-marin). Cependant, on la sent un peu paralysée par un sujet de commande qui ne lui permet pas de s'exprimer pleinement.

Espérons que prochainement elle se verra donner les moyens de pouvoir exprimer la pleine mesure de son talent sans restrictions aucunes.

Blue Steel (1990) est l'histoire de Megan (Jamie Lee Curtis, totalement crédible), une jeune recrue de la police qui se voit contrainte de tuer un braqueur de magasin dès son premier jour. Le truand perd son arme lorsque elle l'abat et celle-ci est récupérée par Eugene qui s'enfuit des lieux. Celui-ci commet alors des meurtres sadiques avec cette arme et grave le nom de Megan sur les balles. Une terrible bataille psychologique et physique s'engage alors entre eux. Le scénario, malgré d'énormes invraisemblances (le tueur fou arrive à se défendre légalement alors que sa culpabilité est plus qu'évidente et le duel final où il refuse de mourir est outrée), est plus complexe qu'il n'y paraît. Le tueur est hypnotisé par Megan car elle porte les attributs, affiche un sang froid et une détermination habituellement reservée aux hommes. Cette piste n'est malheureusement pas assez exploitée et les motivations d'Eugene sont trop vagues (il est fou de Megan, il entend des voix, il prend un plaisir intense et quasi sexuel à effectuer les meurtres) pour rendre son personnage vraiment fascinant. Le personnage de Megan est lui par contre passionnant par ses contradictions (à la fois féminine et masculine), sa fascination pour les armes à feu (un collègue lui demande pourquoi elle est rentrée dans la police et elle lui répond : "to shoot people", et dans les 10 minutes qui suivent elle abat son premier suspsect), son courage et sa détermination (rappelant une autre héroine forte : Helen Ripley / Sigourney Weaver dans la série des Alien), et paradoxalement son manque de confiance en elle (sans doute lié à son enfance, cf scène avec ses parents). Kathryn Bigelow excelle à faire monter le suspsense, tout en maintenant le spectateur rivé à l'écran malgré une intrigue un peu convenue et prévisible.

Tous les acteurs sont crédibles et Ron Silver (qui joue Eugene) dégage vraiment une sensation très forte de malaise, et tire son interprétation vers un côté quasi fantastique. La capacité d'Eugene à apparaître ou disparaître sans crier gare, le fait qu'il soit quasiment impossible à tuer rappellent le personnage de The Shape dans Halloween (de John Carpenter, 1979). Ce film fit démarrer la carrière de J.Lee Curtis et Blue Steel sonne un peu comme une revanche pour Laurie (son personnage dans Halloween, également solitaire et très determinée) puisqu'elle est à même de se défendre de façon active. Un mot également sur la superbe photographie bleutée d'Amir Mokri qui vient admirablement épauler la remarquable technique de K. Bigelow dans les scènes d'action (toujours très efficaces et lisibles a contrario de beaucoup d'autres films musclés).

Un film impeccable techniquement qui pêche un peu par son scénario qui, si il regorge d'éléments intéressants et complexes, s'avère au final trop convenu, fouilli, prévisible. La fin grand-guignolesque du film est très efficace cinématographiquement parlant mais vient amoindrir la portée du film par son côté "too much". Comme souvent chez Bigelow, elle semble un peu paralysée par les moyens mis à sa disposition, et ne sachant trop comment finir son film, termine dans l'emphase.

Un film grandement conseillé si vous voulez passer un excellent moment devant un polar prenant aux multiples rebondissements éprouvants pour les nerfs. Les incohérences du scénario ne sont pas plus nombreuses que dans d'autres polars de série mais se remarquent plus du fait de la qualité globale du film, et au final ne sont pas plus gênantes que cela.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert anamorphosé.

La définition générale est bonne sans toutefois atteindre le niveau qu'on aurait pu en espérer (léger manque de piqué). L'interpositif est relativement propre et ne laisse voir que quelques taches intempestives et un grain plutôt visible en certaines occasions. La finesse des details est à la hauteur du reste du transfert. Les couleurs sont très bien gérées et les bleus dominant le film sont d'une excellente tenue. Les tons de chair sont toujours naturels et justes. La partie contraste est bien traitée et permet, associée à d'excellents noirs, de proposer un très bon rendu des nombreuses scènes nocturnes du film.

La partie numérique du transfert s'en sort plutôt bien et évite les gros défauts.


Son
Les deux bandes-son disponibles sur cette édition sont en Anglais (DD 2.0 surround) et Français (DD 2.0 surround).

La dynamique de la piste anglaise est surprenante pour ce format et vient rappeler que l'on peut toujours produire d'excellentes bandes en Dolby Surround. La présence et la spatialité sont également de très bon niveau, sans toutefois pouvoir rivaliser avec des pistes en 5.1 récentes (elles valent cependant mieux que de mauvais remixages 5.1). Le champ sonore se déploie de façon convaincante et la séparation des canaux est fort correcte. La musique est parfaitement bien intégrée au reste de la bande-sonore, ne couvrant jamais les dialogues ou les effets. Les enceintes arrières savent se montrer efficaces surtout sur les ambiances de rue ou les coups de feu. Les dialogues sont très bien rendus et l'on ne déplore aucune trace de diaphonie. Les basses fréquences soutiennent bien le reste de la bande sonore même si elles sont sans aucun doute moins bien gérées qu'avec un canal dédié.

La bande-son française est comme toujours un bon ton en dessous au niveau dynamique et clarté des dialogues, mais reste satisfaisante en l'état.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son en Dobly Surround surprenante qui par la qualité de son rendu justifie en partie seulement le fait que la MGM n'ait pas fait l'effort de fournir un bande-son remixée en 5.1 pour un tel film (le travail de K. Bigelow et de son équipe le méritait certainement).



Suppléments/menus
Une fois de plus, la partie faible d'une édition DVD.

Seule une bande annonce de qualité technique acceptable mais discutable artistiquement est présente. Il aurait été très intéressant de pouvoir écouter Kathryn Bigelow commenter ses choix dans un commentaire audio, étant donné qu'elle a également coécrit le scénario du film.
Il faut cependant concèder à la MGM que le fait d'investir dans l'enregistrement d'un commentaire aurait rendu cette édition beaucoup moins viable économiquement.




Conclusion
Une édition techniquement bonne mais largement perfectible et vide de suppléments. Son aspect basique est compensé par un prix de vente plutôt bas. Un film très prenant au suspense haletant et à la réalisation hors pair malgré des invraisemblances dans le scénario.



Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2002-12-08

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Blue Steel

Année de sortie:
1990

Pays:

Genre:

Durée:
101 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2002-12-03

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