Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Black Hawk Down (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Ridley Scott est désespérément à la recherche de l'Oscar du Meilleur Réalisateur (statuette qu'il n'a jamais obtenu) et semble prêt à tous les compromis pour y parvenir. Black Hawk Down, son dernier film, en est un bel exemple. Ridley Scott s'est entouré d'une très solide équipe; Slavomir Idziak (directeur photo de Krzysztof Kieslowski), Pietro Scalia (montage, oscarisé pour JFK), Arthur Max (direction artistique) et Hans Zimmer (trame sonore). De plus, le cinéaste a pu compter sur les services d'une solide équipe d'acteurs: Josh Hartnett, Ewan McGregor, Tom Sizemore et Sam Shepard pour en nommer que quelques-uns...
Malgré tout cet étalage de talent, Black Hawk Down est très loin d'être une complète réussite. Peut-être est-ce dû à l'influence de l'inéffable Jerry Bruckheimer, producteur de ce film. Bruckheimer, pour ceux qui ne le saurait pas, est l'homme derrière les explosions et pétarades des Pearl Harbor (201), Crimson Tide (1998) et Armageddon (1998). Autant de films qui mettent en scène une Amérique victorieuse, légitimé moralement d'agir et par qui les conflits sont résolus. Visiblement, avec Black Hawk Down, c'est le point de vue du producteur qui prime, et il est navrant qu'un réalisateur tel que Ridley Scott se soit prêté à de tels compromis.
Ce film, basé sur un livre de Mark Bowden (Black Hawk Down: A Story of Modern War), évoque une mission américaine sur le territoire somalien en 1993. À cette époque, la Somalie était en pleine guerre civile et contrôlée par ce que l'on a appelé les seigneurs de la guerre. L'ONU tentait bien de ravitailler la population somalienne, en pleine famine, mais les vivres étaient plus souvent détournées par le général Mohammed Farah Aidid. Les Américains décidèrent d'un coup de force en envoyant des troupes d'élite (force Delta et Rangers) pour capturer le général. La mission fut toutefois un échec, deux hélicoptères s'écrasèrent et un peu moins d'une centaine d'hommes furent coincés en plein Mogadiscio (capitale somalienne) pris sous les feux de milices fidèles au général Aidid.
On peut reprocher plusieurs choses à Black Hawk Down, d'abord au niveau de la mise en scène. La construction de ce film (ne pas confondre avec le montage) est parfois boîteuse. Pendant près d'une heure trente, on nous sert des combats, explosions et autres séquences d'action sans qu'il y ait évolution des enjeux. Voilà qui laisse l'impression d'un film tournant souvent à vide. Mais en plus, Ridley Scott nous sert son lot de lieux communs propres aux films de guerre; ralenti inutile, scène larmoyante d'un soldat parlant de la guerre devant le corps d'un pair, etc.. Le jeu des acteurs laissent pour le moins pantoit devant tant de talents gaspillés; une contruction trop saccadée ne laisse jamais le temps aux personnages de s'épanouir.
Moralement, ce film est tordu, à l'image des productions de l'ami Bruckheimer. La défaite est ici transformée en cri de ralliement, celle d'une Amérique qui, dans l'adversité, doit agir. Ridley Scott se défend d'avoir fait un film militariste, mais cautionne la vision interventioniste de Bruckheimer (celle d'une Amérique dominante). Depuis une dizaine d'années, le cinéma hollywoodien confronte l'Amérique à des ennemis sans visages (les astéroides d'Armageddon et Deep Impact, les extras-terrestres d'Independance Day) et Black Hawk Down n'échappe pas à cela. Les milices du général Aidid sont quasi anonymes et animées seulement de force guerrière qui frôle la bestialité. À l'instar d'un film comme Behind Enemy Lines, l'ONU est montré comme une force incapable d'agir. Les forces pakistanaises, aussi présente en Somalie à ce moment, sont releguées au rôle de porteur d'eau...
Heureusement, il reste de cette oeuvre quelques bonnes choses. La photographie de Slavomir Idziak mariée à la facture visuelle des films de Ridley Scott n'est pas dénuée d'attrait. Le montage de Pietro Scalia est particulièrement efficace tandis que techniquement, la mise en scène solide. L'extrême soin apporté au mixage sonore font de Black Hawk Down une référence en la matière.
Le discours de Black Hawk Down ne va pas bien loin et ceux à la recherche d'une oeuvre sérieuse traitant de la guerre devrait plutôt se rabattre sur La Grande Illusion (Renoir) ou The Thin Red Line (Mallick). Par contre, si techniquement (image/son) vous êtes en manque d'adrénaline...


Image
Black Hawk Down est présenté en format original de 2.35:1, d'après un transfert anamorphosé.
Précisons, en premier lieu, que la photographie de ce film est fortement stylisée. On a décidé d'accentuer les contastes et d'altérer la colorimétrie. Prononcer un jugement final sur ce transfert sans avoir comparé avec l'interpositif de première génération ayant servi au téléciné serait aléatoire.
La défintion, dans son ensemble, est optimale, aucune séquence ne paraient manquées de netteté, le grain du matériel source est occasionellement visible, mais il s'agit là d'un choix stylistique. La colorimétrie s'avère difficile à évaluer tant elle a été altérée. On a réduit la palette de couleurs et accentué la sursaturation. La colorimétrie dans son ensemble reste constante et aucun débordement n'est observable. Le contraste a volontairment été poussé, mais le niveau des noirs (la brillance) n'a pas été altérée. On observe parfois un léger manque de détails dans les parties les plus sombres et quelques traces de fourmillement, défaut mineur. Les noirs sont, pour leur part, purs et intenses.
On a visiblement tenté de donner un peu plus de relief à l'image en poussant quelque peu la sur-définition des contours. Bien qu'observable, le problème reste mineur.



Son
Cette bande-son s'est méritée, à juste titre, un Oscar pour le Meilleur Son, récompensant au passage Michael Minkler, Chris Munro et Myron Nettinga. De plus, le Motion Picture Sound Editors (M.P.S.E.), c'est-à-dire la guilde américaine des monteurs sonores, a déclaré ce mixage comme celui offrant les meilleurs effets sonores et foleys (bruits) de l'année 2001.
Il n'y a pas à dire, ce mixage (ici reproduit Dolby Digital 5.1) est pour le moins percutant. Tous les canaux sont mis à contribution utilisant une pleine gamme dynamique. Ce mixage, qui peut sembler agressif est en fait assez subtil. Les bruits et effets sont sonores sont parfaitement enregistrés et intégrés à l'ensemble sonore, créant au passage une profondeur peu commune. Le réalisme du son est renversant, et, appuyé par des transitions tant avant/arrière que gauche/droite, devrait satisfaire les plus exigeants. La trame-sonore d'Hans Zimmer a superbement été intégrée au mixage final; fidèle et ni trop appuyé. Les dialogues sont naturels et toujours intelligibles, malgré la richesse du son.
Il va sans dire que les basses de ce mixage sont plutôt imposantes; une utilisation sporadique, mais intense, est faite du canal .1 (LFE). C'est ici que cette bande-son perd quelques points. Une bande sonore DTS aurait sûrement contribué à rendre encore mieux le travail des artisans du son. Non pas que la bande Dolby Digital ne soit pas adéquate au niveau des basses, mais une en format DTS aurait sûrement été plus détaillée et cohérente.
Columbia/TriStar a jonglé avec l'idée d'inclure un doublage français Dolby Digital 5.1. Malheureusement, la bande-son française est Dolby 2.0 Surround. Ceci est vraiment dommage puisque tout le beau travail de mixage perd ici toute sa valeur. Nous vous suggérons fortement de plutôt vous rabattre vers les sous-titres français. Il y aussi option de sous-titrage en anglais, chinois et thaillandais.


Suppléments/menus
Cette édition propose peu de suppléments, et non sans hasard. Une édition spéciale est actuellement en préparation (sortie prévue fin 2002).
Le seul supplément réellement consistant est un segment promotionel de vingt-deux minutes. Produit en vue de la sortie du film en salles, ce segment combine l'habituelle série d'entrevues avec lec acteurs/artisans du film (on se remercie allégrement), des séquences filmées en coulisse, le tout entrecoupé d'extraits du film. Au passage, on souligne le terrible entraînement militaire qu'ont dû subir les acteurs. Voilà qui est devenu presqu'un cliché, mais a le mérite de poser une question:
Complètent les suppléments de cette édition des filmographies (8) et deux bandes-annonces (Spider Man et The One). Bizarrement, la bande-annonce originale du film n'est pas incluse.



Conclusion
Black Hawk Down se résume malheuresement à un film de guerre qui ne va pas bien loin. Cependant, il s'agit techniquement d'une mise en scène impeccable et cette édition rend grace au travail des artisans. Si l'image est de qualité, le son, lui, étonne par un mixage percutant. A quand l'édition DTS?


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Mathieu Daoust

Date de publication: 2002-06-10

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40X81, Récepteur Pioneer Elite VSX-07 TX, Lecteur DVD Pioneer Elite DV-37, enceintes Paradigm, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Black Hawk Down

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
143 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Chinois
Thailandais

Suppéments:
Segment portant sur la réalisation, bandes-annonces et filmographies

Date de parution:
2002-06-11

Si vous avez aimé...