Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Beverly Hills Cop

Critique
Synopsis/présentation
À Hollywood, la route du succès est aussi éphémère que mystérieuse. Combien d'artisans ont en effet réussis l'exploit de demeurer au sommet de leur carrière en permanence ? Prenez Beverly Hills Cop par exemple. Le méga-succès commercial de ce film laissait entrevoir un avenir plus que prometteur pour (Eddie Murphy en tête), le réalisateur (Martin Brest) et les producteurs (Jerry Bruckheimer et Don Simpson). Aujourd'hui, seul Jerry Bruckheimer vogue de succès en succès (commerciaux bien sur!). Eddie Murphy a bel et bien joui du statut de superstar pendant quelques années, mais depuis 1990, ses seuls réussites ont été des remakes sans saveur de vieux succès (Nutty Professor et Dr. Doolittle). Bonjour l'originalité ! Et passons sous silence le cas de Judge Reinhold, ce dernier ayant littéralement disparu des écrans il y a belle lurette. Quant à Martin Brest, son parcours est aussi sinueux qu'énigmatique. Son dernier film, le très long, Meet Joe Black, laisse croire qu'il a sombré dans la prétention et l'égocentrisme. Éphémère le succès à Hollywood ?
Quoi qu'il en soit, 1984 restera marqué au fer rouge dans la filmographie d'Eddie Murphy comme étant l'année où il connut son premier gros succès commercial. En fait, Beverly Hills Cop est aujourd'hui encore le film le plus connu et peut-être aussi le plus apprécié de sa filmographie. Axel Foley, son personnage dans le film, est à Eddie Murphy ce que Rambo est à Sylvester Stallone. Un personnage qui lui a longtemps collé à la peau, un personnage que Murphy habitait avec une complète aisance. C'est particulièrement cette aisance à habiter ce personnage qui fit le succès de Beverly Hills Cop. Car mis à part son personnage, le film, à bien y penser, a très peu à nous offrir. L'intrigue est superficielle et, qui plus est, le fil conducteur est abandonné en cours de route pour prendre une toute autre tangente. En effet, le film commence par une histoire de vengeance pur et simple. Son ami ayant été assassiné, Foley se rend directement à Beverly Hills pour y retrouver les coupables. Le hic, c'est qu'en cours de route, la vengeance est un peu mise de côté au profit d'une enquête banale ayant pour but de démasquer un trafiquant de drogues. Le thème de la revanche était probablement trop sérieux, trop grave pour qu'il soit apprêté sous la forme d'une comédie…
Qui plus est, la mise en scène de Martin Brest est solide et efficace, certes, mais il dépeint les villes de Détroit et de Beverly Hills de façon si caricaturale que c'en est presque grossier. L'idée était bien sûr de dresser un contraste entre ces deux villes américaines. Ainsi, Beverly Hills est nous est présentée comme une ville quasi-utopique, propre et sans violence. En comparaison, l'introduction du film nous présente Détroit comme étant une ville sale, sombre et laide. Axel Foley, policier dur à cuir de Détroit, arrivera à Beverly Hills comme un mouton noir, un indésirable qui vient semer la pagaille. Effectivement, dès son arrivée, Foley ne cessera de corrompre tous ceux qui l'entourent ! Les policiers gentils et francs deviendront eux aussi des durs à cuir qui n'hésiteront pas à mentir et à braver l'autorité, tel qu'Axel leur a enseigné ! Que retenir de Beverly Hills Cop ? Pas grand chose, si ce n'est plusieurs bons gags ainsi qu'une camaraderie évidente unissant les interprètes. À eux seuls, ils réussissent à faire élever au-dessus de la moyenne ce film autrement banal. Apparemment, le concept original de Beverly Hills Cop était celui d'un drame policier sérieux. Soyez assuré qu'ainsi, le film n'aurait jamais obtenu le succès qu'on lui connaît.


Image
Beverly Hills Cop nous est offert dans un nouveau transfert anamorphique respectant le format original du film (1.85:1). Bien que trahissant des signes d'âge, l'image du film n'a fort probablement pas eu aussi belle apparence depuis sa projection en salles.
L'interpositif utilisé pour ce transfert est relativement en bonne condition, malgré la présence notable d'un faible grain et de quelques égratignures. La définition nous est apparue acceptable, sans toutefois être optimale. De façon générale, les détails sont assez bien rendus, par contre, certains arrières-plans souffrent d'un manque de netteté. Les couleurs ont une apparence naturelle, mais celles-ci manquent légèrement de brillance et saturation. Les teintes de peau ont également une apparence naturelle. La luminance est stable et correctement ajustée, par contre les contrastes manquent légèrement de mordant et auraient gagnés à être accentués. Les dégradés sont un peu grossiers et bloquent rapidement. Les noirs sont étonnamment purs et profonds.
Nous ne déplorons qu'une très légère sur-définition des contours, tandis que les défauts de compressions se limitent à un léger fourmillement dans le générique d'ouverture.


Son
Cette édition de Beverly Hills Cop nous offre trois bandes-son : deux anglaises (Dolby Digital 5.1 / 2.0 Surround) ainsi qu'une française (Dolby 2.0 stéréo).
La bande-son qui retiendra notre attention est évidemment la Dolby Digital 5.1, qui est en fait un re-mixage produit à partir de la matrice original. Ce nouveau mixage confère a l'espace sonore une spatialité et un dynamisme acceptable, sans plus. Le champ-sonore se déploie surtout des enceintes avants, mais les canaux arrières sont bel et bien mis à contribution pour intégrer quelques subtils effets d'ambiance et, surtout, pour la trame-sonore. Cette dernière, reproduite fidèlement, manifeste sa présence avec impact, dynamisme et énergie. Visiblement, il s'agit de l'élément ayant le plus profité de ce re-mixage. Les dialogues sont nets et intelligibles. Les basses sont, à quelques reprises, fortes et puissantes, mais le canal .1 (LFE) souffre d'une timide utilisation, outre pour la trame-sonore.
Évidemment, le mixage français Dolby 2.0 stéréo n'offre pas la même spatialité, ni le même dynamisme. La trame-sonore souffre également d'une fidélité quelque peu déficiente combiné en plus d'une distortion audible dans les hautes fréquences. Tout ceci, sans compter que les dialogues manquent dramatiquement de naturalité. Il n'y a pas à dire, un re-mixage aurait été fort profitable.


Suppléments/menus
Paramount nous propose ce film sous leur bannière Special Collector's Edition. Cette appellation est-elle justifiée ? Partiellement…
Vous retrouverez tout d'abord une piste de commentaires audio animée par le réalisateur Martin Brest. De façon générale, Mr Brest est un animateur intéressant. Ses propos, résolument axés sur l'aspect technique du film, sont clairs et pertinents. Cependant, il semble si absorbé par l'écoute de son film que les silences sont nombreux et, parfois, plutôt longs.
Une série de documentaires a aussi été produite pour cette nouvelle édition. Totalisant près de 45 minutes, ces documentaires constituent l'attrait principal de ces suppléments. Seule objection : un seul long documentaire aurait dû être produit plutôt que plusieurs courts. Quoi qu'il en soit, le premier segment s'intitule Beverly Hills Cop : The Phenomenon Begins (29 min) et s'attarde de façon générale à la production complète du film, de l'écriture du scénario jusqu'à la distribution du film en salles. L'information de ce documentaire est presque exclusivement donnée via des entrevues menées auprès des principaux artisans du film. Il n'y a malheureusement aucune scène filmée en coulisse, de photographies ou scénarimages. Les propos des intervenants sont toujours pertinents et permettent de mieux cerner les principaux enjeux du tournage. Dommage que la durée n'excède pas les trente minutes, l'information aurait certes gagnée à être plus élaborée.
Le documentaire suivant s'intitule A Glimpse into the Casting Process (10 min) et s'attarde quant à lui au processus de d'attribution des rôles. Il y a une légère redondance entre ce segment et le documentaire principal, alors que certaines informations sont répétées. Suit ensuite The Music of Beverly Hills Cop (8 min), un court segment traitant, évidemment, de la musique. L'information n'est ici qu'abordée en surface, nous aurions apprécié des explications plus détaillées sur les choix des musiques du film. Finalement, Location Map est en quelque sorte une carte de Beverly Hills sur laquelle vous pouvez sélectionner divers lieux de tournage. Chaque sélection vous conduit à une entrevue menée avec le directeur artistique, celui-ci expliquant brièvement le travail effectué à chaque endroit. Très instructif.
Vous retrouverez finalement une courte galerie de photographies ainsi que la bande-annonce originale.



Conclusion
Beverly Hills Cop était un film attendu depuis un bon moment déjà en format DVD, et Paramount a su répondre aux attentes avec une édition plutôt solide, sans toutefois être exceptionnelle. La qualité d'image surpasse de loin toutes les autres présentations vidéos du film, ce qui est une bonne chose, et le re-mixage anglais donne une nouvelle vie à la trame-sonore. Le film profite également de quelques suppléments de bonne qualité qui ne se perdent jamais dans la complaisance ou la superficialité.



Qualité vidéo:
3,2/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,2/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-01-31

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Beverly Hills Cop

Année de sortie:
1984

Pays:

Genre:

Durée:
105 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, carte interactive, galerie d'images et bande-annonce.

Date de parution:
2002-01-29

Si vous avez aimé...