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DVDEF

Little Big Man

Critique
Synopsis/présentation
Arthur Penn est un réalisateur venu de la télévision et du théâtre (comme Sidney Lumet, cf critique Serpico), et l'expérience que cela lui a apporté se sent aisément tout au cours de sa carrière cinématographique. Sa forte personnalité et son univers personnel marqué font qu'il apporta à ses différentes oeuvres une touche particulière aussi bien au niveau thématique, scénaristique que visuel. Il est le cinéaste des individus marginaux cherchant à se trouver une place dans la société, à se trouver des repères envers et contre tout. Ils tentent souvent de véhiculer une image de leur personne avant même d'avoir à se connaître eux-mêmes. A. Penn a ainsi signé une série de films passionnants et puissants, réussissant le mélange assez improbable du film divertissant et profond à la fois, et tout cela sur des sujets souvent difficiles : The Left Handed Gun (1958), The Miracle Worker (1962), The Chase (1966), Bonnie and Clyde (1967), Alice's Restaurant (1969), The Missouri Breaks (1976).

Little Big Man (1970) ne déroge pas à la règle, étant même le travail le plus ambitieux d'A. Penn. On y suit l'histoire (vraie ou fantasmée) de Jack Crabb (Dustin Hoffman), un vieillard de 121 ans, contée par ses soins à un journaliste venu chercher des renseignements sur le mode de vie des Indiens Cheyenne. Au cours de sa très longue vie, il fut (selon ses dires), adopté par des Cheyennes suite au massacre de ses parents, puis après s'être battu contre les Tuniques Bleues, fut receuilli par un pasteur très prude et sa jolie femme. Il s'émancipera ensuite en étant pris sous son aile par un bonimenteur professionnel, sera retrouvé par sa soeur et se decouvrira alors des talents de tireur au pistolet. Puis il ouvrira un magasin, sera ruiné par son associé, se mariera, sa femme sera enlevée par des Indiens, il partira à sa recherche et recroisera le chemin de sa famille d'adoption. A cette occasion, il rencontrera le célèbre Wild Bill Hickok et le non moins célèbre Général Custer, dont il saura manier la bétise à son avantage.

Il en est ainsi pendant 139 minutes, durant lesquelles A. Penn nous fait voyager d'un bout à l'autre du grand Ouest américain, et vivre de folles aventures en permanence. L'humour est un des éléments décisifs du film et c'est grâce à lui que toutes les transitions se font. Nous sommes ballotés physiquement, à travers de nombreux endroits de la nature la plus sauvage aux villes les plus civilisées de l'époque ; et moralement par le biais de divers mentors et compagnons aux idées toutes très différentes (son grand-père d'adoption Indien, le pasteur, le bonimenteur, sa soeur, Wild Bill Hickok, le Général Custer, sa femme Olga, sa femme indienne Sunshine). Jack ne réussira jamais à trouver une solution qui lui convienne et grapillera un peu de chaque enseignement qui l'interesse au cours de ses diverses et très différentes expériences. C'est ainsi, ce passage permanent d'une idéologie à une autre, d'un endroit à un autre, vous dépayse de façon extraordinaire. A. Penn joue également beaucoup sur la stupidité des Tuniques Bleues, de leurs chefs (sa description du Général Custer est tordante), et des légendes de l'Ouest, faisant ainsi de son film une oeuvre révisionniste mais pour la bonne cause, celle de l'humour et de la dénonciation de la bétise humaine. D'un autre côté, si son film est pro-Indien, il n'en est pas pour autant manichéen, et il ne se gêne pas pour présenter certaines traditions indiennes assez ridicules (l'homme qui fait tout à l'envers), et à faire de Jack un personnage souvent intéressant mais aussi souvent ridicule, mettant ainsi tout le monde sur un pied d'égalité. Son film reste ainsi ce qu'il devait être au départ, le récit de sa tumultueuse vie par un vieil homme roublard, mêlant très habilement humour, aventures et tragédies.

Le film est ainsi fort complexe et certaines transitions du burlesque le plus pur au tragique le plus noir sont parfois trop abruptes pour rendre l'effet voulu. En fait, il paraît facilement emporté par le foisonnemment et l'intensité de son film et c'est souvent un excellent montage qui permet de raccrocher ensembles ces actions et sentiments souvent très disparates. Vous assisterez donc à un spectacle constant, formidablement dépaysant et distrayant dont vous vous souviendrez sans doute longtemps. Dustin Hoffman y est absolument formidable, jouant toutes les émotions humaines de façon fort convaincantes et tout cela durant un seul film. Nous ne pouvons que recommander le visionnement de ce grand film, à la fois film initiatique, film de guerre, western et film d'aventures.



Image
L'image est présentée au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est de très bon niveau pour un film des années soixante-dix. L'interpositif est propre dans son ensemble malgré quelques rares passages légèrement sales (petites rayures et points). La finesse des détails est elle aussi d'un niveau élevé pour un film datant déjà de plus de trente ans et cela rend le visionnement d'autant plus agréable. Les couleurs sont également bien traitées, donnant un aspect naturel aux paysages du grand ouest américain grâce à leur constance et leur saturation jamais prise en défaut. La gestion du contraste est satisfaisante et permet d'éliminer toutes brillances intempestives. Le niveau de noir s'avère fort satisfaisant également et permet ainsi un rendu très agréable de toutes les scènes sombres du film.

La partie numérique est à la hauteur du reste du transfert. Quelques défauts sont présents (fourmillements, surdéfinition) mais dans des proportions tellement faibles qu'ils ne sont jamais gênants et pour tout dire à peine décelables.

Un belle surprise que cette copie nette et précise d'un film qui le méritait amplement. Une présentation qui aurait pu être un peu plus poussée mais qui s'avère fort satisfaisante pour une édition simple.



Son
Les bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (DD 5.1), Anglais (DD 2.0 surround) et Français (DD 1.0 mono).

La dynamique de la piste multicanal est d'un niveau correct, permettant d'offrir une présence appréciable. La spatialité n'est pas des plus marquées mais honorable pour le remixage multicanal d'une bande-son en mono de 1970. La belle musique de John Hammond est fort bien rendue et intégrée au reste de la bande-son. Le champ sonore n'est pas des plus larges mais s'exprime plus dans la profondeur. Les enceintes arrières sont peu utilisées et à un niveau faible quand elles le sont. Cependant, elles apportent à plusieurs moments le petit supplément d'ambiance nécessaire à une immersion totale dans l'oeuvre et cela sans dénaturer le travail original des ingénieurs du son de l'époque. Les dialogues profitent bien du canal central qui leur est dédié, et leur intelligibilité n'est jamais prise en défaut. Aucuns parasites ou distorsions ne sont à déplorer. Les basses fréquences sont plutôt faibles en niveau et en impact, mais sont tout de même présentes, apportant un supplément d'assise à la restitution des scènes de bataille et de la musique.
La bande-son en Dolby Surround est plusieurs tons en dessous de son homologue multicanal et la piste monophonique française souffre des habituels défauts des pistes doublées (voix non adéquates, ambiances étouffées et dynamique tassée).
Les sous-titres sont disponibles en Anglais simplement.
Un bon travail de remixage a été effectué ici, la Paramount a intelligemment chosit de mettre l'accent sur la fidélité plutôt que sur le spectaculaire.


Suppléments/menus
Cette édition est vierge de tout supplément. Pas même une petite bande-annonce ou des filmographies...




Conclusion
Une belle réussite que le rendu visuel et sonore de cette édition, ses défauts étant limités et ses qualités très constantes. Un mauvais point pour l'absence totale de suppléments.

Arthur Penn réussit un impressionnant numéro d'équilibriste entre les diverses directions que prend son oeuvre. Il arrive à passer du récit d'aventure, à la comédie, au récit initiatique, au drame, avec parfois quelques ruptures de ton mais une énergie et un plaisir de conter jamais démenti. Les acteurs prennent visiblement beaucoup de plaisir à jouer leurs rôles et il s'agit là d'une des toutes meilleures interprétations de Dustin Hoffman, qui passe par quasiment toutes les émotions que peut exprimer un acteur. A voir.


Qualité vidéo:
3,4/5

Qualité audio:
3,4/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-04-29

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Little Big Man

Année de sortie:
1970

Pays:

Genre:

Durée:
139 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 stéréo
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Aucun

Date de parution:
2003-04-29

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