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DVDEF

Unbreakable (Vista Series)

Critique
Synopsis/présentation
M. Night Shyamalan, après le succès surprise de The Sixth Sense, entreprit la réalisation d'Unbreakable. Ce film, lors de sa sortie au grand écran fin 2000, a provoqué quelques commentaires défavorables, certains lui reprochant les ressemblances avec The Sixth Sense.
Il faut mentionner que les deux films exploitent des thèmes semblables et se développent sensiblement de manière similaire; un événement tragique survient dès les premières minutes du film, un climat de doute s'installe, on découvre chacun des personnages lentement. Bruce Willis joue dans les deux cas un personnage marqué par le destin qui découvre qu'il n'est pas celui qu`il pense être. La photographie dans les deux films exploite la lumière naturelle, ce qui donne une ambiance plus sombre et des éclairages stylisés... David Dunn (Bruce Willis) revient de New York à bord d'un train lorsqu'un terrible déraillement survient, il en est le seul survivant. Une mystérieuse note laissée sur le pare-brise de son auto lui fait prendre conscience que jamais il n'a été malade ou blessé. Elijah Price (Samuel L. Jackson), un homme aux allures exentriques atteint d'une maladie dégénérative des os , prend contact avec Dunn. S'établit entre les deux hommes une relation ambiguë, Elijah Price (passionné par les Comic Books) doute que David Dunn ne soit qu'un homme normal. Dunn réfute les allégations malgré des évidences qui deviendront pour le moins indéniables.
Cette oeuvre de M. Night Shyamalan est particulièrement intéressante dans le contexte des productions américaines actuelles. La séquence du train met en évidence les choix cinématographiques (le plan séquence) du réalisateur. En ne montrant pas le déraillement du train, il refuse de jouer la carte de l'effet à tout prix. En lieu et place, il laisse au spectateur le soin d'imaginer ce moment terrible. La voie de la subtilité a été choisie, on se concentre sur des plans de Willis et d'autres passagers que l'on a par la suite habilement montés.
Le film est tout en retenue avec un rythme lent où chaque personnage nous est dévoilé progressivement. Ce style s'oppose au cinéma commercial d'aujourd'hui, n'offrant rien d'autre qu'un esthétisme de vidéoclip et des effets techniques tonitruants dépourvus de contenu. Une fois l'effet montré, il faut déjà passer à autre chose. Le héros (Willis) contrairement à trop de films (américain) n'est pas monolithique, mais surtout sans exubérance inutile, on perçoit chez le réalisateur une certaine recherche dans le développement de son personnage. Bien que Bruce Willis joue ici son rôle en demi-teinte comme dans The Sixth Sense. Son interprétation diffère avec contraste d'une production hollywoodienne conventionnelle.
Malgré quelques défauts inhérents à l'inexpérience, M. Night Shyamalan a su relever le défi que représente un deuxième film. Unbreakable fait la preuve que ce jeune réalisateur est une valeur sûre. Avec l'audace formelle qu'il montre et la qualité de la composition de ses personnages, il peut prétendre être l'un des metteurs en scène les plus prometteurs de la relève hollywoodienne. Nous sommes convaincus qu'avec la maturité, il saura trouver des sujets plus étoffés qui permettront à son grand talent de donner tout son potentiel.


Image
Le film est ici présenté en format original d'après un transfert anamorphique et numérique. Avant toute évaluation de l'image il faut considérer la photographie de Eduardo Serra (La veuve de Saint-Pierre, What Dream May Comes). L'aspect visuel de ce film est fortement stylisé: couleurs délavées, contre-jours, filtrages, éclairages rasants et sombres, etc. Il est très hasardeux dans ce contexte de porter un jugement sûr et définitif sur le rendu final de ce transfert.
La définition, dans son ensemble, est adéquate. On note à peine quelques plans manquant légèrement de piqué et une légère sur-définition des contours qui malheureusement fait perdre à l'image sa fluidité. Le rendu des couleurs, comme mentionné plus haut, est difficile à évaluer cependant on peut affirmer avec certitude que les couleurs sont constantes et sans débordement. Les parties sombres manquent en certaines occasions de détails, toutefois les noirs sont profonds et purs. On ne note aucune fluctuation de la brillance et du contraste (parfois accentué).
L'interpositif utilisé pour ce transfert est exempt de tout artéfacts ou parasites. Quelques traces de compression sont, très rarement, perceptibles.


Son
Pas moins de quatre bandes-son multicanal sont offertes: anglaises (Dolby Digital 5.1/DTS), française (Dolby Digital 5.1) et espagnole (Dolby Digital 5.1).
Le mixage de ce film est tout en douceur, rien ici d'inutilement agressif. Cela n'empêche toutefois pas d'être en présence d'un mixage, lorsque nécessaire, d'un dynamisme exemplaire. Ce qui frappe le plus des bandes sonores (Dolby Digital 5.1/DTS) est l'étonnante spatialité qui se dégage du mixage. Chaque élément sonore est superbement intégré et cohérent, notamment les dialogues, dont le rendu est naturel et ample (rien ici d'ADR). Tout le registre des fréquences est pleinement utilisé, le canal .1 (LFE) est particulièrement actif et appuie adroitement les moments de tensions. Les canaux d'ambiophonie sont utilisés principalement comme appuis à l'immersion sonore. On perçoit à l'occasion des effets d'ambiophonie localisés. Un bel exemple de la qualité de ce mixage est le chapître 22 alors que Bruce Willis déambule dans la gare; l'exemple parfait d'un mixage intelligent.
Les différences entre les bandes-son (anglaises) Dolby Digital 5.1 et DTS ne sont pas marquées mais tout de même perceptibles. Le registre des basses est particulièrement mieux défini en format DTS, rien ici de confus ou compressé. Le mixage DTS DTS semble également plus ouvert, limpide, que le mixage Dolby Digital.
Comme pour toute les éditions majeures de Buena Vista, une bande sonore française Dolby Digital 5.1 est incluse. Il aurait été presque inconcevable d'écouter tout doublage en format 2.0 Surround tant le mixage joue un rôle d'importance. Bien sur le doublage fait perdre quelques peu de la spatialité, celui-ci nous a tout de même paru adéquatement intégré, sans trop compromettre la nature du mixage.
Il y a option de sous-titrage en anglais (cc) et espagnol.


Suppléments/menus
Unbreakble est le premier titre offert sous la bannière Vista Series. Dans un monde DVD ou la surenchère des appellations, bannières et lignes de produits est constante, il devient difficile de fixer des attentes précises. Surtout lorsque l'on considère que tous les studios/éditeurs ne fixent pas de la même manière le barême d'une édition spéciale.
Tous les suppléments de cette édition sont regoupés sur le deuxième disque, aucune piste de commentaires audio n'est offerte. Chose un peu curieuse pour une édition présentée sous une nouvelle bannière se voulant de prestige...
Premier élément des suppléments, un documentaire nommé Behind The Scenes. On peut y voir et entendre les commentaires des principaux artisans du film; le réalisateur, le directeur de la photographie, l'ingénieur du son et évidemment Bruce Willis. Ce documentaire synthétise en 14 petites minutes les principaux enjeux de cette production. Bien que le ton ne soit pas trop complaisant ou promotionnel, les vraix thèmes du film sont à peine effleurés. A t'on voulu rester plus populiste au détriment d'un discours plus approfondi? Par exemple on aurait pu élaborer beaucoup plus longtemps sur le personnage Elijah Price, dont les dimensions sont plus complexes qu'en apparence.
Suit un deuxième documentaire cette fois consacré entièrement au super héros et aux Comic Books. Voilà sûrement le supplément le plus intéressant de cette édition. On évite de se disperser pour mieux aborder en 19 minutes ce sujet intrésèquement lié au film.
La séquence de la gare peut être vue en multi-angle (2); la séquence en scénarimage ou la séquence finale (tel que vu au cinéma). Si l'initiative est intéressante, la comparaison entre les deux points de vue est difficile puisqu'il faut sans cesse alterner ceux-ci. Il aurait été plus adroit de pouvoir également visionner les deux séquences côte à côte. Les deux séquences peuvent être entendues soit avec le mixage final, la trame sonore uniquement ou les effets sonores.
On retrouve par la suite sept scènes qui soient furent retranchées du film ou dans des formes différentes. Chacune de ces séquences est précédée d'une mise en contexte par le réalisateur qui explique pourquoi celles-ci n'ont pas survécu au montage final du film. Cette approche nous paraît juste et adroite, on peut saisir les motivations du cinéaste puis subséquemment apprécier la séquence. Une alternative intéresante aux commentaires audio qui habituellement fait office de complément à ce type de supplément. On peut visionner ces scènes d'un trait (28 minutes) ou individuellement.
Finalement cette édition propose, à l'initiative du réalisateur, un court-métrage réalisé par celui-ci dans sa jeunesse. Ce supplément est d'un intérêt mitigé et ne complète aucunement le film.
La copie évaluée ici ne contenait pas les deux dessins d'Alex Ross (2 Collectible Alex Ross Illustrations) dont la présence est pourtant mentionnée à l'arrière du boîtier. Un livret complète les suppléments.




Conclusion
Mettre en marché une nouvelle bannière (dans ce cas ci la Vista Series) doit s'accompagner d'éléments neufs qui distinguent la collection, or ici il n`en est rien. Les suppléments offerts sont tout ce qu'il y a de plus commun et à peine en quantité suffisante pour une édition de ce prestige, pas même une piste de commentaires audio est offerte...
Il reste au bout du compte un film qui vaut une écoute attentive, présenté dans une édition qui rend, techniquement, justice au film.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,3/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Mathieu Daoust

Date de publication: 2001-06-30

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40X81, Récepteur Pioneer Elite VSX-07 TX, Lecteur DVD Pioneer Elite DV-37, enceintes Paradigm, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Unbreakable

Année de sortie:
2000

Pays:

Genre:

Durée:
106 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Buena Vista

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Oui

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX
Anglaise DTS ES
Française Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Espagnol

Suppéments:
Scènes retranchées au montage, documentaires (2), scène (1) multi-angle, livret, court-métrage

Date de parution:
2001-06-26

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