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DVDEF

Oz (The Complete Fifth Season)

Critique
Synopsis/présentation
Oz, créée en 1997 par Tom Fontana, est une des premières séries à avoir assis la réputation de la chaîne payante américaine HBO dans le coeur des téléphiles (il s'agissait de la première dramatique de HBO avec des épisodes d'une heure). Cette série à la fois originale et particulièrement violente a permis de cibler un public adulte lassé des productions édulcorées qui remplissaient alors le paysage télévisuel, établissant de façon très efficace ce qui allait se retrouver dans nombre de séries HBO : de la violence, du sexe, un langage parfois ordurier et des histoires très dures (pour la petite histoire, des sites web comptaient à une époque le nombre de scènes de sexe par épisode de Six Feet Under et le nombre de fuck par minute dans les épisodes de Deadwood).

Oz, c'est le nom de la rue du Pénitentier d'Etat a sécurité maximum d'Oswald (l'Etat dans lequel celle-ci se situe est absolument impossible à identifier de toute la série), dans lequel a été créée une section expérimentale, Emerald City (la cité d'Émeraude), créée par Tim McManus (Terry Kinney). La série tourne principalement autour des détenus enfermés à Em City (où les prisonniers se déplacent librement sauf la nuit, et où des cellules de plexiglas remplacent les barreaux habituels), mais nous permet de découvrir aussi les autres sections de Oz, du couloir de la mort aux cellules d'isolement.

De nombreux clans, basés principalement sur les origines ethniques, se partagent la loyauté des détenus à Oz. En voici les plus importants:
- La Fraternité. Une bande de nazis, dirigée par le vil Vernon Schillinger (J.K. Simmons). Ils haïssent et méprisent a peu près tout le monde, et tout le monde (mis à part les Motards) le leur rend bien. La violence sexuelle exercée par Shillinger et son second James Robson leur vaut des inimitiés mortelles.
- Les Irlandais. Peu nombreux (il s'agit principalement des frères O'Reilly, avec de temps à autre l'addition de quelque compatriote de passage), mais extrêmement dangereux (Ryan est intelligent mais manifestement fou, et Cyril est simple d'esprit mais sujets à des crises de violence extrêmes) et donc puissants.
- The Homeboys. Il s'agit d'une bande de Noirs qui contrôlent une part du trafic de drogue à Em City. Leurs affaires les poussent parfois à s'associer aux Sicilienns et aux Latinos.
- Les Musulmans. D'autres Noirs, qui se retrouvent dans la foi et leur dévouement à leur leader à l'esprit torturé, Karim Saeed (Eamonn Walker). Ils essaient de lutter contre la drogue et la violence.
- Les Lations. Contrôlent la cafétéria, et pratiquent le trafic de drogue. Ce groupe est assez nombreux, ce qui fait que leur leader, Enrique Morales (David Zayas), est souvent contesté.
- Les Siciliens. Dirigé par Chucky Pancamo (Chuck Zito), ce groupe est le plus capable de porter atteinte aux membres de familles de détenus à l'extérieur de la prison, et contrôlent aussi partiellement le trafic de drogue, qui est décidément une activité populaire à Oz.

D'autres groupes secondaires, dont l'importance varie au cours des épisodes, se retrouvent aussi à Em City. On citera, entre autres, les Chinois (deux d'entre eux se frotteront aux Irlandais au cours de cette saison), les Motards, et les Gays.

Il y a aussi les autres, ceux qui n'appartiennent à aucun groupe. On citera, entre autres personnages-clé de la saison :
- Tobias Beecher (Lee Tergesen), un ancien avocat, qui s'oppose assez souvent à Schillinger depuis que celui-ci l'a violé (dans le pilote), qui est un des personnages les plus humains de la série.
- Augustus Hill (Harold Perrineau), qui, dans sa chaise roulante, est le narrateur de la série et en est le personnage le plus sympathique.
- Chris Keller (Chris Meloni), amant de Beecher et objet sexuel d'une des gardiennes du Pénitentier.
- Bob Rebadow (George Morgofen), un vieux meurtrier condamné à perpétuité, qui va tout faire pour sauver son petit-fils de la leucémie.

Enfin, il y a bien évidemment le personnel de la prison, avec à sa tête Leo Glynn (Ernie Hudson), et parmi lesquels on retrouve Tim McManus (Terrry Kinney), qui dirige Em City, le Père Ray Mukada (B.D. Wong), aumônier de la prison, et la Soeur Peter Marie Reimondo (Rita Moreno), la psychiatre.

De cette énumération, qui est loin d'être exhaustive, on peut voir que le nombre de personnages qui peuplent cette série est rien moins qu'énorme. Avec la violence extrême de la série (la moyenne doit être proche d'un viol et/ou un meurtre par épisode), cela rend l'abord de celle-ci particulièrement difficile, les intrigues multiples et les très nombreux conflits interpersonnels pouvant sembler confus au départ. Mais pour qui sait dépasser ces obstacles, Oz, comme beaucoup d'autres série HBO, devient une drogue dure.

La cinquième saison, qui est le sujet de cette critique, succède à une saison particulière. En effet, la quatrième saison de Oz dure 16 épisodes, contrairement à toutes les autres qui en font 8. Cette particularité s'explique dans un retard sur la série-vedette d'alors sur HBO, The Sopranos, qui a poussé HBO à commander 8 épisodes supplémentaires. Cette cinquième saison commence par la réouverture d'Oz après une explosion qui a détruit la cafétéria, mais qui a permis de sauver la vie d'un Irlandais, le révérend Cloutier (Luke Perry), qui avait été emmuré par un autre, qui semble encore plus fou et dangereux que les frères O'Reilly réunis. A la fin du premier épisode, un accident à l'extérieur de la prison s'avère être un choc pour de nombreux prisonniers. Par la suite, l'arrivée d'Ellie O'Connor (Ellen McElduff), l'ex-femme de McManus, comme agant de liaison du gouverneur, ne facilite pas la tâche du personnel. Et l'attention de certains prisonniers se porte assez vite sur Suzanne Fitzgerald, la mère de Ryan O'Reilly, venue donner des cours de chant.

Comme souvent à Oz, les alliances entre hommes et entre clans se font et se défont très rapidement. Et comme toujours, rien n'est tout blanc ou tout noir. Shillinger s'avère être un profondément humain dès qu'il s'agit de sa famille, alors que Beecher va s'avérer être un monstre lorsqu'un nouvel arrivant va le pousser à bout. L'épisode où Beecher commet l'irréparable est d'ailleurs très particulier, car il s'agit d'un épisode musical, où les habituelles disgressions d'Augustus Hill (Perrineau étantr absent pour cause de tournage de the Matrix Reloaded) sont remplacées par des performances de chant exécutées par différents prisonniers. Cet épisode a souvent été comparé à l'épisode musical de Buffy the Vampire Slayer, diffusé à la même époque, qui est une comédie musicale beaucoup plus classique.

La réalisation de cette série est d'un excellent niveau, et les épisodes font preuve d'une belle constance, ce qui est la marque d'une bible d'écriture (en fait Tom Fontana a pratiquement écrit l'intégralité des épisodes) et de réalisation très bien définie.La violence est extrèmement bien gérée. Elle n'est montrée que lorsque nécessaire, et parfois occultée par des ellipses, mais avec toujours un effet maximum. Des scènes de viol ou de meurtre particulièrement ignobles sont ainsi résumées en trois plans, qui arrivent à couper le souffle du spectateur alors que rien n'a été montré à l'écran. Le découpage, entre plans et entre séquences (on suit souvent plusieurs histoires simultanément), s'avère donc particulièrement réussi, et sert avec brio une écriture toujours impeccable. À l'arrivée de chaque nouveau détenu, une séquence stylisée nous décrit son crime, et le narrateur nous cite son nom, le crime et la sentence. Ces séquences récurrentes font un peu penser aux scènes de décès qui ouvrent les épisodes de Six Feet Under.

La distribution, quand à elle, nous délivre une interprétation d'une consistance et d'une solidité sans faille. Les acteurs sont tous excellents, que ce soit les acteurs principaux ou les invités, récurrents ou non (on notera entre autres la courte apparence de Roy Thinnes, l'acteur principal de la série culte The Invaders), qui peuplent les couloirs du pénitentier d'Oz. On notera particulièrement les performances fabuleuses de J.K.Simmons (Vern Schillinger), qui campe avec retenue et justesse un monstre parfaitement haïssable, et de Dean Winters (Ryan O'Reilly), malin et inquiétant à souhait.

Les amateurs de bonnt télévision se feront un plaisir de (re)découvrir cette très belle série. Ce coffret est le dernier sorti actuellement, mais on attend avec impatience la sortie du coffret de la sixième et dernière saison.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.33:1, d'après un transfert 4:3. Contrairement à Six Feet Under, dont les deux premières saisons sont en 4:3 et les suivantes en 16:9 (avec l'arrivée de la chaîne HBO HD), cette série a gardé son format original sur toute sa longueur. Ce choix s'explique par le réalisme "documentaire" qu'a voulu lui donner Tom Fontana.

Malgré ce ratio, l'image présente un grain très proche de la pellicule, donnant l'impression d'un tournage en 16mm. La définition est tout de même correcte, l'image offrant un niveau de détail très honorable même si les murs d'une prison sont loin d'arborer les textures les plus intéressantes qui soient.
Les niveaux vidéo de noir (brillance) et de contraste sont impeccablement réglés, et s'avèrent d'une parfaite constance tout au long de la saison. Les couleurs sont superbement rendues, les différences subtiles au niveau de la balance des blances rendant particulièrement bien les différents types d'éclairages (fluorescents, incandescent, ou lumière naturelle apportée par de rares fenêtres) utilisés dans les différentes section de la prison. Aucin débordement n'est à déborder de ce côté-ci.
Les zones sombres de l'image, si elles affichent une granulation un peu supérieure au reste (ce qui est naturel), offrent un niveau de détail très correct et des noirs purs et profonds, sans aucun blocage.

Au niveau numérique, aucun défaut particulier n'est à noter. Les rares parasites de compression étant complètement perdus dans le grain de l'image. La surdéfinition des contours est quand à elle complètement anecdotique.


Son
Les bandes-son proposées sur cette édition sont la version originale anglaise au formats Dolby Digital 5.1 et 2.0, et la version espagnole au format Dolby 2.0 surround. Des sous-titres anglais, français et espagnols sont proposés. Il est à noter que la traduction offerte par les sous-titres est assez peu fidèle à la version originale lorsqu'il s'agit de langage ordurier. C'est bien entendu la version originale multicanaux qui est le sujet de cette critique.

La présence offerte par cette bande-son est assez impressionnante, même si la dynamique, comme toujours pour une série télévisée, est moins tonitruante que dans un film à grand spectacle. Le champ sonore, qui se d.ploie principalement sur les enceintes avant, s'avère assez réaliste et concourt assez bien à l'aspect "documentaire" de la série, à laquelle une utilisation trop intensive des canaux d'ambiophonie aurait nui.
L'intégration des éléments composant cette bande-son est particulièrement bien faite. Les dialogues (le plus important) sont toujours clairs, réalistes et intelligibles. Les effets sonores sont eux aussi impeccables, et la trame sonore, très originale et particulièrement bien adaptée à l'ambiance de la série, fait preuve d'une profondeur de bon aloi et d'une haute fidélité.

Les fréquences basses du spectre sonore sont mises à contribution lorsque nécessaire, que ce soit pour des effets sonores (combats, explosions, claquements de portes) ou bien la musique. L'utilisation du canal d'infra-basses (.1 ou LFE) vient les supporter lorsque nécessaire, sans exagération.


Suppléments/menus
Les suppléments offets dans ce coffret sont assez habituels pour une production HBO.

Le huitième et dernier épisode de la saison peut être regardé en écoutant un commentaire de Tom Fontana (créateur de la série) et Dean Winters (Ryan O'Reilly). Il s'avère est plutôt amusant, tout en restant informatif, les deux compères ayant manifestement un sens de l'humour assez développé. Leur complicité (commencée dans un bar et développée sur le tournage de la série) s'entend sur ce commentaire qui leur a manifestement donné du plaisir à enregistrer.
Tous les épisodes sont accompagnés du résumé de l'épisode précédent et de la bande-annonce du suivant, tels que diffusés sur HBO.

Enfin, des scènes coupées (pour une durée totale excédant 23 minutes) sont présentées. Il y a des scènes coupées pour tous les épisodes, il est très intéressant que cette option soit ainsi offerte de manière aussi exhaustive.



Conclusion
En attendant la parution de la sixième et dernière saison de Oz, ce coffret, d'une facture semblable aux éditions des autres saisons, s'avère indispensable pour tous les fans de cette série exigeante mais ô combien intéressante. Ce qui ne gâche rien, et contrairement aux autres coffrets de HBO qui atteignent des tarifs prohibitifs, ceux-ci sont tout à fait abordables (autour de 50$ CDN).


Qualité vidéo:
3,7/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2005-09-30

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Panasonic PT-L500U, écran 92'' fait maison screen Goo, Lecteur DVD LG DV7832NXC (sortie composantes 1080i), Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8), câbles Acoustic Research / PC avec Radeon et PowerDVD, moniteur 21'' Compaq P110

Le film

Titre original:
Oz

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
480mn minutes

Réalisateur (s):
-

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
HBO

Produit:
DVD

Nombre de disque:
3 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaires, Scènes coupées, rappels des épisodes précédents, bandes-annonces des épiosdes suivants, bande-annonce de la saison 6

Date de parution:
2005-06-21

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