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DVDEF

Star Wars: Episode I - The Phantom Menace

Critique
Synopsis/présentation
Seize ans après la sortie de The Return of the Jedi (1983), le public attendait avec impatience The Pantom Menace (1999). George Lucas aura mis bien du temps à offrir un nouvel épisode de sa saga. Cette pause n'est pas sans explications; en premier lieu, le réalisateur et producteur venait d'adopter, dans les années quatre-vingt, trois enfants. S'investir dans la réalisation d'une nouvelle trilogie aurait exigé des sacrifices trop importants. De plus, George Lucas ne jugeait pas les technologies numériques encore assez développées et capables de produire les effets spéciaux imaginés.
Des effets spéciaux le réalisateur nous en offre deux fois plutôt qu'une, on compte plus de 2000 effets spéciaux utilisés, à peine 250 prises n'ont pas été retouchées numériquement. Mais au-delà de cette orgie numérique que reste-t'il de The Pantom Menace? The Pantom Menace est un conte mystico-politique ou le Bien et le Mal s'affrontent dans un combat depuis le début de l'univers. Le Mal, c'est Darth Sidious. Cette référence directe à Hitler, qui exploite la paralysie d'une république dirigée par des technocrates et administrée par une bureaucratie impersonnelle. Il ne désire que dominé l'univers ! Les instruments pour arriver à ses fins sont Darth Maul, le guerrier satanique et la fédération commerciale, véritable symbole du corporatiste néo-libéral, elle est le côté obscur du capitalisme. Le Bien lui, c'est La reine Amidala (Natalie Portman). Souveraine élue de la luxuriante planète Naboo. Cet éden est un monde à échelle humaine où la population semble vivre en accord avec la nature et aspire au bonheur. Le blocus de sa planète la force à l'exil aidé par deux chevaliers Jedi. Ils sont les forces mandatées pour défendre le Bien. Viendra se greffer à cette équipe le jeune Anakin Skywalker (Jake Lloyd). Ce personnage est présenté comme un messie. Comme le Christ, il fut conçu par l'immaculée conception (sans relation sexuelle !). De plus, il a des facultés surnaturelles, qui lui permettent d'accomplir des exploits extraordinaires. Il est vu comme étant l'élu, celui qui unifiera la force. Programme ambitieux qui propose rien de moins que résoudre le conflit entre le bien et le mal une fois pour tout. George Lucas depuis ces débuts comme réalisateur exploita le thème de la lutte contre le totalitarisme. On n'a qu'à penser à son premier film THX 1138, qui montre un individu est opprimé par une société conformiste et totalitaire. L'épopée des Star Wars reprend à sa manière cette préoccupation de Lucas. Se basant sur la forme du conte, il crée une oeuvre où la détermination de l'individu fait la différence. Fondamentalement individualiste, il rejette toutes les formes de domination par des systèmes idéologiques, économiques ou politiques. L'enjeu de la guerre, c'est la liberté.

Lucas est fondamentalement américain et The Pantom Menace s'inscrit dans cette réalité. Ce film est une allégorie sur la résistance des Américains contre l'oppression tant intérieure (lutte contre les monopoles et les manipulations politiques) qu'extérieure par le combat contre des forces voulant détruire l'Amérique.


Image
Star Wars: Episode I nous est bien sûr offert en format original (2.35:1) d'après un transfert anamorphique. Pour ceux qui accordent importance à la chose ce transfert est certifié THX. Avec tous les efforts marketing fait en vue de la mise en marché de cette édition 20th Century Fox/Lucasfilm ont créé des attentes très élevées. Les résultats sont-ils à la hauteur? En bonne partie mais pas complètement...
L'image est dans l'ensemble nette et bien détaillée; les textures et surfaces sont bien rendues. Malheureusement quelques plans semblent manquer de piqué et n`ont pas toute la définition voulue. Les couleurs sont superbement reproduites; vibrantes, riches et fluides. La brillance est sans fluctuation, bien balancée. Le contraste est impeccable et n'a pas été accentué. Les parties sombres bien dégradées quoiqu`à quelques occasions un peu plus de détail aurait été souhaitable.
On considère généralement qu'une pellicule offre de 4000 à 6000 lignes de résolution, tandis qu'en DVD on ne compte que 525 lignes de résolution. Cette perte de résolution tend à faire paraître l'image moin nette et précise. Une des techniques pour compenser cette perte est d'appliquer un filtre numérique qui a la particularité de mieux découper et définir, les contours. Ce filtre peut être appliqué à différentes intensités, subtilement ou avec plus de force comme c'est le cas pour cette édition. Les contours se démarquent au point qu'à l'occasion des halos sont visibles. Ce défaut fait perdre énormément de naturalité à l'image et devient même agaçant.
Ce transfert est pratiquement exempt de parasites. En deux ou trois occasions de petits points noirs sont visibles.



Son
Précisons d'abord que deux éditions de ce titre sont mis en marché en Amérique du Nord; l'une américaine, qui offre des bandes-son anglaise (Dolby Digital 5.1 EX)/espagnole (Dolby Digital 2.0 Surround) et l'autre, canadienne qui propose des bandes-son anglaise (Dolby Digital 5.1 EX)/française (Dolby Digital 2.0 Surround). Le DVD utilisé en vue de cette critique est l'édition américaine.
Star Wars: Episode I fut le premier film présenté en salle dans un mixage Dolby Digital 5.1 EX. En 1999 les propriétaires de cinéma avaient du s'équiper d'un décodeur supplémentaire afin d'extraire le son encodé dans le canal central arrière. 20th Century Fox/Lucasfilm nous offre avec cette édition le mixage original Dolby Digital 5.1 EX tel qu'entendu au cinéma.
Cette bande sonore est d'une force peu commune et est, d'un point de vue strictement technique, l'élément le plus intéressant de cette édition. L'équipe affectée à la création de cette bande-son a fait un travail remarquable qui mérite d'être souligné. Le son se déploie avec force, dynamisme et puissance de tous les canaux pour plonger le spectateur dans un environnement sonore tout a fait enveloppant; beaucoup de spatialité et de profondeur. Les transitions canaux à canaux sont absolument saisissantes et contribuent à l'impact de plusieurs scènes dont la course dans le désert qui risque de faire figure d'anthologie. La trame-sonore de John Williams est superbement intégrée et est d'une fidélité tout à fait acceptable, seulement à quelques occasions le son semble un peu clair. Les dialogues sont nets, naturels et toujours intelligibles. Les concepteurs de ce mixage font un usage très actif des effets d'ambiophonies, dont le canal central arrière. Ces canaux arrières sont utilisés avec énormément de dynamisme mais sans jamais l'être de façon inutile.
Les basses étonnent par leur présence fortement appuyées provenant de tous les canaux. L'utilisation du canal .1 (LFE) met à rude épreuve tout caisson d'extrême grave, les effets vont souvent en deçà des 25 Khz.
On a peine à imaginer ce qu'aurait été ce mixage en DTS ES 6.1 plein débit...
Il y a option de sous-titrage en anglais (standard et CC) et espagnol.



Suppléments/menus
Cette édition double disque offre un lot de suppléments qui devrait satisfaire les plus exigeants.
Précisons en premier lieu que cette édition DVD nous propose le film dans un montage qui dure trois minutes de plus que la version vue au cinéma en 1999. Ces ajouts sont sommes toutes très mineurs et ne changent fondamentalement rien à l'histoire. Sur le premier disque nous retrouvons une piste de commentaires audio. Animée par George Lucas, Rick McCallum (producteur), Ben Burtt (ingénieur du son), Rob Coleman (animation), John Knoll (effets spéciaux), Dennis Muren (effets spéciaux) et Scott Squires (effets spéciaux). Tous les intervenants semblent avoir enregistré leurs commentaires séparément, les producteurs de cette édition ont ensuite fait un montage et intégré les commentaires les plus pertinents. Si on a su éviter le piège d'une piste trop anecdotique, le propos ne va pas vraiment plus loin que les enjeux techniques du film. Aucune analyse ou présentation des enjeux du film...Pourquoi ne pas avoir proposé deux pistes? Une de George Lucas et l'autre consacrée aux aspects plus techniques?
Les producteurs de ce titre ont eu la très bonne idée d'inclure une option de sous-titrage qui identifie chaque narrateur lorsqu'il prend la parole.
Il y a également sur le premier disque une section THX Optimode qui permet de calibrer, très sommairement, votre équipement audio-visuel.

Les suppléments du deuxième disque ont été divisés en quatre sections; Trailers and TV Spots, Deleted Scenes and Documentaries, Featurettes Web Documentaries and starwars.com et Animatics And Still Galleries.

La section Trailers and TV Spots nous présente à peu près tout ce qui a été produit comme bandes-annonces du film; 2 destinées au cinéma (anamorphique, Dolby Digital 2.0 Surround) et sept autres destinées à la télévision. De plus on retrouve le vidéo Duel of the Fates (non-anamorphique, Dolby Digital 2.0 Surround). Ce vidéo (4:20 minutes) nous montre John Williams lors de l'enregistrement de la trame-sonore entrecoupé d'extraits du film.

Suit la section Deleted Scenes and Documentaries, celle-ci constitue le coeur des suppléments de ce titre. On a divisé cette section en trois parties; Deletes Scenes Documentary, Deleted Scenes et The Beginning Making Episode 1.
En vue de cette édition Lucasfilms a décidé de terminer sept séquences qui n'ont pas survécues au montage final et nous les présenter tel qu'initiallement conçues. Depuis le début de l'année 2001 Lucasfilms a affecté une équipe complète à ces séquences, on a ménagé aucun efforts pour rendre ces séquences techniquement parfaites. Deletes Scenes Documentary nous offre, comme son nom l'indique, un documentaire qui explique pourquoi ces séquences furent retranchées du film. Le documentaire débute par les commentaires de réalisateurs (Francis Frod coppola, Phillip Kaufman, George Lucas) qui expliquent pourquoi des coupures doivent être faites. Puis chacune des séquences (Complete Podrace Grid Sequence, Extended Podrace Lap Two, The Waterfall Sequence, The Air Taxi Sequence, Dawn Before The Race, Anakin's Scuffle With Greedo et Farewell To Jira) est présentée par un des artisans du film. Ces sept séquences (anamorphique, Dolby Digital 5.1 EX) peuvent être aussi vues sans aucune présentation via la page Deleted Scenes.
The Beginning Making Episode 1 est un documentaire d'un peu plus d'une heure réalisé par Jon Shenk. Le documentaliste a suivi caméra à la main toutes les étapes entourant la production du film. Pas d'entrevues ou narrations, c'est une incursion directe dans la machine Lucas. Ce documentaire nous montre des choses que l'on a rarement l'occasion de voir, notamment une rencontre ou l'on discute budget. Hollywood est généralement très discret sur ce sujet...Ce documentaire vaut sans aucun doute le coup d'oeil et se démarque de ce qui est généralement offert en DVD.
Animatics And Still Galleries se divise en sept parties. Les trois premières sont consacrées au animatiques. Il y a d'abord une présentation de Rick McCallum et David Dororetz qui expliquent ce que sont des animatiques. Puis on peut voir deux séquences (Podrace Lap One et Submarine Sequence) sous quatre angles: scénarimages, animatiques, résultat final et un composite qui réunit ces trois angles.
Suivent trois galeries d'images Exclusives Production Photos, Print Campaign, Posters et un segment nommé Star Wars Starfighter: The Making of a Game. Les galeries d'images sont adéquatement présentées mais sans plus, on a pris la peine pour Exclusives Production Photos d'ajouter des textes explicatifs, voilà un ajout qui devrait être une norme pour toutes galeries d'images. Star Wars Starfighter: The Making of a Game n'est qu'un segment promotionnel servant à publiciser ce jeu développé pas Lucasart pour la console PlayStation 2, d'un intérêt très mitigé...

Featurettes, Web Documentaries and Starwars.com est une section divisée en trois parties.
La première, Featurettes, nous propose cinq courts segments (Visual Effects, Costumes, Design, Fights et Story) produits en vue de faire la promotion du film lors de sa sortie en salle. Ces segments d'une durée totale de 40 minutes ont un ton résolument promotionnel et n'aborde que très superficiellement les sujets abordés. Ces segments ne sont ni meilleurs ni moins bons que les éléments promotionnels que l'on retrouve généralement sur support DVD. Notez que ces Featurettes sont toutes anamorphiques et en anglais Dolby Digital Surround.
Plus infirmatif suit la partie Web Documentaries. Réalisé à l'intention du site Internet StarWars.com. Douze segments sont offerts, leur durée varie de 3 minutes 30 secondes à 7 minutes. Les costumes, les personnages, l'audition pour le rôle d'Anakin voilà autant de sujets abordés. Ces Web Documentaries (All I Need Is An Idea, Thousands Of Things, Home Sweet Home, Boys In Paradise, This Is A Creature Film, Prince Of the Jedi, Assistant Directors, 3,000 Anakins, It's Like War Now, Costume Drama, Bad Droid Karma et Movie Music) sont habilement réalisés et ont le mérite de donner un bon aperçu d'enjeux précis.
Il y a, finalement, un lien vers le site Internet StarWars.com et un lien qui permettra d'accèder à compter du 16 octobre à un site spécialement dédié à cette édtition DVD.

Soulignons enfin qu'on retrouve parsemé à travers les différents menus des oeufs de Pâques (easter eggs).




Conclusion
Il n'y pas à dire cette édition sera un succès. L'image est de qualité acceptable (mais en deçà des attentes) et la bande-son procurera beaucoup de plaisir aux amateurs de sensations fortes.
Il faut conclure que les suppléments offerts sont très bien réalisés mais a t`ont choisi la bonne orientation? Par exemple aucun des enjeux du film ne sont abordés; tant sur un plan formel qu'analytique. La création d'effets spéciaux et la production du film sont des choses intéressantes mais ne doit pas devenir le seul propos de suppléments.
M.Lucas préfère peut-être rester discret sur les véritables enjeux de son film...


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,6/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,2/5

Note finale:
4,2/5
Auteur: Mathieu Daoust

Date de publication: 2001-10-02

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40X81, Récepteur Pioneer Elite VSX-07 TX, Lecteur DVD Pioneer Elite DV-37, enceintes Paradigm, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Star Wars: Episode I - The Phantom Menace

Année de sortie:
1999

Pays:

Genre:

Durée:
133 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Oui

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, scènes inédites, vidéo, vignettes, animatiques

Date de parution:
2001-10-16

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