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DVDEF

Casino (Anniversary Edition - WS)

Critique
Synopsis/présentation
Martin Scorcese réalise avec Casino ce que nous considérons comme son apothéose stylisitique et son œuvre la plus maitrisée au niveau technique, véritable patchwork visuel et musical qui dans sa démesure est en parfait accord avec son sujet.
Cette œuvre forme avec Goodfellas l’un des dyptiques les plus enthousiasmant qui soit sur le sujet pourtant déja surexploité (notamment par Scorcese lui-même) de la vie des membres d’une organisation criminelle mafieuse. Scorcses réussit avec ces deux œuvres la gageure de renouveller le genre par un déluge stylistique inoui qui trouvera son aboutissement formel avec Casino.
Le film dresse le portrait de l’ascension phénoménale puis de la chute de deux mafieux au sein de Las Vegas. Sam Rothstein (Robert de Niro) et Nicki Santoro (Joe Pesci) ont cru chacun à leur façon pouvoir prendre le pouvoir dans la ville mais a cause de leur erreurs de jugement vont connaître la déchéance après une période de gloire.

Comme pour Goodfellas, Marin Scorcese et Nicholas Pileggi adapterons des faits réels en un scénario conçu en trois actes bien disctints : présentation des personnages, ascension et réussite puis déclin et décadence.
Les deux films sont d’ailleurs très proche aussi bien au niveau stylistique que scénaristique et leurs différence principales sont dans l’ampleur des évènements relatés liés au type de truands décrits.
Autant dans Goodfellas les personnages sont proches de ceux décrits dans Mean Streets par un Scorcese en début de carrière montrant bien la constance de ses thématiques, autant ceux présentés dans Casino sont d’une ambition supérieure sans pour autant être les responsables de ces réesaux mafieux.
Le scénario de Casino est d’une précision absolument remarquable qui permet à Scorcese de pousser à son maximum les recherches stylisitiques entamées sur Goodfellas.
Ainsi ce sont les voix off entrecoupées de Sam et Nicki qui guident le spectateur a travers le film et sont les témoins de l’évolution des personnages aussi bien que de la situation générale. L’histoire d’amour entre Sam et Ginger (Sharon Stone) est à nouveau au centre émotionnel du film et sert à la fois de déclencheur du déclin mais aussi de révélateur de la nature psychotique de tous les personnages du film.

Ce qui frappe le plus à la première vision du film est le foisonnement incroyable du style de Scorcese qui a recours de façon extrémement virtuose et maitrisée à tout l’arsenal de la grammaire cinématographique, en profitant même pour expérimenter et innover au sein d’un ensemble très dense.
Nous conseillons donc à ceux qui découvriraient le film pour la première fois (quelle chance) de ne pas tenter de tout suivre et de tout comprendre mais de bel et bien se laisser porter par le grand huit cinématogrpahique concocté par Scorcese. Car il s’agit d’une œuvre impossible à appréhender lors d’un seul visionnage.
Scorcese a conçu son film selon le principe du trop plein qui pourra donc déconcerter mais qui reflère à la perfection l’univers incroyablement complexe du monde des Casinos à Las Vegas ainsi que la confusion presque permanente à laquelle étaient confrontés les divers protagonistes au sein de cet endroit sans rêgles ni lois (si ce n’est celles qui vont perdre les héros ) ou tout était possible.

L’environnement musical permanent et extrémement foisonnant liés aux images en mouvement permanent, au ralentis, aux arrêts sur image ont un effet à la fois euphorisant et déstabilisant que souhait visiblement Scorcese.

La construction en plusieurs parties lui permet de ne pas rester tout le film durant sur ce rythme effréné et la seconde partie relatant l ‘échec du couple Sam/Ginger et la tentative de prise de pouvoir effective par Nicki est beaucoup plus calme et pourra surprendre plus d’un spectateur par le ralentissement qu’elle provoque.

Casino est une œuvre qui se révèle au fur et a mesure des visionnages, une fois l’émerveillement passé devant tant de maitrise et d’inventivité formelle (totalement justifiés et prégnants par ailleurs ce qui est loin d’être le cas dans de nombreux films actuels ou la forme complexe ne débouche sur rien de concret), la psychologie des personnages se dévoile et révèle un vrai travail d’adaptation d’une histoire vraie en un scénario de cinéma.

Scorcese fustige la folie ambiante dans lesquelles ces personnages évoluaient, montre comment Las Vegas est le rêve américain d’une société entièrement libérale poussé à son paroxysme. Et dans la conclusion du film il démontre de façon magistrale et irréfutable a quel point cette ville unique et folle le dégoute par ses valeurs mais également comment elle permet d’avoir une vision globale des forces au pouvoir de par le monde.

Casino est donc une œuvre beaucoup plus profonde qu’il n’y paraît et qui malgré ses ressemblances avec Goodfellas n’en est pas un simple prolongement mais s’intéresse à quelque chose de différent, de plus global. La ou, dans Goodfellas, Scorcese montrait une sympathie évidente envers ses protagonistes réprésentatifs d’un milieu qu’il a bien connu dans son enfance et adolescence, il montre dans Casino toute son antipathie pour ce que représente Las Vegas et les gens qui l’ont batit. A l’inverse du « héros » de Goodfellas qui termine en sombrant dans la paranoia la plus effrayante du fait de son mode de vie, ceux de Casino ne profite jamais vraiment de ce mode de vie sauf le psychopathe Nicki qui est l’un des personnages les plus effrayants d’ambition de tout l’œuvre de Scorcese.

Voici donc un film « énorme » qui est à appréhender en connaissance de cause de façon à ne pas s’en sentir immédiatement a l’extérieur, noyé sous le déluges d’informations visuelles, auditives et scénaristiques.



Image
L’image est proposée au format respecté de 2.35:1 d’après un transfert 16:9.

La definition générale est d’un excellent niveau et si certains passages paraissent plus doux ils sont en tous points conformes a notre souvenir du visionnement en salle. L’interpositif est très propre même si certains points et poussières sont toujours visible a plusieurs reprises mais uniquement si on y prête attention. Le grain présent est à nouveau en tous points conforme à celui présent sur la copie cinéma et offre donc un rendu très proche de celui offert en salle.
Les couleurs très spécifiques de la superbe et complexe photographie de Robert Richardson sont impeccablement rendues et a nouveau si elles vous paraissent a plusieurs reprises exagérées, cela est voulou par Martin Scorcese et son directeur de la photographie. Elles sont justes, constantes et parfaitement saturées (sauf lors des éxagérations volontaires).
Le contraste est lui aussi brillament géré et evite toutes brillances artificielles. A nouveau les passages ou le contraste paraît trop poussée son intentionnelles.
Les scènes sombres du films sont impeccablement restituées grace a des noirs vraiment purs et profonds.
La partie numérique enfin est a nouveau au dessus de tous soupçons généralement seulement de légères traces de surdéfinition qui ne sont jamais gênantes.





Son
Les deux bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1) et Français (Dolby Digital 5.1).

La dynamique de la bande-son anglaise est d’un excellent niveau. Sa présence et sa spatialité sont elles aussi remarquables.
La bande-son absolument incroyable concoctée par Martin Scorcese selon le principe qui lui est cher de patchwork musical est impeccablement restituée sans aucune limitations audibles que ce soit dans le haut ou le bas du spectre. Elle par ailleurs formidablement intégrée au reste de la bande-son et nous irons même jusqu'à dire que c’est la sa qualité principale. Face a une bande-son autant saturée d’informations (voix-off, bruitages et musique), cette bande-son offre sans aucun doute un des meilleurs compromis.
Les enceintes arrières sont toujours intelligemment utilisées de façon a restituer une ambiance sans pour autant noyer le spectateur sous un déluge de sons difficilement indentifiables provenant de derrière lui. Ainsi le mixage fait la part belle aux encientes avant et s’appuie intelligemment sur les enceintes arrières en fonction des capacités des auditeurs et non d’un certain idéal sonore.
Les dialogues sont de façon assez miraculeuse parfaitement intelligibles (tant les couches sonores se superposent ) et nous n’avons noté aucune trace de distortions ou parasites et ce même à très fort volume.
Les basses fréquences sont remarquablement gérée car au niveau juste, suffisant pour avoir le poids nécessaire et maginifier le rendu musical sans sursaturer la bande-son et les capacités d’audition et de concentration du spectateur.

La bande-son française est presque à la hauteur de son homologue anglaise, marquant toutefois le pas en terme de clarté et d’intelligibilité qui sans être catastrophique reste moins bonne. Quand au doublage en français nous avouons qu’il s’en tire pas mal surtout lorsque l’on prend en considération le déluge de paroles qui inonde le film et à la fois la stature et la diction hors norme de Robert de Niro ou Joe Pesci.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son remarquable par sa capacité a rester toujours parfaitement intelligible et ses autrezs qualités intrinsèques. Ce n’est certes pas une bande-son de démonstration tape à l’œil mais bel et bien une référence en terme de performances du format 5.1 à restituer de façon claire un grand nombre d’informations audio.



Suppléments/menus
Une section trés bien fournie mais qui malgré sa qualité globale remarquable ne peut faire oublier l’absence d’un commentaire audio spécifique de Martin Scorcese sur ce qui nous semble son œuvre la plus complexe et appelant réellement au commentaire de la part de son auteur.
Casino est présenté sur un seul disque double couche et double face , les suppléments étant répartis sur les deux face du disque, le film tenant sur une seule.
Sur la face du film est donc proposé un commentaire audio composé de diverses interventions indépendantes de Barbara De Fina (productrice), Nicholas Pileggi (auteur), Rita Ryack (costumière), Thelma Schoonmaker (monteuse), Martin Scorsese, Sharon Stone, Frank Vincent (acteur). Curieusement ce commentaite étéroclite n’en est pas vraiment un et nous justement présenté comme des ‘moments with’. Certaines interventions se révèlent passionnantes et apportent clairement un plus à tout amateur du film, nous ne pouvons que regretter l’absence de commentaire direct (les intervenants ne regardant clairement pas le film lors de leur intervention) et un certain manque de cohésion de l’ensemble. Le travail de montage des diverses interventions en fonction du film est de qualité mais nous restons déçus qu’en lieu et place d’un commentaire spécifique de Scorcese nous nous voyons proposer un patchwork de divers éléments déjà présents sur les documentaires dont nous vous parlons dans le paragraphe suivant.

Sur l’autre face sont proposés pas moins de 4 documentaire revenant sur le film lui même et deux autres plus généraux.
Casino: The Story (8mins), Casino: The Cast and Characters (20mins), Casino: The Look (16mins), Casino: After the Filming (9mins) sont les différentes parties d’un documnetaire qui aurait clairement du être en une seule partie (subdivisées bien entendu) pour des raisons pratiques et logiques. Le souci majeur de ces divers segments est que leurs sources sont clairement redondantes avec celles du commentaire audio recomposé et cela est fort dommage. Cependant les informations sont ici délivrées de façon beaucoup plus agréable à suivre (illustration visuelle et interviews croisées) et propose des analyses et révélation supplémentaires qui font que nous vous conseillons de regarder cet ensemble de segment plutôt que d’écouter le commentaire audio

Vegas and the Mob (13m:41s) est un documentaire particulièrement intéressant en ce sens ou il montre que Scorcese n’a rien inventé et quasiment rien mythifié dans son film puisque l’actuel maire de Las Vegas y décrit sa ville et son fonctionnement agrémenté de photos suivant son evolution. Malheureusement ce segment est trop court et non directement lié au film et si il reste intéressant à regarder, une mise en perpsective directe avec le film aurait été souhaitable.

History Alive: True Crime Authors: Casino with Nicholas Pileggi (43m:47s) est un documentaire préexistant ou Nicholas Pileggi raconte la veritable histoire des protagonistes du film. L’effet est radical et l’on se prend à avoir peur tant le film qui semble si excessif et s’avère pourtant très proche de la réalité. Cependant il est fort dommage que le procédé de reconstitution est été retenu pour illustrer ce documentaire, d’autant que ses reconstitutions se base sur le film et non sur les vrais personnages. On a ainsi la déasagréable sensation de revoir les plus grandes scènes du film en beaucoup moins réussies et non de découvrir la vraie vie de ces truands.
Sont également proposées 4 scènes coupées qui sont en fait plus des prolongations de certaines que de véritables scènes supplémentaires.
Enfin curieusement la bande-annonce du film n’est pas incluse mais des notes de production rendant compte de l’aspect cahotique du tournage sont incluses.

Un ensemble donc intéréssant malgré nos remarques assez négatives, dont le seul défaut est de ne pas être vraiment à la hauteur de l’œuvre.




Conclusion
Une édition aux qualités audio et vidéo excellentes qui mettent totalement le film en valeur. Les suppléments sont eux aussi de haut niveau malgré l’absence regrettable d’un commentaire spécifique de Scorcese.

Casino est un aboutissement sur tous les plans pour Martin Scorcese qui y démontre une maitrise totale de son art ainsi qu’un propos des plus passionnants en filigranne. Une œuvre majeure des années 90 qui souffre toujours d’une comparaison directe avec Goodfellas du même réalisateur tourné 5 ans plus tôt . Pourtant ces deux œuvres sont clairement intimement liées sans que Casino ne « répête » Goodfellas, au contraire en s’appuyant sur ce précédent il developpe un style encore plus epoustouflant et un propos encore plus complexe même si l’ensemble est moins immédiatement sympathique. Nous n’avons nulle intention de classer ces deux œuvres mais au contraire de signaler qu’elles nous semblent indissociables et s’éclairent l’une l’autre de façon passionnante.




Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,6/5

Rapport qualité/prix:
4,3/5

Note finale:
4,1/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2005-08-22

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Casino

Année de sortie:
1995

Pays:

Genre:

Durée:
179 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, documentaires, scènes coupées, notes de production

Date de parution:
2005-06-14

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