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DVDEF

12 Monkeys (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Le nom de Terry Gilliam est devenu synonyme non seulement de liberté artistique mais aussi d’une profonde originalité dans les thèmes abordés comme dans le traitement résolument baroque qu’il en fait (depuis son combat pour la sortie non charcutée de Brazil principalement).
12 Monkeys est certes un projet dont il n’est pas à l’origine, mais force est de reconnaître que Gilliam l’a fait totalement sien et que même si il à du a nouveau se battre contre le système des studios qui a plusieurs fois tenté de reprendre le contrôle, qu’il s’agit d’une œuvre qui s’est fait bonne collaboration et intelligence avec un grand studio hollywoodien alors qu’elle n’en a quasiment aucune des caractéristiques.

Et c’est bien la tout l’un des atouts majeurs du cinéaste que d’arriver à composer avec ce qu’il a sous la main pour en tirer l’œuvre la plus personnelle possible. Tout au long de sa carrière il aura connu des déboires permanents que ce soit à cause une bataille contre les studios (Brazil, le récent Brother Grimm), d’une malchance incroyable (Lost in La Mancha, film avorté), d’un projet qui prend une ampleur démentielle du fait de son ambition (The adventures of Baron Munchausen).
12 Monkeys est donc une œuvre qui malgré cette absence de problèmes majeurs apparaît tout aussi Gilliamesque que ses précédentes ou ses futures et cela pour le plus grand plaisir du spectateur amateur d’inventivité au service d’un vrai discours, d’œuvres sans concessions dont le créateur contrôle tous les aspects.
Basé sur le film La Jetée de Chris Marker (une œuvre fulgurante, quasi expérimentale, composée de suite de photogrammes et réflechissant de façon plus que troublante sur la notion du temps, un des plus purs chefs d’œuvre de la vraie science-fiction), le scénario de David et Janet Peoples est totalement cohérent et sans aucun doute ce qui pouvait se faire de plus intelligent et profond dans le cadre d’un film de studio.

On y suit l’histoire de James Cole (Bruce Willis), qui vit en 2035 suite a une épidémie qui décimé 99 % de la population mondiale. Dans cette société souterraine et totalitariste qui cherche par tous les moyens a retrouver la souche du virus qui a provoqué cette catastrophe, James est un prisonnier qui sert de cobaye aus expériences des scientifiques en charge. Il est choisi pour ses qualité de mémoire et de resistance physique comme sujet d’une expérience qui va tenter de le renovoyer dans le passé juste avant le début de la catastrophe afin de récupérer ce fameux virus pour que les savant puissent trouver un « antidote ». Mais les voyages dans le temps ne sont pas sans conséquences sur la santé mentale de James et par extension celle du spectateur. En effet lors de son retour dans le passé, James est considéré comme un malade mental et la belle psychiatre (Kathryn Railly / Madeleine Stowe) qui aura à s’occuper de son cas pour le moins inhabituel, et dont il va tomber logiquement amoureux, va réussir à le faire douter de sa mission et trouver dans ses certitudes des preuves de sa folie. Les différentes époques temporelles du film vont s’emmeller jusqu’au vertige mais de façon néanmoins très cohérente pour former une intrigue des plus fascinantes et intellectuellement complexe.

David Peoples avait déjà fourni sur l’adaptation de Blade Runner (d’après un roman de Philip K Dick ) un travail remarquable d’ hollywoodisation » d’un sujet qui paraissait trop complexe et destabilisant pour un film grand public. Il renouvelle ici en compagnie de son épouse son exploit et nous offre un scénario qui certes (comme dans le cas de Blade Runner) simplifie un peu le problème et évacue la part la plus complexe de l’œuvre d’origine mais réussit malgré cela a en respecter les intentions et à le mettre à la portée d’un public beaucoup plus large sans en édulcorer totalement le propos pour n’en garder que le concept (comme cela est trop souvent le cas dans ce type de « vulgarisation » d’œuvres aux concepts complexe et exigeants).

Ainsi ce qui aurait pu être traité comme une histoire à explication unique et donc simplifié aussi bien au niveau de la structure que de ses implications conserve tout son intérêt et James devient donc un personnage perdu au milieu d’une manipulation temporelle que les spectateurs peu habitués à lire de la science-fiction (ou peu amateurs du style) auront du mal à bien appréhender et ce même après plusieurs visionnages.
Gilliam a eu l’intelligence de ne pas compliquer la narration de son film outre mesure et propose même une version presque linéaire de péripéties très complexes et ce afin de ne pas submerger le spectateur et lui laisser la possibilité d’appréhender les perspectives forcément déroutantes (paradoxes temporels et continuité de l’espace temps) d’un tel sujet.
Certains éléments qui pourraient paraitres plus hollywoodiens telle l’histoire d’amour entre James et sa psychiatre proviennent bel et bien du film de Marker et contituent même le fond du film. Par contre la création de la fameuse « Armée des 12 Singes » et du personnage de Jerrfey Goines (Brad Pitt) sont directement à imputer aux époux Peoples comme un personnage plus gratuit vis à vis de l’œuvre mais dont Gilliam va intelligemment se servir pour développer un des autres points primordiaux du film, la folie.
Ce thème et ses ramifications qui fascinent le cinéaste depuis ses débuts est ici traitée de façon un plus simple mais nénamoins efficace et prégnant offrant ainsi une thématique très riche qui vient compenser la fameuse simplification effectuée par rapport a la Jetée.

La mise en scène de Gilliam est comme à son habitude très travaillée et jamais gratuite (même si un regard non approfondi peut le faire penser) et il maitrise totalement son sujet et sa mise en images. Il passe ainsi avec une aisance remarquable de scènes sidérantes dans un futur dévasté (une sorte de rétro futur chez au cinéaste depuis Brazil) aux passages dans le passé / présent qui correspond a notre sans que le spectateur se sente floué. Il reprend d’ailleurs très intelligemment le principe de répétition de souvenirs qui sont au couer

Ses cadrages bizarres et son montage très maitrisé lui permettent de développer son discours sur la santé mentale de façon visuelle et ainsi d’éviter les discours trop schématiques sur ce sujet pour ce concentrer sur les éléments propres aux voyage dans le temps, l’éceuil majeur à relever pour lui en terme d’appréhension. Il jongle ainsi entre la tentation de développer tout ce qui peut l’être et celle de simplifier a outrance (et ainsi ne pas traiter son sujet) pour arriver a un film d’un grand équilibre de ce côté la.

Il a su tirer, en bon directeur d’acteur qu’il est, obtenir de Bruce Willis et Madeleine Stowe des performances remarquables de justesse et d’émotion sans jamais que les deux acteurs ne forcent le trait. Le rôle de Brad Pitt paraît central dans l’histoire mais il est présent afin que le scénario reste cohérent et soit surtout plus simple à suivre. Gilliam l’utilise principalement pour son discours sur la folie et en conséquence son rôle est plus limité, schématique et la limite du caricatural.

Ainsi la deuxième moitié du film se laisse aller à des scènes plus « faciles » mais néanmoins toujours intéressantes qui ancrent définitivement le film dans sa position de film grand public à sujet et traitement complexe. Certains critiques y ont vu une démission du cinéaste mais c’était sans tenir compte de l’aspect hybride de cette œuvre et surtout de la compléxité de la position du cinéaste sur ce film.

Gilliam a conçu son film pour des spectateurs impliqués dans le film et prêt a faire de gros efforts de participation active (anticipation, réflexion durant le visionnage même ) . Pour ce faire il utilise les décors et les accessoires qui appuient très efficacement son propos, ainsi qu’une musique très expressive des sentiments des personnages lorsque les autres compartiments de la scènes (dialogues, plans, montages) sont déja saturés d’information.

Voici donc une œuvre fascinante et envoutante qui réussit remarquablement la fusion entre deux univers que l’on pensait presque antinomiques à de rares exceptions prêt (Blade Runner, Dark City dans une moindre mesure), la science-fiction la plus complexe et le cinéma « hollywwodien ». Nous conseillons vivement ce film a tous types de spectateurs, aussi bien les férus de science-fiction que les néophytes.







Image
L’image est présentée au format respecté de 1.85 : 1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale est excellente sans jamais être trop dure ni trop douce, respectant ainsi les souhaits du réalisateur. L’interpositif est très propre et seuls quelques points et traits insignifiants sont discernables par un œil averti. Le grain vu au cinéma est fort heureusement toujours présent sur ce transfert lui donnant ainsi un rendu très cinéma.
Les couleurs sont très bien rendues respectant a nouveau la vision complexe du cinéaste. Elles sont naturelles, constantes et parfaitement saturées.
Le contraste est lui aussi remarquablement géré et évite toutes les brillances.
Les scènes sombres sont parfaitement rendues grace à des noirs purs et profonds.
La partie numérique est à nouveau impeccable sur quelques très légères traces de surdéfinition étant répérables en de très rares moments et sans qu’elles ne deviennent jamais gênantes.

Un superbe transfert qui pourra paraître manquer de perfection à certains mais qui est en tout point conforme au souvenir très tenace que nous avons de la vision de ce film en salle. Qui plus est il marque une amélioration visible par rapport aux anciennes éditions du film qui pêchaient dans le domaine des couleurs et de la définition par rapport à celle-ci.




Son
Les deux bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1) et Français (Dolby Digital 5.1).
La dynamique de la bande-son anglaise est d’un très bon niveau même si il ne fait nul doute que la bande sonore DTS présente sur une des anciennes édition lui était supérieure dans ce domaine. Sa présence et sa spatialité sont vraiment amples et maitrisées ce qui est un atout de taille pour un film à l’ambiance sonore aussi finement travaillée et rechignant à jouer sur les effets faciles.
La superbe musique est parfaitement rendue sans aucune limitation audible que ce soit dans les basses ou les hautes fréquences. Elle est par ailleurs intégrée à la perfection au reste de la bande-son.
L’utilisation des enceintes arrières est remarquable d’intelligence, ne cédant jamais à l’effet facile (les voix qu’entend bruce willis) et se contentant d’offrir de la profondeur et du relief à la musique comme aux effets sonores savamment distillés.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et aucune trace de distortions ou parasites n’est audible et ce même à volume très élevé.
Les basses fréquences sont à leur niveau idéal pour une telle bande-son, amenant le surplus d’assise nécessaire à la musique et aux effets et surtout évitant la surenchère assourdissante sans intérêt ni sens à laquelle se livrent tant de films de science-fiction récents. Ainsi certains pourront trouver que le bande-son est assez faible de ce côté la mais il n’en est pourtant et comme pour l’image le rendu sonore correspond a ce que nous en avons comme souvenir de nos visionnages en salle de cinéma.

La bande-son française est clairement un ton en dessous, plus étouffée et moins bien spatialisée mais elle reste de qualité vraiment satisfaisante.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son de qualité remarquable toute en finesse et intelligence et qui sait se faire ressentir lorsque l’action l’éxige. Notre seul regret est que la Universal n’ait pas jugé bon de placer les supléments sur un second disque et d’intégrer la fabuleuse bande-son en DTS qui surpasse son homologue Dolby Digital grace à une dynamique et une spatialisation encore accrue.



Suppléments/menus
Une section formidable qui sait faire la juste part entre quantité et qualité.

Le commentaire audio de Terry Gilliam et de son producteur Charles Rowe est totalement enthousiasmant tant Gilliam parle de façon passionnée de son œuvre quu visiblement lui tient vraiment à cœur. Il réussit a être à la fois enflammé et posé et surtout toujours compréhensible, offrant nombres d’informations sur ses intentions comme sur les soucis qu’il à inévitablement rencontré sur une « grosse production », toutes ces informations concourant a une meilleure appréhension du film tout en distrayant l’auditeur.
Si le commentaire audio de Gilliam compte parmis les tous meilleurs que nous connaissions le documentaire de 9O minutes intitulé The Hamster Factor est tout bonnement formidable et un modèle de construction d’intelligence et de concision que beaucoup de concepteurs de suppléments DVD devraient suivre et bien évidemment son visionnage est fortement conseillé pour ne pas dire obligatoire.
Son enfin disponibles une bande-annonce de bonne qualité, des notes de production et des archives sans grand intérêt au vu des deux autres segments.

Voici donc une section proche de la perfection au sens ou elle propose deux « exercices » assez classique mais parmis les tous meilleurs dans leur genre qui couvrent tous les aspects de l’œuvre et ouvre des perspectives de lecture totalement passionnantes. Le seul bémol et qu’il sont identiques a ceux de l’édition précédente et qu’un petit effort aurait de plus aurait pu être fait pour une édition spéciale avec un segment plus ouvertement analytique mais nous somme en train de chercher sur un crane rasé, juste pour la forme.




Conclusion
Une superbe édition qui ravira les spectateurs par ses qualités audio et vidéo qui permettent de se rapprocher au mieux des sensations ressenties en salle de cinéma et de la vision de son auteur. Qui plus est les suppléments sont certes identiques à ceux de l’ancienne édition mais de qualité remarquable et très complet. Nous vous recommandons donc très vivement l’achat de cette édition ne serait ce que pour ce film indispensable a tout amateur de science-fiction fine et intelligente.

12 Monkeys est une grande réussite de plus à mettre à l’actif de l’atypique et passionnant Terry Gilliam qui avec ce film produit l’un des rares classiques instantané de ces dix dernières années. Gilliam réussit a garder toute la complexité d’un récit jouant sur les paradoxes temporels de façon passionnante et profonde et ce au sein même d’un film hollywoodien, un systéme de production qui tente habituellement d’évacuer toute forme de difficulté de compréhension pour le spectateur. Certes la forme est moins folle que dans d’autres œuvres plus libres du cinéaste mais il s’affranchit de façon remarquables des difficultés imposées par ce mode de production et réussit la formidable gageure d’offrir a Bruce Willis et Brad Pitt des rôles sans doute aucun parmis leurs plus passionnants et de tirer d’euxdes performances surprenantes et en tous points conforme a ce qu’il souhaitait.
Il est de plus en plus rare de voir se produire un grand film de science-fiction à la fois divertissant, emouvant et reflexif et qui ne tombe jamais dans des clichés alors ne ratez pas cette occasion de vous laisser emporter dans un voyage fascinant aux confins de la folie et des méandres du temps.



Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
4,4/5

Rapport qualité/prix:
4,1/5

Note finale:
4,3/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2005-08-15

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
12 Monkeys

Année de sortie:
1995

Pays:

Genre:

Durée:
130 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, documentaire, archives, bandes annonces, notes de production

Date de parution:
2005-05-10

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