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DVDEF

Signs (Vista Series)

Critique
Synopsis/présentation
Signs est le cinquième long-métrage du réalisateur M.Night Shyamalan, à qui on doit entre autres The Sixth Sense et Unbreakable. Le film a bénéficié avant sa sortie d'une extraordinaire campagne de promotion, basée tout autant sur les noms du réalisateur et de l'acteur principal (Mel Gibson, qu'on n'avait alors pas vu sur grand écran depuis deux ans) que sur les agroglyphes (signes circulaires destinés à être vus du ciel dessinés en couchant des plants dans des champs) extra-terrestres qui donnent leur titre au film. Cette campagne laissait donc espérer un film impressionnant et original.

Pour l'originalité, le public a été servi. Mais de grand spectacle il n'y en a point. L'histoire se passe à la campagne, non loin de Philadelphie (ça devient une habitude chez Shyamalan), où vit un fermier et ex-pasteur, Graham Hess (Mel Gibson) avec ses deux enfants et son frère Merrill (Joaquin Phoenix, qui offre ici une prestation bien plus convaincante que dans Gladiator). Ceux-ci découvrent un beau matin que quelqu'un a renversé des plants de maïs dans leur champ, dessinant ainsi de grands signes visibles depuis le ciel. Ils croient à un canular isolé mais apprennent bien vite que des signes similaires apparaissent en grand nombre en Inde et tout autour de la planète. Il devient par la suite évident que ce n'est pas un canular lorsque de nombreux vaisseaux extra-terrestres apparaissent au-dessus des grandes villes tout autour de la planète.

La grande originalité du film est de nous faire vivre un événement d'importance planétaire du point de vue des habitants d'un trou perdu en pleine campagne. A vrai dire, les extra-terrestres ne sont qu'un prétexte pour explorer les relations entre Graham, ses enfants, et sa foi (ou plutôt la disparition de celle-ci) en Dieu. La question principale posée par le film est le choix que chaque personne a de considérer les événements comme étant dus au simple hasard ou comme faisant partie d'un plan, d'une prédestination. La question est soulevée, sans grande subtilité, lors d'un dialogue entre les deux frères.

Le suspense est bien maîtrisé sur toute la durée de l'histoire, servi par une réalisation sobre et tout à fait convaincante d'un Shyamalan qui connaît décidément bien son métier de conteur d'histoires. Les lents mouvements de caméra, les plans nettement plus longs que sur une production hollywoodienne classique, l'utilisation judicieuse de flash-backs pour nour révéler le drame qui hante Graham (le décès de sa femme lors d'un stupide accident de voiture), tout concourt à nous plonger dans une atmosphère très particulière.

C'est au niveau du scénario que le bât blesse. Celui-ci souffre d'incohérences majeures, et d'une fin qui frise franchement le ridicule, de multiples éléments de l'histoire qui semblaient jusque là sans rapport s'emboîtant sans doute un peu trop bien.

Une réalisation maîtrisée mais au service d'un scénario moyen...


Image
Le film est proposé au format respecté de 1.85:1, d'après un transfert anamorphosé. L'interpositif utilisé présente un léger grain (discret), présent tout au long du film.

La définition générale est bonne, et ne semble pas souffrir du grain de la pellicule. Le niveau de détail est optimal offrant une image précise et nette. Les couleurs correspondent à ce qu'on a pu voir au cinéma, elles sont assez peu saturées, naturelles malgré une légère dominante orange, ce qui donne un côté chaleureux et doux à l'image. Aucun débordement n'est à déplorer de ce côté.

Le brillance est bien maîtrisé, même si les scènes sombres sont parfois un peu bouchées (manque de détails dans les ombres, avec des noirs très profonds), ce qui semble plus être un choix du réalisateur qu'une erreur lors du transfert. En effet les autres scènes présentent des ombres riches en détails.

L'image souffre par contre de nombreux artefacts dus à la compression, notamment des macroblocs très visible lors des scènes comportant des dégradés foncés, comme le générique du début et certains mouvements de caméra détaillant les murs de la maison. Si lors du générique ces défauts sont compréhensibles, ils deviennent suffisamment visibles pour être distrayants lorsqu'ils interviennent au milieu du film. Il semblerait que la compression ait été quelque peu négligée lors de la production de cette édition, ce qui ne se justifie même pas par un manque d'espace (le disque DVD, double couche, est loin d'être utilisé à sa pleine capacité).

C'est extrêmement dommage car sans ces défauts de compression, la qualité d'image aurait été d'un très bon niveau.



Son
Cette édition comporte la bande-son originale et un doublage français, tous les deux en Dolby Digital 5.1. Contrairement à l'image, le son ne souffre d'aucun défaut majeur.

La bande-son principale (anglaise Dolby Digital 5.1) offre une belle dynamique, une présence convaincante et une belle spatialité.
Les scènes d'extérieur, dans la campagne, sont à ce sujet particulièrement réussies. La séparation des canaux est très bonne et concourt à rendre le champ sonore tout à fait réaliste. La trame sonore est particulièrement bien intégrée et participe grandement à l'ambiance du film.
Les canaux arières sont utilisés à bon escient, offrant notamment des sons d'ambiance très naturels, avec des effets de transitions discrets et réussis lors des mouvements de caméra. Les dialogues sont toujours nets et intelligibles, quelle que soit la version choisie. Les effets de basse sont discrets, avec une utilisation mesurée du canal LFE, mais il ne faut pas oublier que le film n'est pas une superproduction à grand spectacle.



Suppléments/menus
M. Night Shyamalan aime nous faire partager sa passion pour son métier, et cela se retrouve sur les éditions DVD de ses films. Cette fois-ci encore, des suppléments variés son proposés sur le même disque que le film (cette édition n'en comporte qu'un).

Il n'y a malheureusement pas de piste de commentaires audio, mais on trouve par contre de nombreux documentaires, regroupés dans une section Making Signs dont le menu offre la possibilité de les jouer les uns à la suite des autres. Ces documentaires ont été réalisés par Laurent Bouzereau, un grand spécialiste de la chose (il a réalisé de nombreux suppléments pour AI et Minority Report entre autres).
Looking for Signs (6'11) explique la genèse du projet, et notamment l'écriture du scénario.
Building Signs (8'02) décrit la conception et la construction des décors, en particulier la ferme où se déroule la quasi-totalité de l'action.
Making signs : a commentary by M.Night Shyamalan (22'33) concerne le tournage du film proprement dit, et l'ambiance particulière qui y régnait (le tournage devait comencer le 11 septembre 2001).
The Effects of Signs (8'31) décrit les effets visuels numériques, et la découverte par Shyamalan des difficultés de tournage qu'impliquent les images de synthèse (Signs est en effet le premier film de Shyamalan mettant en scène des personnages de synthèse).
Last Voices : the music of Signs (8'26) nous fait découvrir l'enregistrement de la musique. Full circle (4'48) focalise sur la campagne de promotion très originale qui a précédé le lancement du film, ainsi que sur le lancement en lui-même et le succès du film.
Ces documentaires (qu'on peut considérer comme les segments décomposés d'un long documentaire sur la production) sont plutôt complaisants, mais n'en sont pas moins intéressants. Les commentaires de Shyamalan sont généralement instructifs, on sent qu'il a du plaisir a nous faire partager sa passion pour le cinéma.

Une option tres intéressante est la comparaison scénarimage/film, qui est très bien conçue. Elle fait en effet appel au multi-angles, ce qui est habituel, et propose plusieurs options audio (musique isolée, effets sonores isolés ou mixage final), ce qui l'est moins.

Les scènes retranchées, au nombre de cinq, sont présentées sans introduction aucune, ce qui est bien dommage. Elles ont cependant le mérite d'être là, et en les voyant on comprend assez facilement pourquoi elles ont été retirées, car elles n'auraient rien apporté au film...

Un dernier segment bien sympathique, qui commence a devenir une tradition avec les films de Syamalan, est Night's first alien movie, un extrait d'un de ses films d'enfance, qu'il nous présente afin de montrer le chemin qu'il a parcouru depuis.




Conclusion
Mis à part les défauts de compression qui nuisent à la qualité de l'image, cette édition est d'un niveau tout à fait correct. Les suppléments sont variés et assez intéressants. Signs, malgré un scénario est quelque peu bancal, mérite d'être vu au moins une fois.



Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
3,7/5

Suppléments:
3,2/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2003-01-18

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E / Moniteur ViewSonic P95f, PC avec GeForce3 et Sonic CinePlayer, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8).

Le film

Titre original:
Signs

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
106 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Buena Vista

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Oui

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)

Suppéments:
Documentaires, scènes coupées, scénarimages, THX optimode

Date de parution:
2003-01-07

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