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DVDEF

Rush Hour 2 (Platinum Edition)

Critique
Synopsis/présentation
D'après Dino De Laurentiis, producteur à qui l'on doit les Hannibal, Conan the Barbarian et U-571, le jeune réalisateur Brett Ratner pourrait très probablement devenir le prochain Steven Spielberg". En le qualifiant ainsi, De Laurentiis tentait de justifier le choix de Ratner pour réaliser une nouvelle adaptation de Red Dragon, le roman de Thomas Harris mettant en scène un certain Hannibal Lecter… Choix étrange, compte tenu que Red Dragon à déjà fait l'objet d'une adaptation cinématographique (sous le nom de Manhunter) en 1987 par Michael Mann. Or, Michael Mann est encore aujourd'hui l'un des réalisateurs les plus respectés d'Hollywood, et son Manhunter est considéré par certains comme étant une adaptation supérieure à celles de Silence of the Lambs et Hannibal. Brett Ratner, quant à lui, n'a réalisé à ce jour que quelques films commerciaux assez honnête, mais dont on ne reconnaît aucunement la signature d'un cinéaste inspiré et prometteur. Jugez par vous-mêmes : Money Talks, Family Man et Rush Hour. Ce n'est certainement pas cette filmographie qui justifie la comparaison de Ratner à Spielberg, et du même coup on s'explique difficilement la décision de lui confier une œuvre de l'ampleur de Red Dragon. Son tout dernier film, Rush Hour 2, ne donnerera certainement pas les éclaircissements voulus et démontre au contraire que le réalisateur à encore beaucoup à prouver.
Le récit de Rush Hour 2 enchaîne sensiblement là où le précédent opus s'était terminé. Les deux héros, Carter et Lee (Chris Tucker et Jackie Chan), sont de nouveaux réunis mais cette fois c'est la Chine, ou plus précisément Hong-Kong, qui sert de toile de fond à leurs aventures. L'agent Carter y est en vacances aux côtés de Lee, ce dernier se chargeant de lui faire visiter sa ville et ses attraits touristiques. Mais bien évidemment, les petites vacances planifiées par nos deux héros seront rapidement perturbées par l'explosion d'une ambassade américaine où ont péri deux citoyens de ce pays. Les deux hommes n'auront d'autre choix que d'enquêter sur l'incident, au grand dam de l'agent Carter.
Dans le but de créer un effet de nouveauté tout en misant sur une formule qui a déjà fait ses preuves, les auteurs de Rush Hour 2 ont simplement repris la prémisse du premier épisode pour l'inverser, l'adapter à un autre contexte. Le policier chinois, si dépaysé était-il dans le premier épisode, se retrouve désormais en terrain connu tandis que son équipier se retrouve cette-fois plongé dans une culture singulièrement opposée à la sienne.
Malheureusement, cette prémisse fort prometteuse s'essouffle dès le premier quart du film, le scénariste ayant été incapable de tirer profit de toutes les possibilités offertes par cette mise en scène. Ainsi, après une première demi-heure assez amusante, où Chris Tucker s'efforce tant bien que mal de parler le cantonais ou de s'intégrer à une soirée-karaoké, l'action est subitement transportée jusqu'aux États-Unis, et ce fameux contexte asiatique qu'on nous avait promis dans la campagne publicitaire est remplacé par des lieux forts communs qui enlève toute fantaisie ou originalité au film. Les auteurs ont bien tentés de conserver un cachet oriental dans la dernière demi-heure alors que l'action prend place à l'intérieur d'un casino de Las Vegas décoré à l'asiatique (ironiquement, ce casino est appelé le Red Dragon, tel le nom du prochain film du réalisateur… Doit-on reconnaître là une façon peu subtile de promouvoir un futur projet ?!?) Mais c'est trop peu, trop tard puisqu'à cet instant, le récit sent déjà le réchauffé à plein nez. Un récit qui, d'ailleurs, n'échoue pas seulement à tirer profit d'une mise en situation et d'un contexte prometteurs, mais qui échoue également lamentablement à nous proposer une intrigue digne de ce nom. L'action est transportée d'un endroit à un autre sans aucune logique sous des prétextes mal amenés. Fort heureusement, le montage du film est bien rythmé et ne souffre d'aucun temps mort. De plus, les acteurs font preuves d'une belle complicité et d'une énergie contagieuse. Chris Tucker rempli adéquatement son rôle de rigolo de service, tandis que Jackie Chan est toujours aussi impressionnnant dans l'exécution de ses cascades. C'est d'ailleurs lui-même qui a chorégraphiés, voir même réalisé les scènes d'action, et non pas le réalisateur…
Pour toutes ces raisons, le film s'avère rarement ennuyeux. Au contraire, le spectaculaire de certaines scènes d'action et les nombreux gags savoureux font de ce film un divertissement somme toute très agréable. Dommage seulement que le scénario n'ait pas été à la hauteur des attentes, et que la réalisation de Brett Ratner soit dénudée de toute inventivité. La mise en scène est efficace, mais si académique que n'importe quel tâcheron le moindrement doué aurait pu réaliser le film. C'est plutôt difficile à avaler, de la part d'un soit-disant nouveau Steven Spielberg.



Image
Rush Hour 2 nous est ici présenté en format original de 2.35:1 d'après un transfert anamorphique et numérique.
Fidèle à ses habitudes, c'est à nouveau un transfert de très grande qualité que nous offre New Line. L'interpositif utilisé est d'une qualité irréprochable, en aucun moment est-il possible de remarquer quelconque anomalie. La définition générale est excellente et laisse entrevoir avec finesse et minutie les détails et textures. Le piqué est constant, par contre quelques très rares plans affichent un léger manque de définition dans les arrières-plans. La colorimétrie offre des couleurs riches, pures et bien saturées. Les différentes teintes, y compris les tons de peau, conservent une apparence naturelle du début à la fin et ne souffrent d'aucune dominante ou débordement. Les contrastes sont adéquatement balancés et la brillance ne montre aucun signe de fluctuation distrayant. Les noirs sont en tout temps solides et profonds, ils sont exempts de toute trace de fourmillement. De façon générale, les parties sombres, quoique imparfaites, sont néanmoins subtilement rendus. Seuls quelques plans montrent des dégradés déficient.
Un infîme sur-définition des contours est perceptible, tandis qu'on remarque aucun défaut de compression.


Son
Cette édition de New Line nous offre trois bandes-son anglaises : une DTS 6.1 ES (compatible avec les systèmes DTS et DTS ES matricielles), une autre Dolby Digital 5.1 EX, et une Dolby Surround 2.0. Prenez note que ce titre est aussi distribué au Canada par Alliance/Atlantis, et que cette édition, qui est en tout point similaire à la version ci-critiquée, offre également une bande-son française Dolby Surround 2.0. D'ailleurs, cette bande-son française marque le retour du français sur les titres New Line.
À n'en point douter, c'est la bande-son DTS 6.1 ES qui présente les plus grandes qualités. Même pour les consommateurs ne bénéficiant pas de la technologie à six canaux, ce mixage propose un dynamisme percutant et beaucoup de spatialité. Le mixage Dolby Digital 5.1 EX présente des qualités assez similaire, mais le mixage DTS est incontestablement plus subtile et mieux détaillé dans la création de l'environnement sonore.
Dans un cas comme dans l'autre, les éléments sonores sont intégrés efficacement. Le champ-sonore est déployé depuis tous les canaux avec amplitude et précision. La trame-sonore offre une présence qui ne manque pas d'impact, celle-ci nous immerge très adroitement dans l'ambiance musicale du film. L'utilisation des canaux d'ambiophonies est soutenue, voir agressive, et donnent tout l'impact nécessaire aux scènes d'action. On remarque également la présence de quelques effets canaux à canaux bien sentis. Les dialogues sont intégrés avec naturalité intelligibilité aux mixage. Jamais nous n'avons eu à déplorer une perte d'audibilité due à la surenchère d'effets tonitruants. Les basses sont mordantes et puissantes, leur utilisation appuie parfaitement la trame-sonore ainsi que les scènes d'action. Le canal .1 (LFE) manifeste fréquemment sa présence avec des fréquences profondes descendant parfois sous la barre des 25 Hz.
Évidemment, le mixage Dolby Surround 2.0 ne procure pas le même impact ou la même fidélité que les contreparties Dolby Digital et DTS. À n'écouter qu'en dernier recours ! On retrouve également sur cette édition des sous-titres (cc) anglais.


Suppléments/menus
Rush Hour 2 est le plus récent titre à être offert sous la bannière Infinifilm de New Line. Comme pour les précédentes éditions présentées sous cette mention, les suppléments de Rush Hour 2 sont divisés sous deux rubriques et sont accessibles soit par accès directe via le menu Infinifilm Features, ou encore sous le mode interactif infinifilm qui propose les suppléments au compte-goûte lors de l'écoute du film.
La première rubrique, intitulée Beyond the Movie, renferme tous les suppléments qui touchent indirectement le long-métrage. En tout, il y a 5 courts segments documentaires à se mettre sous la dent, en plus d'une piste de sous-titres renfermant des anecdotes sur le film ainsi qu'un court métrage du réalisateur produit alors qu'il était étudiant.
Le premier segment est intitulé Jackie Chan's Hong Kong Introduction (1:54 min). Essentiellement, cette courte vignette n'est qu'une publicité vantant les mérites de la ville de Hong-Kong dont la narration est assurée par un Jackie Chan déterminé à vous faire visiter son pays. D'un goût douteux… Suit ensuite Culture Clash (4:34 min), une courte vignette n'abordant qu'en surface quelques difficultés rencontrées par l'équipe de tournage lors de leur passage en Chine. Le ton est si complaisant que c'en est presque insultant. Certains intervenants se permettent de critiquer la communauté chinoise sans discernement. Entre autre, on y précise que le l'industrie cinématographique de Hong-Kong n'est pas aussi bien huilée que la méthode hollywoodienne (quelle prétention !) tout en critiquant ouvertement le type de nourriture consommé en Chine. Très, très déplaisant.
Le troisième segment est intitulé Langage Barrier (4:04 min) et ne fait que survoler, via quelques entrevues, les problèmes encourues sur le plateau quant aux différences linguistiques entre certains artisans. Intéressant, mais malheureusement trop peu développé. Nous aurions aimé entendre diverses anecdotes ou bien apprendre les solutions envisagées par l'équipe, mais il n'en est rien. Suit ensuite le segment Attaining International Stardom (6:46 min). À nouveau, il ne s'agit que d'une grosse publicité complaisante faisant la promotion du statut de vedette de Jackie Chan et de la popularité grandissante de Chris Tucker. On s'auto-complimente, on se félicite et on s'admire, mais rien de réellement constructif n'est abordé. Le dernier des segments offerts sous cette rubrique est probablement le plus intéressant d'entre eux. Kung Fu Choregraphy (9:15 min) nous montre Jackie Chan en plein travail dans l'élaboration des chorégraphies d'art martiaux du film. Les images filmées en coulisse sont assez explicites, cependant nous aurions apprécié qu'une narration explique en détail le travail de l'acteur. Tel qu'il est présenté, ce segment nous est apparue un peu vide.
Vous retrouverez ensuite un insignifiant film étudiant réalisé par Brett Ratner intitulé Lady Luck (2:40 min). Y a-t-il une raison autre que la complaisance pour laquelle ce médiocre court-métrage a été inclus sur cette édition ? Ce dernier n'a absolument aucun lien avec le film Rush Hour 2, et il ne démontre vraiment pas les talents de réalisateur de Ratner, bien au contraire. L'abstinence aurait été de mise… Finalement, la piste de sous-titres anecdotiques qui complète cette rubrique propose quelques informations intéressantes sur la rencontre des cultures américaines et chinoises, en plus de quelques informations sur les artisans…
La deuxième partie des suppléments se nomme All-Access Pass et renferme une série de suppléments dont le contenu est plus technique Vous retrouverez tout d'abord une piste de commentaires audio animée par le réalisateur Brett Ratner et le scénariste Jeff Nathanson. Malheureusement, les deux intervenants abordent très peu l'aspect technique de la production et profite du temps qui leur est alloué pour partager quelques anecdotes mais surtout leurs opinions sur quelques insignifiances telles : j'aime cet acteur, j'aime ce film, j'aime ce plan, etc… Le ton est néanmoins vif et agréable d'écoute.
Vous retrouverez ensuite une série de 9 scènes inédites dont la durée moyenne est d'une minute chaque. Ces scènes sont d'un intérêt limité sur le plan narratif, par contre vous y découvrirez quelques bons gags de la part de Chris Tucker, ce qui est très bien. Beaucoup plus amusant encore est un montage de cinq minutes de prises ratées (bloopers) différentes de celles présentées dans le générique de fin du film. Plusieurs rires assurés !
Making Magic Out of Mire (8:38 min) est un segment d'une grande prétention vantant les mérites du réalisateur. Nous vous l'avons déjà dit et nous vous le disons encore : Brett Ratner n'est pas un grand réalisateur et lui accorder toute cette attention devient carrément ridicule. Que voici un supplément superficiel et arrogant dont on aurait pu se passer.
Evolution of a Scene vous propose un aperçu bref mais intéressant du processus de tournage de trois scènes du film. De la recherche des lieux jusqu'aux tournages, ces trois segments sont assez évocateurs, mais aurait encore une fois gagnés en impact si une narration avait expliquée de façon concise les images présentées à l'écran. Fashion of Rush Hour 2 est un segment plutôt risible nous montrant les costumes du film sans pour autant nous donner d'information sur leur conception. Dans Visual Effects Deconstruction, vous aurez l'occasion de voir les étapes de création des effets spéciaux de trois scènes différentes. Plus intéressant que ces étapes, qui sont présentées via l'option multi-angle, est une introduction filmée intéressante et évocatrice du superviseur des effets spéciaux Kevin Lilngenfelser.
Finalement, quelques bandes-annonces du film ainsi que des filmographies complètent cette section de suppléments.
Plusieurs oeufs de Pâques sont dissimulés parmi les menus. Vous trouverez sur cette page une liste de ces oeufs.




Conclusion
Les gains du film au box-office nord-américain sont indéniable et cela suffira à assurer à cette édition DVD un certain succès. Les consommateurs ne seront d'ailleurs certes pas déçus par les aspects techniques de cette édition, qui sont pratiquement sans failles. En particulier, la bande-son donne à être entendu. Malheureusement, les suppléments sont peut-être nombreux mais leur contenu est fort discutable. Bien plus que d'être au service du film, les ils servent essentiellement à mettre en valeur de façon complaisante et prétentieuses ses artisans. Néanmoins, il s'agit d'une édition techniquement valable qui saura ravir les amateurs du film.



Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,3/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-12-06

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Rush Hour 2

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
90 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Atlantis

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX
Anglaise DTS ES 6.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais (CC)

Suppéments:
Piste de commentaires audio, multiples documentaires et vignettes techniques, sous-titres informatifs (Fact track), scènes coupées et ratées, bandes-annonces, DVD-Rom

Date de parution:
2001-12-11

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