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DVDEF

Harry Potter and the Philosopher's Stone (Canadian Edition)

Critique
Synopsis/présentation
"Il va devenir célèbre - une véritable légende vivante […]. On écrira des livres sur lui. Tous les enfants du monde connaîtront son nom ! ". Ces mots, à forte résonance prémonitoire, il est peu probable que l'auteur J.K. Rowling en mesurait toute la portée lorsqu'elle les coucha sur papier dans le tout premier chapitre du roman mettant en vedette le désormais célèbre Harry Potter. Pourtant, à peine cinq ans après la parution d' Harry Potter and the Philosopher's Stone (Harry Potter à l'école des sorciers), ces quelques phrases et fantaisistes prennent soudain des allures de prophéties qui, véritablement, transcendent le monde du livre. Le petit magicien est effectivement devenu célèbre, probablement le plus célèbre des personnages issu de la littérature jeunesse. Non seulement des livres ont été écris sur lui et sur son auteur, mais les médias ont littéralement propulsé le phénomène en véritable Potter Mania. Et y a-t-il vraiment un enfant qui ignore toujours le nom d'Harry Potter ? Inutile de s'attarder plus en détail sur la Potter Mania, puisque depuis quelques années absolument tout a été dit ou écrit à ce sujet dans un média quelconque. Vous résumer ce phénomène à nouveau serait tomber dans le piège de la redondance. Contentons-nous donc de disséquer le dernier-né, et non le moindre, des produits dérivés de cette désormais très lucrative franchise, à savoir Harry Potter le film. Bien évidemment, il n'était qu'une question de temps avant que la grosse machine Hollywoodienne ne s'accapare des droits cinématographiques du film pour en tourner une gigantesque adaptation à grand déploiement. Dans ce cas-ci, c'est le studio Warner qui fut l'heureux vainqueur de l'obtention des droits de distribution… une véritable mine d'or pour ce studio qui était désespérément à la recherche d'une franchise rentable depuis quelques années (mis à part The Matrix). Mais aussi hollywoodien soit-il, ce studio dû se plier à quelques exigences imprévues de la part de l'auteur J.K. Rowling. Cette dernière a en effet exigé que le film soit entièrement tourné en Angleterre, avec une équipe de production anglaise et, surtout, une distribution entièrement britannique. De plus, elle refusa systématiquement que le film devinne un véhicule de commandite. Ces exigences ont certainement contribuées à donner au film un cachet typiquement british, mais il n'en demeure pas moins que dans l'ensemble, cette toute première adaptation cinématographique d'Harry Potter est un produit typiquement hollywoodien.
Tout d'abord, le choix de Chris Columbus à titre de réalisateur s'avère des plus discutable. D'avantage un tâcheron qu'un réel cinéaste, Columbus n'avait à son actif qu'une série de films de commande maîtrisés mais anonyme. Ses Mrs Doubtfire et Bicentennial Man ne passeront certainement pas à l'histoire comme étant des œuvres particulièrement originales et inventives au point de vue de la mise en scène. Cependant, le fait que Columbus se soit dédié à la réalisation de films familiaux depuis le début de sa carrière a probablement contribué à son embauche. Mais fort heureusement, ce dernier n'était pas seul à travailler à la production du film. Il a su compter sur une direction artistique hors pair, une équipe de création d'effets spéciaux aguerrie et une distribution fort convaincante. Il en résulte donc, en bout de ligne, d'un film techniquement impeccable et visuellement saisissant, mais sans âme. Tel est donc le principal défaut de cette adaptation cinématographique. À trop vouloir être fidèle aux péripéties du roman, les auteurs en ont sacrifié l'esprit, l'ambiance et la psychologie. Évidemment, avec une durée de deux heures et demi, le film se devait d'être distrayant pour assurer l'intérêt des spectateurs. Le scénariste et le réalisateur ont donc concentré leurs efforts pour ne garder du livre que les scènes les plus spectaculaires, bref les scènes d'action. En bout de ligne, le film n'est que ça. Un montage de séquences d'aventures montées bout à bout. Évacuées sont les subtilités de l'intrigue, la psychologie des personnages ainsi que les thématiques du bien et du mal. Les passages du livre se déroulant dans les aires de cours, où Harry apprend réellement comment devenir un sorcier devant les enseignements sages et parfois spirituels des titulaires se résument dans le film à une scène de quelques minutes à peine. Et que dire de l'introduction du roman, qui s'étire sur près du quart de la totalité du livre, dans laquelle J.K. Rowling cultive admirablement bien la sympathie des lecteurs envers le jeune Harry en faisant le récit de ses tristes malheurs… Dans le film, cette partie est évacuée en une quinzaine de minutes, une durée franchement insuffisante pour introduire un personnage avec lequel le spectateur doit s'identifier et projeter ses émotions. Le réalisateur a préféré garder la majeure partie du temps mis à sa disposition pour en mettre plein la vue. Ce qu'il fait bien, doit-on le rappeler, grâce à des effets spéciaux saisissants et aux impressionnants décors. Ce qui fait donc de ce Harry Potter un film typiquement hollywoodien, un film impressionnant et distrayant comme pas un mais qui manque de contenu et de sagesse. Deux aspects qui étaient pourtant au rendez-vous dans le roman ! Quoi qu'il en soit, les jeunes amateurs du livre ne se sentiront pas dépaysés par cette adaptation, et ce film s'adresse tout d'abord à eux. De ce côté, Columbus a remplie son mandat puisque la réponse des jeunes spectateurs fut unanimement positive. Au diable ce que pense les adultes qui demandent plus de contenu puisqu'ils ne représentent pas le public cible de toute façon ! N'empêche, il aurait été intéressant de voir ce qu'un réalisateur inspiré et créatif ayant pris conscience des véritables enjeux et thématiques du livre aurait pu nous offrir. Par exemple, Steven Spielberg et Terry Gilliam étaient deux des prétendants d'origine au titre de réalisateur…


Image
Il existe deux éditions DVD différentes de Harry Potter and the Philosophers's Stone. L'une présente le film dans son format original de 2.35:1, et l'autre nous propose une édition plein écran (pan & scan). Mis à part le format d'image, ces deux éditions sont tout à fait identiques. Bien entendu, c'est l'édition incluant le format original du film qui fera l'objet de cette critique.
C'est avec une certaine déception que nous accueillons le transfert vidéo de cette édition. En effet, vu l'ampleur des moyens mis à la disposition du film et considérant qu'il s'agit de l'un des plus gros succès commercial de l'histoire, nous en attendions à un peu plus de ce transfert qui n'atteint jamais le seuil d'excellence auxquels les standards du marché actuel nous ont habitué. Très certainement, la riche facture visuelle du film représentait un défi de taille. Plusieurs filtres ont été employés pour altérer la colorimétrie, l'éclairage est très découpé, et la fumée occupe une place plus que prépondérente. Ces choix stylistiques traduisent plutôt bien le climat mystérieux qui berce l'univers du roman, mais le transfert ne leur rend pas toujours justice. Pourtant, le défi avait déjà été relevé par de précédentes éditions DVD de moindre envergure…
De façon générale, la définition est tout de même excellente et offre un niveau de détail tout à fait convenable. Cependant, la finesse de ces détails est parfois compromise par l'apparition de fourmillement; sporadique mais remarquée. La colorimétrie est également problématique. Celle-ci alterne régulièrement entre des teintes sombres et froides jusqu'à des teintes riches et éclatées, et ce avec plus ou moins de succès. Les couleurs sombres ont parfois une apparence délavée. À l'inverse, les couleurs vives paraissent parfois sur-saturée. Quoi qu'il en soit, leur étalement est constant et aucun débordement n'est à déplorer. Les teintes de peau, quant à elles, sont naturelles. La brillance nous est apparue bien ajustée, sans fluctuation. Par contre, les contrastes nous ont semblé être sur-accentués à quelques reprises. Il en résulte des parties denses qui bloquent. Finalement, les noirs sont généralement purs et profonds, seul un fourmillement occasionnel (mentionné ci-haut) viennent entâcher ce transfert.
L'interpositif utilisé pour le transfert est de qualité optimale, aucune anomalie n'est à déplorer. On ne déplore aucune sur-définition des contours et les défauts de compressions se limitent à quelques macroblocs subtils qui passent presque inaperçus.


Son
Cette édition offre deux bandes-son mixées en format Dolby Digital 5.1 EX, soit une en anglais et l'autre en français.
À l'instar du transfert vidéo, c'est avec une légère déception que nous avons remarqué que ces mixages ne sont pas aussi percutants que nous ne l'aurions cru. Ceux-ci font certainement preuve d'un dynamisme impressionnant et d'une spatialité somme toute convaincante, mais leur impact reste mitigé. Le champ sonore se déploie bel et bien de tous les canaux disponibles, mais ce sont véritablement les enceintes avants qui manifestent le plus leur présence. Les canaux d'ambiophonies nous sont apparus sous-utilisés. Les effets d'ambiance sont presque trop subtils pour créer un climat réellement immersif, et les effets localisés ne se font entendre que sporadiquement. Seules les scènes d'action à grand déploiement profitent d'effets d'ambiophonies plus spectaculaires et tapageurs. Les transitions de canaux ne sont pas utilisées à outrance, mais leur intégration est subtile et efficace. La trame-sonore est intégrée efficacement à l'ensemble et ce, avec grande fidélité. Cependant, nous croyons qu'une présence plus accentuée dans les canaux d'ambiophonies aurait été bénéfique. Les dialogues sont toujours nets et parfaitement intelligibles. Quant aux basses et extrêmes basses (canal .1 (LFE)), elles sont dans un cas comme dans l'autre puissantes, agressives et superbement rendues. S'il est un point fort à souligner de ce mixage, c'est peut-être celui-là.
Le doublage francophone proposé sur cette édition en est un de bonne qualité. L'intégration des dialogues est excellente, jamais trop en avant du champ sonore. À noter que des sous-titres anglais et français sont également offerts.


Suppléments/menus
Que voilà une édition spéciale bourrée d'artifices mais qui, après avoir fouillé en profondeur, n'offre pas grand chose à se mettre sous la dent. Mais avant de se lancer plus en détail, prenons quelques instants pour souligner l'effort apporté par la Warner pour produire l'intégral des menus en français. Sur le premier disque, vous devez configurer votre lecteur en conséquence pour qu'il détecte les menus français (voir votre manuel d'instruction pour plus de détails). Quant au deuxième disque, qui offre l'essentiel des suppléments, le choix de la langue vous est offert automatiquement dès l'instant où vous placer le disque dans votre lecteur. Non seulement les écritures ont été francisés, mais la narration en voix hors champs qui accompagne les suppléments a entièrement été doublée. Une belle initiative!
Maintenant, attardons-nous aux suppléments proprement dit. Ils sont peu nombreux et se limitent essentiellement à deux bandes-annonces (disponible sur le premier disque), à un montage comprenant diverses entrevues réalisées auprès de quelques artisans du film, à une série de 7 scènes inédites et puis finalement une l'option de visionner une séquence dans une multitude de langues différentes. Les entrevues, dont la durée n'est que de 16 minutes, proposent un contenu franchement superficiel. Les intervenants se contentent de propos vagues qui résument très sommairement la production du film, de l'écriture du scénario jusqu'au tournage, en passant par l'inévitable choix d'acteur. Quant aux scènes inédites, elles représentent certainement le principal attrait de cette édition. Elles ont le mérite d'ajouter un peu de chair autour des personnages, ce qui n'aurait pas fait de tort au film. À noter que la Warner à même pris la peine de doubler en français ces scènes inédites, ce qui constitue une première. Chapeau ! Quant à la séquence multilingue est amusante au départ mais rapidement lassante. Elle n'apporte rien de bien innovateur ou d'intéressant.
Il y a bien quelques autres suppléments, mais ceux-ci sont entièrement destinés à un auditoire plus jeune. Il y a quelques jeux d'adresse simplistes, des animations, quelques scènes du film placées hors de leur contexte (?) et une visite guidée de Poudlard. Visiblement, cette édition spéciale d'Harry Potter avait comme clientèle cible des enfants. L'intégralité du deuxième disque a donc été conçu pour eux, et non pour des adultes, qui pourtant sont ceux qui payent pour de telles éditions… Pour retrouver les suppléments mentionnés ci-haut, pas question de simplement naviguer dans un menu clair et précis pour sélectionner l'élément désiré. Les concepteurs ont au contraire cachés les suppléments dans un labyrinthe interminable d'énigmes simplistes et de casses-têtes quelconques, question de divertir les enfants. Pour accéder aux fameuses scènes inédites, vous devrez donc réussir à mélanger une série de trois potions (le tâtonnement semble être le meilleur moyen d'y arriver…), pour ensuite avoir à trouver une clé perdue au milieu de dizaines d'autres semblables, et puis finalement boire une potion magique dissimulée parmi six autres qui vous ramèneront au point de départ… Mais existe-t-il un autre moyen d'y arriver ? Bien sûr ! En sélectionnant un icône caché… qui vous conduira à un chien à trois têtes qu'il vous faudra endormir avec l'outil adéquat, pour ensuite avoir à sélectionner la même clé et avoir à boire la même potion. Bref, aucun moyen direct d'y arriver, pas même une recherche de chapitres (nous avons évidemment essayé, mais le lecteur nous ramène toujours au menu principal…). Pour les enfants, ce labyrinthe d'énigmes peut être amusant. Qui plus est, pour des menus de DVD, le tout est très inventif et fort bien réalisé. Mais pour un adulte, la navigation est laborieuse et épuisante. Pourquoi un index n'a-t-il pas été offert pour accéder directement aux suppléments ?
À noter que le disque inclus également une série de suppléments sous format DVD-ROM. À nouveau, le contenu ne s'adresse qu'aux enfants. Ceux-ci y découvriront quelques jeux et autres babioles. L'interface y est fort inventif (il répond à des commandes vocales !) et visuellement, le tout est très attrayant.



Conclusion
Dommage, mais cette édition DVD nous laisse quelque peu sur notre appétit. Bien sûr, le film lui-même, sans être une grande réussite, mérite amplement le coup d'œil et s'avère être un divertissement des plus efficace. Mais d'un point de vue strictement technique, nous attendions plus de cette édition qui, sans aucun doute, sera l'un des gros vendeur DVD de l'année 2002. La qualité d'image est plutôt bonne, tout comme l'est le mixage sonore, mais d'autres films ont déjà offerts mieux. Quant aux suppléments, il seront certainement attrayant pour les enfants mais qu'en est-il des consommateurs adultes qui achèteront ce titre? Au fond, peut-être la notoriété du film nous a-t-elle fait placer la barre trop haute…


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
4,1/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-05-27

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Harry Potter and the Philosopher's Stone

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
152 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX
Française Dolby Digital 5.1 EX

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Scènes coupées, entrevues, visites guidées des décors, jeux interactifs et bandes-annonces.

Date de parution:
2002-05-28

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