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DVDEF

Advise and Consent (Controversial Classics)

Critique
Synopsis/présentation
Otto Preminger signe avec Advise and Consent un film ambitieux et important qui malheureusement connaîtra un succès très limité au guichet box-office et ce à son grand regret. Le film nous propose de suivre un épisode de politique américaine alors que le Président des Etats-Unis (Franchot Tone) essaie d'imposer son candidat controversé au poste primordial de Sécrétaire d'Etat aux affaires étrangères, Robert A. Leffingwell (Henry Fonda). La bataille rangée qui va s'ensuivre au sein du Sénat va démontrer combien le président avait alors à composer avec cette institution essentielle à la démocratie, mais aussi comment certains sénateurs sont prêts à toutes les bassesses pour arriver à leurs fins, bassesses dont toute la question reste de savoir si elles sont effectivement d'un intérêt supérieur qui "autoriserait" ce genre d'agissement ou non, question que fort heureusement Preminger ne fait que poser au spectateur sans lui imposer son point de vue.

Sur un sujet aussi sensible que celui-ci, Preminger a eu l'intelligence de chercher à montrer la façon dont fonctionnait alors le gouvernement américain plutôt que de donner sa propre opinion à ce propos. Une fois de plus, il a su s'effacer derrière son sujet afin d'en faire ressortir tout l'intérêt et comme pour Laura, il a su mettre toute sa science et sa maîtrise de l'outil cinématographique au service de son histoire et ce pour le plus grand plaisir du spectateur. Le plus fascinant avec ce film est de voir à quel point le fait de présenter et traiter des personnages d'hommes politiques comme des citoyens "lambda" offre une sensation d'étrangeté au spectateur, habitué à les voir présentés comme des surhommes ou bien comme des caricatures. Preminger nous les montre comme de simples êtres humains auxquels ont été confié d'énormes responsabilités qui pèsent lourds sur leurs vies et selon leurs caractères propres, les transforment de façon positive ou négative. Ainsi, grâce à des dialogues savoureux et très bien écrits, Preminger nous met à "hauteur" de ses personnages et nous offre pour une fois une vision objective du monde politique américain. On peut regretter que quelques personnages semblent trop "parfaits" ou vraiment agressifs mais jamais l'on avait pu voir une telle galerie d'hommes politiques crédibles et ce aussi bien dans leur intimité qu'en plein travail. Le personnage du président en devient même touchant et émouvant tant il semble souhaiter le bien de son pays tout en devant passer par des procédés qui lui déplaisent. Ce dilemme est d'ailleurs le point central du film a travers le personnage du sénateur Brigham Anderson qui, malgré les pressions ignobles et personnelles qui vont être exercées sur lui, va croire jusqu'au bout en l'institution qu'il représente, ce qui le mènera à une issue dramatique. Les bons comme les mauvais côtés de chacun sont clairement montrés et grâce à la mise en scène précise de Preminger, on a vraiment la sensation d'assister à un spectacle crédible (toujours malgé les quelques réserves exprimées plus haut). Le sens du rythme inné du réalisateur fait ici merveille car il parvient à maintenir un intérêt constant malgré un sujet assez peu cinématographique en lui-même.

Les acteurs sont tous formidables de justesse et de naturel même si à l'instar de Clifton Webb dans Laura, Charles Laughton joue un sénateur Cooley haut en couleurs, orateur et manipulateur hors pair. Cette qualité générale d'interprétation était absolument essenitelle à la réussite du projet de Preminger. Grâce à cette crédibilité et une fois le spectateur captivé par les enjeux du film, Preminger peut alors développer la partie didactique de son oeuvre. En effet, malgré une première partie difficile à comprendre pour les non familiers des arcanes du système gouvernemental américain (destinée à intriguer et instaurer un suspense), Advise and Consent est de loin l'oeuvre la plus explicative sur ces fameuses arcanes. Preminger cherche à mettre en avant le fait que dans son pays la démocratie est garantie sur le papier du moment où les différents acteurs du pouvoir respectent les règles et jouent carte sur table. Mais il montre également le grand paradoxe de l'homme politique et toute la difficulté d'exercer un tel métier, à travers la scène où le président explique à Leffingwell que certes la vérité est la base de la démocratie, mais que le mensonge ou du moins la "non vérité" peut s'avérer aussi utile et gardienne de la liberté.

Nous vous recommandons donc vivement Advise and Consent qui est une oeuvre intelligente, utile et remarquablement construite dont les légers "défauts" n'entâchent en rien l'impact ou le plaisir de visionnage.



Image
L'image est présentée au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est d'un bon niveau même si l'on peut regretter certains passages au rendu nettement plus doux qui ne sont pourtant jamais gênants. L'interpositif est très propre, seuls quelques points étant discernables pour un spectateur averti et pointilleux. Le contraste est bien géré même si parfois légèrement trop poussé à notre goût, même si encore une fois cela reste de l'ordre du détail. Par ailleurs les brillances sont toutes évitées. Les scènes sombres sont bien rendues grâce à des noirs suffisamment purs et profonds. La partie numérique est impeccable, ne générant aucun défaut artificiel.

Un transfert de qualité qui aurait gagné à être mieux défini par moments mais qui propose la meilleure copie jamais proposée de cet excellent film.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (Dobly Digital 1.0 mono).

Sa dynamique est logiquement assez limitée mais dans les standards d'enregistrement de l'époque de tournage du film. Il en est de même pour sa présence et sa spatialité. La musique est bien rendue dans les limites du format monophonique et est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son. Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et les traces de distortions ou parasites sont minimales et ce même à volume élevé. En ce qui concerne les basses fréquences, le genre du film fait que même si elles sont absentes, cela ne gêne en rien le plaisir du visionnage. A noter que le niveau de sortie du son étant assez faible, vous serez obligés de monter le volume de façon assez conséquente afin de bénéficier d'un volume sonore confortable. Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son sans défauts ni qualités majeures et c'est bien là tout ce que le consommateur attend dans le cas de films de cette époque.


Suppléments/menus
Une section minimaliste mais qui fort heureusement existe.

Le commentaire audio de l'historien Drew Casper est extêmement bien organisé et aborde quasiment tous les aspects intéressants liés au film qu'il aurait pu développer. Il développe aussi bien son analyse par rapport au livre dont est tiré le film que par rapport à l'organisation politique américaine. Il s'intéresse également à l'affection de Preminger pour ce film ainsi qu'à ses intentions de réalisateur, nous proposant ainsi un commentaire très complet à défaut d'être le plus agréable à suivre du fait d'une consctruction très universitaire. A ce propos, nous tenons à mettre en avant le fait que la qualité moyenne des commentaires audio sur les films "anciens" a vraiment progressé ces derniers mois et nous en sommes absolument enchantés. D'autant plus que les studios font de plus en plus appel à des spécialistes des films ou cinéastes qui proposent des analyses pointues et bien vulgarisées en lieu et place des sempiternelles anecdotes de tournages.

La bande-annonce est de qualité correcte et ne dévoile pas trop de l'intrigue.





Conclusion
Une édition de qualité appréciable et ce aussi bien au niveau audio que vidéo que des suppléments.

Advise and Consent est un film nécessaire en ce sens qu'il montre le fonctionnement du système décisionnaire américain de façon intelligente et passionnante. Grâce à de vrais personnages, une histoire solide et passionnante et une vrai volonté de didactisme, Preminger réalise un film prenant de bout en bout sur un sujet pourtant difficile. Une oeuvre forte et engagée qui tend à prouver que si auparavant le président des Etats Unis ne disposait que d'une marge de manoeuvre limitée et ce pour le plus grand bien de la démocratie, il semblerait bien que les choses aient changées depuis.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2005-06-20

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Advise and Consent

Année de sortie:
1962

Pays:

Genre:

Durée:
138 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, bande-anonce

Date de parution:
2005-05-10

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