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DVDEF

Dangerous Lives of Altar Boys, The

Critique
Synopsis/présentation
Ce film pourrait être une nouvelle version du thème souvent traité "je suis un adolescent mal dans ma peau", popularisé par le film "The Breakfast Club" (L'adolescence qui sera d'ailleurs central dans la filmographie de John Hugues). Néanmoins, la compagnie de production de Jodie Foster qui a appuyé ce film avait de bonnes raisons de le faire. En effet il ne s'agit pas d'une répétition, mais bel et bien d'une réinterprétation d'un thême pouvant paraître à première vue usé.

Basé sur le roman éponyme de Chris Fuhrman et sur des idées contenues dans les poèmes de William Blakes "Songs of Innocence, Songs of Experience", ce film nous entraine dans un petite ville de Caroline du Nord à la fin des années soixante-dix. Deux des enfants de coeur, Tim (remarquablement interprété par Kieran Culkin) et Francis (Emile Hirsh) s'occupent en prenant des risques afin d'éviter l'ennui. Cela va du danger physique, à l'organisation planifiée de mauvais coup, et ce surtout dirigés vers leur professeur. Cette dernière, la Soeur Assumpta (Jodie Foster, plutôt décevante dans ce rôle), est en effet le réceptacle de toutes les frustrations de ces deux ados.

Francis possède de réels talents en dessin, et avec l'aide de Tim et de deux autres comparses, ils créent une bande dessinée les représentant comme super héros se battant contre une super nonne démoniaque. Ce bande dessinée sera intercepté par la Soeur, et pour se venger, les quatres comparses vont mettre en place un stratagème à l'issue malheureusement tragique. Des histoires de second niveau viennent se greffer sur la trame narrative, à travers la relation entre Francis et Margie (Jenna Malone), ou avec le Père Casey (Vincent d'Onofrio qui n'en fini pas d'étonner, comme pour sa récente interprétation de Pooh Bear dans le film The Salton Sea). Ces intrigues de second niveau permettent de donner de la profondeur aux personnages et permettent à ce film de réellement se démarquer des productions de ce genre. En effet, en donnant une profondeur humaine à ces jeunes gens, le réalisateur Peter Care dont c'est le premier film, réussit à donner une appréciation de ces heures tumultueuses dans une version "non puérile". Ces adultes en devenir sont analytiques et font des relations entre différents éléments, à l'opposé du "un malaise" généralisateur, qui sert trop souvent de base.

Un des points vraiment fort de ce film, est l'inclusion de séquences d'animation qui représentent la bande dessinée créé par Francis.
Ces séquences, qui sont les sublimations transposées des événements réels, ont été réalisées par Todd McFarlane. Ce nom, plutôt discret dans le cinéma (à part pour les films Spawn) est très connu dans le monde de la bande dessinée.
McFarlane a en effet été l'instigateur de la nouvelle apparence de Spidey, et de nombreux autres personnages. Il a de plus créé une compagnie de modèles réduits de comics, artistes et personnages de films qui est très réputée (McFarlane Toys). Créateur du personnage Spawn, il a crée quelques uns des meilleurs vendeurs du genre comics.
Sa touche est facilement identifiable, et est un réel apport pour ce film. La représentation des méchants (dont la nonne) est très proche de ses créations habituelles, et les supers héros sont représentatifs du genre. La présence d'un des grands noms du comics (dont l'auditoire principal est justement les adolescents) procure à ce film une touche de "réalité" sur les personnages étudiés. Si le comic est un bon medium pour ces adolescents, il est parfaitement adéquat de nous raconter cette histoire avec les mêmes techniques.

Si ce film n'a pas fait grand bruit lors de sa sortie en salle, il n'en reste pas moins un excellent divertissement. La ré-écriture du genre film d'adolescent nous permet d'avoir un regard neuf sur cette période de la vie.
Deux éditions DVD sont disponibles en zone 1. L'une est distribuée par Columbia Tristar sur tout le continent Nord Américain et l'autre, celle de Christal Films estexclusivement mise en marché au Québec. Les deux éditions sont identiques.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1. Contrairement à ce qui indiqué sur le boîtier il s'agit ici d'un transfert anamorphosé et non letterbox.

Ce transfert a été particulièrement soigné et réalisé d'après un interpositif sans défaut. L'image présentée est nette, les textures et détails toujours finement présentés.
Les couleurs, si elles restent constantes, justes et équilibrées nous ont parues quelques peu désaturées à quelques occasions. Il s'agit certainement d'un choix artistique, car les scènes d'animation sont elles flamboyantes, des couleurs riches et brillantes qui rendent hommage au genre comics. Aucun débordement, n'a été constaté.

Le niveau des noirs (la brillance) est correctement ajusté et sans fluctuation. Petit défaut; les parties sombres manquent de détails dans les scènes à fort contraste. Les noirs quand à eux sont profonds et intenses. Il est à noter que lors de certaines scènes animées des décadrages semblent avoir lieu, il pourrait s'agir d'un choix de l'animateur, mais le résultat est un peu dérangeant.

Le transfert a été correctement réalisé, aucun problème de compression n'a été constaté, pas de sur définition ni de macroblocs ou fourmillements.
La présentation visuelle de cette édition est de bonne qualité, les quelques défauts rencontrés n'entachent en rien le plaisir du visionnement.


Son
La bande son principale est en anglais Dolby Digital 5.1, la seconde dans le même langage est quant à elle présentée au format Dolby Stereo. Des sous titrages anglais et espagnol sont disponibles.

La bande son principale est de très bonne facture. Il convient de noter que comme pour l'image, un choix artisitique a été fait afin de marquer les transitions entre séquences filmées et séquences animées. Durant les scènes filmées, la bande son se déploie correctement à l'avant, utilisant les trois enceintes. Elle est dynamique, et les éléments sont bien spatialisés.

La trame musicale, assez discrète, se fond sans aucun problème dans l'environnement sonore de ce film. Durant ces séquences filmées, les canaux arrières sont très discrets, et les effets sont concentrés vers l'avant. Les dialogues sont naturels et parfaitement rendus.

Pour prendre la réelle mesure de cette bande son, il convient de passer aux séquences animées. Le très calme environnement sonore des scènes filmées est alors remplacé par un déploiement complet de l'arsenal 5.1. Effets avant-arrière, transitions multiples et musique rocks sont alors poussées créant un environnement sonore aussi impressionnant que justifié. Les dialogues des super héros sont solidement rendus malgré les déluges sonores environnants. Les basses sont profondes et bien rondes, et l'utilisation du canal .1 (LFE) est efficace et toujours appropriée.

Cette bande son est de très bonne facture, et l'utilisation différenciée entre les séquences des possibilités du 5.1 est une idée très intéressante. En effet, l'ambiophonie est utilisée pour marquer un changement d'environnement, et grâce à des solutions techniques (l'utilisation des canaux arrières et .1 (LFE)), l'approche artistique du film s'en trouve rehaussée. La preuve que la technologie et ses progrès sont au service de la créativité quand bien utilisés.

On regrette que l'édition Christal Films n'offre rien en français, c'est d'autant plus dommage car celle-ci est dédiée spécifiquement au Québec. Quitte à régionaliser la distribution, Christal Films aurait du régionaliser le contenu un minimum, et substituer au moins les sous-titrages espagnols par des sous titres français.


Suppléments/menus
Cette édition, présentée sur un simple disque double couche recèle de nombreux suppléments. Cette relative profusion est très appréciée pour un film dont le succès au guichet fut pour le moins limité.

Une piste de commentaires audio du réalisateur en compagnie du scénariste est proposée. C'est un agréable moment à passer en leur compagnie. On sent que ce film, sous ses apparences de film à thème a été longuement muri pour justement s'échapper des standards du genre. De plus, la description de la relation entre ces deux garçons telles que vue lors de l'écriture a été très enrichissante (surtout lors du segment qui sera décrit ensuite).

Un documentaire de trente minutes intitulé "Anatomy of scene" nous présente une scène tirée du film, analysée dans sa conception jusque sa réalisation et les idées sous jacentes qui l'habite. Ce segment est aussi original qu'intéressant. La scène choisie par le réalisateur est celle ou les deux garçons, après avoir fumé leur premier joint, trouvent un chien mourant. L'approfondissement de cette scène est très révélateur des choix du réalisateur : décrire cette adolescence à travers la relation de ces deux jeunes. Un excellent segment ou une grande partie de l'équipe de production intervient.

Suite à cela, une compilation de toutes les scènes d'animation du film. Ces dernières peuvent être regardées avec les très intéressants commentaires de Todd McFarlane.
Un segment propose de plus, des scènes retirées qui nous semblait plutôt des scènes qui avaient été raccourcies au montage. Aucun sous-menu ne permet de choisir spécifiquement, la scène. Il faut donc utiliser l'avancement rapide de vos machines.
Un section d'environ treize minutes nous présente des interviews des différents acteurs et de certains membres de l'équipe de production. Des notes de production sont aussi disponibles.

En plus d'un catalogue d'illustrations et des bandes annonces télévisées et cinéma, une segment de cinq minutes destinées à la télévision est présentée. Deux bondes annonces pour des films à venir complètent ces suppléments.

De nombreux et intéressant suppléments appuient très bien cette édition. Vu la discrétion dans laquelle la sortie du film s'est passée, ces suppléments offrent assez d'information pour asseoir ce film.



Conclusion
Voilà une belle édition d'un film très attachant. L'interprétation impeccable et les transitions entre film et animé sont excellement bien rendues. Les suppléments nombreux et intéressants sont de très bon compléments qui n'ayant pas été relayés par les médias traditionnels, trouvent toute leur pertinence ici.

Si on peut comprendre qu'aucun doublage français n'était disponible, l'absence de sous-titres français pour l'édition Christal Films est un faux pas.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
3,6/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Thomas Geoffroyd

Date de publication: 2002-11-16

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Sony Wega KV27; Préampli Audio refinement par YBA Pre-2; Ampli Audio refinement par YBA Multi-5; Enceintes JmLabs; Sub REL Strata III; Lecteur DVD Toshiba Sd1200; cables et interconnects Cardas/Audioquest.

Le film

Titre original:
Dangerous Lives of Altar Boys, The

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
105 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX
Anglaise Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Anatomie d'une scène, Commentaires audio du réalisateur, galeries d'images, segment, biographies, notes de productions, éléments animés avec commentaires, entrevues, partie ROM, bandes annonces cinéma et télévisions.

Date de parution:
2002-11-05

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