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DVDEF

Sideways

Critique
Synopsis/présentation
Le cinéaste Alexander Payne semble vouer une fascination pour la nature humaine et, surtout, ce qui la caractérise à divers stades d’une vie. À ce jour, chacun de ses long-métrages s’est attardé à une génération ou un groupe d’âge différent. Election serait en quelque sorte son film sur l’adolescence, Citizen Ruth celui sur les jeunes adultes et About Schmidt serait son portrait de l’âge d’or.

S’inscrit désormais dans sa filmographie une œuvre consacrée aux adultes d’âge mûr. Ne manquerait plus qu’un film pour enfant pour compléter le portrait… Si à chaque fois les sujets de ses études de mœurs sont différents, l’approche du cinéaste, elle, reste essentiellement la même. Avec Sideways tout particulièrement, sans aucun doute son œuvre la mieux dosée jusqu’ici, Payne confirme son penchant pour l’excentricité et le cynisme. Dans son dernier essais, il exploite ces deux caractéristiques avec plus de doigté, voir plus de subtilité que dans Election ou About Schmidt par exemple. Et à l’instar de tous ses précédents films, Sideways est une comédie dramatique qui verse davantage (?) dans le tragique que dans le comique.

Sideways, c’est l’histoire d’une vieille amitié qui unit deux personnages qui n’ont en commun que leurs années passées ensemble au collège. L’un est un professeur d’anglais aux ambitions d’écrivain, passionné des vins et qui en arrache depuis son divorce; l’autre est un comédien fini qui s’apprête à se marier. Pour enterrer la vie de garçon de ce dernier, les deux comparses entreprennent une tournée des vignobles californiens où ils font des rencontres qui risquent de changer leur vie.

À l’instar de About Schmidt, Sideways se veut une sorte de road-movie. Cette façon de raconter les tribulations des personnages est prétexte, comme il était le cas pour About Schmidt, d’isoler les protagonistes. En les emmenant sur la route et dans des motels miteux, les auteurs retirent tout les points de repères des personnages comme par exemple les familles, le boulot et la sécurité du toit. Livrés à eux-mêmes, les deux hommes n’ont d’autre choix que de faire face à leur réalité respective. Seul à seul, ils apprennent à se connaître un peu plus l’un l’autre mais aussi, et surtout, eux-mêmes. Arrivés à un point central dans leur vie, ils ont à faire un retour sur leur eux ainsi que des choix pour la suite des choses. Voilà ce qu’est Sideways, une étude des mœurs d’hommes qui sont à un point tournant de leur vie.

L’idée de faire se dérouler l’histoire dans le monde vinicole n’a rien d’aléatoire ou de gratuit. En fait, le propos du vin sert tout d’abord à illustrer avec une certaine éloquence les personnalités des deux personnages. L’un est passionné, respectueux et raffiné, tandis que son camarade est pressé et glouton. En fait, par extension, on s’aperçoit que leur rapport avec le vin est très similaire à celui qu’ils entretiennent avec les femmes. Le premier les apprivoise tandis que l’autre y goûte puis passe à autre chose. Ce contexte vinicole donne également lieu à de belles symboliques qui caractérisent davantage (?) les protagonistes. Prenez par exemple cette merveilleuse scène où le personnage de Miles discute sur une verrière avec Maya. Les deux partagent leur fascination du vin et il en ressort, pour l’un et l’autre, une véritable métaphore sur leur sensibilité, sur leur vie.

Hormis une séquence un peu stylisée qui fait une utilisation abusive des écrans séparés (split-screen), la réalisation de Payne est admirablement sobre et souple. Le cinéaste démontre hors de tout doute à quel point il est un directeur d’acteurs d’abord et avant tout. Sa mise en scène est entièrement au service des personnages, à qui il laisse toute la place. Il fait la preuve qu’une bonne réalisation n’est pas nécessairement synonyme de stylisation, ce qui est rassurant dans un monde où les films prennent de plus en plus l’allure de vidéoclips. Bien sûr, Payne pouvait dans le cas présent compter sur la présence d’une splendide brochette de comédiens, tous plus sympathique et nuancés les uns que les autres. Sideways ne révolutionne en rien le monde du cinéma, mais il est un sacré bon film en son genre, une œuvre accomplie d’un bout à l’autre.


Image
Le film est présenté au format respecté de 1.85:1 d’après un transfert 16:9 de qualité honnête, mais sans plus.

Pour un film aussi récent, il est pour le moins étonnant de constater que l’interpositif n’était pas dans un état optimal. Les anomalies, particulièrement les points blancs et le grain, y sont mineures mains néanmoins apparents. Au moment du tournage, plusieurs filtres tels que des polarisant et des pro-mist ont été employés. Dans le cas des pro-mist, qui a la propriété d’adoucir les contraste et les textures, le résultat s’est avéré problématique pour le transfert, surtout en ce qui concerne la définition. Celle-ci est très bonne dans les circonstances, mais les nuances manquent de précision et ce particulièrement près des sources de lumière. Il n’en demeure pas moins que l’image est généralement nette et la plupart des détails sont bien représentés.  Le rendu des couleurs est quant à lui excellent. Les couleurs, volontairement dé-saturées, sont bien restituées et l’étalonnage est parfaitement bien géré. Les teintes sont naturelles et ne souffrent d’aucun dominante ni de débordement. Si les contrastes paraissent un peu mous, c’est encore une fois dû à l’utilisation de filtres au moment du tournage. L’effet est évidemment voulu. Le niveau des noirs est bien ajusté, soit aux alentours des 7,5 IRE. Il en résulte des noirs profonds et exempts de toute trace de fourmillement. Les parties denses présentent des dégradés qui n’ont malheureusement pas toute la précision voulue puisqu’ils sont victimes eux-aussi de l’utilisation de filtration.

La partie numérique du transfert est sans faille. La compression ainsi que la numérisation sont tout deux irréprochables. Vous remarquerez probablement une agaçante sur-accentuation des contours qui provoque l’apparition de halos par moments.


Son
Cette édition nous offre le choix de trois bandes-son : une anglaise (Dolby Digital 5.1), une française (Dolby 2.0 Surround) et une espagnole (Dolby 2.0 Surround). Des sous-titres dans les trois mêmes langues sont également disponibles. Pour cette critique, nous avons analysé le mixage multi-canal anglais.

Considérant la nature du film, il en va de soit que le mixage anglais brille par sa retenue et sa subtilité. Entièrement au service du film, cette bande-son fait preuve d’une dynamique et d’une présence honnête, sans plus. Le champ-sonore se déploie avec une profondeur honorable à travers tous les canaux disponibles, mais comme l’emphase est clairement mis sur les dialogues, c’est évidemment le canal central-avant qui a prépondérance. La séparation des canaux est correcte, c’est à dire subtile et sans bavure.

Les canaux d’ambiophonie sont judicieusement sollicités pour créer une subtile ambiance ou pour intégrer la trame-sonore. Les quelques rares transitions sonores employées dans le film sont plutôt réussies, mais il n’y a là absolument rien pour mettre votre système de cinéma-maison à l’épreuve. La trame-sonore, plutôt minimaliste et passe-partout, est intégrée avec une certaine profondeur au champ-sonore, mais sa présence reste assez en retrait, ce qui n’est pas un défaut. Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles et naturels. Les basses sont un peu molles et auraient mérité un peu plus de mordant, ne serait-ce que pour donner un peu plus de corps ou de rondeur à l’environnement. Le canal .1 (LFE) n’est pour ainsi dire jamais réellement sollicité, ce qui n’est dans les circonstances n’a rien de déplorable.


Suppléments/menus
À l’instar des précédents films de Alexander Payne offerts en DVD, cette édition de Sideways comprend très peu de suppléments.

Il y a tout d’abord une piste de commentaires audio animée par les acteurs Paul Giamatti et Thomas Haden Church. Cette piste témoigne de la chimie qui s’est installée entre les deux acteurs pendant le tournage. Les deux hommes ne cessent de se moquer de l’un et de l’autre dans cette séance de cabotinage de 120 minutes. Vous n’apprendrez absolument rien sur le tournage du film, ce qui est dommage, mais les pitreries des deux comédiens vous feront certainement rire si le cœur vous en dit.

Guère plus instructif est le Behind-the-Scene Featurette, un segment promotionnel d’un peu plus de six minutes dont le seul dessein est de résumer l’histoire du film. Les intervenants racontent comment ils ont eu du plaisir sur le plateau et combien tous les artisans y étaient professionnels… une complaisance typique à ce genre de segments…

Plus intéressantes sont les sept scènes coupées. Chacune est introduite par un texte du réalisateur dans lequel il explique le contexte de la scène et les raisons de son retrait. Une belle présentation qui rend ces scènes un tantinet plus intéressantes que ce qui est généralement offert.



Conclusion
Si comme plusieurs vous n’avez pas pu apprécier ce sympathique long-métrage lors de sa parution en salles, voici votre chance de savourer l’une des meilleures comédies de l’année. Dommage toutefois que d’un point de vue technique, cette édition soit d’un niveau très moyen. La qualité d’image est honnête, mais sans plus, et le mixage sonore est anonyme. Quant aux suppléments, le moins que l’on puisse dire est qu’ils nous laissent sur notre soif...


Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,1/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2005-03-24

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Sideways

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
127 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, scènes coupées, segment promotionnel

Date de parution:
2005-04-05

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