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DVDEF

Bourne Identity, The

Critique
Synopsis/présentation
Les films d'espionnage semblent être redevenus à la mode en 2002. En plus de la 21e aventure de James Bond et de la naissance du super-agent xXx, voilà que Jason Bourne, héros du romancier Robert Ludlum, prend vie au cinéma. The Bourne Identity est le premier roman d'une trilogie mettant en vedette le personnage de Jason Bourne. Et considérant le succès de cette première incarnation cinématographique (le roman avait déjà été adapté à la télévision en 1988), gageons que les deux autres romans de la trilogie trouveront vite leur chemin dans les salles obscures… Deux suites qui seraient les bienvenues, compte tenu de la réussite que représente l'adaptation de The Bourne Identity. Ce film représente un bel équilibre entre clichés et originalité. Cliché parce que le récit respecte sagement toutes les conventions du thriller et du drame d'espionnage. Et fraîcheur puisque la trame que le film sous-tend est autrement plus subtile et complexe que n'importe laquelle des dernières péripéties de James Bond ou pis, xXx.

The Bourne Identity débute alors qu'un homme criblé de balles est retrouvé flottant au milieu de l'océan. Repêché puis soigné par l'équipage d'un bateau de pêche, le mystérieux survivant regagne vite ses forces, mais non la mémoire. En fait, s'il sait toujours lire ou parler, il n'a absolument aucun souvenir de qui il est et du pourquoi de son agression. Seules pistes à sa disposition : un numéro de compte bancaire retrouvé caché sous sa peau, des facultés d'autodéfenses surprenantes, et des mystérieux assaillants qui veulent sa peau…

Le principal intérêt de ce film réside non seulement dans son intrigue, mais également dans sa stimulante thématique. En fait, l'intrigue apparaît vite comme un prétexte à exploiter cette thématique, à savoir la crise identitaire et la remise en question. En effet, la perte de mémoire subite par le héros apparaît d'avantage comme le résultat d'une crise psychologique plutôt que d'un traumatisme physique. Après tout, ses blessures n'étaient pas localisées à la tête. Qui plus est, sa perte de mémoire, on s'en aperçoit à la fin du film, est survenue dans un moment de doute, de remise en question. En fin de parcours, tout indique que sa mémoire ne lui est que partiellement revenue, et seuls les souvenirs de sa remise en question ont refait surface. Le reste, le personnage de Bourne semble avoir fait une croix définitive dessus.

Finalement, l'amnésie de Bourne semble être pour lui une tentative de rédemption, l'espérance de racheter ses fautes en adoptant de nouvelles valeurs morales (américanité du film oblige...). À un autre degré, le film soulève également des questions sur le conditionnement humain. Le corps humain, telle une machine, peut-il être conditionné à exécuter des actions à un point tel que celles-ci deviendraient des automatisme? Des automatismes qui seraient ancrés en nous encore plus solidement que notre mémoire, que notre faculté de penser, de réfléchir ?
Dans une certaine mesure ce film n'est pas sans rappeler The Manchurian Candidate (1962) de John Frankenheimer.

The Bourne Identity demeure un divertissement des plus réussis. En deux heures, le rythme établi par le montage frénétique et le dynamisme de la mise en scène de Doug Liman ne s'estompe jamais. La tension est soutenue du début à la fin, au gré d'une intrigue efficace qui évite de prendre le spectateur pour un imbécile. En fait, The Bourne Identity redonne ses lettres de noblesse au drame d'espionnage, noblesse quelque peu compromise depuis quelques années par des films uniquement orientés sur l'action. xXx étant le meilleur exemple.



Image
The Bourne Identity est offert en deux éditions. L'une présente le film au format d'image respecté de 2.35:1 et d'après un transfert 16:9, tandis que l'autre offre une image au format de 1.33:1 (pan & scan). Pour cette critique, nous avons bien entendu évalué l'édition avec transfert 16:9.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce transfert en est un d'excellente qualité. L'interpositif employé était visiblement dans un parfait état, aucune anomalie ou parasite quelle qu'il soit n'est remarquée. La définition est optimale laissant voir une image nette, précise et très détaillée. La colorimétrie bénéficie d'un excellent rendu. Toutes les couleurs, même les plus stylisées (surtout dans les scènes nocturnes), sont rendues avec justesse et précision. Elles sont pleinement saturées, mais sans excès, et n'affichent aucun débordement involontaire. Les contrastes sont bien gérés, tandis que le niveau de noir (brillance) est correctement ajusté. Les parties denses sont parfois problématiques; il arrive occasionnellement que les dégradés bloquent et n'offrent pas le niveau de détail espèré. Les noirs sont purs et intenses.

Autre défaut relativement mineur de ce transfert, une sur-définition des contours parfois visible au point de créer des halos sur des contrastes. Mis à part l'apparition de quelques subtils macroblocs, il n'y a aucun défaut de compression majeur à déplorer.



Son
Cette édition nous propose trois bandes-son différentes. Il y a deux mixages anglais (DTS 5.1 et Dolby Digital 5.1) ainsi qu'un doublage français (Dolby Digital 5.1). Des sous-titres sont également disponibles en anglais et en espagnol.

Ces trois mixages multi-canaux sont d'excellente qualité. Propre à ce genre de production, le son a la particularité d'être très dynamique, mais il est également ouvert et ample offrant du coup un espace sonore convaincant. Le champ-sonore se déploie avec force et puissance de tous les canaux. La trame-sonore profite d'une belle intégration au mixage final. Elle se déploie surtout des enceintes avants, mais est aussi souvent dérivée vers les enceintes arrières; l'immersion sonore est alors totale. Les canaux d'ambiophonies sont presque toujours mis à contribution. Que ce soit pour créer l'ambiance avec la musique ou des effets sonores subtils, ou bien pour nous bombarder les oreilles d'effets localisés agressifs lors des scènes d'action, l'usage des enceintes arrières est soutenu et efficace. On note aussi de nombreux effets canaux à canaux sommes toutes convaincants. En tout temps les dialogues sont intelligibles et naturels (aucuns effets ADR). Les basses sont intenses et profondes, tandis que l'utilisation du canal .1 (LFE) est plus qu'agressive.


Suppléments/menus
C'est sous sa bannière "Collector's Edition" que la Universal nous propose ce titre DVD. Conséquemment, les suppléments sont relativement nombreux, quoique d'un intérêt plutôt limité.

Le supplément le plus intéressant de tous est sans conteste la piste de commentaires audio animée par le réalisateur Doug Liman. Dans un ton décontracté et jovial, le réalisateur offre un bon résumé des étapes de production du film. Variant de l'anecdote aux informations plus précises, ses propos sont presque toujours pertinents ou divertissants. De plus, M. Liman étant très volubile, les silences sont rares.

Beaucoup moins instructif est le documentaire promotionnel de quinze minutes intitulé The Birth of The Bourne Identity. Typique des documentaires couramment offerts en format DVD, ce segment s'applique davantage à nous faire un résumé de l'intrigue et à décrire les personnages plutôt qu'à expliquer les enjeux entourant la production. Les artisans se félicitent tous les uns les autres pour leur bon travail et ratent ainsi une belle occasion d'en offrir plus. Dommage...

Vous retrouverez ensuite quatre scènes supprimées, une scène allongée ainsi qu'une fin alternative. Aucune de ces scène ne s'avère digne d'intérêt, leur retrait du film est on ne peut plus justifiable. Le vidéoclip de la chanson Extreme Ways, interprétée par Moby, est également offert, ainsi que la bande-annonce originale et quelques filmographies. Fait intéressant, tous les suppléments vidéos de cette édition sont offerts avec option de sous-titrage en anglais, français et espagnol. Espérons que la Universal en fasse une habitude !

À noter qu'une portion DVD-ROM complète cette édition. En insérant le disque dans votre ordinateur, vous aurez tout d'abord droit à un jeu interactif dont la récompense ne vaut absolument pas les efforts que vous aurez déployés. Cette portion DVD-ROM vous donne également accès à un site Internet "secret" où se cache des entrevues supplémentaires ainsi que quelques photographies. Pourquoi ces entrevues ne sont-elles pas incluses directement avec cette édition DVD? Mystère...




Conclusion
The Bourne Identity est une alternative aux extravagances de James Bond et à la vulgarité de l'agent xXx. Que voilà un thriller d'espionnage intelligent, gravitant davantage autour d'une intrigue plutôt que sur des scènes d'action insipides. On parle déjà de donner suite au film, une idée qui serait la bienvenue. Quant aux aspects techniques de cette édition, à coup sûr ils vous en donneront pour votre argent. La qualité d'image est excellente, tandis que les mixages sonores sont d'une efficacité redoutable. Quant aux suppléments, à défaut d'être réellement instructifs, ils ont le mérite de distraire.



Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2003-02-06

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Bourne Identity, The

Année de sortie:

Pays:

Genre:

Durée:
119 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Espagnol
Anglais

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaire, scènes coupées, fin alternative, vidéoclip, bande-annonce et DVD-Rom

Date de parution:
2003-01-21

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