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DVDEF

House of Flying Daggers

Critique
Synopsis/présentation
Avant de se lancer dans l’énumération des (nombreux) mérites artistiques du somptueux House of Flying Daggers, il serait peut-être bon de clarifier certaines choses à propos du cinéma chinois et plus précisément du wuxia, le genre auquel ce film appartient. En Chine, le wuxia, c’est à dire récit de chevalerie, fait autant partie de la tradition littéraire que cinématographique. Des films wuxia, les chinois en produisent depuis les années 1920. Il s’agit du genre le plus important du cinéma chinois. En Chine, tout cinéaste qui se respecte manifeste le désir et l’ambition de réaliser un wuxia et de laisser sa marque. Voilà pourquoi des réalisateurs de renommée internationale tels que Ang Lee, Wong Kar-wai et Zhang Yimou ont tous succombé au désir de créer un wuxia. Il s’agit, en quelque sorte, d’un aboutissement. Évidemment, il va sans dire que le genre n’a rien de nouveau et qu’il a beaucoup évolué au fil des dernières décennies. L’évolution la plus marquée du genre date sans aucun doute de l’apparition des techniques de câblages pour simuler l’état d'apesanteur dans lequel combattent les personnages.

Évidemment, le film wuxia n’est pas le seul genre que nos confrères chinois produisent. Pourtant, ici en Amérique du nord, les wuxia sont pratiquement les seuls films chinois qui sont distribués en salles. De telle sorte que le public en général confond aujourd’hui cinéma chinois avec Wuxia. Qui plus est, ce même public associe du même coup le cinéma asiatique en général avec des personnages volants. Voilà un malheureux cliché fort réducteur. Est-il étonnant d’entendre de plus en plus de critiques et de cinéphiles nord-américains exprimer leur ras-le-bol des films chinois dans lesquels les personnages se mettent à voler ? Quel dommage. Premièrement parce que ce ces critiques semblent penser que le wuxia est né avec Crouching Tiger, Hidden Dragon et que les films du genre qui ont suivi n’étaient que plagiat, ce qui est ridicule considérant l’histoire du wuxia. Deuxièmement, ces critiques associent ces films à une mode, ce qui à nouveau est réducteur puisqu’il se fait de tels films depuis belle lurette déjà. Et troisièmement, déplorer la présence de personnages en apesanteur est presque aussi absurde que de décrier la présence de chevaux dans un Western. Il s’agit d’un élément propre au genre, et non pas d’une mode inspirée par The Matrix… Finalement, de juger le cinéma chinois en général en fonction des quelques rares distributions nord-américaines est réducteur et présomptueux. La Chine produit beaucoup de grands films autres que le wuxia mais qui malheureusement n’aboutissent que rarement en salles en Amérique du Nord.

Ceci étant dit, House of Flying Daggers est un wuxia très traditionnel. Si le genre ne vous plaît guère, inutile de vous y attarder. Si au contraire le wuxia vous allume, vous serez sans aucun doute ébahi par la beauté poétique du film. Zhang Yimou, qui nous a offert le magnifique Hero, nous offre cette fois un film un peu plus terre à terre. La facture visuelle est moins stylisée, et le récit est beaucoup plus simple et chronologique. Pourtant, le résultat n’en est pas moins empreint d’un lyrisme et d’une poésie à couper le souffle. Plus encore que dans Hero, les combats sont réglés tels des ballets magnifiquement chorégraphiés. Ces affrontements se déploient dans des environnements d’une beauté renversante, que ce soit la forêt de bambou ou le champ de fleurs sauvages. Mais au-delà de ces considérations esthétiques, Zhang Yimou a voulu faire de ce film un wuxia à l’échelle humaine, à l’inverse du souffle épique de son Hero. Son récit est donc axé sur un amour improbable entre deux guerriers d’allégeances opposées. Un amour tragique et impossible dans la plus pure tradition des drames shakespeariens. Cette histoire un tantinet mièvre sied néanmoins parfaitement au style romanesque (ou même opératique) de l’œuvre. Si l’intrigue est parsemée de rebondissements un peu trop extravagants pour les besoins de l’œuvre, il reste que House of Flying Daggers est un festin visuel sans pareil véhiculé par un metteur en scène inspiré et une équipe d’interprètes charismatique et convaincue. Un film à ne pas manquer pour les amateurs du genre.


Image
Le film nous est présenté au format respecté de 2.35:1 et d’après un transfert 16:9. On souviendra que le transfert du film Hero (dans une édition produite par la Miramax), précédent ouvrage de Zhang Yimou, n’était tout simplement pas à la hauteur de la beauté esthétique du film. Malheureusement, le résultat n’est guère mieux en ce qui concerne le transfert de House of Flying Daggers. Avec Sony Pictures Classics aux commandes de cette édition au lieu de la Miramax, tous les espoirs étaient permis. Or, il s’agit une fois de plus d’un transfert moyen qui ne rends pas du tout justice à la splendide facture visuelle.

La définition générale est tout juste passablemoyenne. L’image affiche un manque parfois évident de précision, en particulier dans les arrières-plans. Les détails et plus particulièrement les textures y sont à l’occasion grossiers. Le rendu des couleurs est lui aussi problématique. Considérant que la somptuosité de la facture visuelle repose en grande partie sur le traitement des couleurs, voilà un constat des plus décevant. Les couleurs n’ont tout simplement pas l’éclat voulu. Sans dire que la colorimétrie est terne, la saturation aurait du être accentué. Pis encore, la conformité est franchement défaillante. D’un plan à l’autre, l’apparence (saturation, restitution) des couleurs varie énormément, ce qui agace. Qui plus est, le rendu souffre de quelques débordement évidents ainsi que d’un subtil mais apparent fourmillement (chroma noise). Heureusement les gains et les noirs sont-ils purs, donc exempts de toute dominante.

Le contraste, étrangement, n’est pas constant du tout. D’un plan à l’autre, le contraste entre les diverses plages de l’image varie énormément, du très mou au plus mordant. Le niveau des noirs, heureusement, est toujours bien ajustée et ne fluctue jamais. Il en résulte des noirs très profonds et purs, c’est à dire exempts de fourmillement. Les parties denses présentent des dégradés qui, faut-il s’en étonner dans les circonstances, n’ont pas toute la précision voulue. Ils bloquent si rapidement qu’ils en perdent toute subtilité.

L’interpositif employé pour le transfert était dans un état irréprochable. Il n’y a aucune anomalie à déplorer. En ce qui concerne la partie numérique, là encore plusieurs défauts sont à déplorer; la compression trahi une apparition subtile mais récurrente de macroblocs.
Il est fort probable qu’une bonne partie de ces défauts aurait pu être facilement corrigé si le film avait profité d’un taux d’encodage plus élevé. Mais tel quel, ce film de deux heures fut compressé au maximum pour permettre l’inclusion de plus d’une heure de suppléments, ce qui est loin d’être optimal. À quand une édition Superbit ?


Son
Cette édition nous propose un choix de trois bandes-son multi-canal Dolby Digital 5.1 : une en mandarin, l’autre en français et une dernière en anglais. Le doublage anglais est à éviter à n’importe quel prix, tandis que le doublage français représente une alternative acceptable pour ceux qui ne peuvent se résoudre lire des sous-titrages pendant près de deux heures. Mais évidemment, nous vous conseillons vivement la bande-son originale en mandarin avec sous-titres (français et anglais).

Le mixage est heureusement de qualité supérieure au transfert. La dynamique est franchement percutante et la spatialité est immersive et cohérente. Le champ-sonore est vaste et particulièrement immersif. Il se déploie avec une profondeur remarquable à travers tous les canaux disponibles pour créer un environnement vivant et crédible. La séparation des canaux est subtile, précise et sans bavure. Les enceintes arrières sont généreusement sollicitées pour créer l’ambiance ainsi que pour intégrer une multitude d’effets localisés qui donnent toute la vigueur voulue aux scènes d’action. La séquences de l’attaque dans la forêt de bambou en est le meilleur exemple. À remarquer aussi les transitions sonores, tant avants-arrières que stéréophoniques, qui sont on ne peut plus compétentes.

Les différents éléments sonores tous tous parfaitement intégrés et bien répartis sur l’ensemble des canaux. La trame-sonore, autant dans ses moments agressifs que tranquilles, est toujours intégrée avec profondeur et précision. Les textures sonores créés grâce à la multitude d’instruments utilisés sont reproduite avec fidélité. Les dialogues sont naturels et parfaitement audibles. Les basses sont d’une grande profondeur et confèrent tout le mordant désiré à l’ensemble. Le canal .1 (LFE) est sollicité intelligemment, c’est à dire sans excès, et ce avec une grande efficacité.


Suppléments/menus
Cette édition renferme une quantité plutôt impressionnante de suppléments, surtout lorsque comparée aux autres éditions de films chinois. Sony Pictures a tout simplement récupéré quelques suppléments produits en Chine pour nous les offrir avec sous-titrage anglais, une bonne idée qui s’avère incidemment peu coûteuse pour l’éditeur.

Vous retrouverez tout d’abord une piste de commentaires audio animée par le réalisateur Zhang Yimou et l’actrice Zhang Ziyi. Les deux discutent en cantonais, mais des sous-titres anglais sont proposés. Il s’agit d’une très bonne piste, informative à souhait. Le réalisateur partage beaucoup d’informations concernant le tournage mais aussi l’élaboration du scénario. Ensemble, les deux animateurs font également une lecture analytique du film, de ses thèmes et de ses métaphores. Très intéressant.

Il y a également un documentaire d’une durée de 45 minutes et simplement intitulé The Making of House of Flying Daggers. Malgré sa longueur, ce documentaire n’a manifestement que très peu d’information à transmettre. Dans un ton très complaisant, le narrateur raconte à quel point l’équipe est talentueuse et à quel point le film est un succès. Lassant… Qui plus est, le documentaire est ponctué de beaucoup trop d’extraits tirés du film. En les retirant, le documentaire ferait probablement un bon vingt minutes de moins… Reste à tout le moins les entrevues avec les artisans, qui sont toutes pertinentes et intéressantes.

Creating the Visual Effects est un montage de 4 minutes faisant une démonstration de l’utilisation d’effets spéciaux numériques. Il s’agit de comparaisons entre des séquences telles que filmées sans effet et leur résultat final dans le film. Plutôt intéressant.

Storyboard Comparaison regroupe six comparaisons entre des scénarimages et sa scène finale du film, le tout présenté en écrans séparés (split screens). Remarquez à quel point la scène finale se rapproche du scénarimage… fascinant !

Costume Galery est un montage d’une minute et demi qui compare des dessins de costumes préparés en pré-production au résultat final dans le film. Finalement, une galerie de photographies prises en coulisses nous est offerte sous la forme d’un montage de trois minutes et demi.

Quelques bandes-annonces ainsi qu’un vidéoclip pour la chanson du générique complètent les suppléments.



Conclusion
House of Flying Daggers est une merveille sur le plan visuel que tout amateur du genre se doit de contempler. Malheureusement, on ne peut dire que cette édition représente le meilleur moyen d’apprécier les qualités esthétiques du film. La qualité du transfert est tout juste passable et ne rend certainement pas justice à la magnifique facture visuelle. À tout le moins, le mixage sonore livre-t-il totalement la marchandise. Quant aux suppléments, s’ils ne sont pas tous totalement informatifs, leur quantité compense quelque peu pour cette lacune.


Qualité vidéo:
3,3/5

Qualité audio:
4,3/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2005-05-17

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Shi mian mai fu

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Sony Pictures Home Entertainment

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Mandarin Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaire de 45 minutes, segment sur la effets spéciaux, comparaison de scénarimages, galeries d'images et de photographies, vidéoclip et bandes-annonces.

Date de parution:
2005-04-19

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