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DVDEF

Kaiju Big Battel : The shocking truth

Critique
Synopsis/présentation
Il est certaines édition DVD que l’on se doit de posséder. Que ce soit pour sa qualité intrinsèque du film porté, sa propension à mettre en avant la technologie ou bien par sentimentalisme (ces films moyens mais qui nous rappellent de bons moments), ces éditions sont certainement le reflet de ce que nous sommes, ou voulons projeter (la manie de publiciser sa collection sur internet en est certainement le reflet : je suis ma collection…).
Que faire de Kaiju Big Battel dans sa collection ? La qualité du film est inexistante, c’est technologiquement anodin, et ce programme réussit le double pari de couper tout sentimentalisme, autant pour la lutte (genre WWF) que pour les films japonais de monstres en costumes.

Kaiju, est le diminutif de Dai Kaiju Eiga, qui signifie : « Film de monstres géants ». On est loin cependant des films de Inoshiro Honda (père de nombreux Godzilla et de Ghidorah, sans oublier dans les années 70 le terrible Mechagodzilla).
Kaiju Big Battel (avec le « E » avant le « L ») est donc le siège de grandes batailles entre monstres géants… ou devrait l’être car c’est en fait un genre de ligue de lutte créée par quelques étranges de la ville de Boston. Mais avant de rentrer dans le détail de la mythologie en elle même, il convient de faire un bref apperçu du rôle de cette édition distribuée par Koch.
Ce premier disque vise à expliquer ce qu’est Kaiju, et à mettre en place la mythologie, les intrigues et les personnages qui iront se battre sur les ring de différentes villes. On nage en plein Xeme degré (à vous de choisir), et entre les histoires d’amour entre Ichu-Chu et ladybug, la démence maladive de Dr Cube et de son « posse », on aperçoit des combats de lutte… Mais, et c’est ce qui fait la valeur de cette « ligue », les combats sont techniquement impeccables, et les acteurs qui personifient les personnages, de véritables athlètes aux techniques très pointues.

Sans cette qualité des combats, l’ensemble de l’effort resterait au niveau du site web d’une fraternité étudiante. Kaiju Big Battle est exactement cela, un humour de fraternité, mais qui se donne les moyens d’aller jusqu’au bout. En attendant la prochaine sortie d’une édition (toujours par Kosh) des meilleurs combats, Shocking Truth nous propose une vue d’ensemble de la ligue, des programmes originaux et d’extraits de combats célèbres, qui permettent à ceux qui avaient manqués les premières heures les plus underground, de pouvoir reprendre l’histoire.

Shocking truth nous présente donc la naissance des combats de Kaiju. Bien que les monstres se soient battus dans l’espace depuis la nuit des temps, Dr Cube, un scientifique, les ramena sur terre et le chaos s’empara de la planète. Afin de réguler le tout, un « arbitre », inconnu et neutre, fut nommé par la ligue afin de gérer ces combats et s’assurer que les monstres géants ne détruisent pas de nouveau la planète. Les groupes se constituèrent autour des défenseurs et des attaquants (le posse de Dr Cube), auxquels vinrent se rajouter les extra-terrestres (insectoides) et les « neutres ».
À intervalles réguliers, des combats sont organisés mettant en scènes différentes villes japonaises, représentées sur le ring par des immeubles en carton, et autres éléments urbains mis à l’échelle. Le ring est naturellement bordé d’un immense grillage duquel les lutteurs, dans des déguisements invraissemblables se jettent la tête la première…
Et il faut parler des lutteurs, car si Chicken kung fu Noodle Soup (un homme déguisé en boite de conserve) est étrange, c’est sans compter sur « los plantanos » deux lutteurs déguisés en bananes d’amérique du sud, et surtout d’oublier que le meilleur d’entre eux, Silver potatoe Man , est un adepte de la danse Hip-Hop et fait des petits pas de danses entre deux sauts. Il ne faut naturellement pas oublié la chanteuse de J-Pop qui commente sur le ring ce qui se passe, permettant d’être complètement sur qu’effectivement tout est « truqué » (mais qui croirait au combat entre deux bananes et un singe rouge qui vient de l’enfer)

Kaiju Big Battel est un concept drôle, fait avec très peu de moyens, et l’on sent que l’ensemble de ceux qui y participent y trouvent un plaisir rare. Entre l’apologie du film de genre Japonais, et le spectacle sur-excité à l’américaine le mélange fonctionne admirablement.
Shocking truth est une compilation de 5 segments d’une dizaine de minutes. Chacun de ces segments aident à mieux comprendre l’univers des Big Battels et permet aux auteurs de s’amuser. What is Kaiju, présente les origines de la ligue et comment les monstres sont arrivés sur terre. Secrets of Dino Kang est une interview d’un des méchants dans sa cave. Neo Teppen Show est une « aventure » mettant en scène un des héros qui cherche à libérer Slo Feng (un autre héro). The swarm est certainement le segment qui présente le plus de travail filmique, simulant dans un dénuement financier apparent la scène de la bataille de Brave Heart (Version ou les écossais ont tous l’air éminemment japonais), en remplaçant les belligérants par des extras terrestres et le posse de Dr Cube. .. Pour finir, Rise and Fall of Silver Potato est le récit fait par Dr Cube,. Et illustré par des vidéos de combats, comment il a aidé a construire le succès de Potato juste pour mieux pouvoir le battre ensuite… Terriblement drole, et des combats réellement spectaculaires viennent Émailler le tout.

La réponse à la question, pourquoi avoir Kaiju, est très certainement celle-ci : Kaiju Big Battel est une des choses les plus drôles vues dernièrement. Le sérieux dans la bouffonnerie, la culture populaire récente (entre japon et USA) et le côté solidement underground, font que Kaiju est certainemetn un des témoignages les plus décalés et les plus droles de qui nous sommes en ce début de troisième millénaire. À l’heure ou le spectacle populaire devient une industrie seulement motivée par les gains, Big Battel permet de respirer et de voir que des idées amusantes et réalisées avec sérieux (même sans moyen) réussissent à percer.
En attendant que l’on puisse enfin les voir au Québec (cri du cœur aux organisateurs de Fantasia qui offriraient là leur premier spectacle « live » du festival), il faut encourager le studio Kaiju, et leur succès permettra certainement de voir d’autres formes de divertissement sous le format DVD.



Image
Critiquer la qualité de l’image pose le problème des sources pour cette édition. En effet, entre les vidéos en direct des combats, les interviews un peu mieux éclairées et les minifilms qui visent la qualité cinématique, on se retrouve devant un amalgame de différentes sources.
Kaiju Big Battel est présenté au format 1 :33.1, et offre une image qui oscille du correcte au mauvais. La définition générale, si elle est d’un niveau acceptable pour les segments originaux (interviews et autres mises en scène) tout cela se dégrade dès que l’on aborde des scènes de combats ou d’extérieur (mention honorable pour le segment The Swarm qui bien qu’en format Letterboxed offre la meilleure définition du lot). Inutile de s’attarder sur les détails, hormis les zippers des costumes, cela n’a guère d’intérêt ici.

Les couleurs sont très fluctuantes dépendemmant de la source, ainsi des personnnages comme Kung Fu Chicken noodle soup vont voir leur costume passer d’une couleur saturée correctement à des tons plus lavés. Malgré cela aucun débordement ou sur-saturation n’ont été constatés.
Brillance et contraste vivent le même phénomène, variant considérablement d’une source à l’autre, néanmoins le type de programme n’exige pas vraiment des niveaux parfaits et l’on oublie complètements ces noirs qui tirent sur le gris et le manque de détail dans les dégradés de lumière. Bien que l’ensemble soit d’une qualité à la hauteur des matériaux sources, la numérisation et la compression de l’ensemble sont d’un niveau tout à fait correct. Une légère surdéfinition est l’essentiel du problème, mais cela ne saurait géner le visionnement. A un unique moment, lors d’un segment d’un combat filmé en direct, quelques macroblocs sont apparus dans les parties sombres, mais ne se sont jamais manifestés après cela.

Si le visionnement de Baraka ou du Seigneur des anneaux exigent une qualité irréprochable, il n’en est pas de même pour Kaiju. Pire même, la qualité très aléatoire et l’hétérogénéité des sources participent à l’expérience générale… On est entre la WWF et les monstres en combinaison, et cette présentation nous semble parfaite pour ce type de programme, lui donnant encore un peu plus son aspect « underdog » qui en fait une édition indispensable.



Son
Kaiju Big Battel ne propose qu’une unique bande son, en anglais Dolby Digital 5.1. Autant couper court immédiatement, le 5.1 correspond ici à un type d’encodage, et non pas à un résultat.

Tout comme pour l’image, les sources différent, mais contrairement à l’image, le niveau reste assez constant, oscillant entre l’anodin et l’insuffisant. L’ensemble du message sonore est restitué par les enceintes avant, le centre et le canal d’infrabasse rivalisant d’inutilité durant tous les programmes.
Cette bande son est un peu à l’étroit et ne sait jamais réellement ouvrir, même lorsqu’il s’agit de musique pourtant commerciales (comme durant les pauses publicitaires décalées qui sont proposées). La séparation des canaux reste là encore parmis les items qui n’ont pas été rayés par l’ingénieur du son à l’heure du bilan. On dirait réellement des prises de son mono passées en pseudo 5.1. Le plus sidérant reste tout de même que même les foleys durant les combats réussissent à sonner comme si jouées dans un vieux phonographe à aiguille. Cette approche des foleys, comme l’image, participent à l’impression générale, mais il n’aurait pas été compliqué, quitte à les conserver dans le bas de l’échelle de la qualité, d’au moins les mixer avec une infime parcelle de talent.
Les dialogues, la plupart du temps réenregistrés (dur de parler habillé en banane plantain) sont quant à eux d’un niveau correct, plutôt naturels et toujours bien en avant. Cette édition permettra à votre enceinte de sous grâve de prendre un repos bien mérité, voir même un repos total.

Si la qualité de l’image participe à l’expérience, on peut voir la même approche pour le son. Néanmoins, le son reste pour ce genre de programme un « complément » discret qui aurait permit de donner un peu de relief à certaines scènes. Quitte à voir se battre deux géants monstrueux, il aurait été fabuleux de faire creuser les basses à chaque saut de Silver Potatoe, et d’agrémenter les combats de bruits urbains et autres éléments. Ces derniers n’auraient pas interféré avec le spectacle et auraient probablement aider à l’expérience. Bien évidemment, cette édition ne vous servira pas pour impressionner votre grand tante avec votre nouveau caisson de basse. Par contre, lui montrer un combat de Uchu Chu ou de Los Plantanos, risque de vous priver de cadeau de fête pour quelques années.



Suppléments/menus
Cette édition est composée d’un unique disque au format DVD-9.

On pourrait considérer l’ensemble de cette édition comme un immense fourre tout de suppléments, à associer plus tard aux combats. Comme nous le disions en introduction, The Shocking Truth est vraiment une porte d’entrée à l’univers de Kaiju Big Battel, et donc ratisse assez large.
En plus des 5 segments principaux, on retrouve plusieurs éléments qui viennent compléter l’expérience. Fightos propose trois combats dans leur intégralité, à savoir : Potato Vs. Posse; Dusto vs. Dr Cube; Unibouzu vs, Soup et « rattrap match » qui oppose dans un combat avec le sol parsemé de piège à souris Uchu Chu à Mr potato (à voir pour la triple vrille de Mr Potato).
Hello Kaiju propose des biographies filmées et animées de quelques uns des monstres et donne en plus la liste des amis et ennemis de chaques. En plus de Uchu Chu (all your bases are belong to Uchu Chu), on retrouve les bios de Unibouzu, Sky Deviler et American Beetle.
Les bios offrent 33 fiches signalétiques des différents monstres et des « animateurs » (le commentateur, neveu du « commissioner » ainsi que l’Arbitre). Une série de trailer est offerte correspondant à différents événements (combats) et mettent en scène les lutteurs avant les matchs, montrant les différents lutteurs dans leurs meilleurs moments (et proviennent du site web de kaiju.com). En plus de Factory Fighto, on retrouve le trailer de Double Danger, Mayday! May Day! Ainsi que Warsaw wafu fun. Ces petits trailers sont très bien montés et sont de bons condensés de l’esprit Kaiju.

Famous Battel s’attache à présenter les matchs les plus « importants » de la ligue, par important, il convent de comprendre qu’il s’agit essentiellement de combats qui ont fait « avancer » l’univers Kaiju en plaçant des morceaux d’histoire. On y retrouve le combat entre Robox et Kung Fu cicken Noodle, combat ou ce dernier coupa le bras du premier… qui « repoussa » grace aux soins de Dr Cube. Hell Monkey Vs Plantanos suit et le dernier combat célèbre, Mung Win contre tout le monde illusrte la polémique sur la pérénité d’un œuf alien (disputée entre Ichu Chu et d’autres…).
Un « trivia » propose quelques questions mais s’est montré un peu buggé lors d’un visionnement sur ordinateur (alors que sur lecteur de salon tout s’est bien passé).
Pour finir Koch propose les bandes annonces de quelques-uns de ses produits qui nous l’imaginons complètent le genre, comme l’indispensable : « vacuuming completely nude in Paradise » la nouvelle comédie de Dany Boyle (Trainspotting/28 days laters). On retrouve aussi la bande annonce de Galaxy Ranger, fangoria blood drive et Manchild (seul morceau en anamorphique de cette édition, mais à la qualité d’image tout à fait médiocre).

Dans l’ensemble les suppléments sont tout aussi intéressant que les programmes principaux, car permettant de s’immerger dans l’univers de cette ligue. Peut-on parler d’un intérêt moyen quand l’ensemble de l’édition est elle même d’un intérêt peu évident pour des gens normaux ?
Il aurait été néanmoins apprécié de rencontrer les artisans de ce délire, de voir les athlètes/acteurs et de comprendre un peu mieux comment ce qui semble être une immense blague a pu voir le jour comme un divertissement organisé et complet.




Conclusion
La question initiale de cette critique était de savoir si oui ou non, Kaiju Big Battel, The Shocking Truth méritait sa place dans votre vidéothèque. Bien que nous ne puissions répondre pour tout un chacun il nous semble qu’effectivement, ce petit morceau de délire est d’une fraicheur et d’une originalité telle que tous ceux qui le voient finissent tous par dire « je veux aller les voir quand ils passeront proche d’ici ». On est bien évidemment loin d’un Kurosawa ou d’un Lynch que le format DVD supporte de manière naturelle. On est là devant un divertissement très contemporain, certainement le premier divertissement du genre pour la génération Y, mélant les souvenirs de la lutte avec les souvenirs des Kaijus, mais tout cela dans une forme très contemporaine, et avouons le réellement drole. La qualité de cette édition est en deça des normes de l’industrie, mais là encore, le produit initial n’est pas comparable à un film, et le côté un peu baclé de l’édition participe à la fraicheur de l’ensemble. Kaiju n’est donc pas indispensable, sauf si vous aimez la fraicheur et les délires d’étudiants pour grands enfants.


Qualité vidéo:
2,0/5

Qualité audio:
1,5/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
2,5/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Thomas Geffroyd

Date de publication: 2005-06-13

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Sony KV34XBR910; Préampli Audio Refinement par YBA Pre-2; Ampli Audio refinement par YBA Multi-5; Enceintes JmLabs; Sub REL Strata III; Lecteur DVD Denon DVD-1600; cables et interconnects Cardas/Audioquest.

Le film

Titre original:
Kaiju Big Battel : The shocking truth

Année de sortie:
2005

Pays:

Genre:

Durée:
75 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):
-

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Koch Vision/Koch Vision Classics

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
-

Suppéments:
Combats célèbres, biographies, combats filmés et bandes annonces

Date de parution:
2005-04-12

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