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DVDEF

Sleeping with Other People

Critique
Synopsis/présentation
Projeté en primeur au Festival du Film de Sundance en janvier 2015, Sleeping With Other People est le deuxième film de la cinéaste américaine Leslye Headland. Ce précédent long métrage, Bachelorette, suivait le succès considérable de Bridesmaids de Paul Feig et poursuivait la vague de comédies salaces qui donnait la voix à des personnages féminins vulgaires et attachants. Cette nouvelle mouture poursuit dans la même veine en mettant à l’avant-plan la question du sexe et des rapports entre les sexes opposés.

Le film s’ouvre sur Laney (Alison Brie) qui fait une scène dans un dortoir d’université. Jake (Jason Sudeikis) la sauve de l’expulsion en la laissant se faufiler dans sa chambre. Il apprend alors qu’elle était sur le point de perdre sa virginité avec Matt (Adam Scott). Affirmant à la jeune femme qu’il est également puceau, les deux ont leur première relation sexuelle ensemble. Douze ans plus tard, Jake n’a aucune relation sérieuse – il ne s’engage aucunement à l’exclusivité dans ses rapports sexuels – alors que Laney voit encore Matt de manière périodique alors qu’elle fréquente un autre homme. Les deux se retrouvent finalement durant une rencontre « d’amoureux anonymes » et décident de garder leur relation purement amicale. Mais l’attirance et la tension sexuelle compliquent un peu les choses.

Agissant aussi comme scénariste, Headland pond une œuvre qui veut foncièrement être subversive. En mettant ses deux protagonistes dans une situation aussi problématique, la réalisatrice traite non seulement de sexualité, sans tabou ni complexe, mais traite aussi et surtout de l’immortelle et indémodable thématique des relations entre homme et femme. Est-il possible d’être simplement amis ? Peut-on être intimement lié au sexe opposé sans être ultimement motivé par le désir ? Quelles sont les limites d’une telle relation ? Ces questions sont sérieusement abordées par la réalisatrice sous le couvert de la comédie romantique. Car bien qu’à travers les personnages de Laney et Jake, Headland s’amuse avec quelques situations grotesques et des répliques impertinentes, elle demeure quand même dans les limites du genre.

L’autre problème majeur du film est que ses deux protagonistes ne dépassent jamais les archétypes. En effet, l’image du Casanova qui couche à gauche et à droite ainsi que celle de la dépendante affective sont des stéréotypes usés à la corde et qui, eux, dans leur essence fondamentale, ne goûtent jamais vraiment à la médecine subversive d’Headland. D’autant plus que l’issue prévisible et étonnamment très conservatrice du récit laisse une impression plutôt amère après ces réflexions sur l’amitié hétérosexuelle.

Le résultat est un sympathique film qui se laisse séduire par son étiquette et son esthétique de film indépendant, mais qui ne parvient malheureusement jamais à atteindre ses ambitions. Ce qui est dommage puisque Alison Brie et Jason Sudeikis, les deux principaux acteurs, font preuve d’un irrésistible charisme et partagent une palpable chimie.


Image
L’image est offerte au format respecté de 2:40:1 à une résolution de 1080p.

Le film a été tourné en numérique et la définition générale de l’image est excellente. Les effets de flous causés par la méthode de captation d’images est lié au choix de la cinéaste plutôt qu’à un défaut du transfert. Les détails et les textures y sont alors généralement reproduits avec précision tandis que le rendu des couleurs est irréprochable. Ces dernières brillent par leur richesse et leur précision. Les tons de peaux demeurent naturels. Quant aux effets de surbrillance, ils sont évités grâce à des contrastes bien réglés. Les parties sombres sont très bien reproduites. Les noirs y font preuve de fluidité et d’intensité alors que les dégradés font toujours preuve de fluidité.

En ce qui concerne la partie numérique, le transfert se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Deux bandes sont au format Dolby TrueHD 5.1 en versions originale anglaise et française sont disponibles.

Malgré un univers sonore qui se déploie en retrait, le mixage reproduit adéquatement les exigences de cet environnement. Ce sont les ouvertures frontale et latérale qui laissent entendre la très grande majorité des éléments sonores tandis que les enceintes arrière appuient avec beaucoup de subtilité les ambiances. Quelques effets d’ambiophonie peuvent être perçus, notamment lors de séquences à l’extérieur où les rumeurs de ville apportent une certaine immersion au tout. Les dialogues, élément prédominant du mixage, demeurent constamment et parfaitement audibles alors que la trame sonore s’intègre parfaitement à la bande-son, profitant notamment des basses fréquences pour créer un peu plus d’excitation (mention à l’utilisation du morceau « Modern Love » de David Bowie lors d’une fête pour enfant). Autrement, ces dernières grondent avec la profondeur approprié tandis que le canal d’extrêmes graves se fait extrêmement discret.

Il y a option de sous-titrage en anglais et en français.


Suppléments/menus
Nous retrouvons d’abord « Cast & Crew Interviews (56:46) » qui consiste en une série d’entretiens avec les acteurs Alison Brie, Jason Sudeikis, Jason Mantzoukas, Adam Scott et Amanda Peet et la scénariste/réalisatrice Leslye Headland. Si les interventions des comédiens demeurent surtout autour de leurs personnages, de leur travail respectif sur le plateau et leur relation avec la cinéaste, c’est cette dernière qui offre la portion la plus intéressante et pertinente du segment, révélant son implication intime avec le long métrage et son approche face au genre de la comédie romantique.

Ensuite, un montage de prises captées sur le plateau de tournage « Behind the Scenes (10:17) » témoigne du travail des artisans et de la présence étonnamment discrète – du moins sur ces images – de la réalisatrice derrière la caméra.



Conclusion
Sans être aussi révolutionnaire qu’il le prétend, Sleeping With Other People demeure tout de même divertissant et appréciable. C’est plutôt sa fâcheuse hypocrisie et son étonnant conformisme qui se révèlent au final, gaspillant le talent d’Alison Brie et Jason Sudeikis.

Techniquement solide, l’édition propose un transfert vidéo qui reproduit joliment le facture visuelle du film qui demeure souvent limitée par son budget modeste alors que le mixage reproduit avec fidélité l’univers sonore plutôt en retrait. On soulignera cependant la présence d’un mixage français, alors que la sortie limitée du film au Québec était exclusivement en version originale. Les suppléments demeurent dans un esprit sérieux et informatif. La réalisatrice se révèle à ce propos très intéressante dans ses interventions cependant trop courtes.


Qualité vidéo:
4,1/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2016-01-25

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Sleeping with Other People

Année de sortie:
2015

Pays:

Genre:

Durée:
101 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
VVS Films

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby TrueHD 5.1
Française Dolby TrueHD 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Entretiens avec les acteurs et la cinéaste, segment sur le tournage du film

Date de parution:
2015-12-22

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